Burundi : début de relève des deux derniers bataillons militaires en mission d’observation de la paix en Somalie



Enfin, le processus de relève de deux bataillons militaires contingents burundais de l’AMISOM qui étaient jusqu’ici stationnés en somalie a commencé à partir de ce dimanche 2 juin 2019, a rapporté par une des radios locales.

« Il s’agit des 47eme et 48eme bataillons du contingent militaire burundais qui ont été relayés depuis ce dimanche. Ces militaires attendaient depuis près d’un mois un avion à bord duquel ils pouvaient être rapatriés mais en vain. Ils devraient quitter le territoire somalien au plus tard le 7Mai de cette année. Par un avion qui a été apprêté par la Russie, les militaires de ces contingents l’ont embarqué à destination de la capitale burundaise. Ils sont arrivés à Bujumbura vers 5h du matin de ce dimanche. » indique cette radio locale.

Les militaires qui sont arrivés déplorent cependant leurs conditions d’embarcation car aucun d’entre eux étaient autorisés à transporter à bord de l’avion un bagage n’excédant plus de 20 kg, ce qui a été la cause d’une frustration car certains d’entre eux avaient quelques objets de valeurs qu’ils avaient achetés. Ils ont dû laisser tout cela derrière eux. Le travail de relai n’a pas d’ailleurs tardé.

« Les militaires qui sont allés relayer les deux bataillons de l’AMISOM proviennent des 52eme et 53eme bataillons de l’AMISOM. Les premiers de ces militaires étaient déjà arrivés en Somalie depuis dimanche et conduits sur les positions militaires de Cadale. Ce travail est également facilité par des hélicoptères qui assurent le transport pour les nouveaux venus vers leurs postes et le retrait des anciens occupants vers l’aéroport de Kadal pris comme transit pour joindre celui de Mogadiscio »,  ajoute la radio.

Ce rapatriement est précédé par celui de 1.000 militaires burundais qui s’est effectué au mois de février de cette année. Ceux-ci avaient fait objet de rapatriement suite à la décision du département chargé de la paix et sécurité de l’Union Africaine. Ce département avait envoyé, le 19 décembre 2018, une correspondance au Bureau d’Appui des Nations Unies en Somalie dans laquelle elle demandait une réduction de 1.000 soldats burundais déployés à l’AMISOM. Cette demande rentrait,  selon la commission, dans la logique de responsabiliser la naissante armée somalienne à assurer lui-même la sécurité du territoire national. Elle se conformait également à la Résolution 2431 du Conseil de sécurité qui établit les modalités de transfert progressif des responsabilités de l’AMISOM aux forces de sécurité somaliennes.

Ces militaires du 47e eme et 48eme bataillon ont terminé leur mission en Somalie pour l’AMISOM en date du 30 avril dernier. Avant leur relève, les 1.200 militaires étaient stationnés à l’aéroport international de Mogadiscio avant de recevoir l’ordre qui les intime de regagner leurs positions militaires. Leur relève était subdivisée en équipe dont la première devait prendre l’avion à destination de Bujumbura en date du 2 mai de cette année. 3 semaines après, 400 de ces militaires étaient toujours en stand-by à l’aéroport de Mogadiscio.

Ce processus de relève se fait dans un contexte sécuritaire de plus en plus inquiétant. Les forces d’El-Shabab lancent des offensives de grande envergure dans plusieurs localités de la Somalie, ce qui complique la situation pour les forces burundaises de l’AMISOM qui sont connues comme les plus fragiles à cause du manque de minutions suffisantes sur terrain.

De surcroit, la situation devienne de plus en plus incertaine pour les forces de l’AMISOM. Déjà, les militaires burundais sont actuellement inquiets d’un autre retrait de 1.000 militaires d’ici peu. Cette décision a été prise à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations-Unies de 31 mai 2019. Dans un premier temps, un lot de 1000 militaires sera concerné. Une mesure qui inquiète surtout les militaires du contingent burundais. Ces derniers considèrent qu’ils seront les premiers concernés par cette mesure.  

En 2016, l’UA avait annoncé qu’elle prévoyait de retirer l’ensemble des troupes de l’AMISOM de Somalie d’ici fin 2020, pour transférer toutes ses prérogatives sécuritaires à l’armée somalienne. Le début de ce retrait n‘était alors pas envisagé avant octobre 2018, et l’Armée nationale somalienne (SNA), mal équipée et désorganisée, n’a pour l’instant pas fait la preuve de sa capacité à assurer la paix malgré l’entraînement qui lui est fourni par plusieurs pays étrangers.

Steve Baragafise