Brarundi: la Brarudi bientôt concurrencée par Savonor ?



Le SAVONOR, une plus grande entreprise de transformation d’huile de palme du pays envisagerait de fabriquer désormais des boissons alcoolisées.

Selon des informations dont dispose la rédaction : «  l’idée de fabriquer des boissons alcoolisées serait une réalité. La société aurait reçu déjà des demandes d’emploi d’une partie du personnel de la Brarudi. Le Ministère du commerce aurait été informé de cette possibilité et les démarches arriveraient loin », indique une source qui s’est confiée à la rédaction d’IPM.

Sur la question de savoir si cette idée est le propre du savonor, la réponse a été plutôt prudente : « C’est la question qui se pose. Aucune société locale ne pourrait  rivaliser avec la Brarudi de Heineken qui a un chiffre d’affaire qui dépasse plus de 3 milliards de dollars. Pratiquement, pour amorcer une brasserie digne de nom, il faut une somme de 25 millions de dollars. C’est une somme très énorme. Il y a lieu de penser qu’elle viendrait de cette société elle-même ou d’autres richissimes du pays ou de l’étranger », ajoute la source.

La sortie médiatique du Ministre du commerce, de l’industrie et du tourisme Jean Marie Niyokindi du 4 Octobre a laissé plus d’interrogations dans l’opinion publique si l’on voit des soucis qui s’y rapportent jusqu’à présent :  

  « Dans un contexte économique du pays, il est étrange qu’un ministre du commerce s’en prend à la plus grande société de production du pays. Je pense que la sortie du ministre n’était pas gratuite, elle y avait derrière quelque chose qui crochait. Par exemple, en Mars 2019, la Brarudi reçoit ¼ des devises nécessaires pour l’importation des produits de fabrication de boissons. Elle reçoit de cette somme de la Banque Centrale. Alors, à qui  la faute entre les deux? Pour moi, cette société était le prélude de ce projet du Savonor parce que le Ministre était conscient des causes financières de la Brarudi et n’a pas en conséquence  donnée une solution. Il y a toujours du non-dit », martèle la source.

Savonor-Brarudi, vers une concurrence sans merci !

Ce qui est sûr, la plus grande brasserie du pays, la Brarudi est de plus en plus fragilisée par un manque criant de devises. Sur le marché, ses sodas sont déjà concurrencés par le Savonor et le ministre Niyokindi a déjà remis en cause la qualité des boissons produites par cette société. D’ailleurs, elle vient de dégrader 35% des grades du personnel. Cela dit que les salaires vont être rabaissés en conséquence d’où une partie de son personnel attendrait de beaux jours à l’entreprise SAVONOR ; les deux entreprises étant  dans les logiques gagnant-gagnant.

Bien plus, le Savonor bénéficiait encore des avantages du code des investissements( 2002-2005) raison pour laquelle elle a réalisé la même année des taux de réalisation sur les investissements prévus d’ordre de 100% avec un taux d’emplois créés de 58,6% par rapport aux prévisions alors que la Brarudi a eu un taux des réalisations inférieur à 100%. En cause, des  frais de douane élevés sur les équipements et une forte taxation et imposition, l'insécurité qui prévalait dans le pays et le manque de matières premières dans le pays et le faible pouvoir d'achat de la population.

La question qui se pose est de savoir si le savonor vise, dans ce projet de fabrication des boissons alcoolisées, corriger les failles qui sont observées à la Brarudi (par quel bâton magique) comme le souhaite le ministère du commerce ou si  dans ces innovations, elle cherche à créer des emplois qui visent la réalisation du Plan National  de Développement et la croissance des entrées fiscales dans le Trésor public. Pour cela, il s’impose d’améliorer la compétitivité en poursuivant les réformes de son cadre légal d'investissement entre autres en menant la réforme du Code général des impôts et taxes, la fiscalité des entreprises, le transfert des capitaux, la politique de concurrence, etc.  

Par Steve Baragafise