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Burundi-Région des Grands lacs : le Groupe de la Banque Mondiale suspend le financement de 5 projets en cours de préparation




C’est un coup dur pour le gouvernement du Burundi qui peine toujours à se relever des difficultés financières conséquentes à la crise de 2015. En effet, le groupe de la Banque Mondiale décide de suspendre 5 projets en cours de préparations pour le Burundi. Cette décision ressort d’une courte correspondance que le groupe de la Banque Mondiale a adressée au Ministre burundais des finances, du budget et de la coopération au développement économique, Monsieur Domitien Ndihokubwayo. « Compte tenu de la nouvelle stratégie de la Banque Mondiale sur les projets régionaux, seul  le projet de Facilitation du commerce dans la Région des Grands Lacs est maintenu. » a indiqué Jean-Christophe Carret, Directeur des Operations pour le Burundi. Pour le groupe de la Banque Mondiale, les autres projets qui étaient en préparation à savoir le projet de transformation de l’Agriculture en Afrique de l’Est et du Centre, le projet de Gestion Environnementale du Lac Victoria, le projet de transport sur le lac Tanganyika, le projet régional de gestion environnementale du Lac Tanganyika, le projet d’intégration Régionale Accélérée de la communauté Est-Africaine et le projet de Développement Hydroélectrique de Rusizi III tombent en annulation, ajoute Jean-Christophe Carret.
Au Burundi, la Banque mondiale finance des projets en faveur de l'agriculture, du développement communautaire, de l'éducation, de l'électricité, de la santé, du traitement du VIH/sida, du transport et d'un meilleur accès à l'eau. Pourtant, depuis 2015, l’engagement du Groupe de la Banque Mondiale auprès du gouvernement ont beaucoup varie comme le montre le tableau en bas.

Financements

Burundi: Engagements par exercice (en millions de dollars, source Banque Mondiale) visiblement, l’exercice 2019  n’est pas été promettant car la part des financements avait même sensiblement diminué, selon le tableau de la part des financements de la Banque Mondiale pour le Burundi. Pourtant, cette position qu’annonce la Banque Mondiale diffère de celle de l’Union Européenne qui voit d’un autre œil la coopération entre le Burundi et l’Union Européenne (dont certains domaines de financement sont semblables à celles de la Banque Mondiale) qui a annoncé, le 9 Mai 2019, à travers l’Ambassadeur Wolfram Vetter de l’existence « des contrats en cours à hauteur de 470 milliards de FBu dans des domaines variant du développement rural à la santé, à l’énergie et à la gouvernance, y compris au niveau régional. » Le même jour, l’Ambassadeur Wolfram Vetter a aussi annoncé « une enveloppe supplémentaire de 90 milliards de FBu dédiée au secteur de la santé, avant
l’année prochaine. En outre, il est prévu une mobilisation d’au moins 150 milliards de FBu de plus pour la santé le développement rural et l’énergie » Dans le secteur de la santé, l’UE cofinance avec les autres bailleurs les coûts des soins au niveau des centres de santé et des hôpitaux de district.
L’UE accompagne le pays dans ses actions de réduction de la mortalité maternelle et infantile, de lutte contre les maladies infectieuses et non transmissibles. Entre janvier 2016 et mai 2019, l’UE aura déboursé une somme de 36,4 millions d’euros au profit de 700 centres de santé et hôpitaux dans tout le pays, des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans. L’une des activités phares de ce programme est le paiement des services de soins pour cette catégorie particulière de la population. Alors, ces contrats dont évoque l’Ambassadeur Vetter vont-ils servir de manqué à gagner dans la réalisation de ces projets malgré cette décision de la Banque Mondiale ? C’est la question qui se pose désormais. Après deux années consécutives de récession en 2015 (-3.9 %) et 2016 (-0.6 %), l’économie du Burundi se redresse lentement. La reprise économique s'est accélérée en 2018, avec une croissance de 1,6 % contre 0,5 % en 2017. Toutefois, cette reprise reste fragile, compte tenu des nombreux défis du Burundi, notamment un manque de ressources budgétaires pour financer les investissements publics, une pénurie persistante de devises avec la baisse des réserves internationales et la vulnérabilité du secteur financier.
Steve BARAGAFISE

Le Rwanda obtient un prêt de 94 millions $ du Japon pour la lutte contre la malnutrition



(Agence Ecofin) - Le gouvernement rwandais a contracté auprès du Japon un prêt concessionnel de 10 milliards de yens (94 millions $) afin de poursuivre sa lutte contre la malnutrition, rapporte New Times.

L’accord financier a été paraphé, le vendredi dernier, par Uzziel Ndagijimana, ministre rwandais des Finances et de la Planification économique, et Takayuki Miyashita, ambassadeur du Japon au Rwanda.

Ce prêt, l’un des plus importants octroyés au Rwanda par le Japon, est assorti d’un taux d’intérêt de 0,01%, d’un délai de remboursement de 10 ans et d’une période de grâce de 10 ans. 

Il permettra à l’exécutif de financer un programme d’amélioration de l’état nutritionnel de la population, grâce à la coordination multisectorielle et des actions touchant à la sécurité alimentaire.

Cette initiative devrait débuter en octobre prochain et durer trois ans. Elle devrait impliquer notamment le ministère de l’Agriculture et des Ressources animales (MINAGRI), le Centre biomédical rwandais (RBC) et le Programme de développement de la petite enfance (NECDP).

Selon les données de l’exécutif rwandais, la prévalence du retard de croissance pour les enfants âgés de 6 mois à 5 ans est passée de 45% en 2012 à 35% en 2018.

Le pays envisage de faire passer ce taux en dessous de 19%, d’ici 2023, conformément à son Plan stratégique pour la transformation de l'agriculture, lancé en 2018.   

Burundi : les recettes du secteur minier surévaluées par Nkurunziza



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C’est une affirmation du Président de la République, Pierre Nkurunziza, lors d’une réunion à huis clos d’évaluation de l’état des lieux du secteur minier et des carrières qu’il a tenue à l’endroit des opérateurs économiques de ce secteur ce mercredi 24 juillet 2019 en province de Bubanza.

« Le Burundi commence à tirer avantage de l'exploitation des minerais, les recettes étant évaluées à plus de 120 millions de dollars US au cours des trois derniers mois. Le pays tend à être autonome en ce qui concerne le budget national », a indiqué le Chef de l'Etat.

Pour Pierre Nkurunziza, l’or est exploité au Burundi depuis l’an 1933 (faisant allusion au colonialisme) ajoutant que c'est maintenant le moment de savourer les dividendes de l'exploitation des minerais, une richesse naturelle que Dieu a donné au Burundi.

S’agit-il des chiffres exacts ou un langage aux allures de propagande ? Les doutes sont permis vu le langage adopté par le chef de l’Etat sur l’apport de ces recettes dans le développement du pays. La faute est ceux qui faussent volontairement les chiffres.

 « L’Institut des statistiques et des études économiques du Burundi (ISTEBU) donne des statistiques fausses concernant l'apport du secteur minier dans le produit intérieur brut. Les services de la présidence vont désormais s'impliquer pour produire des statistiques fiables. Je recommande au ministère de l'énergie et mines de montrer à la population burundaise tous les trois mois, où on en est avec l'exploitation des minerais et ce que le Burundi y gagne », martèle le Président Pierre Nkurunziza.

Un bilan mitigé

La naissance d’un secteur minier industriel est censée contribuer au développement du pays à travers les politiques de fiscalité, de responsabilité sociale des entreprises et de contenu local (création d’emploi, contribution à la construction des infrastructures sociales, taxes diverses au profit du trésor public, etc.). Dans une lettre du mois de mars 2017 adressée par l’Olucome a Pierre Nkurunziza, une lettre qui lui demande d’accélérer le processus d’intégration du Burundi dans l’Initiative de Transparence dans les industries Extractives, la lettre affirme que « le secteur minier connait une contribution à l’économie nationale très minime de moins d’1% du Produit Intérieur brut alors que le Cadre Stratégique de Lutte contre la pauvreté( 2eme génération), le gouvernement avait projeté une contribution de 30% du PIB qui proviendront du secteur des ressources naturelles » ajoute la lettre. 

De plus, Gabriel Rufyiri, le président de l’Olucome s’insurgeait, dans la lettre, contre l’octroi des permis d’exploitation des gisements miniers du Burundi à des industries étrangères. « A qui profite nos ressources minières au Burundi ?», s’interrogeait-t-il. Il dénonçait la mauvaise gouvernance dans la gestion de ce secteur. Pourtant, rappelait-il dans cette lettre, bien gérées, ses rentrées «seraient supérieures aux revenus des filières café, thé et coton». En outre, selon une étude intitulée « Etat des lieux de l’exportation des minerais » faite par l’Office Burundais des Minerais (OBM) et présentée le 9 octobre 2018, plus de 83 % des recettes en devises pour l’or exporté n’étaient pas rapatriés ; et selon le porte-parole du Ministère de l’Energie et des mines, les chiffres dont le ministère disposait au 31 octobre 2018 étaient estimés à 1380 kg d’or vendus. Les devises rapatriées étaient évaluées à 10 millions USD.  

La production minière est plutôt en chute

La société d’exploitation du gisement des terres rares, Rainbow Mining Burundi comptait produire 5 000 tonnes de concentrés de terres rares avec fin 2018 avec une exportation de 100 tonnes par semaine. L’exploitation des terres rares enregistre des aspects positifs. Toutefois, il affirme que le niveau de production reste toujours bas, soit à peu près 25% des projections, apprend-on du journal Burundi Eco. Bien plus, vers la fin de la même année (2018), l’exploitation du nickel au point mort. Cela est conséquent au fait que la société Burundi Musongati Mining, qui avait démarré ses activités avec l’an 2014, s’est vu en toutes difficultés d’exploitation à cause du manque de courant énergétique et de chemin de fer. Pour faire face à ce problème, la société a songé à utiliser les plaques solaires, mais en vain.

Le Burundi dispose d’un potentiel minier intéressant qui est principalement constitué de minéralisations de nickel, de vanadium, de phosphates, de tourbe, de calcaire, etc. Actuellement, les activités sont limitées à des exploitations artisanales opérant dans le secteur informel. Plusieurs sociétés étrangères se montrent intéressées par la recherche et la mise en valeur des ressources minérales. Mais des obstacles retardent l’exploitation industrielle : la nécessité de développer les infrastructures (transport et énergie) et la création de régimes contractuels et fiscaux compétitifs pour attirer les investissements.

Gaudence Uwineza

 

 

 

France / Sommet de Biarritz : pacte de partenariat entre le G7 et l’Afrique



Le G7 adopte un «plan d’action du partenariat pour le Sahel»

France / Sommet de Biarritz : pacte de partenariat entre le G7 et l’Afrique

Les pays membres du G7 et des pays d’Afrique dont l’Egypte, le Rwanda le Sénégal et le Burkina Faso, réunis à Biarritz, ont conclu un partenariat pour la « promotion de l’entrepreneuriat féminin », la « transformation numérique » et la « transparence des marchés publics et la lutte conjointe contre la corruption » en Afrique, a indiqué l’Elysée, lundi. 

Un document intitulé « déclaration de Biarritz pour un partenariat entre le G7 et l’Afrique » a été, ainsi, conjointement signé par les « chefs d’États et de gouvernement du G7, l’Égypte (présidence actuelle de l’Union africaine), le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Sénégal, le Burkina Faso et le Président de la Commission de l’Union africaine, (...) réunis aux côtés du Secrétaire général des Nations Unies, du Directeur général du Fonds monétaire international, du président du Groupe de la Banque mondiale et du président de la Banque africaine de développement ». 

« Nous sommes convaincus que la lutte contre les inégalités, le renforcement de la gouvernance, ainsi que la promotion d’une croissance économique durable et solidaire, dans une économie mondiale prospère, et du développement social bénéficiant à tous sont des éléments clés de la stabilité et de la paix », indiquent les signataires.

Ils plaident pour « un partenariat d’égal à égal, fondé sur des objectifs communs et destiné à défendre les priorités de l’Afrique ». 

Pour ce faire, les auteurs « déterminés à agir ensemble pour faire face aux problèmes mondiaux », souhaitent « des réformes pour abaisser les obstacles sociaux, juridiques et réglementaires qui empêchent les femmes de participer pleinement et librement à la vie économique et qui entravent leur autonomisation ». 

Ils veulent également « apporter un soutien fort pour réduire la fracture numérique et promouvoir la transformation numérique en Afrique ». 

Enfin, leur dernier axe de travail concerne le « renforcement de la transparence dans les marchés publics et des normes en matière de marchés publics pour améliorer le climat des affaires et des investissements, la transparence, la redevabilité et la viabilité de la dette ». 

Dans leur écrit, ils évoquent également « la paix et la sécurité en Afrique » et font état de discussions concernant « la situation en Libye, dans la région du Sahel, dans le bassin du Lac Tchad, dans la région des Grands lacs et dans la Corne de l’Afrique ». 

« Nous saluons le plan d’action du G7 pour le Sahel, ainsi que la décision du Canada et du Japon de rejoindre l’Alliance Sahel en qualité d’observateurs », ont-ils conclu à ce propos. 

Sur ce sujet, l’Elysée a également publié lundi matin, le « plan d’action du partenariat pour le Sahel » présenté la veille en conférence de presse par le président Macron, aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel et du président burkinabé Roch Christian Kabore. 

Se disant « vivement préoccupés par la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région du Sahel », les pays impliqués veulent « identifier les besoins en termes de sécurité et d’accroître l’efficacité des efforts déployés en matière de défense et de sécurité intérieures, notamment en améliorant la coordination internationale, en soutenant la réforme du secteur de la sécurité et en renforçant les forces de sécurité tout en augmentant leur obligation de rendre des comptes ». 

« La France et l’Allemagne prévoient d’organiser une conférence de lancement de cette initiative à l’automne 2019 », indique notamment la présidence française. 

Ces discussions sur les sujets de géopolitique au Sahel, constituaient l’un des points essentiels du G7 qui s'est clôturé ce lundi à Biarritz.

TRT 

Le Rwanda et le Brésil ont signé un Accord de Transport Aérien



Le Rwanda et le Brésil ont signé ce jour un Accord de Transport Aérien qui a été paraphé par les Ambassadeurs Claver Gatete, Ministre rwandais des Infrastructures, et Fernando Estellita Lins de Salvo Coimbra, résidant en Nairobi et représentant le Brésil au Kenya, Uganda, Somalie, Burundi et Rwanda.

«L’Accord conclu est consécutif à un Mou signé entre les deux pays à Colombo au Sri Lanka en Décembre 2017. L’Accord permet un mouvement de personnes et de biens entre les deux pays. Il boostera le tourisme et le commerce entre les deux pays. Il augmentera la coopération dans divers secteurs. Le Brésil fabrique des avions du même type que ceux que nous utilisons dans le transport des personnes et des marchandises. Le Brésil est avance de façon très significative. Ils forment des pilotes, des ingénieurs et des techniciens. Le Rwanda peut en profiter. Nous avons conclu avec ce pays un accord dans le secteur agricole. C’est le premier producteur du café dans le monde. Il se distingue aussi dans le football. Ils ont des entreprises avancées en énergie puisque 79 % de l’énergie utilisée relève des énergies renouvelables», a indiqué le Ministre Gatete.

Il a rappelé que le Rwanda effectue maintenant 29 destinations vers l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Europe. Il restait à se connecter à l’Amérique Latine et à l’Amérique.

La DG de Rwandair, Yvonne Makolo, s’et réjouie de l’Accord signé et a annoncé que Rwandair est entrain de se préparer à lancer ses premiers vols vers le Brésil.

De son côté, l’Ambassadeur Coimbra a qualifié de moment historique l’Accord signé, surtout qu’il renforcera les relations et les échanges entre les deux pays.

«L’Accord signé permettra une collaboration fructueuse entre le Brésil et le Rwanda. Nous suivons de près les efforts du Rwanda en matière d’aviation civile et nous félicitons ce pays. L’an passé, le Brésil a enregistré 117 millions de passagers qui sont arrivés sur ses aéroports ou qui sont partis de ses aéroports. Le Brésil est doté de plus de 100 aéroports, dont 44 ont une destination internationale. Nous avons un grand nombre d’avions dans le pays, dont plus de 450 avions civils, et plus de 7500 avions des particuliers », a confié l’Ambassadeur Coimbra.

Il a ajouté que son pays s’étend sur huit millions de Km carrés et qu’il totaliser plus de 210 millions d’habitants.

«C’est à la fois une question de chiffres élevés, mas aussi de qualité pour nos infrastructures. La coopération en aviation civile est un élément important pour rapprocher nos peuples, redynamiser le tourisme et les affaires. Notre sport de football jouit d’une grande expérience que nos pays pourront échanger au niveau des coachers qui pourront venir au Rwanda », a-t-il confié.

Agence Rwaindaise d'information

Zone de libre-échange : officiellement lancée, la ZLECA aura son siège au Ghana



L’Afrique lance la ZLECA, la plus grande zone de libre-échange au monde depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce, avec un marché potentiel de 1,2 milliard de personnes. Après l’entrée en vigueur le 30 mai, les Etats africains entament la phase opérationnelle de la ZLECA, avec en sus l’adhésion du Nigeria, première économie du Continent, et choisissent le Ghana pour abriter le siège de l’organisation. La mise en œuvre du projet suscite déjà des questions

Quatre années après les premières négociations pour la mise en place d'un bloc commercial, 53 pays sur les 55 ont signé l'accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), la plus grande du genre depuis la création de l'Organisation mondiale du commerce en 1994. Le lancement a été effectif lors du sommet l'UA, ce dimanche 7 juillet à Niamey, la capitale du Niger. Une rencontre historique marquée par l'entrée officielle de la ZLECA dans sa phase opérationnelle, mais aussi l'adhésion des derniers récalcitrants à savoir le Bénin et le Nigeria ainsi que l'établissement du siège et du Secrétariat de l'organisation à Accra au Ghana.

La ZLEC devrait contribuer à libérer le potentiel économique de l'Afrique en stimulant le commerce intra-régional, en renforçant les chaînes d'approvisionnement et en diffusant le savoir-faire. Selon le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, actuel président en exercice de l'Union africaine, qui s'est exprimé lors de la cérémonie d'ouverture du sommet extraordinaire de Niamey, «Les yeux du monde sont tournés vers l'Afrique». Il a estimé que l'accord va renforcer la position de négociation africaine sur la scène internationale. Une opportunité très attendue, sachant que le commerce intra-africain a représenté 17% des exportations en 2017, contre 59% en Asie et 69% en Europe, à cause d'une faible intégration économique des blocs régionaux.

Préalables au succès de la ZLECA

Pour rendre effective et opérationnelle la ZLECA, les Etats devraient cependant se pencher davantage sur les bénéfices et les coûts de sa mise en œuvre sur les entreprises et l'économie africaine de manière générale. Aussi, la création de la ZLECA a été faite dans un contexte d'absence de monnaie unique et de véritables zones de libre-échange au sein des blocs régionaux que les Etats doivent favoriser.

Le Continent comporte déjà plusieurs zones commerciales concurrentes qui se chevauchent -CEDEAO à l'ouest, EAC à l'est, SADC au sud et COMESA à l'est et au sud. Des blocs régionaux caractérisés par de faibles échanges ainsi que de nombreuses et diverses monnaies.

Autres facteurs défavorables à la réussite de la ZLECA, la faiblesse de l'industrialisation, le manque d'infrastructures et de diversification des produits commercialisés sur le Continent. Ce qui rendra inévitable une rude concurrence. Les économistes affirment que d'importants défis subsistent, notamment des liaisons routières et ferroviaires médiocres, de vastes zones de troubles, une bureaucratie excessive aux frontières et la petite corruption qui ont freiné la croissance et l'intégration.

Une Afrique à plusieurs vitesses

Par ailleurs, quelques études préalables soulignent que l'accord pourrait désavantager des pays à hauts potentiels comme le Nigeria dont l'économie dépendante des recettes pétrolières est peu diversifiée. Une crainte que devraient partager d'autres économies similaires -peu industrialisées et qui cherchent à développer et à protéger leurs secteurs clés comme l'agriculture, l'élevage et l'aviculture. C'est le cas de la plupart des pays d'Afrique subsaharienne dont la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Mali, la Guinée Conakry, le Niger ou encore le Gabon, le Cameroun, la RDC, la Tanzaniel'Angola, le Ghana, le Bénin.

L'accord serait plus profitable à des économies mieux structurées, notamment l'Afrique du Sud et les pays d'Afrique du Nord dont l'Egypte, la Tunisie, le Maroc et dans une certaine mesure l'Ethiopie. L'accord devrait également prendre en compte les diversités économiques au sein du Continent. Le Nigeria, l'Égypte et l'Afrique du Sud représentent plus de 50% du PIB cumulé de l'Afrique, contre 1% de PIB pour six autres Etats insulaires par exemple.

La Tribune Afrique

 

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