Avant les élections présidentielles et locales au Burundi prévues mercredi, l'Union africaine (UA) et les Nations Unies (ONU) ont exhorté dimanche les autorités à fournir un environnement sûr et sécurisé aux citoyens tout au long du scrutin.

Dans un communiqué commun, les partenaires ont déclaré qu'ils suivaient la campagne électorale et qu'ils restaient préoccupés par les informations faisant état "d'intimidation et d'affrontements violents entre les partisans de camps opposés".

"Les deux organisations encouragent toutes les entités impliquées dans l'organisation des élections du 20 mai 2020, les forces de défense et de sécurité ainsi que les médias publics à contribuer pleinement à la préservation d'un environnement stable et pacifique, condition préalable pour des élections libres, inclusives, justes, transparentes et crédibles au Burundi", indique le communiqué.

"Ils exhortent tous les acteurs politiques à s'abstenir de tout acte de violence et de discours haineux, et à recourir au dialogue pour permettre la tenue d'élections consensuelles et pacifiques. Ils encouragent également les autorités burundaises à assurer et à faciliter la pleine participation des femmes au processus électoral."

La Commission de l'UA et le secrétariat de l'ONU ont également appelé les partis politiques à respecter le Code de conduite qu'ils avaient signé en décembre dernier.

Les autorités de ce pays d'Afrique de l'Est ont été invitées à mettre en œuvre des mesures préventives pour protéger les citoyens contre la pandémie de COVID-19.

La semaine dernière, une commission d'enquête de l'ONU s'est déclarée alarmée par la violence et les violations des droits de l'homme à l'approche des échéances.

Ses membres ont également profondément regretté la décision du gouvernement d'expulser quatre employés de l'Organisation mondiale de la Santé.

Source: Agence de presse Xinhua

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Le Burundi, qui élit mercredi son président, est plongé depuis la précédente élection présidentielle de 2015 dans une grave crise politique, qui a fait au moins 1.200 morts.

Ces violences, déclenchées contre un troisième mandat de l'ancien chef rebelle hutu Pierre Nkurunziza, jugé inconstitutionnel par l'opposition, ont fait ressurgir le spectre de la guerre civile, qui avait provoqué 300.000 morts entre 1993 et 2006.

M. Nkurunziza a créé la surprise en juin 2818 en annonçant qu'il ne se représenterait pas cette année alors que la nouvelle Constitution le lui permettait.

- Manifestations -

Le 26 avril 2015, des milliers de personnes bravent l'interdiction de manifester au lendemain de la désignation de M. Nkurunziza par son parti, le CNDD-FDD, comme candidat à la présidentielle, après dix ans de pouvoir.

Commencent six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura, sévèrement réprimées. 

L'opposition juge ce troisième mandat contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha, qui a mis fin à la guerre civile. M. Nkurunziza considère que son premier mandat obtenu en 2005 ne compte pas, car octroyé par le Parlement dans le cadre d'un mécanisme de sortie de guerre civile.

- Putsch avorté, reprise en main - 

Le 13 mai 2015, une tentative de putsch menée par l'ancien chef d'état-major échoue. M. Nkurunziza limoge ses ministres de la Défense et des Relations extérieures.

En juin, le président de l'Assemblée nationale, Pie Ntavyohanyuma, fait défection à la veille de législatives boycottées par l'opposition. 

Son départ s'ajoute à une longue liste d'opposants, journalistes, membres de la société civile ou cadres frondeurs du CNDD-FDD exilés.

Le 21 juillet, M. Nkurunziza est réélu. 

- Attaques ciblées - 

Commence une série d'attaques ciblées faisant craindre un cycle incontrôlable de représailles.

Le 2 août, le général Adolphe Nshimirimana, bras droit du président, est tué dans une attaque à la roquette.

Le 15 août, un ex-chef d'état-major, le colonel Jean Bikomagu, figure du camp tutsi pendant la guerre civile, est assassiné.

Le 11 décembre, au moins 87 personnes sont tuées dans des attaques coordonnées de plusieurs camps militaires, entraînant des exécutions sommaires en retour.

En avril 2016, le général tutsi Athanase Kararuza et son épouse sont tués.

 

- Risque de "génocide" - 

Fin juillet, le Conseil de sécurité autorise le déploiement de 228 policiers de l'ONU, résolution rejetée par Bujumbura.

En septembre, une mission d'enquête de l'ONU accuse le gouvernement de graves violations des droits, pointant un "grand danger de génocide".

Fin octobre, le Burundi notifie sa décision de quitter la Cour pénale internationale (CPI), effective un an plus tard.

Le 30 décembre, M. Nkurunziza annonce qu'il pourrait se représenter en 2020 si le "peuple le demande".

Début 2017, Human Rights Watch accuse des membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir, d'avoir tué, torturé ou molesté des dizaines de personnes. En avril, l'ONU les accuse d'appels au viol d'opposantes.

- Enquête de la CPI - 

Le 29 septembre, l'ONU prolonge d'un an le mandat d'une commission d'enquête.

Le 9 novembre, la CPI autorise une enquête sur des crimes contre l'humanité présumés, à la demande de l'ONU.

- Répression accrue - 

Le 17 mai 2018, les Burundais approuvent par référendum une réforme constitutionnelle qui pourrait permettre au président de rester jusqu'en 2034, après une campagne électorale marquée par une répression accrue et des exactions selon Human Rights Watch. 

- Nkurunziza ne se représente pas -

Le 7 juin, Pierre Nkurunziza créé la surprise en annonçant qu'il ne se représentera pas.

Le 5 septembre, des enquêteurs de l'ONU avertissent que de graves violations des droits humains, dont des crimes contre l'humanité, se poursuivent, pointant les "appels récurrents à la haine" du président.

En janvier 2020, l'Assemblée nationale accorde au président de nombreux avantages à la fin de son mandat: villa de "très haut standing", allocation d'environ 500.000 euros, indemnité à vie égale aux émoluments d'un député, des avantages "indécents" selon l'opposition.

Le 26, le parti au pouvoir désigne comme candidat à la présidentielle le général Evariste Ndayishimiye, un homme du sérail.

En février, le principal parti d'opposition choisit Agathon Rwasa comme candidat.

Pierre Nkurunziza est élevé au rang de "guide suprême du patriotisme" par l'Assemblée nationale. 

AFP

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Poursuivi pour génocide et crimes contre l’humanité commis au printemps 1994 au Rwanda, l’homme d’affaires Félicien Kabuga, arrêté le 16 mai en France, sera jugé par le Mécanisme chargé de boucler les derniers dossiers des tribunaux internationaux. 

Arrêté le 16 mai dans son appartement d’Asnières sur Seine en banlieue parisienne, Félicien Kabuga devrait être transféré à La Haye après d’ultimes procédures en France.  Entendu par le parquet de Nanterre, il doit encore être entendu par le parquet national à Paris en début de semaine. Une audience devant la chambre des mises en accusation sera ensuite organisée qui devra décider de son transfèrement à La Haye.  

Félicien Kabuga sera jugé par le Mécanisme, un organe créé par l’Onu en 2010 pour succéder aux tribunaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda. Une décision essentiellement budgétaire. Dans les faits, le Mécanisme exerce les mêmes fonctions. Il doit liquider les derniers dossiers. Boucler les ultimes procès, examiner les demandes de remises de peine, veiller aux témoins qui avaient été placés sous protection, préserver les archives et surtout, traquer les derniers fugitifs. 

Sept accusés poursuivis à l’origine par le tribunal pour le Rwanda sont toujours en fuite. S’ils sont un jour arrêtés, cinq d’entre eux, considérés comme de petits poissons, seront renvoyés à la justice rwandaise. Comme le TPIR, le Mécanisme est chargé de juger les plus hauts responsables. Parmi eux, « le financier du génocide », Félicien Kabuga. Transféré dans un premier temps à La Haye, il pourrait aussi être jugé à Arusha, où le Mécanisme dispose aussi d’une salle d’audience. La décision n’a pas encore été prise. 

 

Deux autres fugitifs de hauts rangs seront eux aussi jugés par le Mécanisme s’ils sont un jour arrêtés. Protais Mpiranya, ex commandant de la Garde présidentielle et Augustin Bizimana, ancien ministre de la Défense. 

Mais par ailleurs, deux jours après l’arrestation en France de Félicien Kabuga, des zones d’ombre demeurent. Car pour avoir échappé à la justice pendant 23 ans, Félicien Kabuga a certainement bénéficié de complicité selon l’association Survie. Le chercheur François Graner rappelle les liens entre Félicien Kabuga et Agathe Habyarimana, la femme de l'ancien président rwandais. Ils appartenaient aux mêmes cercles politiques notamment l'Akazou, un cercle influent dirigée par Agathe Habyarimana, qui elle n'a jamais été incarcérée.

RFI

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Par Aboe Ndouma Franck Michel et Simo Tamkam Loic Harold [1]|Financial Afrik

Au plus fort de la crise financière mexicaine en 1995, Michel Camdessus déclarai:t «nous sommes entrés dans le cycle des grandes crises du 21 siècle. »[2] Ses propos prémonitoires du Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI) de l’époque semblent se confirmer également sur le plan sanitaire. En effet, ces dernières années l’on observe l’apparition des nouveaux virus comme le présent COVID-19[3]ou  encore la réapparition des virus qu’on pensait avoir disparu à l’instar du virus Ebola.

Certaines études à l’instar de celle du  Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estiment que les pandémies sanitaires feront légions dans l’avenir à cause du  réchauffement climatique[4] .Quoi qu’il en soit, selon le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) , la pandémie du COVID-19 est la crise sanitaire mondiale de notre époque et le plus grand défi auquel nous ayons été confrontés depuis la Seconde guerre mondiale[5]. Effectivement, le dernier trimestre de l’an 2019 fut le début d’une période faste pour l’humanité avec la découverte et l’expansion d’un nouveau virus appartenant à la famille des coronavirus[6]. Suite à une flambée en décembre 2019 à Wuhan, une province de la République populaire de Chine, le COVID-19 s’est propagé sur la quasi-totalité du globe terrestre et à ce jour, aucun continent n’est en reste. Au-delà de l’aspect sanitaire, ce COVID-19 a des conséquences économiques.

Pour s’en convaincre l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) fait remarquer que suite à cette pandémie, l’économie internationale est dans une position inconfortable comme durant la crise financière de 2007-2008. Les conséquences économiques en question touchent l’ensemble des pays indépendamment de leurs continents. A cet effet, le continent africain n’est pas en reste. Les conséquences économiques de cette pandémie sur le continent seront désastreuses même s’il existe des moyens pour atténuer lesdites conséquences.

Afin de démontrer les conséquences de cette pandémie sur les économies africaines, nous avons adopté la démarche méthodologique dite analytique. Comme son nom l’indique, elle consiste à analyser les données et supports disponibles sur la question. Ainsi, nous nous appuyons sur l’exploration des documents, rapports, articles traitant de la question ainsi que les différentes initiatives prises par les gouvernements au niveau national, communautaire, continental et mondial pour faire face et juguler les conséquences de cette crise sanitaire sur l’activité économique.  Cela va nous permettre d’identifier ce qui est déjà fait, relever les insuffisances et proposer les pistes de solution susceptibles d’atténuer les conséquences économiques de ce COVID19.

Les conséquences désastreuses du COVID-19 sur l’économie africaine

Les conséquences économiques du COVID-19 sur les économies africaines comme sur les autres continents touchés par cette pandémie concernent la production, la consommation ou encore les finances publiques sans oublier les emplois. Malgré cela, les conséquences sur le continent africain ne seront pas les mêmes parce qu’elles ne sont pas structurées de la même manière. Il existe cependant des constantes qui permettent de calculer les profils des conséquences économiques. A cet effet nous allons nous appesantir sur la production du continent africain en passant par les recettes publiques sans oublier le bien-être des populations.

Bien que le continent africain soit relativement épargné par la pandémie du Covid-19 tant par le nombre de contaminés que par le nombre de décès[7], la Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED) estime qu’en raison de cette pandémie, la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB ) du continent pourrait tomber de 3,2 % à 1,8% en 2020. La Banque mondiale (BM) estime que cette crise sanitaire  va entrainer les économies de l’Afrique Subsaharienne en récession, une première depuis plus de 20 ans .Cette baisse de la prévision de croissance du continent s’explique par la chute du PIB de ses principaux partenaires que sont la Chine , l’Union européenne (UE ) ou encore les Etats-Unis.

Reprenant l’adage tiré du recueil Ecologica[8], le chef d’Etat camerounais déclarait à l’occasion du Sommet Africa21 en 2010: «nous consommons  ce que nous ne produisons pas, et  produisons  ce que nous ne consommons pas ». Par conséquent, c’est la forte dépendance du continent de l’extérieur tant pour sa production que pour sa consommation qui sera responsable des conséquences néfastes du COVID-19 sur les économies africaines. Ainsi, en cas d’expansion de cette pandémie chez ses principaux partenaires commerciaux extérieurs, la note risque d’être encore plus salée. Par exemple, un quart des importations ougandaises proviennent de la Chine.

Les chaines d’approvisionnement ont été interrompues parce que de nombreuses usines chinoises ont cessé leurs activités. Cette cessation de la production des usines chinoises a entrainé une hausse des prix chez certains pays à l’instar du Niger et la mise en difficulté des industries locales (Evans et al, 2020). Au-delà des conséquences sur les activités de production, cette pandémie va également impacter les finances publiques.

Les finances publiques des Etats du continent vont être également affectées par cette pandémie. En effet, le manque de diversification des économies africaines couplé à la faible demande mondiale des matières premières va diminuer les recettes d’exportations des différents pays du continent[9]. La Commission Economique des Nations Unies pour L’Afrique (CEA)estime que le COVID-19 pourrait entrainer une baisse des recettes d’exportations de l’Afrique de plus de 100 milliards de dollars américains(USD)[10] .Cela concerne tant les pays exportateurs de pétrole à l’instar de l’Angola ou du Nigeria que les pays exportateurs des minerais.

Selon la CEA , les pertes d’exportations de pétrole brut du Nigeria seraient estimés cette année entre 14 et  19 milliards de USD[11] .Cette situation est  aggravée d’une part  par la chute de la production industrielle dans les principales économies avancés, notamment celles du G7  et-ce bien même avant l’avènement de la pandémie. Et d’autre part, par la chute des prix des matières premières sur les marchés internationaux.

Cette escapade des prix des matières premières est accentuée par la gué-guerre dont se livre l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) et certains pays non membres de l’OPEP comme la Russie à propos de la réduction de la production mondiale de pétrole. Certains observateurs n’excluent d’ailleurs plus que le baril finisse par renouer avec son niveau historique bas de 2016 à savoir 30 USD alors que les gouvernements africains tablaient en moyenne pour un baril de pétrole à 50 USD. Cette diminution des recettes d’exportations va contribuer à l’augmentation de la dette publique.

La baisse des revenus des exportations va conduire les pays africains à se tourner davantage vers les marchés financiers internationaux. Lesdits marchés financiers internationaux offrent des ressources financières à des taux supérieurs à celles des prêts concessionnels, ce qui va conduire à accroitre davantage le niveau d’endettement des Etats du continent africain. Cette question de l’endettement qui était déjà bien même avant l’avènement du COVID19.

Pour s’en convaincre, l’agence de notation Moody’s estimait en janvier 2020 que le niveau d’endettement du continent était trop important pour permettre aux différents pays de faire face en cas de choc extérieur. Afin d’anticiper cette éventualité, certains dirigeants africains comme le président Macky Sall du Sénégal demandent une annulation ou encore un allègement de la dette extérieure du continent africain estimée par l’Union africaine (UA) à 230 milliards USD. Les populations africaines sont également impactées par cette pandémie.

Pour les populations africaines, cette pandémie va impacter leurs biens-êtres. Le COVID-19 va faire diminuer de 10 points  le  bien-être des populations  africaine (Banque Mondiale, 2020). Ces conséquences sur leurs biens-êtres vont se matérialiser par la baisse de leurs revenus tant de l’offre que de la demande[12] (Evans et al, 2020). La baisse des revenus  pour les populations africaine a deux sources : une source interne et une source externe. Au plan interne, il s’agit des mesures de confinement et de quarantaine imposées par les différents gouvernements africains d’une part. En effet, comme les autres pays touchés par le COVID-19 , les gouvernements africains, pour stopper la propagation du virus, ont adopté des mesures d’évitements[13].

Et, d’autre part, les mesures proactives décidées par les différentes entreprises pour empêcher la propagation du virus. L’ensemble de ces mesures va entrainer des suspensions d’activités, donc des pertes de salaires pour les travailleurs, y compris pour le secteur informel qui représente près de 80% des travailleurs du continent,  ne bénéficient d’aucun filet de sécurité en terme de protection sociale ou d’assurance chômage malgré les efforts consentis[14] .

A cet effet, l’UA note que cette pandémie pourra causer une perte de près 20 millions d’emplois sur le continent tandis que l’Organisation des Nations-Unis table sur près de 50 millions d’emplois qui seront détruits. Au plan externe, cette baisse des revenus va se matérialiser par une diminution des transferts des fonds de la diaspora africaine à destination du continent. Ladite diaspora africaine elle-même est confrontée par les mesures de confinement dans leurs pays occidentaux respectives. A titre de rappel, le transfert des fonds de la diaspora africaine est estimé à 48 milliards de dollars USD selon la Banque Mondiale (BM) en 2019, soit plus que l’aide publique estimée pour le continent africain à 26, 4 milliards USD par le Comité d’aide publique de l’OCDE en 2018 . Toute chose qui va compliquer un peu plus la mise en place des Objectifs du Développement Durable (ODD) notamment le premier objectif qui porte sur la réduction de la pauvreté. D’autant plus que la pauvreté mondiale se concentre dorénavant sur le continent. À long terme, cette baisse des revenus conjuguée aux mesures de confinement sera problématique pour la croissance économique future. Selon Kahn (2020), l’expérience d’Ebola a montré que la fermeture des écoles adoptée par 180 pays dans le monde se traduit souvent par un abandon définitif de la scolarité, des grossesses non voulues, et une éducation sacrifiée pour une génération d’élèves.

Les conséquences de cette pandémie sur le continent africain seront de toute façon désastreuses. Cependant, il existe des leviers sur lesquels les gouvernements du continent africain peuvent s’appuyer pour endiguer les effets économiques de cette pandémie

Les moyens d’endiguer les effets économiques de cette pandémie

Les gouvernements africains pour faire face à cette pandémie peuvent agir aussi bien au niveau national qu’au niveau international.

Pour freiner cette pandémie , il est judicieux de continuer la sensibilisation sur les comportements d’évitements. Ainsi contenir le virus du COVID 19 est primordial pour limiter les conséquences sanitaires mais aussi économiques .Cependant, avec l’évolution de la pandémie sur le continent africain, certaines de ses mesures d’évitements seront sujettes à des questions. La précarité des emplois, les régimes de pension limité, l’assurance chômage embryonnaire  ou encore la prépondérance du secteur informel doivent être prises en compte car elles risquent d’impacter l’efficacité des mesures d’évitements.

A cet effet, il faut mettre en place des filets de sécurité visant à sauver des vies mais aussi protéger les moyens d’existence des populations. Il peut s’agir de manière non exhaustive la gratuité de certains services de base[15], des aides en natures et en espèces ou encore de la fourniture d’un soutien  financier aux entreprises viables du secteur formel et informel. Toutefois , étant donné la faiblesse de la transmission de la politique monétaire caractérisée par des marchés financiers peu développés, l’ensemble de ses mesures serapour l’essentiel budgétaire. Par conséquent, les Etats africains devront recourir aux  lois de finances rectificatives  qui seront matérialisées  par des correctifs budgétaires. Cette pandémie met également en évidence la  relative souveraineté du continent.

Cette pandémie sanitaire met aussi au grand jour la forte dépendance du continent vis-à-vis de l’extérieur que les dirigeants africains ont tendance à négliger. Ceci l’est  dans le domaine sanitaire où les matières premières pour la fabrication des médicaments destinés [16]. Mais aussi, les chaines d’approvisionnements du continent. L’accélération du processus d’intégration régionale à cet effet peut ainsi être une bouée de secours.

Pour cela, les gouvernements africains doivent favoriser les chaines de valeurs intra-africains pour la substitution des importations des autres continents. L’entrée en vigueur de la Zone de Libre-Echange Continentale  (ZLECA) en juillet prochain sera un premier pas pour favoriser les chaines de valeurs locales. Le but étant de faire que la densité des flux économiques internes soit supérieure à celles des flux qui lui sont externes. Tout ceci va créer des résiliences aux chocs extérieurs tout en permettant de comprendre tout ce qui se passe sur tous les maillons des chaines de valeurs globales (Thiam , 2020).

Dans la même veine dans un monde qui appelle de tous ses vœux à la « démondialisation » et de sa version financière la «déglobalisation», la capacité locale de création de valeur va être un avantage notable. A cet effet, contrairement à ses partenaires au développement [17], le continent africain, compte tenu que ses structures de production ne sont pas assez développés et solides, est un terrain et un espace économique qui peut fonder sa croissance sur toutes  les matières premières nécessaire à l’économie mondiale à condition de relever le défi de développer des centres de croissance multipolaires dans le cadre de partenariat gagnant –gagnant sur les chaines de valeurs globales (Thiam, 2020 ). Le monde étant devenu un village planétaire, des solutions doivent être trouvées au niveau international.

La riposte des gouvernements africains sera limitée par leurs niveaux d’endettements ou encore par la baisse de leurs recettes publiques notamment des leurs recettes d’exportations. De ce fait, les politiques pour endiguer cette crise du COVID 19 va passer nécessairement par la coopération avec la communauté internationale. .Cette coopération passe par un appui financier des institutions financières internationales ou encore des partenaires bilatéraux. Dans ce cadre, la BM a créé un nouveau mécanisme de décaissement rapide de 14 milliard d’USD et met à disposition un ensemble de ressources d’un montant de 160 milliards d’USD pour répondre à la crise au cours des 15 prochains mois[18]. Le Fonds Monétaire Internationale (FMI) pourrait décaisser 50 milliards d’USD par le biais des facilités de financement d’urgence , en faveur des pays à faible revenu et des pays émergents aux prises avec le virus COVID 19[19]. Au niveau régional, la Banque Africaine de Développement (BAD) a lancé un fonds de 10 milliards en réponse à l’épidémie du COVID 19. Cependant l’ensemble de ses mesures ne sont que des grains de sel dans un océan. Une solution efficace au plan international passe par une action sur l’épineux problématique de la dette.

Selon la BM, le continent a payé 35 milliards d’USD en 2018 en service de la dette. Dans une région dont les besoins en mesures d’urgence sont estimés à 100 milliards dont 44 milliards d’USD en exonération des intérêts de la dette, un allègement temporaire de la dette pourra injecter des liquidités et desserrer les contraintes budgétaires des gouvernements africains (Banque Mondiale, 2020). Conscient de cet état de fait et faisant suite à l’appel de certains dirigeants africains, les institutions de Bretton Woods[20]ont appelé à un gel de la dette de la part des pays du G20[21]. Ainsi, la réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales du  G2O a proposé un programme dont le but est d’accroître les ressources des Etats du continent pour contrer  le COVID 19.

Dans ce programme, à côté d’autres recommandations, la suspension temporaire du service de la dette par les pays les plus pauvres occupe une place de choix [22].Cependant ce moratoire sur la dette est problématique. Le moratoire doit tenir compte de la nécessité de combattre la pandémie et ses effets sur l’économie ce qui n’est pas le cas dans le cas . En effet, ce moratoire décidé par le G20 exclut les pays africains qui peuvent se financer sur les marchés financiers internationaux. Ainsi, sont exclus l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Angola, la Libye, l’Afrique du Sud sans oublier l’Egypte. Certains de ces pays sont pourtant les plus touchés par cette pandémie à l’instar du Maroc ou encore de la Lybie et de l’Afrique du Sud. IL faudra intégrer ses pays dans ses pays bénéficiant du moratoire sur la dette. Cela est surtout vrai compte tenu du poids économique  sur le continent  de ces pays exclus du moratoire.Ces pays représentent à eux seuls 50 % du PIB de l’Afrique, 46 % de ses exportations et 55%  des exportations du continent ( Ngozi et al , 2020).

Sur les relations économiques internationales du continent , les pays susmentionnés représentent à titre d’illustration 72 % des importations de l’Afrique avec l’UE et des flux migratoires[23]. C’est dire que si les économies de ces contrées s’effondrent, le reste du continent va en pâtir. Aussi ce moratoire est également discutable puisqu’il ne concerne pas les créanciers privés de la dette publique extérieure du continent.

Contrairement aux années 1980 où la dette publique extérieure du continent attirait uniquement les créanciers publics, ces dernières années celle-ci s’est fortement transformée grâce à l’attrait des créanciers privés. Selon Ferry et al (2020), la dette extérieure publique du continent est détenue à plus de 40 % par les privés avec des particularités d’un pays à l’autre. Ces créanciers privés du continent influent sur le budget des Etats africains. Cette dette privée pour la plupart est de courte durée et leurs taux d’intérêts sont supérieurs à ceux des créanciers publics. Ainsi, ce moratoire sur le service de la dette va revenir à apporter une caution sur le remboursement de la dette privée, ce qui va permettre de subventionner indirectement les créanciers privés. Par conséquent, les créanciers privés doivent être associés à cet effort. En outre, au-delà du moratoire de la dette extérieure, il faut des aides pour mobiliser rapidement les liquidités.

Comme relevé plus haut, les besoins du continent africain  selon la BM s’évaluent  à 100 milliards d’USD, à cet effet, une nouvelle allocation en Droit de Tirage Spéciaux du FMI  doit être envisagé. Elle présente l’avantage de préserver la soutenabilité de la dette publique extérieure du continent tout en apportant une réponse rapide et efficace aux besoins des pays du continent. Cette solution fut appliquée lors de la précédente crise financière avec un certain succès, pourquoi n’en serait-il pas le cas pour l’Afrique ?

Conclusion

La crise sanitaire dont est victime le monde entier présentement a des conséquences économiques. Le continent africain n’est pas en reste étant donné l’interdépendance du continent avec le reste du monde. Celle-ci va contribuer au recul des activités de production du continent. les Etats du continent vont voir leurs finances publiques diminuer à cause de la baisse des recettes publiques et de l’augmentation de la dette publique. Pour les populations du continent, cette crise sanitaire est synonyme de réduction du bien-être . L’ensemble de ces conséquences désastreuses appelle à des réponses qui prennent en compte les structures de l’économie africaine. Ces mesures ne seront efficace qu’avec l’implication de la communauté internationale notamment avec un allégement de la dette extérieure du continent. Du reste, cette pandémie doit aussi  permettre au continent africain de mettre en place des solutions durables pour faire face aux chocs futurs.

Références bibliographiques

  • Africa’sPulse ,évaluation de l’impact du COVID 19 et des réponses politiques en Afrique Subsaharienne , Groupe de la Banque Mondiale , avril 2020 , volume 21 ;
  • David Evans et Mead Over , les pays les plus précaires sont les plus vulnérables au Covid19,theconversation,https://www.google.com/amp/s/theconversation.com/amp/les-pays-les-plus-precaires-sont-les-plus-vulnérables-au-covid-19-133956 consulté le 14/04/2020;
  • Dominique Strauss-Kahn, l’être, l’avoir et le pouvoir dans la crise,Politique étrangère, avril 2020,https://www.google.com/amp/s/www.slate.fr/story/189339/economie-politique-coronavirus-covid-19-pandemie-analyse-dominique-strauss-kahn-crise-economique-democratie% 3famp consulté le 12/04/2020 ;
  • MalthideLemoine ,PhillippeMadies , Thierry Madies, les grandes questions d’économies et de finance internationales , De Boeck Supérieur , 2016, 3 ème éditions ;
  • Ngozi okonji-Iweala ,BrahimaSangafowa Coulibaly , Tidjane Thiam , Donald Kaberuka , Vera Songwe , StriveMasiyiwa , Louise Mushikiwabo et Trevor Manuel  , Suspension de la dette de l’afrique : un bon début du G20 , mais il faut faire plus , Jeune Afrique , 2020 ;htpps : //www.jeuneafrique.com/930853/economie/tribune-suspension-de-la-dette-de-lafrique-un-bon-debut-du-g20-mais-il-faut-faire-plus/ consulté le 20/04 /2020 ;
  • Entretien de Papa Demba Thiam à le Point , Propos recuiellis par Malick Diawara https://www.lepoint.fr/afrique/le-covid-19-peut-aider-les-economies-africaines-a-se-reinventer-31-03-2020-2369643_3826.php

[1] Etudiants à L’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) option Banque Monnaie Finance Internationales(BMFI). Les auteurs remercient également leur camarade et major de la promotion BMFI 2017-2019 Adamou Abdoulaye pour ses précieux conseils et relectures.

[2]Propos rapporté par Mathilde Lemoine et al, in les grandes questions d’économies et de finance internationales, De Boeck Supérieur, 2016, 3ème éditions pages 477.

[3] Signification de COVID : « CO » signifie « Corona » ; « VI » signifie « Virus » ; et « D » signifie « Disease » soit « maladie » en français enfin 19 renvoie à l’année de son apparition soit l’an 2019.

[4] https://www.google.co.jp/amp /s/m.actu-environnement.com/amp/actualites/dereglement-climat-coronavirus-augmentation-propagation-Virus-pandemie-35212.html&ie=UTF-8&oe=UTF-8&hl=fr-jp&client=safari

[5]www .undp .org/content /undp /fr /home /Coronavirus .html

[6] Les coronavirus forment une vaste famille de virus qui peuvent être pathogènes chez l’homme et l’animal. Ils existent plusieurs coronavirus déjà découvert à ce jour tels que le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). (who.int, Maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) : questions-réponses).

[7] au.int, Mise à jour des surveillances de la propagation de COVID-19 au 7 avril 2020, pour 52 pays de l’Union Africaine nous recensons 10 252 cas pour 492 morts et 989 rétablissements.

[8] André Gorz,  Ecologica , Editions Galilée, 2008.

[9] Cette diminution des recettes d’exportations va également contribuer à la baisse des réserves de change des différents pays africains. Cette baisse des réserves va se répercuter sur leurs balances de paiements qui sont pour la plupart déficitaires.

[10] www.un.org/africarenewal /fr/dernière-heure/coronavirus/la-cea-estime-des milliards -de pertes-en-afrique -en-raison-de l’impact-du-covid-19

[11]Ibid

[12] Du point de vue de l’offre, la réduction de la production entraine une hausse des prix pour les consommateurs. Ducôté de la demande, la réduction de la demande nuit aux propriétaires des entreprises et à leurs employés.

[13] Il s’agit pour l’essentiel du respect de la distanciation sociale, le lavage des mains régulièrement avec du savon ou avec toute solution hydro alcoolique, la fermeture des écoles ou encore la restriction des déplacements des populations et l’interdiction des grandes manifestations pour éviter la propagation du Virus.

[14] De nombreux gouvernements à l’instar de ceux du Cameroun ont mis en place l’assurance volontaire pour les travailleurs du secteur informel qui peinent à se développer. De même, la micro-assurance peine à se développer comme la microfinance malgré des initiatives louables à l’instar du système d’assurance « Assur tous » d’Atlantique Assurance qui offre des polices d’assurances pour la santé et les accidents moyennant une prime de 100 francs par jour collectés au travers du mobile money.

[15] La gratuité de l’électricité, de l’eau ou encore  des transferts de fonds.

[16] Le protocole que la majeure partie des pays du continent africain utilise pour faire face à cette pandémie est issu des travaux du Professeur Didier Raoult qui fait de la Chloroquine et de l’hydroxychloroquine des remèdes efficaces de lutte contre cette pandémie. Cependant certains éléments composants ces remèdes sont importés de l’Inde et de la Chine.

[17] Le COVID-19 met à nu la vulnérabilité des pays développés, de nombreux pays appellent à une relocalisation des activités de production à l’instar de la France où on parle de relocalisations des activités stratégiques. Ainsi les cartes seront distribuées et les productions nationales de se développer. Cependant ceux-ci vont se heurter à la résistance au changement de structures ossifiés pour des raisons économiques propres aux stratégies d’entreprises

[18]

[19]https:// www.imf.org/fr/Topics/  imf-and-covid 19

[20] Les institutions de Bretton Woods sont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.

[21] Le G2O regroupe les vingt premières économies du Monde .

[22] Les autres recommandations sont de manière non exhaustive la mise en place d’un fonds d’urgence doté de 200 milliards d’USD financées par les différentes institutions financières internationales ou encore le relèvement des contributions des Etats au Fonds fiduciaire d’assistance et aux ripostes aux catastrophes naturelles et au Fonds fudiciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance .

[23] Ngozi et al , Suspension de la dette de l’afrique : un bon début du G20 , mais il faut faire plus , Jeune Afrique , 2020 ;

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C’est en partie l’une des conséquences du COVID19 sur l’économie du pays. Pour cause, les contingents burundais qui sont en Somalie ne recevraient plus leurs soldes mensuels suite aux difficultés économiques des bailleurs de l’AMISOM. 

« L’Union Européenne aurait décidé que les prestations de l’AMISOM continuent en bonne et due forme même si les paiements vont accuser des retards suite aux problèmes du COVID19. Pour le cas du Burundi, la relève qui allait se faire au cours de ce mois ne sera plus organisée suite à l’impossibilité de voyager » fait savoir notre source. 

Cette situation crée déjà des conséquences sur l’économie burundaise. En pleine crise du COVDI 19, le prix des devises ont vertigineusement grimpé alors que le circuit économique du pays est déjà fragilisé par la fermeture des frontières. A titre d’exemple, 1 dollar qui s’achetait à 2700 fr sur le marché noir s’obtient à 3200frbu.  

Selon notre source, « cette situation serait conséquente au non versement des soldes de l’AMISOM au sein de la Banque Mondiale. Ainsi, la reprise sera conditionnée par la relance économique de l’UE qui finance l’AMISOM à 100%.  La BRB possèderait plus de billets en monnaie locale.  C’est un véritable défis pour l’économie du pays toute entière dont l’issue est très compliquée »  ajoute notre source. 

Cette situation risque de compliquer l’affaire puisque le Burundi est déjà sous sanctions économiques de l’UE depuis 2015. Depuis lors, les devises sont devenues une denrée rare sur le marché du pays. Pire, en 2019, la Banque Mondiale décide de suspendre 4 projets sur les 5 qu’il finançait au Burundi.  La part des financements avait même  sensiblement diminué cette la même année. En 2018, la Banque Mondiale avait financé le Burundi à hauteur de 120 millions de dollars, en 2019, ces financements sont revus à 8 millions. 

Il était prévisible que l’économie du pays devait subir des contrecoups suite aux conséquences du COVID 19. En mars dernier, l’analyste et consultant indépendant, M.NDIKUMANA avait souligné une probable réorientation de certaines ressources des organisations internationales (l’OMS, l’UNICEF, Fonds mondiale de lutte contre la malaria, la Banque Mondiale,…) en vue de lutter contre la pandémie: « Aujourd’hui on est en train d’assécher les capitaux en les orientant dans la lutte contre cette pandémie. Ceci pourrait occasionner des perturbations dans ces organisations. Les ressources qui étaient destinées aux pays africains pourraient être revues à la baisse ou gelées » A cela, Faustin NDIKUMANA ajoute les répercussions qui devraient frapper aussi le secteur touristique dans certaines économies africaines suite à l’arrêt du trafic.

Un double choc d'offre (lié à la baisse de la production) et de demande (notamment sur les services) se produit et de nombreuses entreprises se retrouvent à l'arrêt total ou partiel, faisant craindre des phénomènes de pénurie sur les biens essentiels, en même temps que des mesures de confinement sanitaire sont prises, concernant la moitié de l'humanité. 

La dernière relève de deux bataillons militaires du contingent burundais de l’AMISOM date du  2 Juin 2019. Ils étaient des 47eme et 48eme bataillons. Ils avaient été remplacés par ceux des 52eme et 53eme bataillons. Ces militaires du 47e eme et 48eme bataillons avaient terminé leur mission en Somali en date du 30 avril dernier.  Ce processus de relève se fait dans un contexte sécuritaire de plus en plus inquiétant. Les forces d’El-Shabab lancent des offensives de grande envergure dans plusieurs localités du sol somalien, ce qui complique la situation pour les forces burundaises de l’AMISOM qui sont connues comme les plus fragiles à cause du manque de minutions suffisantes sur terrain.

Après deux années consécutives de récession en 2015 (-3.9 %) et 2016 (-0.6 %), l’économie du Burundi se redressait lentement. La reprise économique s'était  accélérée en 2018, avec une croissance de 1,6 % contre 0,5 % en 2017. Toutefois, cette reprise restait fragile, compte tenu des nombreux défis du Burundi, notamment un manque de ressources budgétaires pour financer les investissements publics, une pénurie persistante de devises avec la baisse des réserves internationales et la vulnérabilité du secteur financier. 

 

Gaudence UWINEZA. 

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Ça y est. Ce lundi est le grand jour «J» tant attendu pour les candidats présidents, députés ou conseillers communaux qui doivent battre campagne, trois semaines durant, afin de se vendre aux électeurs, faiseurs de rois. La campagne a démarré mais sans suspens pour le parti au pouvoir, dont le candidat, Evariste Ndayishimiye, gagnera à coup sûr. 

Le candidat du CNDD-FDD battra tous les autres à plate couture, non parce qu’il incarne un parti très adulé par le peuple, mais parce qu’il a préalablement manipulé les chiffres et l’opinion nationale, en complicité avec la Commission électorale nationale indépendante, CENI, et le Ministère de l’Intérieur et de la formation patriotique.

La stratégie payante du CNDD-FDD pour rouler tout le monde dans la farine s’est d’abord illustrée par une étonnante manipulation du fichier électoral. Avant toute autre démarche électorale, le parti CNDD-FDD a pris soin de gonfler le nombre d'inscrits au rôle d'électeurs par des électeurs n’ayant pas encore atteint l'âge de voter. 

Officiellement, le nombre d'inscrits au rôle d’électeurs pour les scrutins de 2020 est de 5.126.351.

Ce chiffre dépasse largement le nombre de burundais en âge de voter (18 ans et plus) qui, lui, est estimé à 4.646.824.

Pour rappel, en 2010, les inscrits au rôle étaient 3.553.372; en 2015, ils étaient 3.848.119 et 4.768.154 lors du référendum constitutionnel en 2018.

Pour fausser volontairement les chiffres, le régime CNDD-FDD a pris en compte, dans ces vraies fausses statistiques, les réfugiés burundais ainsi que des prisonniers alors qu’ils ne vont pas participer aux scrutins. 

Au total, les électeurs fantômes sont estimés à plus d'un million de personnes.

Dans ces conditions, il est, a priori, impossible de combler cette avance même pour les candidats aussi populaires qu’Agathon Rwasa, leader du Congrès National pour la liberté, CNL. 

Sans aucune surprise, le CNDD-FDD est donc assuré de sa victoire.

Pour camoufler cette stratégie de l’emporter haut la main avant le scrutin, le CNDD-FDD s’est mis à simuler une soudaine sympathie de militants de la 25ème heure qui affluent vers lui à la veille des élections. 

Ces derniers jours, nous avons en effet assisté à une véritable mise en scène de transhumance fictive des membres achetés des autres partis politiques. 

Des cérémonies d'accueil de nouveaux membres prétendument venus des partis rivaux comme le CNL ou le FRODEBU ont été officiellement accueillis en provinces à l’occasion des cérémonies haut en couleur. 

En parallèle à ce jeu de truquage éhonté, le CNDD-FDD a enregistré de nombreux soutiens de petits partis sans militants.

A ce ridicule stratagème s’ajoute l'achat des consciences des esprits ambitieux comme un certain Isidore MBAYAHAGA, un Pasteur d’Eglise proche de Pierre Nkurunziza, qui se réclame UPRONISTE et qui s’est arrogé le droit d’animer une réunion des soi-disant «upronistes» alors que ce sont des citoyens payés pour participer dans cette comédie.

En tripatouillant le processus électoral de 2020 pour s’incruster davantage au pouvoir, le CNDD-FDD veut sauver les meubles et montrer au monde que la crise du 3ème mandat de Pierre Nkurunziza n’a pas entamé sa popularité. 

Pourtant, même les militants de ce parti savent pertinemment que son bilan des 15 dernières années se résume en fiasco.

Tous les Burundais sont lassés par la pauvreté chronique, la faim, les maladies….qui ont marqué l’ère CNDD-FDD.

Tous les secteurs de la vie nationale sont complètement délabrés: l’insécurité des opposants est généralisée, la justice est aux ordres, le système éducatif n’a plus de repères, l’accès aux soins de santé relève d’un parcours de combattant, le chômage est général, les impôts et taxes ont été décuplés au grand dam du contribuable, les marchés ont été brûlés, les infrastructures routières sont dans un état lamentable tant et si bien que si rien n'est fait, Bujumbura risque d'être isolé du reste du pays; les eaux des pluies ne sont plus canalisées et provoquent des inondations et même le débordement de la Rusizi et du lac Tanganyika……tout est chaos et le peuple ne rêve que d’un changement de système, plus que de régime.

Voilà pourquoi les Burundais ne devraient en aucun accepter ce holdup électoral qui prolonge un pouvoir totalement irrationnel encore pour sept ans.

Brundidaily, par Libérat Ntibashirakandi 

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La province du Nord-Kivu dans l'est de la République démoratique du Congo ne compte plus de cas déclaré de Covid-19, a annoncé vendredi son gouverneur qui reste "sur ses gardes" face à la double menace du coronavirus et d'Ebola.

Cinq cas avaient été enregistrés dans cette province frontalière du Rwanda et de l'Ouganda.

Le dernier cas à Beni, situé à 350 km au nord de Goma, a été déclaré guéri, a indiqué le gouverneur Carly Nzanzu, comme ceux de Goma précédemment.

Les déplacements qui avaient été suspendus entre Beni et la ville voisine de Butembo peuvent reprendre, a poursuivi le gouverneur. "Il faut que tous les passagers aient un masque" dans les mini-bus, a-t-il insisté.

"Ce n'est pas la fin de la pandémie", a-t-il prévenu. "Nous devons rester sur nos gardes" pour "veiller à ce qu'il n'y ait pas une deuxième vague de contamination".

Il a appelé au respect des mesures prises par le chef de l'Etat dès la fin du mois de mars (fermeture des lieux publics...).

"Les règles d'hygiène observées pour Ebola doivent être de stricte application", a-t-il ajouté alors que de nouveaux cas de fièvre hémorragique ont été enregistrés à Beni depuis 15 jours.

Le trafic de bateaux sur le lac Kivu entre Goma et Bukavu est toujours suspendu "pour autant qu'il y a encore des cas au Sud-Kivu", dans la provinc voisine.

La RDC a enregistré au total 394 cas confirmés dont 382 dans la capitale Kinshasa qui concentre l'ensemble des 25 décès. Les autorités font état de 48 guérisons et "246 patients en bonne évolution" dans leur dernier bulletin épidémiologique jeudi soir.

AFP

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Ce lundi 27 avril débute au Burundi la campagne électorale pour le triple scrutin prévu le 20 mai : élections des députés et des conseillers communaux, mais également celle du président de la République. Une campagne qui s'achèvera le 17 mai.

Il affrontera notamment celui qui est présenté comme le principal opposant, Agathon Rwasa, meneur du nouveau Conseil national pour la liberté, le CNL, agréé il y a un peu plus d’un an. Il y aura également Domitien Ndayizeye, président de transition entre 2003 et 2005, aujourd’hui à la tête de la coalition Kira Burundi. Comme trois autres prétendants, sa candidature avait d’abord été rejetée par la Commission électorale (Céni), mais il a finalement eu gain de cause après un recours à la Cour consitutionnelle.

Une élection sans grand enjeu pour les observateurs

Quoi qu’il en soit, nombre d’observateurs estiment que le scrutin ne présente aucun enjeu. « Il est admis, y compris par l’opposition, que le vainqueur est déjà connu et que ce sera le candidat du CNDD-FDD », explique ainsi Thierry Vircoulon, coordinateur de l'Observatoire pour l'Afrique centrale et australe de l'Institut français des relations internationales (IFRI). « L’opposition qui va concourir à cette élection joue essentiellement un rôle de faire-valoir démocratique au régime. Et pour elle, l’enjeu est d’arracher quelques places au Parlement, de façon à avoir encore une existence, plus théorique que réelle ».

 

En tout cas, chacun des sept candidats retenus et leur équipe devront s’exprimer chaque jour entre 6h et 18 h. « Toute propagande en dehors de cette période est interdite », précise un décret de la Céni qui fixe le cadre de cette campagne. Alors que des opposants accusent justement le parti au pouvoir de mener campagne depuis un certain temps et la Céni de fermer les yeux.

Une campagne sous la surveillance de la société civile

De leur côté, les acteurs de la société civile sont déjà mobilisés. Après la crise politique de 2015 et l’échec du dialogue lancé sous l’égide de la Communauté d’Afrique de l’Est, six organisations ont en effet mis sur pied un projet conjoint de suivi des violations des droits de l’homme. Dans un communiqué, elles invitent les autorités à « garantir la sécurité de toute la population en cette période électorale, où les opposants sont régulièrement menacés » ainsi qu’à « respecter scrupuleusement les droits électoraux des candidats et des électeurs ».

Une campagne qui se déroulera par ailleurs sous la menace du coronavirus. Quinze cas ont officiellement été déclarés et un décès dans le pays. Et si le ministère de la Santé a adressé des recommandations – des points pour se laver les mains notamment –, aucune restriction n’a pour l'heure été annoncée concernant les meetings et réunions publiques.

RFI

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A Propos

 


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