Burundi : la balance commerciale reste déficitaire pour le second semestre de 2018



L’Office des recettes du Burundi (OBR) vient de publier le rapport sur le commerce extérieur des marchandises du Burundi couvrant la période du 2ème semestre de 2018 (à télécharger ici) . Selon les normes internationales de l’ONU, sont inclus dans les statistiques du commerce international des marchandises, tous les biens dont l’entrée « importation » ou la sortie « exportation » augmentent ou diminuent le stock des ressources matérielles du pays considéré.

« Si la balance commerciale est restée déficitaire (-604 194,1 millions de Fbu) pour le second semestre, les échanges avec le reste du monde se sont légèrement améliorés (+0,47%) passant de 866 905,5 millions de Fbu à la même période de 2017 à 870 640,9 millions de Fbu pour l’an 2018 », indique l’Office burundais des recettes.

Egalement, le flux de marchandises a connu d’importantes variations.

« Au second semestre 2018, les exportations ont diminué de 16,8% par rapport à la même période de 2017, passant de 159.930,9 millions BIF à 133.223,4 millions BIF. Pour les importations du pays, celles-ci ont augmenté de 3,6% au cours de la période sous analyse passant de 706.974,5 millions BIF en 2017 à 732.741,9 millions BIF en 2018 », martèle le rapport. (- 16,8% par rapport à 2017), le déficit commercial étant de 10,6% » ajoute l’Office burundais des recettes.

Principaux produits domestiques exportés.

Les exportations du Burundi au 2ème semestre sont principalement dominées par les produits agricoles qui constituent à eux seuls plus de 67% de la valeur totale des exportations domestiques : le café 40,6%, le thé (16,9%), la farine de blé (6,8%), tabac (3,0%). La seconde position est occupée par les produits miniers : l’or (13,7%), les minerais de niobium (7,0%), les minerais de tungstène (1,4%) et les minerais de tungstène et leurs concentrés (1,3%).

Les importations au 2ème semestre 2018 se chiffrent à 732.741,9 millions BIF. Les produits pétroliers viennent en première position avec 17,4 % des achats à l’extérieur du pays suivi des médicaments (5,8%). Les vaccins pour la médecine humaine (2,6%) qui occupaient la 35ème place au deuxième semestre 2017 a monté jusqu’à la 3ème en 2018. Il s’agit des importations du Programme Elargie de Vaccination qui seraient liées aux campagnes de vaccination qui ont eu lieu en 2018. Aussi, des engrais minéraux ont fait une part d’exportation a raison de (2,5%) et du ciment qui occupe (2,0%) des importations.

Part des exportations du Burundi vers les continents

Les exportations du pays sont écoulés sur le marché européen qui, à lui seul, consomme 37,6%, suivi de l’Asie et de l’Afrique avec respectivement 32,6% et 26,7%. Les Emirats Arabes Unis consomment 15,8% des exportations burundaises, suivi de la Belgique, de la Suisse et de la République Démocratique du Congo tous ayant plus de 10% de la valeur totale des exportations. L’Océanie occupe la dernière position avec 0,2% de la valeur totale des exportations. 

Pour les principaux pays fournisseurs du Burundi, au niveau bilatéral, sur un nombre de 114 pays ayant vendus leurs produits au Burundi au cours du deuxième semestre 2018, 20 pays seulement ont pu remplir le critère retenu pour être qualifié principal pays fournisseur (avoir 1% de la valeur globale des importations) et ont contribué à eux seuls plus de 90% de la valeur totale des importations de la période sous analyse. Au cours du semestre concerné, 4 pays de l’Asie viennent en tête, à savoir l’Arabie Saoudite, la Chine, l’Inde et les Emirats Arabes Unis. Sur le continent africain, c’est la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya, tous membres de l’EAC, qui suivent directement les pays asiatiques.

Des constats ont été dégagés

Par rapport à 2017, ce rapport de l’OBR dégage les constats suivants : « La structure des principaux pays fournisseurs a resté presque inchangée.  Parmi les 20 pays qui remplissent le critère de principaux pays fournisseurs au second semestre 2018, 18 d’entre eux l’étaient à la même période de 2017. La première place occupée par la Chine en 2017 revient à l’Arabie Saoudite au second semestre 2018 qui occupait la 3ème position en 2017 et a vu sa quote-part augmentée de 7,5 points.

Bien plus, l’Italie et le Royaume Unie, pays de l’Union européenne, entrent sur la liste des pays grands fournisseurs du Burundi au second semestre 2018. Bien que la chine ait perdu sa première place au second semestre 2018, sa part dans les importations globales de la période a augmenté de 0,8 points. Les importations en provenance de l’Arabie Saoudite ont augmenté de 7,5 points au deuxième semestre 2018 par rapport à la même période de 2017 tandis que celles en provenance de l’Inde ont connu une diminution de 4,3 points au cours de la période sous analyse », conclut le rapport de l’Office burundais des recettes.

Gaudence Uwineza