mise en application du mécanisme régional de certification des ressources naturelles



C’est au cours d’une réunion tenue ce mardi, 2 octobre 2019 au chef-lieu de la province de Ngozi, que le gouvernement du Burundi a dévoilé ses stratégies pour lutter efficacement contre l’exploitation illégale des ressources minières dont l’or, le wolframite et coltan. Ces stratégies s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du protocole de l’initiative régionale de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles (IRRN), au sein des Etats membres de la CIRGL.

Pourquoi la mise en place des stratégies  de lutte contre l’exploitation illicite des minerais ?

La première raison a été donnée par le Ministre des minerais Côme Manirakiza. Au cours de cette réunion, le Ministre Manirakiza a signalé qu’en décembre 2012, « le Burundi a été sous embargo du marché international des minerais car il n’avait pas  jusque-là publié les rapports sur la chaine d’approvisionnement des minerais de colombo-tantalite, de cassitérite et de wolframite exigés par le marché. Pour quitter les sanctions, le Burundi a dû engager beaucoup d’efforts pour arriver au stade de mettre en application le mécanisme régional de certification. » a indiqué le Ministre Côme Manirakiza.

La deuxième raison est basée sur l’engagement des Chefs d'Etat et de Gouvernement des Pays Membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) qui se sont réunis à Lusaka le 15 Décembre 2010. Ces personnalités s’étaient engagées à assurer la domestication dans les pays respectifs du Protocole sur la Lutte contre l'Exploitation Illégale des Ressources Naturelles dans la Région des Grands Lacs. Pour lutter efficacement contre cette exploitation, six outils ont été signés. Il s’agit du mécanisme de certification régionale, de l'harmonisation des législations nationales, la base de données régionales sur le flux des minerais,  la formalisation du secteur minier artisanal,  l'Initiative de Transparence dans l'Industrie Extractive et le mécanisme d'alerte précoce. 

Quelles sont les stratégies qui ont alors été arrêtées par le gouvernement du Burundi pour lutter contre ce phénomène?

A cette question, le Docteur Joseph Butore, le 2eme Vice-Président de la République du Burundi a donné la réponse suivante : «Le Burundi a réservé une place importante au secteur des ressources minérales dans les différents programmes et politiques du Gouvernement, notamment la vision 2025, le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté deuxième génération (CSLP II) et actuellement, le programme national de développement (PND) 2018-2027. 

Les stratégies arrêtées dans ces programmes ont les objectifs suivants :  le développement des mécanismes efficaces pour prévenir, réprimer et éradiquer l’exploitation illégale des ressources naturelles, intensifier et rendre plus dynamique la coopération entre les Etats membres, en vue de rendre plus efficaces et durables les mesures de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, promouvoir l’harmonisation, par les Etats membres, des législations politiques et procédures nationales de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles » a précisé  le deuxième Vice-président Joseph Butore au cours de cette réunion tenue ce mardi, 2 Octobre 2019.  Parmi d’autres stratégies arrêtées, on peut citer la réforme de l’Office burundais des Mines et Carrières et la mise en œuvre des Plans stratégiques annuels de cet office pour une augmentation annuelle de 40%, selon le Ministre Manirakiza.

Un secteur clé

Jusqu’au moins de mars de cette année, le pays comptait 4 sociétés minières et 160 coopératives qui opèrent légalement dans le secteur minier. L’or et les terres rares sont parmi les minerais les plus exportés. Selon le porte-parole du Ministère des Mines, Leonidas Sindayigaya, les chiffres dont le ministère disposait au 31 octobre 2018 étaient estimés à 1380 kg d’or vendus. Les devises rapatriées étaient évaluées à 10 millions USD. Quant aux terres rares et pour la même date, 925 975 kg est la quantité vendue. Les recettes rapatriées étaient évaluées à 1 million 568 mille USD. Le prix d’1 kg d’or avoisine 400 USD tandis que celui d’1 kg de terres rares avoisine 2, 5 USD sur le marché international.

Des productions qui auraient chuté avec la fin de l’an 2018

La société d’exploitation du gisement des terres rares, Rainbow Mining Burundi comptait produire 5 000 tonnes de concentrés de terres rares avec fin 2018 avec une exportation de 100 tonnes par semaine. L’exploitation des terres rares enregistre des aspects positifs. Toutefois, il affirme que le niveau de production reste toujours bas, soit à peu près 25% des projections, apprend-on du journal Burundi Eco. Bien plus, vers la fin de la même année (2018), l’exploitation du nickel au point mort. Cela est conséquent au fait que la société Burundi Musongati Mining, qui avait démarré ses activités avec l’an 2014, s’est vu en toutes difficultés d’exploitation à cause du manque le manque de courant énergétique et de chemin de fer. Pour faire face à ce problème, la société a songé à utiliser les plaques solaires, mais en vain.

Le Burundi dispose d’un potentiel minier intéressant qui est principalement constitué de minéralisations de nickel, de vanadium, de phosphates, de tourbe, de calcaire, etc. Actuellement, les activités sont limitées à des exploitations artisanales opérant dans le secteur informel. Plusieurs sociétés étrangères se montrent intéressées par la recherche et la mise en valeur des ressources minérales. Mais des obstacles retardent l’exploitation industrielle : la nécessité de développer les infrastructures (transport et énergie) et la création de régimes contractuels et fiscaux compétitifs pour attirer les investissements.

Steve Baragafise