Burundi: le groupe Ladak en difficulté pour fournir les lubrifiants moteurs aux motos de la capitale



Ces jours-ci, le groupe LADAK aurait de grandes difficultés à fournir de l’huile de moteur (lubrifiants moteurs) aux motos qui effectuent le transport dans la ville de Bujumbura.

Selon un des motards qui s’est confié à notre rédaction : « il est très difficile de trouver de l’huile de moteur dont nous avons besoin au groupe LADAK qui a cependant le monopole de vente. D’ailleurs, des soucis ont commencé quand le prix d’achat est passé de 9000 fr/litre à 13.500fr/litre, soit une augmentation de 50%.  Même à ce prix d’achat, il est difficile de trouver de l’huile dont nos motos ont besoin pour fonctionner », fait savoir un motard qui fait le métier de taxi-moto à Bujumbura, la capitale burundaise.

Pour ce motard, les difficultés (si l’on peut dire) de cette entreprise ne se limite pas seulement au niveau de la vente de l’huile de moteur pour les motos, elles se présentent aussi quant à l’achat des motos : « Je n’avais jamais vu une société où pour acheter ses produits, on oblige de faire le dépôt de l’argent avant. C’est la même chose au groupe LADAKA. Pour avoir une moto, on fait un dépôt un mois avant l’acquisition. C’est une sorte de commande qu’on effectue. Mais avant, ce n’était pas comme ça. On payait l’argent et on prenait le produit. On pense que c’est peut-être à cause des tarifs de dédouanement de l’OBR qui sont très fluctuants. On est obligé de se conférer à cette situation même si elle enlève une partie de confiance qu’on a pour le groupe. Heureusement pour Ladak qu’il a le monopole sinon il peut être facilement concurrencé », martèle le motard.

A Bujumbura, la vente des lubrifiants et fluides pour engins à deux ou quatre roues est en phase de concurrence entre différents commerces. Pour cause, ce sont des produits très recherchés par les motards et les détenteurs de voitures.

« Il y a trois ans que je travaille dans ce domaine. Je m’approvisionne à partir de Dubaï. J’ai utilisé une somme de 1600 dollars comme fond de roulement. Je dépose les produits dans différents points de vente de la capitale en particulier en zone Buyenzi. L’intérêt que je tire de ce commerce est satisfaisant pour moi. La concurrence est grande car il y a des vrais patrons qui ont déjà compris que ce commerce est très lucratif et qui veulent investir spécifiquement dans cette activité en créant des centres commerciaux pour la vente des lubrifiants pour moteurs », indique Jean-Claude Nduwayo, vendeur de lubrifiant du quartier Nyakabiga.

Pour les motards, il est important de faire le bon choix des lubrifiants, car la lubrification est très différente en fonction du type de deux-roues : motos haute performance, motos simples à deux roues, etc. Une bonne lubrification permet de contrôler la chaleur et les frictions, et ainsi d’accélérer plus rapidement « à défaut de quoi changer de lubrifiants pour un moteur est un grand risque assumé qui peut abimer complètement la moto », nous explique le motard qui s’est confié à la rédaction.

A l’instant, les taxis-moto sont plus de 4000 à faire ce métier à Bujumbura. Le coût minimum d’un voyage est de 500 fbu. Pour des raisons de sécurité, il n'est pas permis que les taxis-motos circulent après 18 heures et sont interdites d’arriver au Centre-Ville. Les motards sont estimés à 9 000 dans tout le pays.

Gaudence Uwineza