Le Conseil des Ministres de ce Mardi 02 Juin a autorisé la circulation des motos et les déplacements sur le territoire national, sauf pour les districts de Rusizi et Rubavu, frontaliers avec la RDC, où sévit le COVID-19, qui demeurent en quarantaine, selon un communiqué du Gouvernement.

Cette Réunion présidée par le Président Kagame  a examiné les mesures prises pour prévenir la propagation de la pandémie de COVID-19, et les participants ont discuté de nouvelles stratégies à mettre en œuvre dans les prochains jours.

Le Conseil a approuvé les résolutions de la réunion du Cabinet tenue le 18/05/2020.

Le Conseil a également remercié les Rwandais pour leur coopération continue et leur a rappelé de rester vigilants dans leurs efforts pour stopper le COVID-19.

Le Conseil des Ministres a procédé à un échange de vues sur les stratégies et programmes de développement économique et d’autosuffisance à moyen et long terme.

Le Conseil a examiné les mesures prises pour empêcher la propagation de l’épidémie de COVID-19 et a confirmé que les mesures suivantes seront mises en œuvre immédiatement.

Stratégies Générales pour la Prévention du COVID-19

Le programme de dépistage du COVID-19 se poursuivra à travers le pays.

Les masques continueront d’être portés tant que l’on va en public.

Les services autorisés continueront de se conformer aux directives en matière de soins de santé (lavage des mains, port de masques, espacement entre les individus).

Tous les commerçants sont tenus d’accepter le paiement par le biais de la technologie et Mobile Monney (MoMo) comme l’une des formes légales de paiement. Les déplacements sont interdits de 21h à 5h du matin.

Les services autorisés à fonctionner

Les activités des secteurs public et privé se poursuivront, mais chaque niveau emploiera le personnel essentiel, tandis que d’autres services continueront de fonctionner à domicile.

Les sports individuels ou autres sports sans contact sont autorisés. Des instructions détaillées à ce sujet seront fournies par le Ministère des Sports. Cependant, la gymnastique et les sports de groupe sont interdits.

Les motos sont autorisées à transporter des passagers, sauf dans les districts de Rusizi et Rubavu. Ceci est basé sur les résultats d’une récente enquête sur la santé menée dans la région. Les motocyclistes sont tenus de se conformer aux règles d’hygiène et de porter un masque  tout temps.

Les déplacements entre différentes Provinces et la Ville de Kigali sont autorisés, mais les déplacements à destination et en provenance des districts de Rusizi et Rubavu sont interdits. Cependant, les camions transportant des marchandises sont autorisés à voyager dans toutes les régions, mais ils ne transportent pas plus de deux personnes.

Les services funéraires ne comporteront pas plus de 30 personnes.

Les mariages célébrés devant les autorités se poursuivront, mais ils ne doivent pas dépasser 15 personnes.

Les services suivants continueront de fermer :

La frontière restera fermée, sauf pour les camions de marchandises. Les Rwandais et autres personnes ordinaires résidant au Rwanda sont autorisés à rentrer, mais ils sont immédiatement placés en quarantaine conformément aux réglementations sanitaires. Ils paieront  tous les services qu’ils reçoivent.

Les transports publics dans le district de Rusizi à Rubavu sont interdits.

Les écoles resteront fermées jusqu’en Septembre 2020.

Les Eglises continueront de fermer.

Les réunions publiques ou rassemblements publics sont interdits.

Les bars continueront de fermer.

Le Conseil des Ministres  a approuvé les Politiques et Projets de Lois :

Politique et Plan de mise en œuvre des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation ;

Projet de Loi sur la Commission Nationale de Lutte  contre le Génocide (CNLG) ;

Arrêté présidentiel destituant les officiers et arrêté ministériel destituant les sous-officiers et officiers subalternes de la Police Nationale du Rwanda. (Fin)

Le Communiqué a été signé par le Premier Ministre Edouard Ngirente.

Agence Rwandaise d'Information

Media





 

La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris doit décider ce mercredi 3 juin du transfèrement ou non de Félicien Kabuga vers le Mécanisme chargé de juger les derniers rwandais mis en accusation par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Poursuivi pour sept chefs d’accusation de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, Félicien Kabuga a été arrêté le 16 mai en banlieue parisienne.  

Ce n’est qu’une étape dans l’affaire Kabuga. La chambre de l’instruction devrait donner son feu-vert à la remise de l’accusé au Mécanisme. Ses avocats pourraient ensuite se pourvoir en cassation. Les juges auront deux mois pour confirmer la décision de remise. Après quoi, Félicien Kabuga devra être transféré dans les trente jours à Arusha, en Tanzanie, ou même à La Haye, au Pays-Bas si la pandémie devait l’empêcher de voyager hors d’Europe. 

Mais ses avocats affirment que « l’argentier du génocide » serait trop vieux et trop malade pour pouvoir circuler dans un autre pays. Et dans un courrier daté du 2 juin, maître Laurent Bayon demande au procureur du Mécanisme de se dessaisir en faveur de la France, rapporte notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas.   

Or, le Mécanisme doit juger « les plus hauts dirigeants soupçonnés de porter la responsabilité la plus lourde » dans le génocide. C’est le cas de Félicien Kabuga. Impossible donc... A moins que le Conseil de sécurité de l’ONU n’amende le statut du Mécanisme, avait expliqué le procureur Serge Brammertz dans un entretien par téléphone peu après l’arrestation.

Le procureur ne peut donc se dessaisir ni en faveur de la France ni même en faveur du Rwanda comme l’avait réclamé de son côté la principale association de rescapés, Ibuka. Par le passé, Kigali avait bataillé pour obtenir les dossiers du TPIR. 

Décision très attendue au Rwanda

Au Rwanda justement, cette décision va être suivie de près et en premier lieu par les victimes du génocide. Beaucoup ont vécu l’annonce de l’arrestation de Félicien Kabuga comme une délivrance, un pas vers une justice longtemps attendue, 26 ans après les faits, souligne notre correspondante à Kigali, Laure Broulard

Si la justice française décide de transférer Félicien Kabuga, il devrait normalement être jugé à Arusha. Lui veut être jugé en France. Les victimes, elles, souhaiteraient qu’il soit jugé au Rwanda. Ibuka a récemment envoyé une lettre dans ce sens à la justice internationale en mettant en avant plusieurs arguments, comme les réformes de la justice rwandaise pour juger ce type de crimes en conformité avec les lois internationales ou encore le fait que plusieurs génocidaires poursuivis par le Mécanisme ont déjà été jugés au Rwanda.

Ibuka semble en tout cas s’opposer à un procès en France, puisque l’association dénonce des résultats insatisfaisants lors d’autres d’affaires de ce type, comme dans le cas de Wenceslas Munyeshyaka, un religieux rwandais soupçonné de crime de génocide et qui a bénéficié d’un non lieu.

De leur côté, les autorités sont restées assez silencieuses depuis l’arrestation de Félicien Kabuga. Pas de réaction de la présidence ni du ministère de la Justice… Seul le bureau du procureur général a salué son arrestation, et jusqu’ici il n’a pas émis de demande de transfèrement au Rwanda. Du côté de l’unité de traque des fugitifs accusés de génocide, qui a travaillé en collaboration avec la justice internationale, on s’en remet aux procureurs du Mécanisme, à qui il reviendra de tenter de prouver la culpabilité du financier présumé du génocide. 

RFI

Media





 

Le président américain Donald Trump a promis lundi de restaurer l'ordre dans une Amérique en proie à un déferlement de colère historique.

Il a menacé de déployer l'armée pour faire cesser les violences.

Donald Trump est confronté aux désordres civils les plus graves de son mandat alors que des centaines de milliers d'Américains protestent contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales, exacerbées par la crise du Covid-19.

Couvre-feu

Une semaine après l'homicide à Minneapolis de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc, New York, Los Angeles et des dizaines d'autres villes américaines ont renforcé leurs mesures sécuritaires, décrétant ou rallongeant un couvre-feu nocturne pour vider les rues.

A Washington, plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés sans violence dans la soirée pour violation du couvre-feu instauré à partir de 19H00.

Face aux troubles se surajoutant à la pandémie de coronavirus, Donald Trump avait annoncé plus tôt d'un ton martial le déploiement dans la capitale de "milliers de soldats lourdement armés" et policiers pour mettre un terme "aux émeutes" et "aux pillages".

Il a jugé que les troubles de la veille à Washington étaient "une honte".

Appelant les gouverneurs à agir vite et fort pour "dominer les rues" et briser la spirale des violences, il leur a lancé une mise en garde.

"Si une ville ou un Etat refuse de prendre les décisions nécessaires pour défendre la vie et les biens de ses résidents, je déploierai l'armée américaine pour régler rapidement le problème à leur place", a-t-il lancé, dénonçant des actes de "terrorisme intérieur".

"Il utilise l'armée américaine contre les Américains", a dénoncé sur Twitter Joe Biden, son adversaire à la présidentielle de novembre.

Tandis que Donald Trump s'exprimait dans les jardins de la Maison Blanche aux airs de camp retranché, la police dispersait avec du gaz lacrymogène des centaines de manifestants rassemblés à l'extérieur de l'enceinte.

L'objectif était de libérer le champ vers l'église Saint John, bâtiment emblématique tout proche qui a été dégradé dimanche soir. Le président s'y est rendu à pied, entouré de membres de son cabinet, pour s'y faire photographier, une bible en main.

Pression prolongée

De Boston à Los Angeles, de Philadelphie à Seattle, le mouvement de protestation s'est exprimé jusqu'ici de façon majoritairement pacifique le jour, mais a aussi donné lieu à des embrasements nocturnes et des destructions.

Au cœur des slogans, "Black Lives Matter" ("La vie des Noirs compte") et "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer"), les derniers mots de M. Floyd gisant par terre, menotté et cou sous le genou d'un policier, dont les collègues restaient passifs.

M. Floyd est mort asphyxié en raison d'une "pression forte et prolongée" exercée sur son cou et sa cage thoracique, a affirmé lundi Ben Crump, l'avocat de la famille de la victime, en révélant les résultats d'une autopsie indépendante.

L'autopsie officielle, rendue publique dans la foulée, a également conclu à une pression létale au niveau du cou de l'Afro-Américain, ayant causé un arrêt du cœur.

Ni le renvoi de l'agent coupable de la bavure, Derek Chauvin, ni son arrestation postérieure n'ont calmé les esprits et les protestations ont touché au moins 140 villes américaines.

Face aux affrontements mêlant manifestants, casseurs et forces anti-émeute, les soldats de la Garde nationale ont été déployés dans plus d'une vingtaine de métropoles, dans un climat de tension inédit depuis les années 1960.

Pour disperser les protestataires, les forces de l'ordre ont utilisé gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc.

L'agent Derek Chauvin, qui a été inculpé d'homicide involontaire, doit comparaître le 8 juin devant un tribunal.

BBC Afrique

Media





 

Le président rwandais Paul Kagame a exhorté ses compatriotes à rester patients et vigilants à la suite d’une décision du gouvernement de suspendre les plans pour relancer certains secteurs de l’économie, y compris les déplacements entre les provinces et la reprise des transports en commun à moto, qui devaient être restaurés aujourd’hui.

 Cependant, les plans ont été suspendus par l’annonce du Premier ministre à la suite de plusieurs cas de nouveau coronavirus qui ont été identifiés dimanche dans le district de la province occidentale de Rusizi.

Le président Kagame a déclaré lundi lors de la cérémonie de prestation de serment de nouveaux représentants du gouvernement. I a dit que le gouvernement comprenait que c’est une décision difficile qui a affecté la vie de nombreuses personnes qui envisageaient de reprendre leurs activités économiques, mais a appelé à la patience car de nouvelles mesures de sécurité sont en cours d’élaboration.

 «Il est important que les citoyens comprennent les mesures qui sont prises pour lutter contre ce virus. Ce qu’il nous faut, ce n’est pas seulement d’attendre un jour ou une heure que nous pouvons prédire, aucun de nous ne peut dire que nous connaissons la date à laquelle cela prendra fin ».

 «Le seul progrès que nous pouvons contrôler est celui résultant des mesures que nous avons mises en place. Les choses ne dépendent pas seulement d’une date fixe. Cela dépend aussi de ce qui se passe à ce moment-là. Lorsqu’il y a de nouveaux développements, nous devons réévaluer si nos prévisions sont toujours valables. C’est pourquoi nous avons choisi de prendre plus de temps », a déclaré le président Kagame.

 Il a exhorté les citoyens à être patients pendant quelques jours de plus à mesure que la situation est réévaluée et que de nouvelles mesures sont émises, pour assurer la sécurité de tous. 

«Nous comprenons que lorsque l’on s’attend à ce que les choses changent et que ce n’est pas le cas, cela devient frustrant. Mais c’est ce que nous devons faire pour faire face à cette pandémie. Demain au Conseil des Ministres, nous déciderons de la voie à suivre »,

 «Je vous demande d’être patients, chaque institution s’efforce de lutter contre ce virus tout en trouvant des moyens de retrouver une vie normale. Nous ferons tout notre possible et ne laisserons aucune solution inexplorée. Je crois que rien ne peut nous empêcher », a déclaré le président Kagame.

Le chef de l’État a également remercié les membres du gouvernement et le peuple d’avoir travaillé en étroite collaboration pour contenir le virus, saluant l’altruisme des fonctionnaires qui ont travaillé depuis le début de l’épidémie pour s’assurer que le pays réussit à contenir la propagation.

 Le ministre de la Santé, le Dr Daniel Ngamije, a déclaré lundi que la décision d’arrêter la reprise des déplacements d’une province à l’autre et des déplacements en moto a été prise par l’évaluation effectuée dans le district de Rusizi, où cinq personnes, commerçants et chauffeurs de camion, se sont révélés positifs.

 Il a déclaré qu’une évaluation plus approfondie sera effectuée et que si elle s’avère sûre, lesdits services seront rouverts mais a ajouté qu’à l’heure actuelle, la priorité est donnée à la sécurité de tous.

 Le Rwanda a enregistré à ce jour 370 nouveaux cas de coronavirus et un décès. Le gouvernement indique que des équipes d’experts seront déployées dans les villes transfrontalières pour surveiller la situation et contrôler la propagation éventuelle du virus.

RNA

Media





 

(Agence Ecofin) - Voilà plusieurs décennies que les Etats Unis n’avaient pas connu de telles émeutes raciales sur l’ensemble de son territoire. New York, Chicago, Miami, Atlanta, Seattle, Los Angeles… La journée d’hier a été marquée par une nouvelle escalade de violences. Le couvre-feu  a été décrété dans 25 grandes villes. Débordés, 9 Etats ont fait appel à la Garde nationale. Les arrestations se mutiplient.

A New-York, des voitures de police ont forcé les barrages humains en renversant plusieurs personnes. Toute la nuit, les affrontements se sont multipliés entre émeutiers et forces de l'ordre. A Indianapolis, trois personnes ont été tuées par balles. A Minneapolis, plusieurs bâtiments ont été incendiés. A Atlanta, le siège de CNN a été vandalisé, de même que le Palais de Justice à Nashville.  À Los Angeles, les magasins de luxe de Beverly Hills ont été pillés ou incendiés.

Interrogé par le journal La Dépêche, François Durpaire, historien, spécialiste de l’histoire des Etats-Unis a expliqué le pessimisme qui touche la communauté afro-américaine :  « Rendez-vous compte, même un président de couleur n’est pas parvenu à faire bouger les choses ! (…) Les noirs américains, femmes, adolescents ont peur de la police et se demandent sans cesse ce qui peut leur arriver. La victime des policiers de Minneapolis est un gardien d’immeuble, père de famille, qui n’a jamais eu de problème. On se demande bien ce que les policiers lui reprochaient… Il faut donc plus miser sur un changement de mentalité que sur un changement politique.»

 

Media





 

La possibilité de voir la prochaine Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN), prévue au Cameroun, être reportée grandit. « Il n’y a presque aucune chance que la Coupe d’Afrique des Nations 2021 se tienne en janvier prochain », a même déclaré une source proche du dossier citée par RMC jeudi.

La CAN doit se jouer du 9 janvier au 6 février. La Confédération africaine de football (CAF) se penche sur un report d’un an ou un an et demi, ce qui amènerait l’événement à se disputer durant l’été 2022, quelques mois avant le Mondial au Qatar, pour bénéficier d’une meilleure visibilité médiatique. « Mais nous devons très bien étudier cette idée afin de ne pas déstabiliser les équipes africaines participant à la Coupe du Monde », a suggéré un dirigeant de la CAF sous couvert d’anonymat dont les propos sont repris par le site spécialisé du sport francophone Francs Jeux.

Seules les deux premières journées des éliminatoires de la CAN 2021 ont pu être disputées avant le début de la crise sanitaire.

AFP

Media





 

Ladislas Ntaganzwa (58 ans), un ancien bourgmestre, a été condamné à la prison à vie pour son rôle dans le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994.

Un verdict susceptible d’appel rendu ce jeudi 28 mai par la chambre spécialisée sur les crimes internationaux de la Haute Cour du district de Nyanza au Sud du Rwanda. 

Ntaganzwa a été reconnu coupable de cinq crimes, dont le crime de génocide, l’incitation à commettre le génocide, l’extermination en tant que crime contre l’humanité, le viol en tant que crime contre l’humanité et le meurtre en tant que crime contre l’humanité.

L’ancien bourgmestre de Nyakizu au sud du Rwanda figurait parmi les suspects du génocide les plus recherchés dans le monde. Une prime de 5 millions de dollars avait été offerte pour sa capture par les Etats-Unis.

Il est tombé dans une opération de l’armée congolaise contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), rébellion agissant dans l’Est du Congo, réputée pour compter d’anciens responsables du génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994. Ntaganzwa, mis en accusation par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, a été remis par la RDC aux autorités rwandaises le 20 mars 2016.

Ntaganzwa, assistant médical de formation, était devenu bourgmestre de la commune de Nyakizu jusqu’en 1994. Comme cette région est frontalière du Burundi, lui et ses milices en ont profité pour arrêter et tuer les Tutsi qui tentaient de rejoindre la rivière Akanyaru et trouver refuge au Burundi.

Mais surtout Ntaganzwa s’est rendu un des bourreaux les plus sanguinaires quand il est allé chercher soldats et munitions faites d’armes lourdes pour réduire en cendres les trente mille Tutsi qui avaient trouvé refuge à la Paroisse de Cyahinda.

Il a été indiqué qu’il avait distribué des armes à des civils le 15 avril 1994 et les avait accompagnés, avec des membres de la police nationale, à la paroisse de Cyahinda (commune de Nyakizu) où plus de 30 mille Tutsi étaient réfugiés.

Le poste de bourgmestre qu’il occupait lui conférait une autorité sur ses subordonnés qui comprenaient des employés de la commune, des membres de la police communale et des conseillers de divers secteurs. Dans sa commune, Ntaganzwa était également à la tête du  MRND – le parti au pouvoir connu pour avoir fomenté.  

Selon l’acte d’accusation, Ladislas Ntaganzwa a participé à un plan visant à exterminer la population tutsi de sa commune dès la fin de 1990 jusqu’en juillet 1994. Entre autres choses, ce plan prévoyait d’attiser la haine et la violence ethnique, la formation et l’armement des unités paramilitaires et la compilation de listes de Tutsi à éliminer. En exécutant ce plan, Ntaganzwa a organisé et ordonné des massacres et y a participé personnellement.

RNA

Media





 

La Conférence des évêques du Burundi a dénoncé, dans un communiqué daté du 26 mai, “beaucoup d’irrégularités” lors des élections présidentielle, législatives et communales du 20 mai dernier

Les évêques rapportent les faits relevés par leurs 2716 observateurs, déployés dans toutes les communes du pays. Ils notent ainsi la “contrainte exercée sur certains mandataires” de partis pour qu’ils signent “d’avance les procès verbaux de dépouillement” des bulletins électoraux; le bourrage d’urnes; le vote à la place des défunts et des personnes réfugiées à l’extérieur du pays en raison des violence infligées par le parti au pouvoir et sa milice depuis 2015; des “procurations multiples, donc invalides”; des “électeurs qui votent plus d’une fois”; l’exclusion des mandataires et observateurs des lieux de dépouillement; l’intimidation d’électeurs par du personnel administratif qui les suit jusque dans l’isoloir; l’intrusion de personnes non autorisées dans les lieux de comptage des voix; le secret du vote pas garanti partout; la confiscation des accréditations et téléphones d’observateurs.

Tant et si bien que les évêques se demandent si ces irrégularités “ne portent pas préjudice au résultat à proclamer” définitivement  le 4 juin. Ils recommandent, dès avant cette proclamation finale, de “sanctionner tous ceux qui, après le vote, persécutent leurs voisins” soupçonnés de n’avoir pas voté comme eux. On rapporte en effet des menaces de la milice du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, contre ceux soupçonnés d’avoir voté pour le CNL rival.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante, réputée acquise au régime CNDD-FDD a réagi: “Les observateurs de l’église catholique n’avaient pas d’expérience dans l’observation des élections, ils n’étaient pas à la hauteur, peut-être qu’ils ont commis des erreurs”, a déclaré Pierre Claver Kazihise sur Twitter.

Arithmétique kazihisienne

On peut en tout cas s’interroger sur l’expérience de M. Kazihise en matière d’arithmétique au vu des incongruités dans les résultats officiels fournis par sa Commission électorale.

Ainsi, ces résultats donnent exactement – à l’unité près – le même nombre de suffrages obtenus par les trois principaux partis dans …trois provinces différentes, comptant un nombre d’électeurs différent. Dans la province de Karusi, comme dans celles de Ngozi et de Kayanza, le CNDD-FDD recueille ainsi officiellement 210 541 voix; le CNL 14 157 et l’Uprona 3557! Une unité de vote qui donne évidemment à penser.

Ces chiffres ébouriffants ne sont pas les seuls. Car à Karuzi et Kayanza, ils se traduisent par l’octroi des 6 sièges à pourvoir au CNDD-FDD; à Ngozi, en revanche, ils entraînent l’attribution de 5 sièges à ce parti et 2 au  CNL – et zéro à l’Uprona, mais le “total” des sièges attribués s’élève quand même à 8!

Plus extraordinaire encore, dans la province Mairie de Bujumbura – fief du CNL – où 71 603 suffrages ont été exprimés, le CNDD-FDD a réussi à en recueillir… 104 342, alors que le CNL aurait bénéficié de 144 519 votes et l’Uprona de 14 389 voix, soit un total de près de quatre fois les suffrages exprimés!

A la tête du client

L’AFP a relevé pour sa part le cas de la commune de Musigati, où le taux de participation a atteint… plus de 102%! Le candidat à la présidence du CNDD-FDD y aurait récolté  99,9% des votes.

Iwacu, dernier grand média indépendant au Burundi, souligne par ailleurs qu’alors que la loi prévoit que les listes de candidats sont bloquées, la Commission électorale a modifié unilatéralement les listes des élus CNL à Bujumbura et Kayanza. Dans l’ancienne capitale, le CNL se voit attribuer deux sièges et ce sont les n°1 et 4 de la liste qui sont décrétés élus – au lieu des n° 1 et 2, comme le prévoit la loi – tandis qu’à Kayanza, ce sont les n° 1 et 3 qui sont déclarés élus, le n°2 – la ministre des Sports Pelate Niyonkuru – étant évincée.

La Libre Afrique

Media



A Propos

 


IPHAME.

Imburi Phare Media est un média en ligne sur l'actualité des Grands Lacs africains et sa diaspora. Une plateforme d’informations, de conseils,d’analyses et perspectives.

Derniers Articles

Newsletter

Rejoignez notre newsletter et recevez des news dans votre boîte de réception. Nous ne vous enverrons pas de spam et nous respectons votre vie privée.