Secteur Gitesi, Karongi: L’Eglise Presbytérienne du Rwanda (EPR) de Rubengera a fait un don de radios et d’appareils d’énergie solaire à 30 ménages ruraux de la Cellule Gasharu, Secteur Gitesi, District de Karongi, en Province de l’Ouest.

Ces appareils servent de batteries pour charger les radios, juste pour permettre aux bénéficiaires d’écouter les informations, et aux enfants de suivre les leçons par radio, tout en restant à la maison, en cette période où le COVID-19 a obligé les pays à fermer les salles de classes. L’EPR a fourni aussi des téléphones portables.

La cellule de Gasharu est située dans une zone rurale non productive où l’on ne cultive que du thé, et les habitants ont besoin de plus d’aide au développement, comme l’accès à l’électricité.

« Nous n’avons pas accès ni à l’énergie, ni à l’électricité, ni aux infrastructures d’accès au développement. Le don de cette radio et de cet appareil d’énergie solaire me permettra de sortir de l’isolement. J’avais l’habitude d’utiliser une tige séchée de bambou allumée pour m’éclairer dans l’obscurité. Maintenant, je me sens réconfortée. Car, j’écouterai l’information et mes enfants suivrons leurs leçons par radio », s’est réjouie la mère de famille, Espérance Mukamurigo.

Le Rév. Pasteur Prince Karangwa affirme que les gens ont besoin d’un réconfort spirituel  soutenu par des messages de développement.

« Le Gouvernement a fait beaucoup de réalisations en faveur de la population. Mais nous, en tant qu’EPR, nous devons appuyer ce Gouvernement. C’est pourquoi nous avons pensé à vous apporter ce don, et nous continuerons à le faire », a-t-il indiqué aux habitants sur place.

Cyriaque Niyonsaba, Secrétaire exécutif du Secteur Gitesi, a dit que c’était une occasion rare pour les gens de la cellule Gasharu de jouir de l’électricité, et que cet avantage les réconfortera.

Le Secteur Gitesi est l’une des zones rurales du district de Karongi  sans infrastructures adéquates. La grande partie des revenus de la population provient seulement de la culture du thé.

L’on doit noter que ce don de radios et d’appareils d’énergie solaire à 30 ménages ruraux de la Cellule Gasharu a bénéficié de l’appui financier de la Paroisse suisse de Villette dirigée par la Pasteure Aude.

RNA

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Les Burundais ont leur tout nouveau Président ce jeudi à partir de 9 heures GMT en la personne du général Evariste Ndayishimiye.

Les cérémonies de prestation de serment s’organisent à Gitega où des milliers de militants du parti au pouvoir, CNDD-FDD, et d’autres laudateurs du nouvel élu se donnent rendez-vous pour l’acclamer et le louer.

Selon une source auprès du Secrétariat général du gouvernement, chaque province burundaise y a dépêché une forte délégation de 400 personnes, sans compter les officiels et autres badauds friands d’événements grandioses.

Pour l’occasion, les autorités burundaises ont lancé des invitations aux différentes personnalités étrangères afin de rehausser l’événement unique en son genre. Le jeu en vaut la chandelle.

Les autorités comptent déjà les invités ayant répondu favorablement à leur invitations et leur déroulent le tapis rouge sans confinement préalable alors que le pays est dans sa phase critique de la pandémie de coronavirus.

Le spectacle n’a rien à voir avec le triple scrutin du 20 mai qui s’est déroulé sans observateurs étrangers, notamment parce que le régime de Gitega avait brandi, la veille, la menace de confinement, 14 jours durant, pour tout observateur tenté de braquer le projecteur sur un scrutin truqué d’avance.

Aujourd’hui, l’entrée est libre pour tous ceux qui veulent rehausser de leur présence la cérémonie d’investiture d’un Président issu d’une élection à huis clos. C’est le comble du paradoxe.

Ainsi, la République démocratique du Congo, RDC, est y représentée par son chef d’Etat, Félix Tshisekedi, le Congo-Brazzaville y dépêche une délégation conduite par son Ministre des Relations extérieures et la Tanzanie y sera représentée par la vice-présidente Samia Hassan.

BurundiDaily

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Le ministère congolais des Affaires étrangères a annoncé mardi l’ »arrêt temporaire » de la production de passeports biométriques en vue d’assurer le transfert du projet à la suite de l’expiration du contrat – controversé – de cinq ans conclu entre la République démocratique du Congo (RDC) et la société belge Semlex. Le contrat qui liait la diplomatie congolaise au consortium des sociétés du groupe Semlex « pour l’implémentation d’un système d’identification biométrique national intégrant la production des passeports électroniques biométriques en mode Build, Operate and Transfert (BOT) a pris fin le 11 juin 2020 », a indiqué la ministre des Affaires étrangères, Marie Ntumba Nzeza, dans un communiqué reçu à Bruxelles.

Elle a toutefois souligné « que les modalités du transfert des infrastructures, du savoir-faire et des données techniques à la fin du contrat n’avaient pas été précisées dans le même contrat ».

« C’est pourquoi, et dans le strict respect des clauses du contrat qui liaient les parties, le ministère des Affaires étrangères avait proposé au consortium un arrangement spécifique transitoire, mais nous ne nous sommes pas entendus sur les termes dudit arrangement », a précisé Mme Ntumba.

« De ce fait, nous avons convenu ensemble de procéder immédiatement au transfert du patrimoine à la partie congolaise tel que prévu dans le contrat. Cette étape durera 10 jours ouvrables c’est-à-dire du 18 au 29 juin 2020. Ce qui entraine momentanément, un arrêt de la production du passeport durant cette période de transfert », a-t-elle ajouté.

Selon la ministre, un nouveau chef de projet a déjà été désigné en remplacement de celui du consortium des sociétés du groupe SEMLEX, pour superviser le transfert, faire l’état des lieux et réorganiser la gestion depuis la chaine d’approvisionnement des consommables, jusqu’à la chaine de distribution des documents officiels et imprimés de valeur ».

« A la fin du transfert, un nouveau cahier de charge sera confectionné et un appel d’offre restreint sera lancé pour l’approvisionnement des consommables (livrets de passeports, formulaires et autres intrants) ainsi que la maintenance des infrastructures et la mise à niveau des techniciens locaux », assure le communiqué.

« Ce qui aura certainement un impact positif sur le prix du passeport en faveur de tous nos compatriotes », conclut Mme Ntumba.

La présidence congolaise avait annoncé début mai que la RDC ne renouvellerait pas le contrat controversé conclu en 2015 avec Semlex pour la fourniture de passeports biométriques délivrés au prix unitaire de 185 dollars – ce qui en faisait les passeports « parmi les plus chers au monde », selon la campagne « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV).

Selon une enquête de l’agence de presse britannique Reuters, seuls 65 dollars reviennent au gouvernement congolais, soit 35% du prix.

Le magazine belge Médor et Reuters avaient mis en évidence en 2017 le versement d’une partie importante des recettes générées par la vente de ces passeports à une société détenue par une proche de l’ex-président congolais Joseph Kabila, Makie Makolo Wangoi.

# Belga context

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La Libre Afrique

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La commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi espère une nette amélioration des droits de l’homme dans le pays. Toutefois, elle demande aux nouvelles institutions de veiller à ce que les auteurs des violations des droits humains soient punis. Par ailleurs, un collectif d’avocats travaillant sur plus de 2000 dossiers devant la CPI se dit déterminé plus que jamais. (SOS Médias Burundi)

La commission de l’ONU a été mise en place durant le mandat de Pierre Nkurunziza, c’était en 2016. Elle enquête sur des actes commis sous son régime et assure qu’elle va continuer son travail.

La disparition de Pierre Nkurunziza n’aura pas un impact direct sur le travail d’enquête de la Commission, qui reste le seul mécanisme indépendant d’enquête et de suivi des Nations Unies sur la situation des droits humains sur le Burundi”, a réagi M.Doudou Diene, président de cette commission.

En septembre dernier, la commission Diene avait alerté la communauté internationale et identifié plusieurs facteurs de risques sur les violations graves des droits de l’homme.

“Ces facteurs sont toujours présents, il est nécessaire de rester vigilant quant à l’évolution de la situation des droits de l’homme au Burundi dans les prochains mois. Il faudra voir si ces violations continuent, s’aggravent ou s’arrêtent. Les mesures que prendront les nouvelles autorités par rapport à l’impunité générale pour des violations grave, la fermeture de l’espace démocratique et les violations des droits économiques et sociaux, notamment la pauvreté et le droit à la santé dans le contexte de la pandémie actuelle de Covid-19, seront particulièrement déterminantes et significatives”, insistent les commissaires de l’ONU.

La Commission espère qu’au final cette transition politique se révèle être une opportunité pour l’amélioration de la situation des droits de l’homme dans le pays.

“L’ouverture d’un véritable dialogue et la reprise de la coopération entre les nouvelles autorités burundaises et la Commission, et la communauté internationale de manière plus générale en sera un indicateur important”, souhaite la commission.

Les avocats des victimes plus que déterminés

Plus de 2000 dossiers ou communications dans le jargon de la CPI ont été déposés au greffe à ce jour de cette juridiction internationale.

Maître Armel Niyongere, Coordinateur du Collectif des avocats des parties civiles des crimes commis au Burundi, « Justice for Burundi » rassure que la mort de Pierre Nkurunziza n’arrête pas le processus d’enquête.

“Le président Pierre Nkurunziza était bien évidemment un élément clé dans la recherche de la vérité et de la justice de ce qui s’est passé depuis 2015, c’est dommage qu’il est mort sans apporter plus de lumière ou sans avoir répondu devant la justice pour des crimes de violations de droits de l’homme qui lui sont reprochés directement. Mais, les enquêtes continuent”, a-t-il précisé

Ce collectif des avocats met en garde tous ceux qui sont impliqués dans des crimes qui font objet d’ enquête de la CPI.

“Cette disparition ne met pas fin à la procédure. Toutes les autres personnes impliquées peuvent être poursuivies et le Collectif des avocats ne lâchera pas. Nous continuons à soutenir les efforts des familles qui réclament justice pour les victimes de ces dossiers innommables. Même si Pierre Nkurunziza serait vivant, il répondrait de ses actes. Nous continuions d’ailleurs de rassembler toutes les preuves qui permettront à la CPI de faire son travail correctement”, a-t-il conclu.

SOS Media

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(Agence Ecofin) - L’Union internationale des télécommunications (UIT) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) ont choisi en Afrique le Rwanda pour tester le projet pilote de l’initiative Giga, qui vise à fournir l'Internet aux écoles du monde. Un choix dû à une solide politique locale d'accès aux TIC.

Le 5 juin 2020, Doreen Bogdan-Martin, la directrice du Bureau de développement des télécommunications de l'UIT, a annoncé le choix du Rwanda comme poisson pilote de l'initiative Giga en Afrique. Lancé en 2019 en collaboration avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance, le projet a comme objectif la fourniture d’une connectivité Internet de qualité à toutes les écoles du monde.

Doreen Bogdan-Martin a expliqué que le choix du Rwanda pour tester l’initiative Giga sur le continent se justifie au regard de ses antécédents dans la mise en œuvre de politiques basées sur les TIC qui ont amélioré l’accès à Internet et au numérique ainsi que le développement humain.

Au plan national, le Rwanda a réussi à déployer 7 000 km de fibre optique à travers le pays, à étendre la couverture de l’Internet 4G à 96 %. Les prix ont également été revus à la baisse pour permettre à la majorité de la population d’accéder aux services numériques. Dans le secteur de l’éducation, des ordinateurs ont été distribués aux élèves. Via le Rwanda Education Board (REB), 250 000 ordinateurs ont déjà été distribués dans 1 624 écoles sur les 2 909 ciblées.

« J'ai hâte de travailler en étroite collaboration avec Paul Kagame et Paula Musoni [photo, ministre rwandaise des TIC et de l'Innovation, Ndlr] pour fournir à tous les jeunes de la région les informations et les compétences dont ils ont besoin pour façonner l'avenir qu'ils souhaitent à l'ère numérique », a déclaré Doreen Bogdan-Martin.

A sa suite, Paula Musoni Ingabire a souligné que l'initiative Giga s'aligne sur la vision du Rwanda de devenir une économie fondée sur la connaissance. Cette vision s’adosse à la capacité de fournir un accès facile à l'éducation à travers la connexion de toutes les écoles à Internet, tout en les dotant des outils et des compétences nécessaires pour faire d’Internet un moteur de croissance.

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Des enquêteurs ont fouillé la maison de l’opposante rwandaise Victoire Ingabire ce samedi 13 juin dans le cadre d’une enquête sur des liens avec des groupes considérés comme terroristes par Kigali et basés hors du pays. L’opposante dénonce régulièrement des attaques et harcèlements à l’encontre des membres de son parti, le Dalfa Umurinzi, non reconnu par le gouvernement.

Selon le Bureau des enquêtes rwandais, cette perquisition fait suite à l’arrestation d’un homme, Gaston Munyabugingo, qui tentait de rejoindre un groupe considéré comme terroriste par Kigali et qui aurait été en lien avec Victoire Ingabire.

D’autres suspects seraient dans le viseur des autorités dans cette affaire, selon le Bureau des enquêtes, qui n’a pas encore communiqué les conclusions de la perquisition. Mais samedi soir, les proches de Victoire Ingabire ne parvenaient pas à la joindre.

La présidente de Dalfa Umurinzi est l’une des rares opposantes au président Paul Kagame à vivre au Rwanda. Elle y a passé 8 ans en prison pour « minimisation du génocide et conspiration contre le gouvernement », avant d’être libérée en 2018. Mais ces derniers mois, elle a été interrogée à plusieurs reprises par les autorités au sujet de lien présumés avec des groupes armés.

 

Victoire Ingabire dénonce régulièrement une guerre d’usure à l’encontre de son parti, non reconnu par le gouvernement. La semaine dernière, elle signalait ainsi la disparition d’un de ses membres Venant Abayisenga.

RFI

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La justice française a autorisé vendredi un chercheur à consulter les archives du défunt président François Mitterrand sur le Rwanda, au cœur de la controverse sur le rôle de la France pendant le génocide.

Cette décision clôt cinq années de procédure et constitue une « très très bonne nouvelle », s’est félicité le chercheur François Graner, auteur de plusieurs livres sur la France au Rwanda et proche de l’association Survie engagée contre la « Françafrique ».

Le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative en France, a estimé que François Graner avait « un intérêt légitime à consulter ces archives pour nourrir ses recherches historiques et éclairer ainsi le débat sur une question d’intérêt public ».

Les archives concernées comprennent notamment des notes rédigées par les conseillers du Président et des comptes-rendus de réunions du gouvernement. Elles sont couvertes par un protocole qui ne prévoit leur ouverture générale au public que 60 ans après sa signature, en 2055.

Mais « la protection des secrets de l’État doit être mise en balance avec l’intérêt d’informer le public sur ces évènements historiques », a souligné le Conseil d’État.

« Victoire pour l’Histoire »

En conséquence, la justice administrative a enjoint au ministère français de la Culture, qui s’était opposé à la demande du chercheur, de lui ouvrir dans les trois mois l’accès aux archives réclamées.

« On n’attend pas de scoop de ces archives, dont certaines sont déjà connues », a souligné François Graner. « Mais on veut pouvoir faire un travail de fond, sérieux, serein, pour comprendre ce que chacun savait à ce moment » de l’Histoire.

Les zones d’ombres sur le rôle de Paris avant, pendant et après le génocide des Tutsis au Rwanda – qui fit selon l’ONU au moins 800 000 morts d’avril à juillet 1994 – restent une source récurrente de polémiques en France, accusée d’avoir été complice ou d’avoir soutenu, avant et pendant le génocide, le pouvoir extrémiste hutu.

L’ancien président socialiste François Hollande avait annoncé en 2015 la déclassification des archives du fonds François Mitterrand, mais leur accès est resté très limité, et la mandataire du fonds, Dominique Bertinotti, a souvent été accusée de verrouiller ces archives.

L’actuel chef de l’État, Emmanuel Macron, a annoncé en 2019 l’ouverture des archives françaises concernant le Rwanda entre 1990 et 1994, mais à une commission d’historiens ad hoc.

La décision du Conseil d’État « est une victoire pour le droit mais aussi pour l’Histoire », s’est félicité l’avocat de François Graner, Me Patrice Spinosi. « Elle vaut pour le Rwanda mais plus généralement pour toutes les archives présidentielles », a-t-il souligné, estimant que « le droit à l’information l’avait emporté ».

« Désormais, les chercheurs, comme François Graner, vont pouvoir avoir accès aux archives présidentielles du président Mitterrand pour faire toute la lumière sur le rôle de la France au Rwanda en 1994 et 1995 », a-t-il ajouté.

Parmi les points les plus disputés figurent l’ampleur de l’assistance militaire apportée par la France au régime du président hutu rwandais Juvénal Habyarimana de 1990 à 1994 et les circonstances de l’attentat qui lui coûta la vie le 6 avril 1994, élément déclencheur du génocide.

Jeune Afrique

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Le nouveau président burundais, Évariste Ndayishimiye, doit être investi le plus rapidement possible, après la mort soudaine de son prédécesseur Pierre Nkurunziza, a décidé vendredi la Cour constitutionnelle, pour éviter au pays toute instabilité.

La Cour a conclu dans son arrêt rendu immédiatement public que l'intérim prévu par la Constitution n'était "pas nécessaire" et qu'il fallait "procéder, le plus tôt possible, à la prestation de serment" du général Ndayishimiye.

Elu à la présidentielle du 20 mai, M. Ndayishimiye devait initialement prendre ses fonctions le 20 août, à la fin du mandat de M. Nkurunziza, décédé lundi à l'âge de 55 ans, officiellement d'un "arrêt cardiaque".

Selon la Constitution de 2018, en cas de vacance de poste définitive de la présidence, l'intérim est censé être assuré par le président de l'Assemblée nationale, poste actuellement occupé par Pascal Nyabenda.

Mais la Cour a considéré que "l'objet de l'intérim disparaît par le fait juridique de l'existence d'un nouveau président élu".

La mort inopinée de M. Nkurunziza, au pouvoir depuis 15 ans, a ouvert une période d'incertitude pour son pays, dont l'histoire est marquée par des crises politiques meurtrières et une longue guerre civile.

Le régime souhaitait donc accélérer la prise de fonctions de M. Ndayishimiye pour éviter toute turbulence. Acquise à sa cause, la Cour constitutionnelle l'a suivi sur ce point.

Le général Ndayishimiye, dauphin désigné de M. Nkurunziza par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, avait remporté la présidentielle avec 68,70% des voix.

- 'Éviter les tensions'

La Cour constitutionnelle avait rejeté le recours du principal parti d'opposition, le Conseil national pour la liberté (CNL) d'Agathon Rwasa, qui avait dénoncé une "mascarade électorale" marquée par de nombreuses irrégularités.

Dans les faits, la décision de renoncer à un intérim a été prise par les quelques généraux issus de l'ancienne rébellion hutu lors de la guerre civile (300.000 morts entre 1993 et 2006) qui partageaient la réalité du pouvoir avec M. Nkurunziza.

"Les généraux ont finalement opté pour une intronisation immédiate du président élu pour éviter une longue période de transition et les tensions qui pourraient naître de ce fait" entre eux, a indiqué à l'AFP un haut responsable burundais.

Il voulaient "faire rapidement pour que les cérémonies d'inhumation de Nkurunziza soient dirigées par un président de plein exercice", a ajouté cette source, qui a requis l'anonymat.

 

M. Nyabenda aurait été le premier choix de M. Nkurunziza pour lui succéder. Mais ces généraux avaient eu gain de cause en imposant l'homme de leur choix, Évariste Ndayishimiye.

La mort de Pierre Nkurunziza, un chrétien évangélique "born again" qui considérait son pouvoir d'essence divine, a provoqué un immense choc au Burundi, même si son héritage est extrêmement controversé.

Sa candidature contestée par l'opposition à un troisième mandat en avril 2015 avait débouché sur une crise politique qui a fait plus de 1.200 morts et conduit 400.000 Burundais à l'exil.

- 'La main tendue'

D'autre part, plus de 75% des Burundais vivent sous le seuil de pauvreté, contre 65% à son arrivée au pouvoir en 2005.

Réputé plus ouvert que son prédécesseur, M. Ndayishimiye aura fort à faire pour réconcilier son pays et relancer son économie. Mais la communauté internationale semble prête à lui donner sa chance.

"On va jouer avec nos partenaires belges et de l'UE la carte de la main tendue au nouveau président burundais pour essayer de l'impliquer dans un jeu collectif", a indiqué une source à la présidence française.

"Pour la première fois on va avoir en responsabilité un interlocuteur qui n'est pas dans la fuite en avant, dans la foi divine", a-t-elle ajouté.

Sa foi avait conduit M. Nkurunziza à maintenir les élections, expliquant que Dieu protégeait le Burundi du nouveau coronavirus. Mais une partie du pays s'interroge maintenant sur la possibilité qu'il ait succombé au Covid-19.

Une source médicale à l'hôpital de Karusi, où il est décédé, a affirmé à l'AFP qu'il était en "détresse respiratoire" quand il est mort. Et son épouse, Denise Bucumi, avait été testée positive au coronavirus lors de son hospitalisation fin mai à Nairobi, selon un document médical consulté par l'AFP.

Depuis trois jours, les responsables politiques, religieux ou de la société civile se succèdent pour signer un livre des condoléances. Agathon Rwasa est le seul qui soit arrivé avec un masque sur le visage pour, selon un de ses proches, "dire au peuple qu'il est important de se protéger" contre le coronavirus.

En solidarité avec le Burundi, où un deuil national a été décrété, le Kenya et l'Ouganda ont décidé d'abaisser à mi-mât leur drapeau sur les bâtiments publics à partir de samedi jusqu'aux funérailles de M. Nkurunziza, dont la date n'est pas encore connue.

AFP

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