On ne s’y attendait pas du tout mais Nkurunziza est mort. Bien qu’il eût accepté de passer le pouvoir « démocratiquement » à son dauphin Evariste Ndayishimiye, cela ne le dédouanait pas pourtant de nombreux crimes dont son régime est accusé.  

Et certains se posent quand même des questions sur la poursuite des plaintes à la Cour Pénale Internationale (CPI). Alors, la mort de Nkurunziza va-t-elle changer le cours des choses à la CPI ?

Imburi Phare a posé la question à Maitre Armel Niyongere. Il est Coordinateur du Collectif des avocats des parties civiles des crimes commis au Burundi, « Justice for Burundi » 

« D'abord, nous sommes tous égaux devant la mort, et à ce titre, le Président Nkurunziza mérite un deuil et un enterrement dans la dignité quelles qu'aient été ses fautes.  

Mais notre Collectif des avocats des parties civiles "Justice for Burundi" qui représente plus de 2 000 mandats des familles des victimes des crimes commis au Burundi depuis 2015 défend de nombreuses familles qui, à ce jour, n'ont même pas bénéficié de ces droits essentiels au deuil et aux cérémonies de l'enterrement des leurs. 

Pour nous, la mort génère le regret à savoir que la justice ne peut avancer concernant l'éventuelle responsabilité pénale de Pierre Nkurunziza. Mais en plus cette mort ne met pas fin à la procédure. Toutes les autres personnes impliquées peuvent être poursuivies et le Collectif des avocats ne lâchera rien. Car c'est une question de justice collective. Nous continuons à soutenir les efforts des familles qui réclament justice pour les victimes de ces dossiers innommables ». 

Propos recueillis par Benny Arakaza

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Sans surprise générale, la cour constitutionnelle vient d’autoriser au Général Evariste Ndayishime de prêter le serment.

« Pas d’intérim nécessaire, le Président élu doit prêter serment le plus rapidement possible »,  lit-on dans un tweet du conseiller à la communication de la présidence Willy Nyamitwe.

Cette décision de la cour suprême tombe à un moment où des informations très tôt relayées sur les réseaux sociaux depuis ce matin disent que le nouveau candidat élu serait hospitalisé dans l’un des hôpitaux prisés  de la capitale, Kira Hospital. Ces informations ont été amplifiées par le fait que la nouvelle Première Dame s’est présentée en solo hier au Palais NTARE RUSHATSI pour signer dans le livre de condoléances suite au décès inopiné du Chef de l’Etat sortant Pierre Nkurunziza. Du côté  du gouvernement, aucune réaction officielle n’est jusqu’ici faite sur l’état de santé d’Evariste Ndayishimiye.

Chose certaine, c’est que le gouvernement se fait la peine de communiquer sur différentes personnalités dont l’état de santé est mis en doute. Après  celle relative au décès de Pierre Nkurunziza, le gouvernement a sorti un communiqué qui dément sur l’état de santé de la mère du président défunt. Mais selon des informations dont dispose la rédaction, Evariste Ndayishimiye serait déjà prêt pour le serment. Les cérémonies se dérouleraient en commune Bugendana, Province de Gitega pas au-delà de la semaine qui commence alors que d’autres mentionnent que le serment pourrait se dérouler demain, samedi le 12 juin 2020 dans la même commune. 

Selon Thierry Virculon, "l’élection du 20 mai a conduit à un changement de président, mais elle n’a pas conduit à un changement de régime puisque c’est toujours le même parti qui reste au pouvoir. Et par conséquent, on peut dire que cette élection a abouti à un nouveau président pour un ancien régime. Pour ce chercheur, c’est la continuité  qui a probablement le plus de chance de se passer dans le pays dans les mois et peut-être les années qui viennent. La mort du Président Pierre Nkurunziza va consolider le pouvoir du nouveau président", conclut-il.

Successivement ancien ministre de l’intérieur, de la sécurité publique, chef de cabinet du président, chef de cabinet civil et chef de cabinet militaire à la Présidence de la République, Evariste Ndayishimiye devient en 2016 secrétaire général et numéro 2 du CNDD-FDD. Mais c'est les élections du 20 mai qui le portent à la Présidence, dès elections présidentielles, législatives et communales  dont le parti remporte à plus de 60% selon la CENI. 

« Il faut aussi souligner que c’est un autre homme qui va désormais être sur le devant de la scène et il y a peut-être une lueur d’espoir pour les burundais. C’est d’ailleurs mis en lumière par les opposants et les membres de la société civile en exil, qui rappellent que le général Ndayishimiye n’a jamais été cité dans les affaires de crimes et de malversations » , commente Esdras Ndikumana, journaliste à la RFI.

Gaudence Uwineza

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La France et le Rwanda ont souhaité renforcer leur coopération dans le domaine de la santé afin de lutter contre l’épidémie de Covid-19. Le chargé d’affaires de France a été reçu ce jeudi 11 juin par le Directeur-Général du Centre biomédical du Rwanda (RBC), le Dr Sabin Nsanzimana, afin de signer un projet numérique de santé pilote, fruit d’une collaboration entre l’Unité de recherche médicale du RBC et le Centre d’investigation clinique de Nancy.

Cette rencontre entre le Centre Biomédical du Rwanda et l’Ambassade de France au Rwanda visait à finaliser ce projet, d’un montant total de 223 077 789 frw, est cofinancé par l’Agence française de Recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS) à hauteur de 126 783 000 frw et par l’Ambassade de France pour 94 010 152 frw. Il sera mis en œuvre de manière pilote à Kigali, à Gicumbi (Province du Nord) et à Nyamasheke (Province de l’Ouest).

Le projet s’appuie sur le réseau d’agents de santé communautaire (ASC) dont le rôle est essentiel dans les soins de santé primaires, et dont l’expérience d’Ebola a montré qu’il jouait un rôle primordial dans le contrôle et la prévention de l’épidémie. L’utilisation d’outils numériques dont l’usage est en plein essor au Rwanda, comme outil de communication au sein du système de santé, apporte une valeur ajoutée pour la mise en œuvre de la stratégie nationale contre l’épidémie de Covid-19.

Dans les quatre districts identifiés, le projet va ainsi équiper 400 agents de santé communautaires (ASC) d’une application smartphone développée par l’Institut Pasteur et l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) afin de favoriser une détection plus large et rapide des cas, notamment dans les zones rurales. L’application permettra de renforcer la surveillance de l’épidémie ainsi qu’une prise en charge adaptée des patients et renforcera le lien entre la population et le système de soins.

Ce projet pilote se déroulera sur 3 mois et donnera suite à une recherche conduite par l’Unité de recherche médicale du RBC en partenariat avec l’Institut Pasteur et le Centre d’investigation clinique de Nancy. Il pourra être généralisé à l’ensemble du territoire si le RBC et le ministère rwandais de la santé en jugent les résultats probants.

Ce nouveau projet s’inscrit dans le renforcement de la coopération entre la France et le Rwanda dans le secteur de la santé, qui fait partie des priorités bilatérales de l’ambassade de France au Rwanda, avec comme perspectives cette année la conclusion d’un protocole d’accord entre l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) et le Ministère rwandais de la Santé, des actions collaboratives de recherche clinique menées avec l’Unité de recherche médicale du RBC, mais aussi l’octroi de plusieurs bourses du gouvernement français dans le domaine de la santé (en épidémiologie notamment).

RNA

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 Une peine de 20 ans de prison a été requise par la justice congolaise contre Vital Kamerhe, allié politique et directeur de cabinet du président de la République démocratique du Congo. 

M. Kamerhe, 61 ans, est le principal des trois accusés d’un procès sans précédent pour détournement et blanchiment présumés de quelque 50 millions de dollars d’argent public. Le jugement sera rendu le 20 juin, a indiqué jeudi en  soirée le président du tribunal de grande instance, au terme d’une cinquième audience retransmise en direct, très suivie par les Congolais. 

Le procès se tient dans l’enceinte de la prison centrale de Kinshasa, où M. Kamerhe est en détention préventive depuis le 8 avril. Comme ses deux co-accusés, il a clamé son innoncence, dénonçant un « procès politique » et la « brutalité et l’acharnement » du tribunal contre lui. 

Saisie des fonds

Le procureur a demandé 20 ans de « travaux forcés » à son encontre, ainsi que dix ans de privation du droit de vote et d’éligibilité. La même peine de 20 ans a été requise contre le premier de ses deux coaccusés, l’entrepreneur libanais Jammal Samih, 78 ans, dont plus de 50 au Congo. 

Le Parquet a également demandé la « confiscation des fonds » bancaires de l’épouse de M. Kamerhe, de la fille de celle-ci et d’un cousin de l’accusé, ainsi que « la confiscation des propriétés immobilières acquises avec les fonds détournés pendant la période allant de janvier 2019 à ce jour ». 

Hôtel particulier près de Paris 

Dans la plaidoirie de la partie civile, un avocat de la République démocratique du Congo a affirmé que le couple qui s’est marié en février 2019 avait acquis et rénové un hôtel particulier en France pour plus d’un million d’euros. « C’est comme si vraiment on voulait abattre toute la famille », s’est défendu M. Kamerhe, en parlant d’une maison « à 45 minutes de Paris ». 

« La vraie justice viendra de Dieu, quand les juges humains s’écartent de la vraie justice », a-t-il ajouté, affirmant avoir prévenu sa femme avant l’audience que « la messe est dite » concernant son sort judiciaire. 

L’argent public que M. Kamerhe est accusé d’avoir détourné devait financer un volet des travaux d’urgence du programme des « 100 jours » lancé par le chef de l’Etat début mars 2019. Ce volet portait sur la construction de logements sociaux pour militaires, sous la forme de 1.500 maisons préfabriquées et importées de Turquie. 

Le marché avait été passé avec Jammal Samih, qui a également demandé son acquittement: « Je suis innocent », a-t-il dit. 

MM. Kamerhe et Samih sont jugés avec un troisième accusé, Jeannot Muhima, en charge du service import-export à la Présidence, et du dédouanement des marchandises importées. 

Depuis Paris, un collectif d’avocats de M. Kamerhe a affirmé avoir saisi un « groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire », en « sollicitant une intervention urgente pour garantir le respect des droits fondamentaux de Vital Kamerhe ». « Il n’y a aucune preuve de flux financiers coupables », écrivent dans un communiqué Me Jean-Marie Kabengela et Me Pierre-Olivier Sur. 

La mort du juge Yanyi 

Les deux avocats reviennent également sur la mort soudaine du magistrat Raphaël Yanyi dans la nuit du 26 au 27 mai, soit deux jours à peine après avoir présidé la deuxième audience du procès. Dans l’attente d’un compte-rendu d’autopsie, « plusieurs sources » avancent que le magistrat a été « empoisonné et désignent monsieur Vital Kamerhe comme responsable ». « Dans ce contexte tendu, les autorités pénitentiaires congolaises ne sont pas en mesure de garantir la sécurité » de Vital Kamerhe, estiment les avocats. 

M. Kamerhe n’a pas officiellement démissionné de son poste de directeur de cabinet, mais un intérimaire – son adjoint – a été nommé.M. Kamerhe est le président de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), parti qui compte plusieurs ministres au sein du gouvernement de coalition de M. Tshisekedi. Aucun n’a démissionné à ce jour. 

La Libre Afrique

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Le chef de l'État burundais est décédé, lundi 8 juin, à l’hôpital du Cinquantenaire de Karusi, officiellement d’un arrêt cardiaque. Il sort de la scène avant d’avoir remis, en bonne et due forme, le pouvoir à son successeur, le général Évariste Ndayishimiye, élu le 24 mai dernier. La disparition de celui qui régentait le Burundi depuis quinze ans ne devrait donc pas laisser de vide institutionnel, mais plusieurs interrogations demeurent.

Officiellement, Pierre Nkurunziza devait remettre le fauteuil présidentiel à son successeur lors d’une grande cérémonie populaire le 20 août prochain, à la fin de son troisième mandat. Le président Nkurunziza devait devenir le « guide suprême du patriotisme ». Sa disparition soudaine bouscule cette donne et génère de nombreuses questions, à commencer par celle que tout le monde se pose : quelle est la cause de son décès ?

Le Covid-19 a-t-il fauché Nkurunziza?

Selon le communiqué du gouvernement, Pierre Nkurunziza était en mesure de parler dimanche avec ceux qui l’entouraient. D’où la « grande surprise » de voir son état de santé se détériorer brutalement le lundi matin.

Il faut dire que Pierre Nkurunziza avait assuré, lors d’un des derniers meetings de campagne, que c’était Dieu lui-même qui avait purifié l’air du Burundi, le protégeant de la pandémie. Depuis des semaines, le pays est suspecté de cacher l’ampleur de l’épidémie et accusé de ne pas prendre les mesures qui s’imposent pour réduire la contamination. Conséquence : chaque jour, de véritables marées humaines ont participé pendant trois semaines à la campagne électorale et l’équipe de riposte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), accusée d’« ingérence », a carrément été expulsée du pays.

Pierre Nkurunziza est officiellement mort d’un arrêt cardiaque, sans plus de précision. Mais dans le pays, cette version peine à convaincre. D'abord parce que des médecins ont évoqué le Covid-19 dès le lendemain de son hospitalisation. Autre élément en faveur de cette thèse : l’un des rares respirateurs de Bujumbura a été acheminé par hélicoptère lundi à Karusi, mais c’était trop tard.

Enfin, de nombreux Burundais n'ont pas oublié qu’il y a quelques jours, son épouse avait été évacuée vers le Kenya pour une suspicion du coronavirus. Elle était « en voie de guérison et est revenue précipitamment au Burundi dès hier », selon une source administrative.

Pacifique Nininahazwe, le président du Forum pour la conscience et le développement (Focode), est l'un des nombreux leaders de la société civile à avoir été contraint à l'exil pour s'être opposé en 2015 au troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Il doute de la version officielle sur les circonstances de la mort du chef de l'État et appelle à la fin du « déni » sur la pandémie de Covid-19.

Aujourd’hui, le gouvernement admet l'existence de 83 cas testés positifs au coronavirus dont un décès, alors que des médecins dénoncent l’existence de centaines de « cas cachés » dont plusieurs dizaines de décès. « Nous espérons que cette fois-ci le gouvernement a compris que la situation est explosive, qu’il doit sortir du déni et combattre de front cette pandémie », expliquent ces médecins.

Les autorités peu bavardes

La deuxième interrogation est tout aussi prégnante : la disparition physique de l'ancien président ne devrait pas être sans effet sur le plan institutionnel. Même non réélu, il était supposé conserver un rôle majeur dans les affaires de l'État.

Mais il y a d'abord « un choc » à encaisser, estime l'opposant Pierre Buyoya, ex-président du Burundi. Il adresse ses condoléances à la famille du défunt, dont il rappelle qu'il fut « le symbole d'un Burundi » réconcilié au sortir de la guerre civile, avant le tournant de 2015.

Pour lui, cette disparition inopinée intervient à l'aube d'une transition importante pour le Burundi. Il ne dissimule pas ses espoirs.

Pour l'instant, le pouvoir burundais se contente de passer en boucle un communiqué du porte-parole du gouvernement qui annonce le décès « inopiné » du président sortant, sans un mot de plus sur la suite du programme.

Des réunions se sont succédé en ce début de semaine, notamment au palais présidentiel Ntare Rushatsi de Bujumbura. Leur objectif : préparer les obsèques du président Nkurunziza mais aussi sa succession, selon un cadre du parti au pouvoir.

Selon la nouvelle Constitution de 2018, c’est le président de l’Assemblée nationale Pascal Nyabenda qui doit assurer l’intérim du président en cas de vacance de poste définitive. « Mais les circonstances sont exceptionnelles », explique ce cadre en rappelant que Pierre Nkurunziza était à moins de trois mois de la fin de son mandat et que la victoire de son successeur à la présidentielle du 20 mai venait d’être validée définitivement par la Cour constitutionnelle.

Une émancipation plus rapide que prévue pour le nouveau dirigeant

« On envisage d’accélérer la prestation de serment du général Évariste Ndayishimiye », ajoute la même source, histoire d’éviter « une trop longue période d’incertitude ».

Un spécialiste rappelle que le président élu allait être pris en étau entre un président sortant qui devait rester très influent, et une « junte » constituée de généraux issus de l’ex-rébellion du CNDD-FDD considérés comme des radicaux.

Pierre Nkurunziza allait devenir guide suprême du patriotisme, et ce titre ne s'annonçait pas seulement honorifique. Au sein de son parti comme des milieux diplomatiques, on pensait que son successeur, le général Évariste Ndayishimiye, peinerait pendant de longs mois encore à imposer une nouvelle ligne à son parti, comme au pays. « Le brusque décès de Pierre Nkurunziza va lui donner une plus grande marge de manoeuvre », assure notre source.

L'amertume pour les victimes de la répression

Car on ne comble pas d'un revers de main l'absence d'un personnage qui a tenu, de plus en plus férocement, les rênes du régime pendant quinze ans.

Pierre Nkurunziza est pourtant parti de loin. Simple professeur d’éducation physique, quand il prend la tête d’un CNDD-FDD déjà en crise en 2001, il est considéré comme le plus petit dénominateur commun entre des généraux beaucoup plus puissants que lui et qui forment une junte, aujourd’hui encore. Élu président de la République en 2005, Pierre Nkurunziza va peu à peu s’imposer. Il dit volontiers avoir été choisi par Dieu pour gouverner le Burundi et entraînera tous les responsables des institutions et parties dans d’interminables grand-messes religieuses, appelées « croisades ».

Le Burundi, sorti de la guerre civile, connaît quelques progrès sur le plan politique et économique sous son premier mandat. Mais dès 2010, la répression s’intensifie avec le retour du rival de toujours, Agathon Rwasa, chef de l’autre rébellion hutue. Cette répression atteint son paroxysme en 2015 alors que Pierre Nkurunziza s’impose une fois de plus à la présidence.

Adressant ses pensées aux proches de Pierre Nkurunziza – « On ne devrait pas souhaiter la mort, même à son pire ennemi », dit-il –, Pacifique Nininahazwe dresse un bilan très critique de ses quinze années à la tête du pays. Il regrette que Pierre Nkurunziza n'ait pas vécu assez longtemps pour être entendu par la justice dans le cadre des enquêtes menées actuellement par la Cour pénale internationale  (CPI). Ce sera une autre, et pas la moindre, conséquence de la mort prématurée de l'ancien homme fort de Bujumbura.

RFI

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Le communiqué du gouvernement burundais ne précise pas les causes de la mort de Pierre Nkurunziza, qui devait céder le pouvoir dans quelques semaines. Beaucoup soupçonnent néanmoins qu’il soit décédé du Covid-19, alors même qu’il refusait de reconnaître la gravité de la pandémie.

“Urgent : le président Nkurunziza est mort”, titre sobrement en une l’un des rares sites d’information burundais à pouvoir encore exercer librement son métier, Iwacu, ce mardi 9 juin après-midi. “Le gouvernement burundais annonce qu’un deuil national est ouvert pour sept jours à partir d’aujourd’hui” et “demande aux Burundais de rester calmes”, précise le média.Depuis plusieurs heures, l’information circulait. Elle a finalement été officialisée par un communiqué du gouvernement peu après 16 h 30 (heure de Paris). Le texte évoque “le décès inopiné”, à la suite d’“un arrêt cardiaque”, de Pierre Nkurunziza, lundi 8 juin, à l’hôpital de Karuzi.
Aucune précision supplémentaire n’a été pour l’heure apportée sur les causes de cet arrêt cardiaque, mais tous les observateurs soupçonnent le Covid-19, alors que la première dame, Denise Bucumi, a été hospitalisée au Kenya dans un état grave, fin mai, atteinte de la maladie. À 55 ans, Pierre Nkurunziza serait alors le premier chef d’État à succomber à la pandémie.

L’hypothèse du Covid-19

Si cette hypothèse se confirmait, cela sonnerait comme une étrange ironie, puisque “le couple Nkurunziza s’obstinait à nier [la gravité de la pandémie]”, rappelle La Libre Belgique, et “pratiquement aucune mesure n’avait été prise” pour en éviter la propagation dans le pays. Le dauphin et successeur annoncé de Pierre Nkurunziza, Évariste Ndayishimiye, avait ainsi soutenu que le pays bénéficiait d’une “protection divine”. Le journal belge poursuit : “Cela va semer la panique dans les rangs des dirigeants burundais, ces derniers ayant, comme le chef, fait fi des précautions indispensables. Il leur faudra organiser des funérailles nationales qui risquent de contribuer à la propagation de la maladie.”La mort du président burundais survient dans un contexte très particulier. Chef de la rébellion FDD pendant la guerre civile, il a échappé à plusieurs tentatives d’assassinats, guet-apens et condamnations à mort. Après les accords de Pretoria, en 2003, il devient ministre puis, en 2005, remporte les premières élections de l’après-guerre civile et prend la tête du pays. Une place que ce fervent évangéliste et fin tacticien refuse de céder après deux mandats. Il fait modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir en 2015. Alors que la rue se révolte, il réprime sans retenue et cadenasse son pays.

Ndayishimiye, successeur désigné

Pierre Nkurunziza avait néanmoins décidé de céder la main cette année. Malgré l’épidémie de Covid-19, il a propulsé son dauphin, le général major Évariste Ndayishimiye, lors de la présidentielle du 20 mai dernier. Un scrutin qui s’est tenu dans le calme, bien que les résultats soient contestés par le principal opposant, Agathon Rwasa.Qui succédera à “Peter” (tel qu’est surnommé Pierre Nkurunziza) ? s’interroge La Libre Belgique“L’article 121 de la Constitution prévoit qu’en cas de décès du chef de l’État, lui succède à titre intérimaire le président de l’Assemblée nationale. Il s’agit actuellement de Pascal Nyabenda, très proche du président sortant, qui l’avait proposé comme candidat du CNDD-FDD à la présidentielle lors des élections générales du 20 mai dernier. Le groupe des généraux qui dirigent le pays avec le chef de l’État lui avait toutefois préféré le général major Évariste Ndayishimiye. Et ainsi fut-il fait. […] Le plus vraisemblable serait qu’on accélère la prestation de serment du général major Ndayishimiye, normalement prévue par le calendrier électoral pour le 20 août.” La mort de l’homme qui s’était érigé au prix du sang en “guide” de son pays ouvre une nouvelle ère d’incertitude pour le Burundi.
Courrier International 

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 L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a modifié ses conseils sur les masques faciaux.

Il affirme qu'ils devraient désormais être portés en public lorsque la distanciation sociale n'est pas possible pour aider à stopper la propagation du coronavirus.

L'Oms souligne que de nouvelles informations montrent que les masques peuvent constituer "une barrière pour les gouttelettes potentiellement infectieuses".

Certains pays recommandent ou imposent déjà le port du masque en public

L'OMS avait précédemment fait valoir qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour affirmer que les personnes en bonne santé devraient porter des masques.

Toutefois, le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré vendredi que "compte tenu de l'évolution des preuves, l'OMS conseille aux gouvernements d'encourager le grand public à porter des masques là où la transmission est répandue et où la distanciation physique est difficile, comme dans les transports publics, dans les magasins ou dans d'autres environnements confinés ou surpeuplés".

L'organisation a toujours conseillé que les masques médicaux soient portés par les personnes malades et par celles qui les soignent.

Dans le monde, il y a eu 6,7 millions de cas confirmés de coronavirus et près de 400 000 décès depuis le début de l'épidémie à la fin de l'année dernière, selon les données compilées par l'université Johns Hopkins.

BBC Afrique

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Près de 1.300 civils ont été tués et plus d’un demi-million déplacés dans divers conflits entre groupes armés et forces de sécurité en République démocratique du Congo (RDC) en quelques mois, a alerté l’ONU vendredi, en pointant de possibles « crimes contre l’humanité ou crimes de guerre ».

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a affirmé dans un communiqué que « le caractère généralisé et systématique de certaines des attaques contre des civils en Ituri et au Nord-Kivu peut constituer des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre ».

Elle s’est généralement dite « consternée » par l’augmentation dans le pays d' »attaques brutales contre des civils innocents par des groupes armés, et par la réaction des forces militaires et de la police qui ont également commis de graves violations, y compris des meurtres et des violences sexuelles ».

Selon le communiqué, le nombre de victimes a fortement augmenté ces dernières semaines alors que les conflits dans trois provinces de l’est du pays – Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu – se sont propagés.

Ces violences ont jeté des centaines de milliers de personnes sur les routes.

Plus de 400.000 personnes ont été déplacées dans le Nord-Kivu depuis septembre, tandis que 110.000 autres, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été déplacées par la violence dans le Sud-Kivu entre janvier et fin mai, selon l’ONU.

En Ituri, la violence s’est propagée dans de nouvelles zones alors que le nombre de groupes armés s’est multiplié. Le principal groupe armé reste selon l’ONU la Codeco (Coopérative pour le développement du Congo), composé principalement de combattants issus de la communauté Lendu, et dont le principal dirigeant, Justin Ngudjolo, a été tué le 25 mars.

Le Haut-Commissariat accuse la Codeco et d’autres combattants Lendu de poursuivre « une stratégie de massacres de résidents locaux, principalement Hema, mais aussi Alur, depuis 2017 », afin de contrôler les ressources naturelles dans la région.

– « Plus atroces » –

Les attaques commises par des groupes armés en Ituri sont devenues de plus en plus « atroces », se caractérisant notamment par des décapitations et des mutilations de cadavres selon l’ONU. Mais « jusqu’à présent, les communautés ciblées se sont abstenues de riposter », a souligné Mme Bachelet.

Selon l’ONU, entre octobre et fin mai, au moins 531 civils ont été tués par des groupes armés en Ituri, dont 375 depuis mars. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police nationale congolaise (PNC) auraient également tué 17 civils au cours de la même période.

Au Nord-Kivu, le lancement d’opérations militaires par les forces de sécurité et de défense en novembre 2019 a donné lieu à des représailles contre les populations civiles de la part du principal groupe armé, les ADF, qui ont tué d’octobre à fin mai au moins 514 civils. Les forces de sécurité ont fait près de 85 victimes.

Au Sud-Kivu, au moins 74 personnes ont été tuées depuis octobre et au moins 36 femmes et enfants violés dans une recrudescence de la violence ethnique, alimentée par des discours haineux.

Le communiqué note aussi que des dizaines de civils ont été tués au Kongo Central et à Kinshasa fin mars et avril lors d’opérations menées par les forces de sécurité contre des militants du groupe politico-religieux Bundu Dia Kongo (BDK).​

La Libre Afrique

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