Burundi-Grands Lacs : Signature des accords du projet de construction de la centrale hydroélectrique de Ruzizi 3



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C’est un projet pharaonique qui va être entamé par trois pays ; la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi. En effet, c’est ce lundi, 29 Juillet 2019 que le ministre par intérim de l'Energie et des Ressources hydrauliques de la République démocratique du Congo, Pierre Kangudia, le ministre des Infrastructures du Rwanda, l'ambassadeur Claver Gatete, et le ministre de l'hydraulique, de l'Energie et des Mines du Burundi, Côme Manirakiza, ont signé à KEMPISKI, un Hôtel de Kinshasa, des accords du projet de construction de la centrale de Ruzizi 3.

«Le coût du projet est évalué à 400 millions USD dont 50% proviendront de bailleurs de fonds européens, notamment l’AFD, la Banque européenne d’investissement (BEI), la KFW et l’Union européenne. Près de 20% de ces fonds ont déjà été mobilisés depuis 2015 par la Banque africaine de développement (BAD). D’une capacité installée de 144 MW, Ruzizi 3 pourrait produire jusqu’à 200 MW lorsque les études supplémentaires vont être finalisées, » a indiqué Pierre Kangudia, le ministre congolais de l’Energie et des Ressources hydrauliques lors des cérémonies de signature de ces Accords.

Après les programmes Ruzizi I (1958) et Ruzizi II (1989), la réalisation de cette nouvelle centrale hydroélectrique, d’une capacité de 144 (MW), sera confiée à un groupement d’opérateurs privés menés par Sithe Global, une filiale du fonds d’investissement américain Blackstone Group spécialisée dans les infrastructures énergétiques et Industrial Promotion Services (IPS), filiale du groupe Aga Khan ainsi qu’à la société SN Power. Ces entreprises ont aussi signé les accords de partenariat public-privé avec les trois pays.

De surcroit, l’énergie produite par la centrale sera partagée par le Burundi, le Rwanda et la RDC et devrait aider à réduire le déficit énergétique chronique de ces trois pays. Sur le calendrier, la cérémonie de la pose de la première pierre est prévue en 2021 et l’inauguration en 2026. La zone du projet se trouve au Sud-ouest du Rwanda et à l’Est de la RDC, entre le Lac Kivu et le Lac Tanganyika. L’aménagement hydroélectrique de Ruzizi III se situe sur la rivière Ruzizi, frontalière entre la RDC et le Rwanda, dans la Région des Grands Lacs.

Le site où se fera la construction de cette centrale a été sélectionné sur base de l’intérêt économique de divers sites, sur leurs impacts environnementaux et sociaux, et leurs risques. Un comparatif a été conduit sur une large région, englobant le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, la RDC, le Rwanda, la Tanzanie, sur la base de plusieurs critères dont : la disponibilité des données ;  les impacts négatifs majeurs ; le coût abordable et la capacité supérieure à 30 MW.

L’énergie, une denrée rare pour le pays

De par son emplacement géographique, le Burundi a un potentiel hydroélectrique énorme. En grande partie, c’est la Régie de Production et de distribution d’Eau et d’Electricité (REGIDESO) qui assure la production et l’exploitation de l’électricité à plus de 97% soit 30,8MW hydrauliques et 5.5MW thermiques. Les 3% restants sont produits par l’Office du thé du Burundi (OTB) et l’ABER  (l’Agence Burundaise d’Electrification Rurale). Pour augmenter sa production énergétique, le gouvernement du Burundi avait fait le pari de signer un contrat avec deux sociétés étrangères, une de l’Italie l’autre de l’Egypte un contrat pour la construction de deux centrales hydroélectrique.

Pour une valeur de 150 millions de dollars, ces centrales devraient être construites par les sociétés CMC et ORASCOM, dans un délai de 3 ans et 6 mois. Leur puissance sera de 49,5 MW. En raison des crises politiques qui l’ont secoué au lendemain de son indépendance, le Burundi n’a pas misé sur la production d’une énergie suffisante pour le pays. Pour combler son déficit, il importe jusqu'ici de l’énergie électrique à partir des centrales de Ruzizi I et Ruzizi II, localisées en République Démocratique du Congo et relevant de la Communauté économique des pays des Grands lacs, la CEPGL. Alors que les besoins en énergie sont estimés à au moins 70 mégawatts, le pays n’en produit que 30 à peine.

Steve Baragafise