Burundi : la Banque Mondiale va-t-elle bientôt suspendre son appui au gouvernement ?



La Banque Mondiale serait prête de suspendre son appui financier qu’il donnait au gouvernement du Burundi. Pour cause, la Banque centrale aurait refusé l’audit de la Banque Mondiale. Selon les informations dont dispose la rédaction : « La Banque Mondiale aurait exigé un audit de la Banque de la République du Burundi pour continuer son appui au gouvernement. Cette demande aurait été jusqu’ici refusée par la Banque Centrale. Pour ce refus, deux grandes causes sont jusqu’ici évoquées : le manque de volonté/ou incapacité de régler le taux de change des devises sur le marché, des cas de vols de liquidités en devises qui s’observeraient depuis un certain temps dans cette institution Bref, des indicateurs qui inquièteraient la Banque Mondiale sur la santé financière de cette institution au cas où cet audit serait effectué alors que la population burundaise enregistre une pauvreté monétaire
qui avoisine les 70% » indique notre source. Or, pour que la Banque Centrale finance des projets de développement, cela requiert des conditions primordiales parmi lesquelles le manque de liquidités (locales et en devises) évidentes dans la Banque Centrale et sur le marché intérieur qui permet de prouver que le gouvernement est incapable de mettre en œuvre ses projets de développement. Cela requiert une expertise ou un audit interne des banques centrales qui servirait de connaitre les causes de cette situation et les solutions à proposer. Or, la Banque Centrale aurait jusqu’ici refusé de coopérer, ce qui voudrait pousser la Banque Mondiale de suspendre l’appui qu’il allait accorder au gouvernement du Burundi.

En effet, ces derniers temps, des informations (non vérifiées) avaient été largement relayées sur les réseaux sociaux faisant état de la faillite imminente de l’institution. Elles montraient comment cette institution serait de plus en plus victime des cas de vols de liquidités, de la

manière dont les dirigeants contourne la loi sur le marché public en accordant gré a gré des marchés de plusieurs millions ou des milliards, et l’existence des travailleurs incompétents engagés sur fond d’appartenance politique. Cela limiterait les compétences de la Banque et l’avancée de l’économie du pays tout entière.
Pourtant, pour l’an 2017, les états financiers de la Banque centrale donnent une image très positive de la situation de la Banque (les états financiers les plus récents dont dispose la Banque centrale) tant au niveau de sa performance financière et de sa trésorerie conformément aux normes internationales d’informations financières applicables aux opérations de la Banque centrale. Au 31 décembre 2019, les créances sur l’Etat un solde de 787 2018 020 000 francs Bu représentant 48.96% du total des actifs de la Banque pour cette année 2017.Le secteur financier burundais est demeuré résilient en 2017 grâce à la reprise économique amorcée après la situation macroéconomique difficile qu’a traversée l’économie du pays depuis 2015. Toutefois, certains risques macroéconomiques persistent et leurs retombées adverses continuent à impacter le secteur financier. Il s’agit notamment du déficit budgétaire, la dépréciation de la monnaie nationale, la baisse des cours du café ainsi que la croissance économique modérée dans les principaux pays partenaires commerciaux extérieur du Burundi. Ces risques ont entraîné la dégradation de la qualité du portefeuille crédits et des pressions sur la liquidité bancaire.

Par Steve Baragafise