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Entretien avec Yannick Niyonzima, entraîneur du club culturel Himbaza



Malgré les critiques qui ont fusé de partout surtout de Bujumbura, lors de sa présentation au festival East African’s Got Talents, Yannick Niyonzima et son groupe culturel Himbaza n’ont pas abandonné la course et ont pu arriver en demi-finale. Et ce, dans des conditions qui ne sont pas faciles : jeunes refugiés au Rwanda depuis l’an 2015, étudiants des universités, jeunes en chômage, toute une réalité de vie face aux jeunes qui se fraient un chemin par le meilleur d’eux-mêmes. Comment vivent-ils l’exil ? Pourquoi ont-ils choisi le tambour comme occupation de tous les jours ? Qu’est-ce qui leur manque de leur pays natal ? Après avoir arrivé en demi-finale au festival EAGT, quels sont leurs nouveaux projets ? Pour répondre à ces questions et bien d’autres encore, Imburi Phare s’est entretenu avec le jeune talentueux Yannick Niyonzima (32 ans), qui se présente comme artiste entrepreneur panafricaniste. Il est l’entraîneur et porte-parole du club culturel Himbaza, au Rwanda depuis 2015.  Interview 

Comment vivez-vous la vie d’exil en tant que jeune ambitieux et entrepreneur que vous êtes ?

La vie en exil n’est pas du tout facile. Surtout quand on est jeune on a toujours tendance à croire qu’on a encore beaucoup plus de temps pour s’organiser, pour s’adapter, pour s’intégrer dans une nouvelle société. Et ça devient plus grave quand on est refugié, parce qu’avec ce statut en Afrique on se voit automatiquement très limité.  

Pour mon cas, j’ai fui le Burundi en 2015, la première chose qui était dans ma tête si j’arrive à Kigali saint et sauf, était de relancer ma carrière artistique à tout prix, et continuer mes projets de rêve pour la jeunesse que j’avais déjà perdu au Burundi. Alors j’ai refusé de me tracer des limites car si Dieu a permis que je sois au Rwanda et toujours en vie, c’est pour sa noble mission. Je continue mes projets normalement à part que la situation de mon pays natal, me préoccupe beaucoup.

Pourquoi avez-vous choisi le tambour comme occupation de tous les jours ? Est-ce qu’il vous aide à oublier les soucis quotidiens ? Ou vous y jouez car vous avez la nostalgie pour votre pays ?

Je crois que la première chose pour être satisfait et joyeux dans la vie, est de faire ce qu’on aime comme travail de tous les jours. Le tambour est ma passion, est le don et talent que Dieu a déposé en moi pour que j’en puisse utiliser, le développer, l’exploiter pour le bien de l’humanité. Oui bien sûr, ça m’aide aussi à oublier les soucis de la vie et de me concentrer sur l’avenir meilleur. Non, je ne joue pas au tambour car j’ai la nostalgie, mais plutôt c’est devenu un style de vie. C’est une partie de ma vie.