Les résultats du triple scrutin de mercredi, qui a donné une large victoire au général Evariste Ndayishimiye et à son parti le CNDD-FDD, sont contestés par le principal opposant burundais, Agathon Rwasa et son parti, le CNL, qui dénoncent des « fraudes massives ». Le Conseil de l’Eglise catholique du Burundi se pose en arbitre entre les deux parties, alors que la CNL s’apprête à déposer plainte. Le communiqué de la Conférence des évêques catholiques rendu public mardi tombe à point nommé pour le CNL, isolé, sans autre source indépendante pour confirmer ses accusations. 

Frontières fermées, aucune mission d’observation électorale internationale autorisée, pas de société civile indépendante et des conditions d’observation électorales draconiennes imposées à la puissante Eglise catholique du Burundi, le pouvoir pensait sans doute avoir totalement verrouillé le triple scrutin du 20 mai.

Car dans un premier temps, l'Eglise catholique du Burundi voulait déployer autant d’observateurs que de bureaux de vote (14 655) pour pouvoir procéder à un comptage de voix parallèle, comme sa consœur de RDC l’avait fait lors des dernières élections dans ce pays. Mais le pouvoir burundais y avait opposé son veto, selon un prélat. Il leur en avait accordé moins du tiers et exigé que chacun d’eux ne s’occupe que d’un seul bureau de vote plutôt que de tout un centre de vote. 

Le Conseil des évêques catholiques explique avoir déployé au final 2 716 observateurs, soit près de 20% des bureaux de vote, et juge que la couverture de près d’un cinquième de tous les bureaux du pays lui donne une bonne vue d’ensemble sur ce qui s’est passé ce jour-là. Son verdict met à mal le discours officiel. 

Mgr Joachin Nderiyimana préside ce Conseil. « D'après les constats qu'ils ont fait, nous reconnaissons que les élections se sont déroulées en général dans le calme mais nous déplorons beaucoup d'irrégularités quant à la liberté et à la transparence du processus électoral. Ainsi qu'à l'équité dans le traitement des candidats et des électeurs. Tous ces éléments devant aussi caractériser des élections vraiment démocratiques. »

 

Puis l’évêque de Ruyigi dans l’est du pays s’est mis à lire une longue liste d’irrégularités, qui confirment toutes celles dénoncées par le parti CNL depuis une semaine, et qui va même au-delà. La conclusion de l’Eglise catholique ? Très forte même si elle est toute en finesse comme d’habitude. « Face à toutes ces irrégularités et bien d'autres, nous nous demandons si elles ne portent pas préjudice au résultats à proclamer. »

L’Eglise catholique a enfin appelé le pouvoir « à sanctionner tous ceux qui aujourd’hui persécutent leurs voisins » pour leurs convictions politiques différentes, alors que le principal parti d’opposition dénonce « une véritable chasse à l’homme contre ses militants ».L’Eglise catholique a enfin appelé le pouvoir « à sanctionner tous ceux qui aujourd’hui persécutent leurs voisins » pour leurs convictions politiques différentes, alors que le principal parti d’opposition dénonce « une véritable chasse à l’homme contre ses militants ».

RFI

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Au Burundi, la Commission nationale électorale (Céni) a proclamé, ce lundi 25 mai dans l’après-midi, les résultats provisoires des élections présidentielle, législatives et municipales du 20 mai. Et c’est donc, selon ces chiffres, le général Évariste Ndayishimiye, le candidat du parti au pouvoir, qui l’emporte avec une très large victoire. Ces résultats ont d’ores et déjà été contestés.

Aucune surprise cet après-midi. La Céni a annoncé, comme attendu, une très large victoire pour le candidat du parti au pouvoir, le général Évariste Ndayishimiye.

La seule incertitude concernait le pourcentage qui allait lui être attribué : 68,72 %. C’est moins que ce que laissaient entrevoir les résultats communiqués jusqu’ici par la Commission électorale du Burundi.

Son principal challenger, Agathon Rwasa, avait déjà contesté cette victoire donnée à 24 %. Lui et son parti, le CNL, ont ainsi dénoncé une cérémonie de publication des résultats d’un triple scrutin que son porte-parole a qualifié lundi soir, de « mascarade électorale » entachée par des « fraudes massives ».

Thérence Manirambona assure que c’est plutôt Agathon Rwasa qui est arrivé en tête avec 58 % des voix, selon le décompte des voix qu’ils ont fait à partir des procès verbaux (PV) de dépouillement qu’ils ont réussi à réunir jusqu’ici. En attendant, ils restent « sur la voie de la légalité » et comptent « déposer leur plainte devant la Cour constitutionnelle demain ou après-demain », a-t-il dit.

 

Malgré cette plainte, le candidat du parti au pouvoir devrait être le prochain président

Le système CNDD-FDD tient, en effet, d’une main de fer tous les rouages du pays. Ni le parti CNL, ni l’opinion burundaise ni encore les diplomates en poste au Burundi, personne ne se fait guère d’illusions sur l’issue de cette plainte du principal parti d’opposition, quelles que soient d’ailleurs les preuves accumulées ou pas.

Le CNDD-FDD, dont Évariste Ndayishimiye était depuis 2016 le secrétaire général, a d'ailleurs exprimé sa « large satisfaction » à la vue des résultats provisoires du triple scrutin. « La victoire d'aujourd'hui est l'expression du peuple burundais qui reconnaît les efforts consentis en vue d'améliorer son bien être par le CNDD-FDD, se félicite Nancy Ninette Mutoni, la secrétaire nationale chargée de la communication du parti. C'est le choix d'un programme politique dans lequel le peuple se sent représenté. Le peuple a librement exprimé sa position par rapport aux divers programmes. Nous remercions et félicitons le peuple burundais qui s'est massivement exprimé par la voie des urnes. »

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Ainsi, à l'âge 52 ans, le général Évariste Ndayishimiye sera sans doute le prochain président burundais. Membre du cercle très fermé des généraux issus de l’ancien mouvement rebelle hutu, aujourd’hui au pouvoir au Burundi, et qui détient réellement la réalité du pouvoir dans ce pays, Évariste Ndayishimiye est réputé plus ouvert que son mentor, le président Pierre Nkurunziza, à qui il devra succéder.

Coincé entre ces deux pôles du pouvoir, c’est-à-dire le groupe des généraux et le président Pierre Nkurunziza, il n’aura pas la tâche facile, estiment les spécialistes. Le pays traverse une grave crise, depuis 2005 et son économie est pratiquement en ruines. Il aura donc la lourde tâche de réconcilier les Burundais et de développer un pays tombé parmi les trois plus pauvres du monde sous la direction de son mentor.

La frustration de l'opposition

Avec moins de 70 % pour le candidat du parti au pouvoir, le CNDD-FDD a eu la « victoire modeste » note un spécialiste du Burundi. Mais les 24 % octroyés à Agathon Rwasa « ne correspondent pas au poids réel » du principal opposant burundais, juge la même source. « La campagne électorale lui a donné l’occasion pour la première fois de démontrer combien il est populaire dans le pays », poursuit-il, estimant ce score « volontairement humiliant ».

Après 2010 et 2015, « les militants du CNL ont crû que, cette fois serait la bonne, et ils sont frustrés », explique une source diplomatique, mais ils « sont aussi très disciplinés et attendent les directives de leur leader pour agir ». Que fera alors Rwasa : « Va-t-il se contenter du strapontin qu’on lui offre, ou ruer dans les brancards ? », se demande le diplomate. Est-ce une manière de tenter de calmer le jeu ? Le parti au pouvoir a appelé ses militants à ne pas fêter leur victoire et à éviter toute provocation.

RFI

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L’ambassadeur de la République démocratique du Congo au Japon a attaqué en justice sa ministre de tutelle pour l’avoir révoqué « arbitrairement et illégalement », accuse-t-il dans un dossier remis lundi à l’AFP.
 
L’ambassadeur, Didier Ramazani Bin Kithima, avait été rappelé en octobre à Kinshasa par la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza. Joint alors par l’AFP, le ministère l’accusait alors d’avoir vendu le bâtiment de l’ambassade à Tokyo.
« La chancellerie et la résidence ont été vendues en 2003 par l’actuel ambassadeur de la RDC en Turquie« , s’est défendu M. Ramazani auprès de l’AFP, après avoir saisi le Conseil d’Etat.
M. Ramazani ajoute qu’à son arrivée en 2018, la RDC était propriétaire d’une ambassade dans un quartier périphérique de la capitale japonaise, qu’il a voulu transformer en « guest-house », afin de financer la location d’une nouvelle représentation diplomatique dans un quartier plus prestigieux du centre-ville.
« J’ai mis en place un dispositif pour permettre à l’ambassade de quitter ce quartier périphérique de bas niveau pour se retrouver dans le quartier diplomatique de Tokyo, à deux minutes de l’ambassade de France », explique-t-il, assurant avoir agi en prévenant Kinshasa.
M. Ramazani Bin Kithima a déposé une « requête en annulation et réparation des préjudices » auprès du Conseil d’Etat. Il accuse la ministre d’avoir « violé toute procédure » et de ne pas avoir motivé ni lui avoir notifié sa décision.
M. Ramazani demande au Conseil d’Etat d’ « ordonner son retour à son poste au Japon sans délai ».
Il demande également des dommages et intérêts à hauteur de 2,5 millions de dollars pour « la destruction de son honorabilité et de sa carrière« .
 
La Libre Afrique

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Félicien Kabuga et ses avocats ont saisi en France le défenseur des Droits, Jacques Toubon. Ils accusent la justice française de violer les droits de celui que l’on présente comme le financier du génocide contre les Tutsis au Rwanda en 1994.

À quelques jours de la prochaine comparution de Félicien Kabuga devant la chambre de l'instruction de la cour d’appel de Paris, ses avocats ont saisi le défenseur des Droits, Jacques Toubon. La défense de celui qui est accusé d’être le financier du génocide au Rwanda affirme que la justice française viole les droits de son client depuis qu’il a été arrêté, le 16 mai dernier.

Maître Laurent Bayon, l’un de ses avocats, dénonce une violation de la présomption d’innocence : « Tout d’abord, il y a une violation de la présomption d’innocence, parce que le 16 mai, suite à son arrestation, le parquet général a fait un communiqué dans lequel il présente Félicien Kabuga comme un des principaux génocidaires rwandais, alors qu’il n’a pas été jugé. Ce communiqué est toujours en ligne. Nous avons saisi en référé le tribunal judiciaire pour faire cesser cette atteinte inadmissible à la présomption d’innocence, mais on ne nous a pas donné de date d’audience, alors que c’est la règle. »

Enfin, la défense de Kabuga évoque aussi une violation des droits de la défense : « Nous n’avons toujours pas de copie des pièces de procédure, alors que nous les réclamons depuis le 20 mai. Félicien Kabuga va comparaître devant la chambre d’instruction le 27 mai, alors que nous ne pouvons pas préparer sa défense. Mercredi prochain, la chambre d’instruction doit examiner deux demandes. Une demande de mise en liberté que nous avons souhaitée déposer et le transfert à Arusha de Félicien Kabuga, à la demande du Mécanisme des tribunaux internationaux. Cette situation ne peut pas durer. C’est pour cela que nous avons décidé de saisir le défenseur des droits. »

 

Félicien Kabuga doit de nouveau comparaitre devant la justice française ce mercredi 27 mai.

RFI

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(Agence Ecofin) - L’Agence spatiale rwandaise (RSA) devrait être opérationnelle d'ici le mois de juillet 2020. Paula Ingabire, la ministre des TIC et de l'innovation l’a dévoilé au journal New Times. La ministre a déclaré que le travail dans ce sens est en cours.

Elle s’exprimait au terme du conseil de cabinet tenu le 18 mai 2020, au cours duquel a été approuvé le projet de loi portant création de l'Agence qui marquera une nouvelle étape du pays vers la recherche spatiale et l’observation de la Terre.

Selon Paula Ingabire, la RSA, grâce à l'utilisation de données satellitaires et de services d'imagerie, soutiendra la prévision et la planification dans l'agriculture, la surveillance de l'environnement, la préparation aux catastrophes ainsi que la planification urbaine.

Elle sera également chargée de préparer les politiques et réglementations qui positionneront le Rwanda de manière compétitive dans l'industrie spatiale, coordonnera et soutiendra des programmes de recherche scientifique et de renforcement des capacités en sciences et technologies spatiales, ainsi que la conception, la construction et le lancement de satellites. L'Agence spatiale rwandaise gérera aussi la coopération spatiale internationale au nom du gouvernement.

Dès juillet prochain, si tout va bien, le Rwanda entrera dans la liste des pays d’Afrique qui abritent déjà une agence spatiale, notamment l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, l'Afrique du Sud, l'Angola, l'Égypte, le Kenya, le Nigeria et le Zimbabwe.

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Cet homme qui éternue dans la file d'attente du bus est-il dangereux pour moi ? Dois-je vraiment aller au restaurant ? Ou même prendre les transports publics ?

Alors qu'une grande partie du monde sort progressivement du confinement et que nous retrouvons notre environnement d'avant le Covid-19 et des activités sociales, le risque d'attraper et de propager le coronavirus augmente, faisant craindre une deuxième vague d'infections.

Nous avons discuté avec Erin Bromage, immunologiste et professeur associé de biologie, de la manière dont nous pourrions réduire le risque d'être infecté par le Covid-19.

Il enseigne l'épidémiologie des maladies infectieuses à l'université de Massachusetts (Dartmouth), aux États-Unis, et suit cette pandémie de près.

Plutôt qu'un expert de cette maladie particulière, il considère son rôle comme celui d'un habile communicateur d'informations scientifiques, et il a écrit un billet de blog sur les risques liés aux coronavirus.

Ce billet a été lu près de 16 millions de fois.

C'est composé de conseils pour assurer la sécurité de tous alors que nous revenons à une sorte de normalité.

Selon le Dr Bromage, la plupart des gens sont infectés chez eux par un membre de la famille, qui le transmet aux autres membres de la par contact prolongé.

Mais qu'en est-il à l'extérieur ? Sommes-nous en danger lors de notre promenade quotidienne dans le parc ? Ce joggeur inconsidéré sans masque facial va-t-il me transmettre la maladie ?

Probablement pas, dit le professeur.

"A l'extérieur, vous avez une dilution illimitée", dit-il à la BBC.

"Donc vous expirez et ça se dissipe très, très rapidement", ajoute-t-il.

Cela signifie qu'il est peu probable que vous soyez exposé au virus pendant assez longtemps pour l'attraper.

"Pour être infecté, vous devez être exposé à une dose infectieuse du virus ; sur la base d'études de doses infectieuses avec le MERS et le SRAS, certains estiment qu'il suffit de 1 000 particules virales du CoV2-SARS pour qu'une infection s'installe", a-t-il écrit dans son blog.

Ce chiffre fait l'objet de nombreux débats et doit être déterminé par des expériences, mais il constitue une référence utile pour démontrer comment l'infection peut se produire.

Le point essentiel est que vous pouvez atteindre ce chiffre - quel qu'il soit - de différentes manières : "par le biais de 1 000 particules virales que vous recevez en un seul souffle... ou de 100 particules virales inhalées à chaque respiration sur 10 respirations, ou de 10 particules virales sur 100 respirations. Chacune de ces situations peut conduire à une infection", explique-t-il.

Et cela signifie que les cas où nous ne passons que très peu de temps avec des personnes infectées sont peu susceptibles de vous donner une dose infectieuse et donc de vous contaminer.

La toux et les éternuements propagent effectivement des maladies, mais à des rythmes très différents.

Une seule toux libère environ 3 000 gouttelettes à environ 80 km/h, selon le Dr Bromage. La plupart des gouttelettes sont assez grosses et la gravité fait qu'elles tombent rapidement sur le sol, mais d'autres restent en l'air et peuvent traverser une pièce.

Mais si la personne avec laquelle vous êtes coincé dans un ascenseur éternue au lieu de tousser, vos problèmes sont décuplés.

Un simple éternuement libère environ 30 000 gouttelettes, les gouttelettes beaucoup plus petites parcourant des distances beaucoup plus grandes - facilement à travers une pièce - et à des vitesses pouvant atteindre 320 km/h, explique le Dr Bromage.

"Si une personne est infectée, les gouttelettes d'une seule toux ou d'un seul éternuement peuvent contenir jusqu'à 200 millions de particules virales", écrit-il.

"Donc si vous êtes face à face avec une personne, en train de discuter, et que cette personne éternue ou tousse directement sur vous, il est assez facile de voir comment il est possible d'inhaler 1 000 particules de virus et d'être infecté".

Même si vous n'étiez pas présent lors de la toux ou de l'éternuement, vous ne seriez peut-être pas en sécurité. Certaines gouttelettes infectées sont suffisamment petites pour rester en l'air pendant quelques minutes, et si vous entrez dans la pièce durant cette période, vous pourriez potentiellement en respirer suffisamment pour établir une infection.

Nous savons que les gens peuvent être infectieux pendant environ cinq jours avant de commencer à présenter des symptômes - et certains peuvent ne jamais les développer.

De plus, le fait même de respirer libère des copies du virus dans l'environnement.

Mais à quel point ?

"Une seule respiration libère de 50 à 5 000 gouttelettes. La plupart d'entre elles sont de faible vélocité et tombent rapidement sur le sol", selon le Dr Bromage.

Lorsque nous respirons par le nez, encore moins de gouttelettes sont libérées.

"C'est encore plus filtré là et c'est dirigé directement vers le sol. Ainsi, vous constatez que très peu d'agents pathogènes - des particules virales - sont libérés lors de la respiration", a-t-il déclaré à la BBC.

"Il est important de noter qu'en raison du manque de force d'expiration lors d'une respiration, les particules virales des zones respiratoires inférieures ne sont pas expulsées."

Ceci est important car les tissus de ces zones inférieures sont ceux où le coronavirus est le plus concentré.

Nous ne savons pas exactement combien de particules virales du SRAS-CoV2 (ce coronavirus) sont libérées lors de la respiration, mais le Dr Bromage cite une étude qui indique qu'une personne infectée par la grippe libère environ 3 à 20 copies d'ARN viral par minute de respiration.

Si ce chiffre est valable pour le coronavirus, une personne infectée respire 20 copies par minute dans l'environnement.

Il faudrait inhaler chaque particule que cette personne respire pendant 50 minutes pour atteindre le chiffre de 1 000 copies dont il a été question plus haut comme étant nécessaire pour l'infection (là encore, ce chiffre n'est utilisé qu'à titre de référence et la valeur exacte doit encore être déterminée).

Nous pouvons donc voir qu'il y a beaucoup moins de chances d'attraper la maladie en étant simplement dans la même pièce qu'une personne infectée, mais sans tousser ni éternuer.

Selon le Dr Bromage, le fait de parler augmente la libération de gouttelettes respiratoires d'environ 10 fois pour atteindre environ 200 copies du virus par minute.

Le fait de chanter et de crier augmente considérablement la quantité de gouttelettes dans l'air.

"Vous vous mettez à crier ou à chanter et les gouttelettes sont réellement projetées à ce stade, et elles peuvent venir du fond de vos poumons lorsque vous forcez ce son à sortir", a-t-il déclaré à la BBC.

Ces gouttelettes proviennent également de zones où les tissus sont plus susceptibles d'être contaminés.

"Donc, tout ce qui provoque des émissions forcées ne fait que rejeter dans l'air une plus grande quantité de ces gouttelettes respiratoires provenant des tissus qui auront une charge virale plus élevée", dit-il.

Même s'il est beaucoup plus difficile d'attraper l'infection de cette manière, des études estiment que de nombreuses infections - et peut-être la majorité des transmissions en dehors du foyer - surviennent chez des personnes ne présentant aucun symptôme.

Il est évident que les professions qui traitent directement avec des personnes infectées courent le plus grand risque.

Nous savons également que certains environnements ont conduit à des infections à grande échelle. Si les bateaux de croisière occupent une place importante dans l'imaginaire du public, le Dr Bromage met en avant les événements qui se sont produits dans les bureaux à aire ouverte et lors d'événements sportifs et sociaux tels que les fêtes d'anniversaire, les funérailles et un récital de chorale.

Dans ces cas, les gens étaient beaucoup plus exposés au risque d'exposition virale en raison du temps passé en présence d'une personne infectée à l'intérieur.

"Même s'ils se trouvaient à 15 mètres, comme dans la chorale ou le centre d'appel, même une faible dose de virus dans l'air qui les atteignait, sur une période prolongée, suffisait à provoquer l'infection", dit-il.

Lorsque nous reprendrons le travail, certaines professions seront également particulièrement concernées.

Les bureaux à aire ouverte mal ventilés sont particulièrement problématiques. Le Dr Bromage cite un cas où 94 des 216 employés de bureau d'un bâtiment en Corée du Sud ont été infectés, la grande majorité d'entre eux se trouvant tous d'un côté d'un étage, où ils partageaient un grand espace ouvert.

Les dentistes ne représentent pas une grande partie de la population, mais ils seront particulièrement exposés au risque.

"C'est une profession qui crée une énorme quantité d'aérosols, rien que par les procédures qu'ils font, et ils vont vraiment devoir penser à leur lieu de travail pour protéger principalement leurs employés parce que ce ne sont pas les employés qui vont rendre le patient malade, mais le patient qui va rendre les employés, les hygiénistes dentaires, le dentiste malade à cause du forage, de la succion, de tous les fluides qui vont partout".

Le personnel enseignant est également confronté à un risque accru, dit-il.

"Vous avez une population âgée d'enseignants et de professeurs avec des jeunes gens à forte densité dans une salle. Il va falloir beaucoup réfléchir pour rendre ces lieux de travail plus sûrs".

Selon le Dr Bromage, très peu d'épisodes d'épidémies ont été signalés dans des environnements extérieurs.

Le vent et l'espace diluent la charge virale, et la lumière du soleil, la chaleur et l'humidité peuvent également avoir un effet sur la survie des virus.

En maintenant une distance sociale et en limitant la durée des interactions, nous pouvons réduire davantage les risques.

Mais certaines interactions à l'intérieur peuvent être très risquées.

Les événements où les gens parlent, chantent ou crient sont bien sûr très risqués, et les mesures de distanciation sociale deviennent moins efficaces à l'intérieur avec le temps.

Les espaces où les échanges d'air sont limités sont particulièrement problématiques.

Mais faire des achats - au moins pour le client - est beaucoup moins risqué, tant que vous passez relativement peu de temps dans un seul environnement.

Évaluer le risque

Comme les restrictions sur les coronavirus sont levées, le Dr Bromage dit que nous devrions évaluer de façon critique nos activités en termes de risque.

Pour les environnements intérieurs, il faut tenir compte du volume de l'espace aérien dans lequel vous allez, du nombre de personnes qui s'y trouvent à un moment donné et du temps que vous y passerez.

"Si vous êtes assis dans un espace bien ventilé, avec peu de personnes, le risque est faible", dit-il.

"Si vous êtes dans un bureau à aire ouverte, vous devez vraiment évaluer le risque de manière critique (volume, nombre de personnes et débit d'air). Si vous occupez un poste qui exige de parler en face à face ou, pire encore, de crier, vous devez évaluer le risque".

Pour une visite dans un centre commercial, par exemple, "la faible densité et le volume d'air élevé du magasin, ainsi que le temps limité que vous passez dans le magasin, signifient que la possibilité [pour un client] de recevoir une dose infectieuse est faible. Mais, pour le travailleur du magasin, le temps prolongé qu'il passe dans le magasin lui offre une plus grande possibilité de recevoir la dose infectieuse", explique le Dr Bromage.

À l'extérieur, le risque d'infection est bien moindre car les gouttelettes infectées se dissipent plus rapidement, mais n'oubliez pas que c'est "la dose et le temps" nécessaires pour l'infection.

"Et bien que je me sois concentré ici sur l'exposition respiratoire, n'oubliez pas les surfaces. Les gouttelettes respiratoires infectées atterrissent quelque part. Lavez-vous les mains souvent et arrêtez de vous toucher le visage", écrit-il.

Vous devriez probablement aussi arrêter de souffler les bougies sur ce gâteau d'anniversaire.

BBC

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Selon des informations non officielles qui circulent sur les réseaux sociaux, l'on s'acheminerait vers une reconnaissance de la victoire écrasante du parti CNL, Conseil national de la Liberté. Ce qui devrait être un grand soulagement pour ce pays d’Afrique de l’Est dans la dégringolade socio-politique et économique depuis plusieurs années.  

Alors que la proclamation des résultats par la Commission Nationale Electorale Indépendante, la CENI, se fait attendre, Agathon Rwasa, leader du CNL et véritable challenger du CNDD-FDD dans ces élections, a, lui déjà réclamé victoire de ces élections du 20 mai. Mais, contrairement à leurs habitudes, on observe un silence radio du côté des responsables du CNDD-FDD. Du moins, aucune réaction officielle jusqu'à présent, à part « quelques Imbonerakure plus zélés qui fabriquent sans scrupules des résultats fantaisistes ou exhibent des résultats de 2015 et qui les font lire à certains journalistes triés sur le volet de la radiotélévision nationale du Burundi », s’indigne un internaute. Mais dans un message audio, un Imbonerakure appelle ses collègues à la prudence et de ne pas jubiler. Dans son message en kirundi (langue locale), il laisse clairement sous-entendre qu’ils n’ont pas gagné.

Malgré l’arrestation et la persécution des centaines de mandataires du parti CNL peu avant et pendant les élections, le black-out des réseaux sociaux et le refus de publication du fichier électoral, ou même les bulletins de vote supplémentaires déjà déposés par les Imbonerakure dans les urnes avant même l’ouverture officielle, l'échec du parti au pouvoir serait très cuisant et leur plan de fraudes massives n'aurait pas du tout fonctionné. Les mandataires du CNL (voire même du CNDD-FDD voulant le changement) ont rapidement partager les PV après chaque comptage et seraient rentrés avec tous les PV des résultats par bureau de vote. D'où le plus grand désarroi et dilemme des ténors du CNDD-FDD en ce moment.

Lâcher du lest après 15 ans au pouvoir et reconnaître, la mort dans l'âme, ce ras-le-bol de leur mauvaise gouvernance exprimée par la population à travers ces élections ?

Ou alors Carabavunye et donc ne rien lâcher, se foutre de la volonté du peuple, puis se proclamer vainqueur et se préparer plutôt à réprimer les contestations comme en 2015 ?

Des discussions entre deux camps au sein du CNDD-FDD seraient en cours. Et il semblerait que le président sortant Pierre Nkurunziza a décidé de jouer l'arbitre. En tant que président sortant mais surtout en tant que leur guide suprême. C’est le CNDD-FDD lui-même qui l’a porté à ce grade et c'est le moment alors de l'écouter sans hypocrisie.
Mais ce serait peut-être aussi l'occasion en or de Nkurunziza de redorer son image, de se racheter auprès de la population burundaise qui a trop souffert de son long règne, avec 15 ans de corruption, de violences, de tueries, de pauvreté extrême...de galère.
Dans une interview accordée hier à la radio Haguruka, Frédéric Bamvuginyumvira, vice-président de la Coalition des Forces de l’opposition burundaise pour le rétablissement de l’Accord d’Arusha pour la paix et la reconciliation (CFOR Arusha) et ancien vice-president du Burundi, appelle justement le président Nkurunziza à être au-dessus de la mêlée et à penser à l’intérêt général de tous les Burundais qui se sont exprimés ce 20 mai.  

Bamvuginyumvira pense également que, en plus du président sortant Nkurunziza, le président de la CENI et le Chef d’Etat major de l’armée burundaise ont aussi un grand rôle à faire respecter la volonté des électeurs qui ont voté le changement.

Il n’est pas le seul à faire cet appel. Dans un message anonyme qui a circulé sur les réseaux sociaux, un Burundais rappelle à Pierre Claver Kazihise, le président de la CENI, qu’il est avant tout médecin et que « le caractère des médecins va au-delà des sentiments humains qui nous rendent prisonniers de nos passions, même partisannes pour s’adonner à soigner l’ennemi de son camp...Car le médecin que vous êtes, n’est pas ce juriste qui se cache derrière l’invocation de cas de conscience -certes vraie- pour échapper à dire la vérité. Dire la vérité pour vous Dr Kazihise, c’est faire preuve de ce caractère fort du médecin qui prime sur les sentiments partisans de membre de parti... ».

Espérons que cet appel sera entendu. Et les Burundais retiennent leur souffle pour ce week-end qui risque d'être très long.

Steve Baragafise | IPM Bujumbura

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Le leader du principal parti d'opposition du Burundi, Agathon Rwasa, a rejeté, jeudi soir, les résultats partiels portant sur 12% des 119 communes proclamés par la radiotélévision nationale et accordant au candidat du pouvoir une victoire écrasante.

Ces résultats ont été annoncés mercredi au journal de 20h00 (18h00 GMT).

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Pierre-Claver Kazihise avait appelé, mercredi matin, les Burundais à la patience pour la publication des résultats partiels de ces élections générales, dont une présidentielle, attendus au plus tôt à partir de vendredi.

La Libre

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