Burundi : la Brarudi dégrade une partie de son personnel



La plus grande brasserie du Burundi est de plus en plus en difficultés. En effet, elle vient de décider de dégrader une partie de l’ensemble de ses salariés.

« C’est une décision qui a surpris plus d’un. Notre société vient de dégrader 35% des grades du personnel. Pour moi, les causes sont connues. Ce sont en partie les grandes difficultés financières auxquelles la société fait de plus en plus face suite au manque de devises sur le marché national » indique une source de l’IPM au sein de la Brasserie.

Selon la même source, la société risque de faire face à de grands problèmes dans les jours si rien n’est fait.

« Cette décision est comme un avertissement. Nous nous attendons de plus en plus au pire c’est-à-dire a l’éventualité de diminution du personnel. C’est une chose qui doit aussi se comprendre malgré nous : la production des boissons a chuté, l’opinion décrédibilise de plus en plus la qualité de nos produits, l’Etat est incapable à résoudre le problème relatif aux devises et une concurrence sur les produits SODA voire alcoolisés s’affirme de plus en plus. Bref, nous sommes face à des grandes difficultés qui obligent des solutions immédiates » ajoute la source.

 Toujours l’insuffisance des devises

Au cours de cette semaine, des medias locaux avaient donné des informations sur les difficultés auxquelles la Brasserie du Burundi fait face.

« Il s’observe depuis quelques temps de la pénurie de certains produits Brarudi, que ce soit en mairie de Bujumbura ou à l’intérieur du pays. Cette pénurie concerne surtout les limonades. Cela est dû au manque de matières premières importées, notamment le sucre blanc et les concentrés utilisés dans la fabrication des limonades, l’approvisionnement de ces dernières n’étant plus possible faute de devises. L’autre raison avancée, c’est l’insuffisance de bouteilles, surtout pour les Fanta orange, citron et pour les jus dits passion qui utilisent le même emballage. Pour ça aussi, la raison est la même : le manque de devises. » fait savoir une des radios locales. A part le malt et le houblon, d’autres produits font également défaut à la Brarudi. Ici, nous citerons entre autres les levures, les produits de lavage, les emballages, les étiquettes, martèle la radio.

Un problème loin d'être résolu

Ce n’est pas seulement la Brarudi qui fait face à cette situation du manque de devises. L’on peut citer également la BUCECO qui produit du ciment dont les produits font objet de grandes spéculations sur le marché. La cause avancée est que l’entreprise aurait du mal à s’en sortir faute de matières premières, lesquelles sont importées de l’étranger.  L’Inter Bank Burundi n’est pas aussi épargnée. Depuis le 11 Juillet, elle a  une affaire qui défraie la chronique. La justice burundaise a décidé d’ouvrir un dossier judiciaire contre la banque Interbank Burundi après une embuscade au cours de laquelle une somme d’un million et cinq cent mille dollars a failli être volée.  

La version des faits a été présentée par la Banque Centrale dans un rapport sur les investigations des opérations que mène l’IBB avec la TMC. Du côté  de la justice, l’Interbank Burundi attend le verdict qui devrait être rendu dix jours après l’ouverture du procès. Théoriquement, c’était le 21 Juillet 2019. Une autre affaire qui n’est pas des moindres est l’arrestation, le 16 septembre, du  milliardaire burundais Jackson Kirahwata par la police. Le motif de son arrestation est qu’il ne respectait pas, selon le porte-parole de la police,  les règlementations d’échanges établies par la Banque Centrale, ce que les réactions publiques ne semblaient pas jusque-là croire.

«C’est vrai qu’on  a pas tous les paramètres relatifs à son arrestation mais d’ores et déjà on peut évoquer trois hypothèses : soit on veut le casser sur le marché,  soit son travail gêne le système tout entier d’où il est arrêté pour faire peur aux autres échangeurs afin de s’aligner à la réglementation en cours soit c’est une arrestation simulée pour rassurer que la situation est maitrisée mais qu’il n’en est rien.  » commentait un internaute.

Après deux années consécutives de récession en 2015 (-3.9 %) et 2016 (-0.6 %), l’économie du Burundi se redresse lentement. La reprise économique s'est accélérée en 2018, avec une croissance de 1,6 % contre 0,5 % en 2017. Toutefois, cette reprise reste fragile, compte tenu des nombreux défis du Burundi, notamment un manque de ressources budgétaires pour financer les investissements publics, une pénurie persistante de devises avec la baisse des réserves internationales et la vulnérabilité du secteur financier. Toutefois, certains risques macroéconomiques persistent et leurs retombées adverses continuent à impacter le secteur financier. Il s’agit notamment du déficit budgétaire, la dépréciation de la monnaie nationale, la baisse des cours du café ainsi que la croissance économique modérée dans les principaux pays partenaires commerciaux extérieur du Burundi.

Steve Baragafise