Burundi: Le Président du sénat participe au forum international sur le parlementarisme



Le Président du Senat burundais effectue depuis l’après-midi de ce 1er Juillet une visite officielle en Russie où il va prendre part au Forum International sur le parlementarisme. Ce forum va réunir les assemblées et les sénats des pays africains ainsi que ceux de la Russie.  

L’Ouverture de la 2eme session de ce forum s’est déroulée à Moscou depuis ce lundi sous le thème « développement du parlementarisme ». Ce forum qui réunit les délégations parlementaires de près de 132 pays et dont la séance d'ouverture a été marquée par la présence du Révérien Ndikuriyo vise à rechercher des solutions législatives efficaces et des réponses aux défis globaux.

Lors de l’ouverture de ce forum, Vyacheslav Volodin, le Président du parlement russe a fait savoir que «la souveraineté numérique des États revêt de plus en plus d’importance, soulignant la nécessité pour les participants au Forum de constituer une base législative pour la protection de cette souveraineté. ». Vyacheslav Volodin été relayé par le Ministre des Affaires Etrangères russes qui a souligné « le rôle grandissant de la diplomatie parlementaire dans le développement des liens d’amitié entre pays et l’importance de ce genre d’événements dans le traitement des questions régionales et internationales d'actualité. »

Du côté burundais, le porte-parole du sénat a indiqué que : « ce forum va s’atteler sur la lutte contre les informations erronées qui sont relayées sur les réseaux sociaux qui sont de nature à ternir l’image de certains Etats et certains pays. Les participants vont également discuter sur les nouveaux secteurs de l’Economie notamment l’économie numérique, ses fonctions et le rôle qu’elle joue dans l’émergence de l’Economie et statuer sur les textes qui régissent ce secteur de telle manière à ce qu’il puisse contribuer à générer et contribuer à la croissance des pays membres.»

Selon le journal atlasinfo.fr, le Forum abordera des thématiques suivantes : « le rôle de la législation dans le combat contre la pauvreté et les inégalités », la guerre des médias : « comment vaincre les Fake News », l’agenda législatif environnemental : « action effective pour le développement durable », le Rôle de la jeunesse dans le développement du parlementarisme : « expériences et priorités ». Cet événement connaitra aussi l’organisation le 3 juillet d’une conférence parlementaire « Russie-Afrique » qui traitera notamment des pistes de développement de la coopération législative et du partage d’expériences entre les parlements de Russie et d’Afrique.

La Russie a récemment multiplié les opérations de séduction pour marquer son grand retour en Afrique. On peut cependant se demander si elle possède les moyens de rivaliser avec les géants déjà présents tels que la Chine, ou si elle poursuit une autre stratégie.

En effet, selon le journal Forbes, « A coup de visites officielles, d’annulations de dettes, d’accords de coopération économique, le gouvernement russe a lancé maintes initiatives pour signaler sa réapparition en terre africaine, après une longue absence qui remonte à avant la chute du mur de Berlin. » fait savoir le journal Forbes dans son enquête parue en Avril 2019 intitulée  « Russie-Afrique, une relation économique déséquilibrée.»

Dans le domaine économique, les relations croissantes entre les deux blocs durant cette période ont débouché sur des échanges qui ont atteint «1,3 milliard de dollars à l’aube de la dissolution de l’Union soviétique », rappellent deux chercheurs turcs Hakan Fidan et Bülent Aras dans une note intitulée « Le retour des relations russo-africaines » publiée en 2010. Mais voilà, l’histoire a voulu que l’URSS se désintègre en 1991, contribuant ainsi à la quasi-retraite russe du continent, comme en atteste la chute brutale des rapports commerciaux à 740 millions de dollars en 1994.

« C’est cette dynamique que le gouvernement de Poutine veut inverser aujourd’hui. Cependant, force est de constater que cette volonté de renouer des liens avec l’Afrique a lieu dans un contexte bien différent de celui qui prévalait lorsque les Russes ont plié bagage il y a plus de vingt ans. Forts d’une croissance dans divers secteurs et en quête de nouveaux partenaires susceptibles de les aider dans leur émergence économique, les pays africains ont profité de cet engouement pour nouer des rapports avec les puissances apparues sur l’échiquier mondial ces dernières années. Résultat, des bonds gigantesques dans les échanges commerciaux avec bon nombre d’entre eux, comme la Turquie – devenue 17e  puissance économique planétaire –, dont les exportations vers l’Afrique ont progressé de 66% entre 2006 et 2016, souligne un rapport de la Brookings Institution en mars 2018. », ajoute le journal Forbes.

Russie-Burundi, pour une coopération de plus en plus renforcée

La Russie demeure au côté du Burundi depuis la crise que ce pays de l’Afrique de L’Est traverse depuis l’an 2015. Clouée par des sanctions économiques prises par l’Union européenne depuis 2015, le Burundi a bénéficié des appuis de la Russie.

D’ailleurs, au mois de Juin, au cours d’un entretien accordé à Sputnik en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), l’ambassadeur du Burundi en Russie a évoqué les priorités dans les relations entre les deux pays, expliquant qu’une place de choix y était accordée à l’économie.  «Nous sommes toujours en train de chercher d’autres débouchés, d’autres partenaires. C’est là qu’un accord de partenariat a été signé entre la province de Gitega et une ville de la région de Moscou. » Explique Édouard Bizimana, Ambassadeur du Burundi en Russie. Ce renforcement des relations avec le Burundi arrive au moment où la Russie développe ses liens commerciaux avec plusieurs pays d’Afrique. Une série de projets économiques lient désormais Moscou à la Guinée équatoriale, à l’Ouganda et au Zimbabwe.

« La Russie est en train de s’intéresser davantage à l’Afrique, peut-être un peu derrière les autres, en retard», estime Édouard Bizimana. Et d’ajouter: «Mais je pense qu’il n’y a pas de concurrence et qu’il y a de la place pour tout le monde». Cet État de l’ancien bloc de l’Est  joue encore, statut de grande puissance oblige, un rôle prépondérant dans les relations diplomatiques que le Burundi entretient avec d’autres acteurs dans le monde.

 Gaudence Uwineza