Sarah Mbuyi et l'AAEF pour le retour aux vraies valeurs de notre société



Beaucoup d'acteurs de la société civile surtout chrétiens tirent la sonnette d'alarme sur certains problèmes de société qui menacent de plus en plus l'unité de la famille. La rédaction d'Imburi Phare a rencontré un de ces acteurs: Sarah Mbuyi, jeune chrétienne, à la tête du mouvement citoyen "Alliance Afro-Européenne de la famille (AAEF)", qui mène des actions de sensibilisation, vis à vis de ces questions éthiques (avortement, droit de la femme, divorce, homosexualité) qui menacent la famille. Interview. 

Bonjour, pourriez-vous vous présenter à nos visiteurs? 

Mon nom est Sarah Mbuyi, quoique je préfère que l’on m’appelle entre amis par le nom de mon père, Mundabi. J’ai 35 ans. Je suis avant tout chrétienne, née de nouveau et on va dire « politicienne » de vocation, façon de parler. Je suis surtout une activiste qui considère la politique comme un moyen pour arriver à une fin.

Pourquoi une alliance afro-européenne de la famille ?

La famille est le noyau et le pilier de la société. Je crois sincèrement qu’il n’y a pas de plus grand rôle donné par Dieu à l’homme que ceux de conjoint et parent, et il y a dans le mariage un pouvoir de rédemption pour l’Humanité. Le mariage, après tout, a été créé comme illustration de l’amour qui unit Christ à Son Église.  Aujourd’hui,  les rues, les cimetières et les prisons sont remplis d’êtres humains qui ont été brisés, blessés dans leur parcours au sein de leur famille. Les prisons en particulier regorgent de conjoints délaissés, d’orphelins de père/mère ou d’enfants de divorcés. Par orphelins,  j’entends aussi bien orphelins au sens propre que figuré, c’est-à-dire abandonnés voire maltraités par leur père ou mère, ou les deux. Ce sont des gens seuls, en colère, amers, qui ont fait de mauvais choix suite à leurs souffrances. Je ne suis certainement pas en train d’excuser ces comportements, mais une chose est certaine,  c’est que si la prison et la rue n’apportent pas le salut, on peut commencer par travailler à restaurer les valeurs cruciales de la famille, contre laquelle le diable s’acharne de toutes ses forces.

Quelle est votre force pour changer les choses ?

Ma force se trouve d’abord dans la prière bien sûr, ensuite dans mon indignation face à la situation de crise familiale que nous connaissons aujourd’hui en société. Cela m’embrase et me donne l’adrénaline pour changer les choses. Enfin,  je suis bénie avec un réseau grandissant d’associations et individus qui pensent comme moi et qui m’apportent beaucoup sur le plan de l’information, la formation, l’apprentissage de l’argumentation, etc. C’est comme une grande famille en soi !

Vous vous présentez aux élections en Belgique. Est-ce une façon de porter votre projet de promotion de la famille  plus loin ?

Absolument ! La politique est un moyen pour arriver à une fin, et cette  fin est de remettre la famille au centre des politiques. Si nos lois s’articulent autour de la protection et la promotion de la famille, au lieu de la désintégrer toujours davantage, nous aurons une société plus forte. A l’heure actuelle,  il est considéré comme plus économique de ne pas se marier et de faire le moins d’enfants moins possible. Ceci est non seulement contraire à la volonté de Dieu mais contribue directement à la cassure du lien social. Les gens sont de plus en plus solitaires, égocentriques, individualistes et instables. Sur le long-terme, c’est toute l’Europe et l’Occident qui s’autodétruiront si cela continue. Remarquez, politiquement je suis encore loin du compte, hein ! Je suis plutôt d’avis de construire notre mouvement citoyen, l’Alliance afro-européenne de la Famille, et ma propre visibilité afin d’être prête dans cinq ans, ainsi que tous les autres qui se sentent dans le même appel. Nous allons la conquérir pour Jésus, cette Belgique !

Vous venez d’animer une conférence sur le vote chrétien. Quelle est cette façon chrétienne de voter ?

Premièrement, il FAUT voter ! Il ne faut surtout pas rester dans l’ombre car nos voix sont beaucoup plus importantes que nous ne pouvons l’imaginer. Elles peuvent tout changer.

Deuxièmement, pour ma part, j’encourage tout le monde à s’intéresser aux points fondamentaux des programmes de partis : que disent-ils au sujet de ce qu’ils appellent l’égalité des genres » ? Soutiennent-ils la redéfinition de la famille selon laquelle deux hommes ou deux femmes peuvent remplacer l’unité familiale comme Dieu l’a conçue?

Enfin, quelle est leur positon concernant la Vie ? Considèrent-ils comme leur responsabilité de mettre fin à la vie humaine dans le ventre de la mère ou sur un lit d’hôpital ? En fonction de leurs réponses, vous vous faites une idée de leur orientation.

Troisièmement,  je veux insister : ne votez pas pour un PARTI. Votez pour un CANDIDAT ! Et donnez-vous la peine de jeter un coup d’œil sur le pedigree de ce candidat avant de vous rendre aux urnes. Notre Mouvement peut vous faire quelques recommandations de vote d’au moins quatre partis francophones, y compris moi-même, hihi ! Mais sinon, il faut se donner la peine de consulter les listes mises à notre disposition et de faire des recherches sur le background des candidats. Et il ne faut exclure aucun parti, y compris à droite. Ne vous laissez pas influencer par les discours orientés de nos média. Je n’en dirai pas plus.

 Enfin, je veux quand même vous faire part d’un outil exceptionnel pour visiter les profils de nos quelques candidats qui se soumettent à l’interrogatoire, si j’ose dire : Il s’agit de la plateforme NousCitoyens, un GPS électoral qui sert en quelque sorte de « profiler » (en Anglais). J’y suis répertoriée d’ailleurs.

Je vous donne le lien ici : https://www.wecitizens.be/fr/

Propos recueillis par Alison Mani