RDC: la Belgique a consacré 100 millions d’euros aux programmes de développement en 2018-2



La Belgique a consacré l’an dernier une centaine de millions d’euros aux programmes de développement en République démocratique du Congo (RDC), qui restera le premier bénéficiaire de l’aide publique belge au développement, a indiqué le chargé d’affaires belge à Kinshasa, Philippe Bronchain. « La rumeur que la coopération au développement belgo-congolaise aurait été interrompue l’année passée a été dépassée par les faits: la RDC est restée et restera le premier bénéficiaire de l’aide publique belge au développement et la Belgique est restée et restera au côté du partenaire congolais », a-t-il affirmé dimanche lors d’une réception donnée à l’occasion de la Fête nationale en présence d’un parterre de personnalités congolaises et du ministre d’Etat Herman De Croo.

« Tous appuis confondus, notre pays a consacré aux alentours de 100 millions d’euros aux programmes de développement (en RDC) en 2018 », a ajouté M. Bronchain, qui devrait quitter Kinshasa en août avant l’entrée en fonction d’un ambassadeur en titre, Johan Indekeu, désigné par Bruxelles dans le cadre d’une normalisation des relations belgo-congolaises après une grave crise.

« Notre pays intervient dans 11 des 26 provinces en faveur des populations rurales en appuyant l’agriculture familiale et en développant des réseaux de distribution d’eau et d’électricité. La Belgique intervient en matière d’enseignement professionnel avec une orientation sur les possibilités d’emploi. Elle intervient aussi dans le secteur de la santé en se focalisant sur l’accès aux soins, la lutte contre les violences sexuelles et l’éradication de la maladie de sommeil », a ajouté le chargé d’affaires ad intérim et futur ambassadeur au Pakistan, selon le texte de son discours obtenu par l’agence Belga.

« La Belgique reste à côté des plus démunis comme les millions de déplacés dans le pays. Elle a ainsi augmenté de 50% son aide humanitaire pour la porter à 25 millions d’euros, et nous prenons notre part face à l’épidémie d’Ebola qui frappe le pays. N’oublions pas non plus les partenariats à travers nos ONG, les universités belges et les institutions onusiennes et multilatérales, ou encore les formations suivies chaque année par plusieurs énarques congolais au sein de l’administration belge », a encore dit le diplomate.

Il a confirmé la visite « prochaine » du président congolais Antoine Félix Tshisekedi Tshilombo en Belgique.

Cette visite officielle du nouveau chef de l’Etat, un ex-opposant proclamé vainqueur de l’élection présidentielle controversée du 30 décembre dernier, devrait intervenir en septembre, selon des sources diplomatiques.

Bronchain a encore annoncé que la Belgique venait d’introduire la demande d’agrément de M. Indekeu comme ambassadeur auprès des autorités congolaises.

« Johan Indekeu est un collègue expérimenté avec lequel l’ambassade a eu de nombreux échanges depuis plusieurs mois et dont je peux vous assurer qu’il se prépare activement pour l’importante mission qui lui a été confiée. Je lui souhaite, ainsi qu’à tous les collègues qui ont rejoint ou rejoindront cette année notre ambassade à Kinshasa, notre consulat général à Lubumbashi ou le CEV (centre européen des visas, qui a succédé en mars à l’ex-Maison Schengen, une sorte du bureau consulaire belge chargé de traiter les dossiers des Congolais demandeurs de visa au profit de 18 pays européens) tous mes vœux de succès », a-t-il précisé.

Les nouvelles autorités congolaises ont récemment réaffirmé leur souhait de voir l’agence belge de développement (Enabel) « continuer à travailler » et « notre consulat général à Lubumbashi rouvrir ».

La RDC « nous a enfin informés de sa volonté de rouvrir le consulat général à Anvers », a encore dit M. Bronchain.

Le régime de l’ancien président Joseph Kabila avait ordonné en février 2018 à la Belgique de fermer son consulat général à Lubumbashi, le chef-lieu de la province du Haut-Katanga (sud-est) et fermé le consulat d’Anvers – au nom de la réciprocité, tout en réduisant de sept à quatre le nombre de liaisons hebdomadaires entre Bruxelles et Kinshasa de la la compagnie aérienne Brussels Airlines. Ces décisions étaient motivées, selon l’ancienne présidence, par l' »activisme » déployé par la Belgique contre le régime de M. Kabila, après plusieurs reports des élections générales en RDC.

La Libre Afrique

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