Burundi : le porte-parole de la police accusé de partialité dans ses communications sur le CNL



Les militants du parti de l’opposition, le conseil national de libération accuse le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, d’être partial dans la communication qu’il fait sur les altercations observées ces derniers jours entre les imbonerakure, les jeunes appartenant au parti au pouvoir et les membres du parti de Rwasa Agathon, principal opposant politique du régime en place.

« La communauté internationale devrait suivre de près ce qui se passe au Burundi en l’occurrence à l’ endroit des membres du parti CNL. Bien plus, elle devrait faire une plaidoirie en leur faveur car ils sont victimes d’une grande intensité de violences physiques », indique Simon Bizimungu, le secrétaire du parti CNL lors des cérémonies de l’enterrement de Monsieur Grégoire NSAVYUMWAMI, membre du parti de Rwasa et victime des altercations du 19 août 2019 en province Muyinga, au Nord du pays.

Sur ces allégations, Pierre Nkurikiye réagit dans ces propos : « Ceux qui tiennent des réunions politiques la nuit sont ceux qui causent la source même de l’insécurité ».

Ce que réfute le secrétaire du conseil national de libération :

« Le parti CNL s’inscrit en faux contre le langage tenu par le porte-parole de la police nationale sur les provocations et les violences orchestrées à l’endroit des membres de notre parti. Cela constitue non seulement une intention de faire disparaitre toutes preuves matérielles y relatives mais donne aussi un nouvel élan à ceux qui font de la violence aux membres de notre parti », s’insurge Simon Bizimungu, le secrétaire du parti d’Agathon Rwasa. 

Ces derniers jours, plusieurs militants du Conseil national pour la liberté, ont été victimes d'attaques violentes et accusent les jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, d’en être les auteurs.

« Des cas de harcèlement, d'intimidation, d'arrestations arbitraires, d'emprisonnements abusifs, des cas d'attaques ciblées contre nos militants et de militants portés disparus. Des cas de suspensions momentanées des activités du parti, sans raison valable et des refus catégoriques d'ouvertures des permanences du parti. Des cas de vandalisme des permanences du parti sans oublier des cas d'incendies et de démolitions des insignes du parti. En somme, plus d'une vingtaine de permanences du parti ont été vandalisées », a révélé, vendredi dernier à la Deutsche Welle, Térence Manirambona, le porte-parole du parti CNL d’Agathon Rwasa.

Sauf le porte-parole de la Police qui minimise souvent les faits, les autorités officielles qui tentent de faire des commentaires ne font que calmer le jeu. Pourtant, une escalade de violences est de plus en plus montante. Ce qui inquiète les observateurs des Droits de l’Homme au Burundi.

Le Burundi se prépare aux échéances électorales au mois de mai 2020. Le parti CNL étant l’une des grandes formations politiques de l’opposition qui s’apprête à une véritable course électorale pour la présidence de 2020.  Actuellement, il se fraie le chemin parmi les plus déçus du système, ce qui fait de lui le parti dont le système DD craint le plus.

Gaudence Uwineza