Plus de 350 Burundais réfugiés au Rwanda affectés par des troubles psychologiques en une année



Plus de 350 réfugiés ont été reçus par le bureau spécial de consultation psychothérapeutique de la maison Shalom à Kigali. Ils sont affectés par des troubles liés à leurs conditions de vie. D’autres sont victimes de tortures leur infligées avant leur exil.

D’après le Collectif SOS Médias Burundi qui livre cette information, ces réfugiés se sont confiés à un centre psychothérapeutique de la Maison Shalom à Kigali au Rwanda. Il a été ouvert en août 2018. En une année, ce centre affirme avoir reçu plus de 350 réfugiés burundais qui présentent des signes de traumatismes ou troubles psychologiques.

“Ce nombre n’est pas surprenant. Ils devaient être plus nombreux, compte tenu des difficultés et des tortures subies avant leur départ du Burundi”, fait savoir Florence Mahoro, psychologue du centre. Selon elle, le nombre peut être de loin supérieur car plusieurs préfèrent se taire.

“Plusieurs signes de traumatisme se manifestent: manque prolongé de sommeil car ils voient leurs tortionnaires dans leurs rêves, peur excessive, manque de confiance, solitude, effets de viols sexuels, d’emprisonnement et de coups et blessures. D’autres affirment entendre des voix des membres de leurs familles qui ont été assassinés”, souligne la psychothérapeute.

Le second type de traumatisme, pas moins important selon elle, est lié au manque de biens matériels et financiers. Il y a aussi la perte de leurs biens, la pauvreté ainsi que le traumatisme lié au chômage.

“Nous les aidons à s’adapter aux changements brusques et négatifs du cours de leur vie”, précise-t-elle.

Madame Mahoro assure qu’à cela s’ajoute le traumatisme politique lié au fait que les réfugiés ne peuvent pas participer dans la gestion de leur pays.

L’autre traumatisme qu’elle évoque est spirituel. « Certains disent que si leur pays les a lâchés c’est comme si Dieu ne les aime plus”.

Une aide financière

Ce centre intervient aussi dans le domaine économique, notamment dans l’octroi des microcrédits aux victimes de traumatismes qui retrouvent une certaine normalité.

Ceux qui sont dans le besoin ou en en quête d’un capital pour monter une affaire sont envoyés dans un autre service chargé de microcrédit.

L’écoute est le principal médicament qu’offrent les psychologues. “ Pour beaucoup d’entre eux, ils n’ont pas de personnes à qui se confier, ne fût-ce que pour pouvoir pleurer. Nous devenons leurs conseillers et nous les aidons à trouver solution à plus de 80% de leurs problèmes. C’est en fait une nouvelle orientation pure et simple de leur vie” dit-elle.

Ce service aide en grande partie les réfugiés burundais qui ne sont pas dans les camps de réfugiés. De tels services y sont disponibles.

Les plus affectés sont installés à Kigali, dans les provinces du Sud à Muhanga et de l’Est à Nyamata.

Au début de cette année, un autre centre dénommé Réseau Africain pour la Paix, la Réconciliation et le Développement Durable “RAPRED Gir’Ubuntu” a indiqué recevoir en moyenne plus de 100 réfugiés burundais par trimestre qui présentent des signes de traumatisme psychologique. Ce dernier est installé à la communauté chrétienne, le centre Christus de Kigali.

Le Rwanda a donné refuge à plus de 70 mille Burundais depuis la crise de 2015 et plus de 90% vivent dans les camps de réfugiés.

RNA