Burundi-EAC : la 21eme session des Chefs des Etats de l’EAC se tiendra le 30 Novembre à Arusha



Le secrétariat de l’EAC  l’a déjà confirmé si bien qu’il reste l’approbation officielle du Président de l’AEC. La 21e session des Chefs d’Etats de l’East African Community se tiendra à Arusha, le 30 novembre de cette année.

 Au cours de cette session, les points qui sont inscrits à l’ordre du jour consistent«  à étudier les relations tendues entre certains Etats de la sous-région et des difficultés d’ordre économique de la région,  le manque de perspectives économiques des pays de la sous-région suite à l’endettement de plus en plus croissant des pays de l’AEC , la feuille de route pour l'intégration accélérée de la République du Soudan du Sud dans l’EAC et l'examen de vérification de l'admission de la République de Somalie au sein la Communauté.» comme l’ indique le quotidien kenyan The East African. En guise de préparatifs de cette session, le conseil des Ministres des Relations Extérieures des pays de l’EAC se tiendra dans la même ville tanzanienne du 23 au 28 Novembre 2019.

Une session marquée par des relations tendues entre les pays membres

La 21e session des pays membres de l’EAC est plus que marquée par des crises entre les Etats de la sous-région.  Au premier niveau vient le Burundi et l’Ouganda qui viennent de vivre des relations difficiles essentiellement sur fond de causes politiques. Depuis 2015, les allégations formulées à l’encontre du Rwanda dénoncé de soutenir les putschistes, les échanges tendues faites entre Museveni et Pierre Nkurunziza sur l’issue de la  du 3eme mandat tout au long du mois de décembre 2018, les cotisations non payées du Burundi qui s’élèvent à plus de 24 millions de dollars restent toujours des questions sans réponses et dont les retombées pèsent sur la qualité de la diplomatie entre Etats membres de l’AEC.

De plus, la Tanzanie et le Kenya ne manquent pas de problèmes diplomatiques. Ces pays sont engagés dans une guerre économique dans la région, chacun essayant de se positionner stratégiquement comme le géant économique de l’EAC. Il y a deux ans, la Secrétaire générale du ministère kenyan des Affaires étrangères, Amina Mohammed s’est plainte du « harcèlement continu des hommes d’affaires kenyans travaillant en Tanzanie et les divers blocus de marchandises en provenance du Kenya». Depuis l’arrivée au pouvoir de Magufuli, la Tanzanie a fait de gros efforts en poursuivant des politiques économiques pour faire du pays une puissance économique régionale. En outre, un certain nombre de sociétés kenyanes ont été interdites en Tanzanie, à un moment où Magufuli mène des politiques visant à protéger les jeunes industries locales. 

Parmi les produits qui ont exacerbé l’animosité entre les deux pays dans un passé récent, il y a le gaz de cuisson. En 2017, le Kenya a également imposé une interdiction du blé tanzanien et ce dernier a riposté en interdisant l’exportation d’aliments non transformés, de produits laitiers et de cigarettes.

L’endettement de la sous-région, casse-tête pour son avenir économique

 Cela étant, le rêve d’une région économiquement stable avance ; du moins selon l’agenda du prochain sommet ordinaire des Chefs d’Etats de l’EAC prévu ce 30 Novembre 2019 à Arusha, en République Unie de Tanzanie. Selon l’Agence de Presse Africaine, pour rendre la sous-région plus compétitive et ouverte au monde, «  un accord de partenariat économique entre l’Union européenne et la Communauté de l’Afrique de l’est (CEA) a été signé en 2017.  Malheureusement, la Tanzanie a refusé de ratifier le protocole pour le développement d’un chemin de fer à grand écartement reliant le port de Mombasa à Kampala (Ouganda), Kigali (Rwanda) et Juba (Soudan du Sud) » Arusha a choisi de construire une ligne de chemin de fer électrique qui roule  presque deux fois plus vite que la ligne SGR du Kenya qui est alimentée au diesel. Le projet n’a pas eu jusqu’ici des résultats escomptes faute de litiges entre Etats.

Selon la Banque Centrale, «l’Economie globale de la sous-région est caractérisée par un plafond du taux d’inflation de 8%, un plafond du déficit global de 3% du PIB, un plafond de la dette publique fixé à 50% du PIB et un minimum de réserves de change couvrant 4,5 mois d’importations.» Jusqu’ici, le Kenya reste la plus grande économie de la région, avec un PIB d’environ 40 milliards de dollars en 2012, suivi de la République Unie de Tanzanie avec 28 milliards de dollars, et de l’Ouganda avec 20 milliards de dollars. Le Rwanda et le Burundi sont les plus petites économies avec respectivement 7 milliards de dollars et 2,5 milliards de dollars en 2012 comme le fait savoir le Premier rapport de Suivi de la Situation Économique Et Financière du Burundi de la Banque Mondiale intitulé De l’Aide Au Commerce :L’intégration régionale comme moteur de croissance.

Malgré cette situation, d’autres acteurs estiment que l’intégration demeure un outil  de diversification de l’économie. C’est  en l’occurrence le président de la République Démocratique du Congo Félix Tshisekedi qui a formulé une demande l’intégration de son pays au sein de l’EAC au lendemain de son élection. Toutefois, il  affirme que la politique étrangère de la RDC sera désormais axée sur une véritable approche de partenariat stratégique au bénéficie de la population congolaise, ce qui justifie l’impératif nécessité de l’EAC de s’ériger en une influente espace économique du 21è siècle.

Steve Baragafise