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Kaspersky Lab ouvrira un bureau au Rwanda, avec l’ambition d’étendre sa présence en Afrique de l’Est



Kaspersky Lab ouvrira un bureau au Rwanda, avec l’ambition d’étendre sa présence en Afrique de l’Est

(Agence Ecofin) - Le fournisseur de solutions de sécurité informatique Kaspersky Lab a annoncé l’ouverture d’un bureau au Rwanda.

Eugène Kaspersky, le fondateur de l’entreprise de cybersécurité, à Kigali le 11 mai dernier en prélude au Transform Africa Summit 2019, a discuté avec le président de la République, Paul Kagame, de la coopération avec le gouvernement pour protéger le pays de cybermenaces.

Le bureau de Kigali permettra également à Kaspersky Lab d’étendre l’offre de ses produits dans les pays voisins. 

D’après Eugène Kaspersky, le choix du Rwanda pour abriter son nouveau bureau est stratégique au regard du statut du pays en tant que l’un des centres informatiques en devenir dans la région et sur le continent.

Il a souligné que l’environnement technologique omniprésent, la force de son industrie et son soutien à l'industrie de la sécurité sont autant d’atouts qui ont facilité cette décision. 

Lors d’une session interactive, durant le National Security Symposium tenue du 13 au 15 mai 2019, trois jours avant le Transform Africa Summit, Eugène Kaspersky soutenait que « les pays africains devraient investir dans l'éducation à la sécurité des technologies de l'information, car cela générera plus de personnel qualifié capable d'opérer dans l'économie numérique émergente du continent ».

Burundi : vers le monopole du marché de l'internet par le BBS ?



 C’est en l’occurrence l’un des projets importants qui ont été analysés par le conseil des ministres tenu ce mercredi, 17 avril 2019. A l’ordre du jour figuraient sept projets de proposition dont le 4eme portant sur l’organisation de la société Burundi Backbone System Company afin d’assurer la gestion de la passerelle unique des réseaux internet dans le pays.

Le premier Backbone National du Burundi va être construit à la suite d’un accord signé, le 20 septembre 2011, entre la société ZTE Corporation, fournisseur mondial d'équipements de télécommunications et de solutions réseau, avec la compagnie burundaise Backbone Systems Burundi. Lancé en 2013 grâce au soutien de l’État et de la Banque mondiale, ce consortium réunissait, en plus du BBS, les cinq opérateurs de téléphonie titulaires d’une licence 3G dont l’Onatel, Africel, Econet, U-com et Cibnet. Il opérait dans le cadre d’un partenariat public et privé dans lequel le gouvernement du Burundi avait octroyé une subvention de 10,5 millions de dollars américains dont les 5 opérateurs contribuaient seulement à la hauteur de 3,5 millions de dollars bien qu’ils constituaient le gros de la clientèle du BBS.

Jusqu’au début janvier 2017, ces fournisseurs avaient une dette à l’endroit de BBS qui se chiffrait de près de 6 millions de dollars américains selon les informations fournies par le journal Burundi forum. Depuis lors, la situation financière de cette institution va de mal en pis. Ce qui donne l’occasion au gouvernement du Burundi de prendre la décision de résilier le contrat. L’annonce officielle a été faite en janvier 2017, avec les 5 distributeurs d’internet pour pouvoir réorganiser l’institution.

Parmi les mesures prises pour travailler seul et pouvoir se stabiliser, le BBS prend la décision, qui a été aussi portée au public en janvier 2017 : revoir à la baisse les prix de connexion internet à 55% par mégabites. Aussi, il a supprimé aussi ce qu’on appelait à BBS les saïtifit qui constituait un gain énorme pour la société.  Ceux-ci ont été réduits environ à 86%. Parallèlement, le BBS a pris aussi la décision de réduire le prix des travaux de génie civil relatifs à son projet, étant donné que la stabilité de l’internet de BBS est liée au fait que la BBS a opté par la pause souterraine de la fibre optique. A l’actif, jusqu’à la fin de l’année 2013, plus de 1 250 km de câbles avaient été déjà tirées à travers l’ensemble des provinces burundaises, date officielle de mise en route du système, désormais entièrement opérationnel. A l’époque, 9 provinces sur 17 avaient déjà bénéficié de l’internet via la fibre optique de BBS. Ainsi, fin 2014, l’entreprise parvint à enregistrer un chiffre d’affaires de 7 millions de dollars et comptait constituer un centre de données commerciales du pays.

Sur le terrain, l’histoire entre le BBS et les 5 sociétés qui apprenaient continuellement à voler, dettes à dos, de leurs propres ailes ne s’était pas arrêtée car le divorce devait être totalement consommé pour donner place à une concurrence commerciale sans appel.

Au début de l’an 2018, un journal proche du pouvoir révèle, via son compte facebook, que « le Burundi BackBone System - BBS a du mal à rivaliser avec Lumitel Burundi en matière d'offre Internet : il offre un petit réseau et se retrouve incapable de proposer une offre groupée. Grâce à Lumitel Burundi, les prix de l'internet ont baissé au Burundi. En 2013, 1Mbps coûtait 1800$. En 2017, il est livré à - de 50$ à nos frontières »

Officiellement, aucune forme de démenti, moins un commentaire de la part de  BBS. Sauf qu’une partie de sa clientèle l’a farouchement défendue : « Faux et archifaux. Si ce journal ne sait pas la capacité de distribution d’internet de BBS, il faut qu’il approche la clientèle de BBS dont les Banques comme la Bcb, Bancobu, Finbank, la BRB, etc. Il y a aussi des institutions clientes comme l’OBR, l’Université du Burundi, les hôtels et les ministères », indique un client fidèle de BBS.  

Le BBS est, lui,  resté plus optimiste : «Nous espérons que nos clients opérateurs et fournisseurs d’internet vont baisser aussi leurs prix pour que le consommateur final puisse en profiter », estimait Elie Ntihagowumwe, ancien Directeur général de BBS dans une conférence publique qu’il animait, il y a deux ans,  à l’endroit de la presse locale.

Visiblement, le gouvernement du Burundi avait bel et bien compris l’impact de l’usage des TIC dans le contexte actuel. Dans ce parcours, il s’est aussi engagé à sauver de la chute libre l’une des 5 sociétés avec lesquelles le BBS avait déjà résilié le contrat. Il s’agit de l’Office National de Télécommunications.  En nommant à sa tête en mars 2012, Domitien Ndayishimiye, l’homme aux réseaux parvint, en deux ans, à redresser l’Onatel « en lui insufflant une culture d’entreprise et une nouvelle dynamique, fondée sur la rénovation et la maintenance des infrastructures, une politique de recouvrement efficace et la création de services tournés vers la clientèle. Une stratégie vite payante, puisque, pour la première fois depuis plus de dix ans, l’Onatel obtient des résultats positifs dès 2012 », commente l’hebdomadaire Jeune Afrique. Dans tous les cas, le gouvernement a su s’adapter aux besoins des TIC par sa politique nationale de développement des TIC (PNDTIC) car les deux entreprises dans lesquelles il garde une partie des actions se porteraient bien, du moins selon l’opinion.

Pourtant, il y a trois ans, une partie de l’opinion avait déjà soulevé l’idée de la nationalisation de BBS pour se constituer en réseau national de transmissions de base. Cette idée avait été démentie par le directeur général d’alors qui estimait qu’il s’agit des fausses informations sans donner d’autres précisions. La situation est restée comme telle jusqu’à ce jour du 17 avril 2019 où le gouvernement repense à l’organisation de la société Burundi Backbone System afin d’assurer la gestion de la passerelle unique des réseaux internet dans le pays. Ce qui signifierait qu’il veut lui donner le monopole de vente des services d’Internet dans le pays, une idée économiquement acceptable (surtout qu’il vient de l’Etat) si la société a des capacités suffisantes et qu’elles respectent la loi et les règles commerciales en vigueur.

Cependant, repenser actuellement à l’organisation du BBS démontre une bribe de renversement de tendances de sa gestion qui s’explique assurément par des raisons multiples dont la rédaction d’Imburi Phare, ignore encore. Les officiels y voient une panacée pour ramener cette entreprise à la croissance tandis que les observateurs de l’économie burundaise conseillent la prudence.

Déjà, l’internet demeure une denrée rare au Burundi malgré des projets colossaux qui avaient été mis en œuvre en ce domaine. On citerait  par exemple le projet Connectivité hertzienne large bande qui a été financé par un don de la fondation américaine Suzan et Craig McCAW de l’Onatel via la facilitation de l’Union Internationale des Télécommunications. Ce projet visait  à étendre les services des TIC aux écoles et hôpitaux des zones rurales. Le début d’exécution était prévu au cours du quatrième trimestre de l’année 2009. Qu’en est-il des résultats ? Seul un rapport fiable répondra à cette question. 

L’autre était intitulé Projet Pan African e-network qui était un don du gouvernement indien aux 53 pays de l’Union Africaine. Il allait fournir trois sortes de services en ligne dont le téléenseignement, l’e-éducation où l’Université du Burundi avait été choisie pour effectuer ce service et l’e-Heath où l’Hôpital Roi Khaled avait été sélectionné pour fournir ces services ainsi que les communications Very VIP. Visiblement, les résultats de ce projet laissent à désirer.

Dans le cas de BBS, osons espérer que sa nouvelle organisation va apporter une plus-value a la population burundaise malgré qu’elle présente déjà certains des obstacles comme l’éventuelle absence d’attractivité des sociétés de mises en vente (vu le contexte actuel du pays) et celle de l’adhésion massive de la majorité des partenaires sociaux à ce processus. Celui-ci devrait-il être assez transparent et grandement publié même si on risque d’assister plutôt à un processus caractérisé par un déficit de communication. Ce qui donnerait l’aubaine à toutes sortes de spéculations.

Gaudence Uwineza

Rwanda : signature d’un accord de 400 millions $



Rwanda : signature d’un accord de 400 millions $ pour transformer le méthane du lac Kivu en gaz butane

(Agence Ecofin) - Mardi, le gouvernement rwandais a annoncé la signature d’un accord de 400 millions de dollars avec la société Gasmeth Energy pour produire du gaz de cuisson à partir du méthane contenu dans le lac Kivu.

Selon Clare Akamanzi, directrice générale du Conseil du développement du Rwanda, cet accord devrait non seulement permettre de prévenir la formation de bulles de gaz toxiques à la surface du lac mais aussi réduire la dépendance locale à l'égard du bois et du charbon de bois.

« Avec cet accord, nous nous attendons à disposer d'un gaz abordable et respectueux de l'environnement.», a-t-elle déclaré.

Le contrat signé vendredi, s’étendra sur une durée de sept ans avec le début de la production prévue en 2021. Gasmeth Energy qui est une société composée d’hommes d’affaires américains, nigérians et rwandais financera, construira et entretiendra une usine d'extraction, de traitement et de compression du gaz.

Le Rwanda compte déjà deux sociétés qui extraient le gaz du lac Kivu pour alimenter des centrales électriques.

Olivier de Souza

Burundi : Foire-Exposition à l’occasion de la journée internationale des télécommunications et de la société de l’Information



Du 14 au 17 Mai 2019, le Ministère de la jeunesse, des postes et des technologies de l’Information organise en collaboration avec l’Agence de Régulation des communications et des Télécommunication ainsi que tous les opérateurs de télécommunications au Burundi une foire à l’occasion de la célébration de la journée internationale des télécommunications et de la société de l’Information. Cette exposition a pour thème : « Réduire l’écart en matière de normalisation »

Selon Eric Nduwimana, client et visiteur dans cette exposition : « l’organisation de cette foire est une occasion unique de s’enquérir du monde aussi variée qu’inconnues des sociétés de l’information dans le pays. Je ne savais pas que le pays possède autant de sociétés qui peuvent fournir de l’internet. Normalement, il devrait y avoir de la concurrence entre elles pour attirer la clientèle. Hélas, moi je ne savais les 3 principales seulement qui sont l’Onatel, L’econet-leo et le lumitel. Cependant, je parviens à en dénombrer près de huit sociétés. Je suis vraiment étonné » Indique Eric Nduwimana.

Pour un détenteur d’un stand de vente qui a voulu garder son anonymat : « Il n’est pas étonnant que le public s’étonne de la présence d’un aussi grand nombre de sociétés d’information car toutes n’ont pas travaillé sur la visibilité de la même manière. Aussi, elles n’ont pas les mêmes cahiers de charge. Par exemple, il y a celles qui ont choisi le petit peuple comme clientèle cible, d’autres préfèrent des clients de grandes taille comme des sociétés et entreprises alors que d’autres mélangent les deux préférences. C’est pour cela qu’on est venu ici pour montrer effectivement au public qu’on existe. S’il advient qu’on gagne de clientèle, c’est notre chance. Mais, il faut reconnaître que la vente des services de l’information comme l’internet n’est pas une chose facile dans notre pays pour des raisons diverses dont les prix, l’accessibilité au moyen de communication comme les téléphones portables et la crédibilité de la clientèle. Tout cela fait qu’on reste quelques fois prudent ou limité lors de la vente de nos services. Aussi, la concurrence est toujours là, il faut y tenir compte. » commente le détenteur du stand de vente publicité des produits en vente.

Dans cette foire-exposition, plusieurs sociétés y ont pris part. Il s’agit entre autres d’Econet-leo, lumitel, Smart, Onatel, Spidernet, Lami Wireless, Huwaei, infinix. Elles sont venues avec certains des leurs services comme Ecocash (transfert d’argent) d’Ecocash-Leo, Hot 6x (téléphone moderne) d’Infinix et le service Rungika (transfert d’argent) d’Onamob. D’autres sociétés d’information présentes dans cette foire expliquent aux visiteurs-clients les produits qu’ils offrent avec une gamme de choix. 

Le Burundi est l’un des pays de l’Afrique de l’Est qui se cherche encore en ce qui est de la vente des produits de l’information. Avec une population majoritairement rurale, les offres proposées par ces sociétés d’information se limitent généralement dans les centres urbains (bien qu’il soit stipulé qu’on doit annoncer dans le dossier de demande de concession de ces sociétés la zone d’exploitation et de couverture) principalement dans les deux capitales avec Bujumbura (capitale politique) qui a plus de 1,200.000 d’habitants, le faubourg de Gitega (capitale économique) qui a près de 30.000 habitants.

Actuellement, les conditions pour l’exploitation du secteur de communication électroniques et la demande de concession d’une société de télécommunication sont uniques pour tout le monde. Il s’agit, à côté des documents officiels, de 10 millions USD pour avoir une licence d’exploitation et d’une redevance annuelle égale à 2% du Chiffres d’Affaires pour l’exploitation d’un réseau cellulaire et de 40 000 USD de licence d’exploitation et d’une redevance annuelle égale à 2% du Chiffres d’Affaires pour l’exploitation d’un réseau Internet et VOIP sur IP.

En 2017, la Banque Centrale avait révélé à la presse burundaise le contenu d’une nouvelle loi bancaire qui exige aux sociétés de télécommunications de ne plus offrir des activités de services financiers numériques au Burundi. La BRB avait donné à ces sociétés un délai de trois mois à partir de juillet 2017 pour se conformer à ce nouveau règlement qui leur impose de créer des sociétés autonomes qui vont exploiter ses services financiers numériques, comme l’indique le journal Burundi Forum.  

Dans la nouvelle, de nouvelles dispositions avaient été apportées comme  la fixation d’un taux d’usure que les banques commerciales et les institutions de micro-finances ne pourront plus dépasser dans l’octroi des crédits à leurs clients, la réalisation des garanties qui désormais sera faite par le client dans un délai d’une année et la volonté manifeste d’harmoniser les cadres de supervision au niveau des pays membres de la Communauté Est Africaine (EAC) où la nouvelle loi tient compte des critères de convergence définis dans ce cadre de l’EAC.

Gaudence Uwineza

 

 

Ouganda : le dirigeant belge de MTN expulsé à son tour



L'Ouganda a expulsé le 14 février au soir le dirigeant belge de la filiale locale du géant sud-africain des télécommunications MTN, au motif qu'il représentait une menace pour la sécurité nationale. C'est le quatrième haut cadre de l'opérateur à subir ce sort en quelques semaines.

Le porte-parole de la police ougandaise, Fred Enanga, a déclaré que le directeur général de MTN Ouganda, Wim Vanhelleputte, avait été expulsé « pour des raisons de sécurité nationale ».

« Il est déjà à l’aéroport et devrait arriver en Belgique vers minuit, a-t-il dit le 14 février.  « MTN n’a pas été informé des motifs de l’expulsion et travaille d’arrache-pied pour établir les raisons précises de l’expulsion », a déclaré Valery Okecho, directeur de la communication de MTN Ouganda.

Un Français, une Rwandaise et une Italienne précédemment expulsés

« Nous sommes à juste titre préoccupés par ces développements et sommes déterminés à trouver un terrain d’entente avec les autorités de manière à résoudre cette affaire », a-t-il ajouté.

Wim Vanhelleputte occupait depuis juillet 2016 le poste de directeur général de la filiale locale du groupe MTN, présent dans 22 pays africains.  Il est le quatrième membre de la direction de MTN Ouganda à être expulsé depuis le début de l’année.

Fin janvier, la police avait annoncé les expulsions du Français Olivier Prentout et de la Rwandaise Annie Bilenge Tabura, accusés d’avoir voulu « compromettre la sécurité nationale », puis de l’Italienne Elsa Muzzolin.

Le président ougandais Yoweri Museveni avait rencontré le directeur exécutif du groupe sud-africain MTN Rob Shuter lors du Forum de Davos fin janvier.M. Museveni a fait état de soupçons de fraude fiscale dans le secteur des télécoms, consistant à ne pas déclarer tous les appels passés par les utilisateurs, une pratique ayant pour effet de « priver le gouvernement de certains revenus ».

Incident criminel

Au-delà, il avait reproché aux opérateurs de téléphonie étrangers de contribuer à appauvrir le pays en captant les faibles ressources de leurs abonnés, sans leur offrir pour autant un service de qualité.

En juillet dernier, MTN avait déclaré que des hommes armés se réclamant des services de renseignement ougandais avaient « kidnappé » deux de ses sous-traitants et les avaient forcés à ouvrir le principal centre de données de l’entreprise, où ils avaient tenté en vain d’accéder aux serveurs.

MTN Ouganda avait souligné à l’époque qu’elle prenait au sérieux cet « incident criminel » et l’avait signalé aux autorités, tout en ajoutant qu’elle doutait qu’il fasse l’objet d’une enquête.

Jeune Afrique

La Suisse exporte vers l’Afrique des cigarettes toxiques



La Suisse exporte vers l’Afrique, des cigarettes plus toxiques que celles vendues en Europe (Public Eye)

(Agence Ecofin) - La Suisse n’exporte pas que du chocolat. Elle envoie aussi massivement de la cigarette toxique vers l’Afrique, marchandise qu’elle n’aurait pas pu écouler sur le Vieux continent. C’est le résultat d’une enquête publiée par l’ONG suisse, Public Eye et intitulée « Les cigarettes suisses font un tabac en Afrique ».

Pour aboutir à cette conclusion, l’ONG s’est basée sur le Maroc, un choix qui s’explique par la place importante qu’occupe le pays pour les majors de l’industrie comme Japan Tobacco International (JTI), Phillip Morris International (PMI) ou Bristish American Tobacco (BAT).

Le pays est en effet, la seconde destination de la cigarette fabriquée en Suisse avec 3,62 milliards d’unités absorbées en 2017 derrière le Japon et devant l’Afrique du Sud. Et si pour le consommateur marocain, fumer de la cigarette originaire de Suisse apparaît comme un gage de qualité, il n’en est rien d’après l’ONG qui indique avoir réalisé des tests en laboratoire grâce à une machine à fumer et une cigarette de référence.

« Les résultats sont clairs : les cigarettes fabriquées sur le sol helvétique et vendues au Maroc sont bien plus fortes, plus addictives et plus toxiques que celles que l’on trouve en Suisse ou en France.», explique Public Eye.  

« Pour chacun des trois paramètres testés [goudron, monoxyde de carbone et nicotine, ndlr], la quasi-totalité des cigarettes produites en Suisse et consommées au Maroc enregistre une teneur supérieure à celle observée dans les cigarettes suisses et françaises.», renchérit-elle. 

Pour l’organisation, cette situation est notamment entretenue par le manque de contrôle de l’industrie et le laxisme des autorités.

« Si la Suisse ne contrôle pas les cigarettes fumées par ses habitants, elle ne s’intéresse pas plus à celles produites sur son sol et exportées, confirme l’Administration fédérale des douanes (AFD). Car ce ne sont pas les normes suisses qui s’appliquent, mais bien celles du pays qui importe ces cigarettes. La Confédération promeut ainsi et profite de l’existence d’un double standard, quitte à aggraver les problèmes de santé publique dans les pays importateurs.», souligne l’organisation.

Du côté des importateurs comme le Royaume chérifien, Public Eye fait remarquer que la situation n’est pas non plus reluisante.  

« Le Maroc ne contrôle pas les composants des Winston et des Camel importés de Suisse. Les douanes se contentent de s’assurer de la conformité fiscale des conteneurs. Le cas marocain n’est pas unique : rares sont les pays équipés d’un laboratoire qui analysent systématiquement les cigarettes importées. Selon l’OMS, le Burkina Faso est le seul pays d’Afrique à le faire.»,ajoute-t-elle.

Réagissant à la publication de l’enquête, JPI estime que les résultats restent imprécis. « Aucune méthode standardisée ne peut reproduire les habitudes réelles de consommation des fumeurs. Personne ne peut dire qu’une cigarette est moins toxique qu’une autre, par exemple au niveau du goût.», affirme l’entreprise.

Pour rappel, la Suisse a produit 34,6 milliards de cigarettes en 2016 pour des recettes d’exportation de 561 millions de francs suisses, d’après une étude de KPMG.  

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