COMESA: le Burundi répondra présent au sommet du COMESA d'août prochain



Les autorités burundaises prendront part à la prochaine réunion des pays membres du COMESA qui aura lieu en août prochain à Lusaka en Zambie.

Selon le ministère burundais du Commerce, l’objectif de cette réunion est d’évaluer la mise en place de la nouvelle Zone de libre-échange continentale qui est déjà entrée en vigueur depuis la fin du mois de mai de cette année. Les autorités burundaises prendront également part dans cette réunion.

La réunion sera précédée par celle des ministres africains du Commerce qui doivent achever leurs travaux sur les instruments d’appui visant à faciliter le lancement de la phase opérationnelle de la Zone de Libre-Echange lors du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement qui se tiendra le 7 juillet.

Le 4 juin, le ministre des Relations Extérieures, Ezéchiel NIBIGIRA a reçu en audience une délégation du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA) conduite par le Secrétaire Général de cette organisation Madame Chileshe KAPWEPWE.  Leur entretien était centré sur les sujets communs entre le COMESA et le Burundi.

Selon le ministre Nibigira, « les échanges ont été fructueux et les relations entre le Burundi et le COMESA vont de plus en plus s’améliorer ».

Ces hautes personnalités se sont également convenues sur les modalités de remboursement pour les dépenses faites lors des préparatifs du dernier sommet de COMESA qui devrait avoir eu lieu l’année passée à Bujumbura. Selon toujours le ministre Nibigira, un comité a été mis en place par le COMESA pour étudier la question en rapport avec le règlement des pertes subies par le Gouvernement burundais après la délocalisation du sommet de ce sommet. C’est dans ces conditions que Bujumbura aurait décidé de répondre à cette prochaine réunion du COMESA prévue au mois d’août.

Actuellement, le commerce entre les pays du COMESA se chiffre à 9 milliards de dollars américains, ce qui équivaut en pourcentage à environ 10% des échanges globaux avec le reste du monde. Les pays membres du COMESA insistent sur la nécessité d'accélérer le processus d'intégration des économies africaines afin de profiter pleinement du potentiel des productions nationales et promouvoir le commerce intra-africain, et les études réalisées par le secrétariat exécutif du COMESA ont relevé que les pays membres importent pour près de soixante-dix-milliards de dollars des marchandises qu’ils ne produisent et commercialisent entre eux-mêmes.  D’où il faut chercher des mécanismes d’élargissement du marché intérieur comme la ZLEC.  

«L’augmentation du commerce de produits manufacturés à haute valeur ajoutée, par le biais de la ZLEC, va aider les pays africains à diversifier leurs exportations et à renforcer leur résistance aux fluctuations des prix. Par conséquent, une économie plus stable attirera les investisseurs et permettra la croissance d’un plus grand nombre de petites et moyennes entreprises, car les petites entreprises avec moins de liquidités sont les plus vulnérables dans une économie fluctuante. Le secteur manufacturier aidera davantage l’économie africaine à prospérer, car ce sont les régions du monde qui connaissent la plus forte croissance qui diversifient le plus leurs économies» indique Alexander C.R. Hammond, économiste et Chercheur.

La Zone de Libre Echange Continentale est un projet de zone de libre échange qui vient d’être mis en œuvre depuis le 30 mai de cette année. Elle doit regrouper la zone tripartite de libre-échange, (en cours de création sur la grande partie de l'Afrique de l'est et centrale, de l'Égypte jusqu'en Afrique du Sud) qui doit inclure le marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA), la communauté d'Afrique de l'Est (CAE) et la communauté de développement d'Afrique australe (SADC), avec d'autre part la communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), la communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'union du Maghreb arabe et la communauté des États sahélo-sahariens. Le projet vise à regrouper au total 55 États dans une zone de libre-échange.

« En augmentant le commerce intracontinental de produits manufacturés, l’Accord relatif aux échanges commerciaux entre pays en développement pourrait s’avérer révolutionnaire. Partout où elle a été tentée, l’industrialisation a permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, d’allonger leur espérance de vie, d’accroître leur taux d’alphabétisation et d’améliorer leurs conditions de vie. Pour ces raisons, nous devons espérer que le seuil de 22 membres de la ZLEC sera bientôt atteint » fait savoir le chercheur.

Le commerce intra-africain atteint déjà 20 % du total des échanges du continent et devrait augmenter de 52 % d’ici à dix ans. La ZLEC peut donc rétablir des règles du jeu plus équitables en introduisant un certain degré de protection interne en faveur des productions africaines. Cela permettra de contrebalancer le rôle dominant occupé par certains pays dans les chaînes de valeur et la propriété intellectuelle.

Steve Baragafise