Burundi : production record de banane dans le centre du pays



Dans la région naturelle de Kirimiro, la production de la banane a atteint un record durant les deux dernières années les années, comme l’indique nt les moniteurs agricoles des provinces de Gitega et Mwaro.

« Dans les deux provinces, l’utilisation des techniques performantes de production par les producteurs a permis l’augmentation sensible des rendements. En province de Gitega par exemple, le rendement moyen de la production de bananes  a été  de 25,5 tonnes par hectare pour l’an 2018. La production totale de la banane  a été  de 331.007 tonnes. Pour la même année, le taux de rentabilité moyen pour la banane est de 283% dans cette province et de 507,5% dans la province de Mwaro » selon Jean-Claude Nibigira, un moniteur agricole rencontré sur place.

Les producteurs de banane de cette région affirment ces propos. Ils disent que, grâce aux différentes formations culturales qu’ils reçoivent de la part de différents partenaires techniques du Burundi dont les ONG Réseau Burundi 2000 plus, ACORD-Burundi, IFDC et CARE International,  la production de bananes est de plus en plus bonne depuis les années 2013.

« Nous avons appris des méthodes agro-écologiques qui favorisent la production de bananes. Nous pratiquons des modèles agricoles résilients au changement climatique et qui garantissent la souveraineté alimentaire. Une autre chose est que nous sommes parvenus à cultiver toutes les terres jadis inexploitées grâce aux différentes approches d’intégration agricoles que nous avons apprises. Toutes nos plantations de banane sont également protégées contre l’érosion et faisons l’usage des pesticides naturels en cas de maladies. Il y a le surplus. Pour cela, nous sommes passés à l’agriculture de marché. Tout cela est le fruit des formations que nous avons eues jusqu’à maintenant », fait savoir Réverien  Ndayiragije, producteur de bananes de la commune Kayokwe, en province de Mwaro.

Cette production avait été prédite par la Banque Mondiale une année plus tôt. En effet, en 2014, le Burundi a produit environ 1,6 million de tonnes de bananes et a exporté 10% de sa production principalement en Europe. Mais les estimations de cette banque disent que les exportations de banane du Burundi vont surpasser celles du thé et du caoutchouc dans les 3 prochaines années, c’est-à-dire les années 2014, 2015 et 2016. Selon la représentation de la FAO au Burundi, la banane était en 2013 la principale culture agricole au Burundi avec une production annuelle de l'ordre de 1,75 million de tonnes, ce qui représente près de 45% de la production vivrière totale du pays.

Cette production n’est pas une aubaine dans toutes les provinces du pays. En 2018,  une maladie bactérienne affecte des plantations de banane dans la province de Ngozi, au nord du pays.

«Plus de 4.000 pieds de bananiers ont été déracinés depuis le début de l’année, à cause d'une maladie bactérienne appelée  Banana Xanthosomas Wilt (BXW) en sigle. Cette maladie avait été signalée pour la première fois en Ethiopie il y a 41 ans. Elle est aujourd'hui endémique dans la majeure partie de l'Ouganda, deuxième plus grand producteur mondial de banane après l'Inde. Elle est aussi signalée dans d'autres pays de la région africaine des Grands Lacs, notamment au Burundi, en RD Congo, au Kenya et au Rwanda » a-t-on lu sur le site china.org.

Malgré cela, la production de la banane pour cette année 2018 n’a pas baissée car selon un rapport de la FAO « Pour l’an 2018, l’augmentation de la production de bananes (+8%) est  liée à la pluviométrie  abondante et à l’extension des emblavures de variétés de banane plus productives que les variétés traditionnelles sensibles aux principales maladies des bananiers (BXW, BBTD et fusariose) »,  précise le rapport.

Signalons que pour l’an 2018, cinq provinces ont atteint un record dans la production des bananes (et plantains). Il s’agit des provinces de Ngozi, Ruyigi, Karusi, Gitega et Mwaro, selon le même rapport de la FAO intitulé «Evaluation des récoltes, des approvisionnements alimentaires pour la saison 2018b et de la mise en place de la saison 2018c ».

Le Burundi est en train de devenir un des plus grands producteurs de banane au monde. Il se vérifie que le développement des bananeraies constitue une réponse, essentiellement endogène des paysans burundais à la raréfaction croissante des terres et à la diminution de la possession de bétail. La double productivité du bananier en biomasse et en fruit est d’une importance capitale pour la protection des sols, conférant aux bananeraies une importance majeure au maintien du capital « fertilité du sol », en particulier au niveau du jardin qui entoure la maison d’habitation (Urugo) du producteur qui constitue une spécificité du Burundi.

Gaudence Uwineza