Burundi : Charles Nditije doute de l’initiative réelle de l’ONG Initiatives et Changement



Le Président du parti de l’opposition en exil, le Professeur Charles Nditije fustige les contacts menés par l’ONG Initiative et Changement pour essayer de rapprocher les deux ailes de l’UPRONA, celle d’Abel GASHATSI dit l’Uprona de Kumugumya et celle de l’opposition en exil représenté par Charles Nditije.

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 20 juin 2019 par le parti Uprona en exil, le professeur Charles Nditije fait savoir : « les informations à notre disposition indiquent que cette initiative, en soi fort louable, recèle en son sein des pièges et comporte un agenda caché ( …) Celui qui passe pour l’initiateur du projet, prétendument mandaté par l’ONG Initiative et Changement est en réalité un émissaire de Monsieur Gaston Sindimwo, actuel premier vice-président de la République, lui-même commissaire du parti cndd-fdd » ,  indique Charles Nditije.

Pour le professeur Nditije ajoute que « cette démarche est d’autant plus suspecte que l’on sait que Monsieur Gaston Sindimwo, serviteur zélé du pouvoir en place est un des grands artisans du démantèlement du parti Uprona à travers la dilapidation et la vente illicite et illégale des biens du parti en complicité avec Abel Gashatsi, Président de l’Uprona inféodée au cndd-fdd. Après avoir acquis la participation du FRODEBU, du CNL et d’autres partis politiques dits de l’opposition à ce scrutin porteur de tous les dangers, l’embrigadement de l’Uprona réunifiée serait une grosse prise pour le pouvoir en place » fait remarquer Nditije.

Visiblement, le parti cndd-fdd voudrait, par ce rapprochement piloté par cette ONG Initiatives et Changement, prévaloir une tendance inclusive dans les échéances électorales de 2020 pour convaincre le monde de la transparence et du caractère démocratique des élections. Ce qui serait « une lâche capitulation et une trahison de la cause pour laquelle des milliers des Burundais ont payé et continuent de payer un lourd tribut », indique le Président de l’Uprona en exil.

Ce n’est pas pour la première fois que cette tendance de rapprochement entre les deux ailes du parti Rwagasore est évoquée. Déjà, à l’interne, on assiste à deux camps de ce parti ; l’aile d’Evariste Ngayimpenda et  celle d’Abel Gashatsi qui seraient prêtes à se rallier pour les élections de 2020 du fait que « des comités du sommet à la base de l’UPRONA sont d’ailleurs mobilisés pour le même ordre d’idées et même le calendrier a été établi pour cette fin qui va jusqu’à septembre 2019. Ces Upronistes ont un but de présenter un même candidat aux prochaines présidentielles de 2020. » révèle le journal Itara Burundi, « ce qui serait un coup dure dans le pied de l’opposition qui s’était convenu de présenter un plan commun pour tous les opposants contre le CNDDFDD avant de penser à participer aux prochaines échéances électorales.»

Les choses se compliquent pour le rapprochement de l’aile interne (incarnée hiérarchiquement par Gaston Sindimwo) et l’aile externe, l’uprona de l’opposition de Charles Ndiitije. Par où commencer ? Le dialogue pour les deux parties semble avoir cédé la place à la défiance et à une confrontation qui ne dit pas encore son nom, ce qui réduit sa marge de crédibilité dans les élections de 2020 bien que ces élections obligent aussi l’opposition interne à la survie politique l’UPRONA tient toujours à participer aux élections qui viennent.

Dans les échéances électorales de 2002, l’Uprona de Nditije n’est pas invité d’honneur car limitée déjà par la loi fondamentale la situation politique du pays et l’espace électoral qui conduit à ces élections, ce qui renforce une attitude marginale du parti de Rwagasore. La situation que traverse ce parti a été décrite par l’International Crisis Group, dans son étude Elections au Burundi : l’épreuve de vérité ou l’épreuve de force ?

«Les cinq dernières années (2015-2019) ont été amères pour l’opposition extraparlementaire avec une succession d’épreuves allant jusqu’à la perte de leurs partis, voire l’exil pour certains, laissant au CNDD-FDD une liberté de manœuvre complète alors que  le système consociatif accorde à l’opposition une large place dans les institutions ainsi qu’une place réservée au gouvernement. Cela n’est pas un atout seulement politique mais aussi financier pour un personnel politique qui a tendance à naviguer en fonction du plus offrant », Indique l’étude.

La tendance de réunification de ce parti est toujours remise en cause par ses élites. Depuis déjà plus de 5 ans, le parti Uprona est restée dans une confusion idéologique jusqu’à ce que les médias locaux évoquent du mariage cndd-uprona. Privée d’une orientation commune, ce parti a été marqué depuis l’an 2014 par des contrecoups idéologiques graves compte tenu du contexte politique du pays. Les membres de ce parti, y compris ses leaders, sont touchés par cette sorte de « paupérisation idéologique »

Steve Baragafise