Burundi : le taux de change sur le marché noir grimpe de façon spectaculaire



Depuis mardi de la semaine écoulée, les  taux de changes en devises sur les marchés noirs grimpent de façon spectaculaire et les demandeurs de monnaies étrangères s’inquiètent de plus en plus face à la réalité du marché dont ils assistent impuissamment.

« Aujourd’hui, 1 dollar américain coûte 2.900 frbu, 1 euro vaut 3180 frbu burundais tandis qu’un 1 le livre sterling va jusqu’à 4.000frbu. La monnaie rwandaise se porte également bien sur le car 1frw coûte 3,4 frbu. Ces tendances varient aussi selon la maison d’échange à l’autre. Par exemple, s’il arrive qu’un client cherche à acheter plus de 10.000 dollars, le coût n’est pas celui-là. On lui impose un cout d’achat qui dépend de la tendance observée sur une période d’une semaine à deux. » a indiqué un vendeur de devises trouvé sur l’un des marchés noirs de la capitale.  

Les clients s’inquiètent de cette situation. Ils y assistent impuissamment. Désiré Nduwarugira est l’un des commerçants de la capitale. Il est vendeur de téléphone mobile. Il s’approvisionne à Bujumbura dans une des sociétés de vente de téléphone Mobile dite Techno.  Lors de la vente de ses produits, il rencontre des problèmes d’écoulement. Pour cause, le prix qu’il fixe pour un téléphone aujourd’hui n’est pas le même qu’il va fixer le lendemain et la clientèle se plaint tout le temps au risque de ne même pas vendre. Il s’en prend alors à cette fluctuation de la monnaie étrangère mais aussi aux décideurs du pays qui n’arrangent pas la situation

« Je ne trouve plus de la clientèle comme d’habitude. Car les prix de téléphone restent largement variables du jour au lendemain du fait que le dollar n’est pas aussi stable, ce que nos clients ne comprennent pas du tout. Tenez, nous avons plusieurs sortes de téléphone, des moins chers aux plus chers comme les y2, f2lte,wx3p,f3,ka7,cf7,y3+,la7,ca6 16+, cx, ca7 16+, cx, ca8, ax8, bip, kb8, etc. mais aucun d’entre eux n’est écoulé au même rythme qu’ils l’étaient il y’a une année. Cette pénurie de devises ne fait rien bouger. Plutôt, elle aggrave la situation. Les autorités devraient normalement se saisir de cette question qui semble durer et pour laquelle on est vraiment surpassé, » fait savoir Désiré Nduwarugira.

Pourquoi la valeur de la monnaie étrangère est fluctuante ?

Il y’a plusieurs raisons à cela. Selon un observateur, «  il faut savoir que l’économie du pays est étouffée par des sanctions européennes depuis 4 ans. Puis, la BRB peine à gérer le peu de devises qui sont disponibles sur le marché ce qui fait affecte aussi les banques centrales qui travaillent de proximité avec les acteurs économiques du pays. Dans ce cas, les importations diminuent et la disponibilité des devises dans le pays devient déficitaire. Le marché noir des devises reçoit ainsi la plus petite part des devises en circulation provenant des frais de missions pour les officiels et les étrangers ainsi que celles provenant des transferts des burundais se trouvant en étranger. »  indique l’observateur contactée par la rédaction d’Imburi Phare.  

Sur les marchés locaux, s’approvisionner en denrées alimentaires n’est pas une affaire d’enfant car la montée des devises devient une aubaine pour faire monter les prix des denrées alimentaires. Pour un citoyen, celui-ci continue à souffrir d’une situation dont il ne maîtrise ni les origines ni les retombées. Dans ces conditions, les yeux sont braqués sur la Banque Centrale, la seule autorité financière qui peut interpréter la situation de variabilité des cours de change au Burundi. Elle est aussi la seule à pouvoir déterminer la quantité des devises sur le marché et leur origine.  

 Gaudence Uwineza