Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi est arrivé lundi à Goma, dans l'Est du pays, pour une visite sous haute tension centrée sur les questions sécuritaires, sur fond de tueries à Beni et de tensions communautaires dans le Sud-Kivu.

Le président Tshisekedi doit participer mercredi à une réunion par visioconférence avec ses homologues des pays voisins et concernés par la sécurité dans l'Est de la RDC: Ouganda, Rwanda et Burundi.

Au moins huit personnes ont encore été tuées lundi matin à Mamove dans le territoire de Beni, à 350 km au nord de Goma, a indiqué l'administrateur du territoire, Donat Kibwana.

Ce responsable politico-administratif a attribué la tuerie au groupe armé ADF, responsable présumé de la mort de centaines de civils depuis un an.

Les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) présents dans la région de Beni ont confirmé l'attaque, sans donner de bilan.

A sa descente d'avion, le président Tshisekedi a été hué par une poignée de manifestants qui lui ont rappelé que le Congo est "indivisible".

Une claire allusion à la polémique politique qui enflamme la province voisine du Sud-Kivu. Une polémique qui renvoie les Congolais aux heures sombres des deux guerres du Congo (1996-2003) et l'ingérence directe de ses voisins sur son territoire, à commencer par le Rwanda.

La semaine dernière, une délégation officielle a élevé au rang de commune rurale la localité de Minembwe sur les hauts-plateaux du territoire de Fizi.

Or le maire de Minembwe et la majorité de ses habitants sont des Congolais tutsi rwandophones, dont les milices sont en conflit avec des groupes armés d'autres communautés.

Cette décision administrative a réveillé dans l'esprit de nombreux Congolais le spectre d'une "balkanisation" de l'Est de la RDC au profit de ses voisins, à commencer par le Rwanda.

"Je demande aux Congolais de s'opposer à l'instauration de Minembwe en commune rurale. Cette initiative téméraire est une sérieuse menace à l'intégrité territoriale de la #RDC. J'invite le peuple congolais à la vigilance de manière à faire échec à ce plan de balkanisation du pays", a tweeté l'opposant et ex-candidat à la présidence de la République, Martin Fayulu.

Dans le Sud-Kivu, l'évêque d'Uvira Sébastien Muyengo a regretté cette décision qui "loin d'être de nature à faciliter la véritable paix dans les Hauts-plateaux, suscite au contraire beaucoup d'animosité".

L'homme d'Église s'interroge sur la "responsabilité" du président Tshisekedi.

VOA



 

Le représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies en RDC, David Gressly, a souhaité le retour d’une paix durable dans les localités de Minembwe, Bikenge et Bijombo. Il a fait cette déclaration après avoir visité mercredi 30 septembre ces localités du Sud-Kivu.

Cette visite a permis à M. Gressly de discuter surtout avec la population civile, les militaires et les autorités locales afin de comprendre mieux la situation et « pour voir ce qu’on peut faire pour avancer » dans la recherche à la paix.

« Pour moi, c’était très utile. On a vu la situation actuelle qui reste préoccupante. La population est toujours préoccupée pour sa sécurité et le manque de développement aussi dû à l’enclavement de cette zone et qui empêche l’assistance humanitaire et aussi l’économie elle-même », a-t-il affirmé. 

David Gressly a visité plusieurs déplacés, surtout à Mikenge et à Bijombo, qui traversent « une situation difficile. Ils manquent surtout des soins médicaux. Ils n’ont pas d’écoles pour les enfants ils se plaignent de manque de nourriture et surtout le manque de sécurité pour rentrer chez eux. Donc, il y a des choses à faire, à rechercher une paix durable dans cette zone », a-t-il indiqué.

Radio Okapi



 

(Agence Ecofin) - Comme l’édition précédente, l’index 2020 de la liberté économique évalue 51 pays africains sur la base 12 facteurs quantitatifs regroupés en quatre grandes catégories. Même si l’Ile Maurice conserve son rang de leader, plusieurs bouleversements sont toutefois observés dans ce nouveau classement.

L’édition 2020 de l’« index of economic freedom » qui mesure la liberté économique dans 180 pays dans le monde, dont 51 pays africains, a été dévoilé récemment par The Heritage Foundation, un think tank et lobby américain conservateur, basé à Washington.

Comme les rapports précédents, 12 facteurs quantitatifs regroupés en quatre grandes catégories, ont été utilisés pour établir cet index. Il s’agit notamment de : l’Etat de droit (le droit de propriété, l’intégrité du gouvernement, l’efficacité judiciaire) ; la prépondérance du gouvernement (les dépenses publiques, la pression fiscale, la santé fiscale) ; l’efficacité réglementaire (la liberté des affaires, la liberté de travail, la liberté monétaire) ; les marchés ouverts (la liberté commerciale, la liberté d'investissement, la liberté financière).

Sur la base des scores obtenus (de 0 à 100), les pays sont classés en cinq catégories en fonction de niveau de liberté estimé de l’économie. Les pays ayant enregistré les scores les plus élevés (entre 80 et 100) sont considérés comme économiquement « libres ». Suivent de façon décroissante, les économies « globalement libres », puis celles « modérément libres ». Viennent ensuite les pays avec « peu de liberté » économique, et enfin les pays dits « répressifs » en la matière.

Selon le rapport, les scores des pays africains se situent généralement dans les catégories inférieures de la liberté économique, même si de modestes progrès en matière de liberté économique ont stimulé la croissance économique dans plusieurs pays.

Comme ce fut déjà le cas pour l’édition précédente de l’« index of economic freedom », l’Ile Maurice arrive en tête des pays africains en matière de liberté économique en 2020. Suivie par le Rwanda qui progresse à la deuxième place du classement. Ils constituent d’ailleurs les deux seuls pays du continent à figurer dans la catégorie des économies « modérément libres » dans le monde.

Plusieurs progressions sont observées dans le classement 2020 sur le continent. Les plus remarquables sont celles de Madagascar qui passe de la 18ème dans l’édition précédente à la 9ème place cette année, changeant également de catégorie pour devenir une économie « modérément libre ». Le Niger enregistre aussi une bonne progression passant du 39ème au 27ème rang en 2020. Il est de même pour le Sénégal et le Ghana qui progressent chacun de 9 places dans cet index.

D’importants reculs sont également enregistrés comme la Guinée-Bissau qui chute de la 17ème à la 35ème place en 2020. Il en est de même pour la République Démocratique du Congo qui passe du 33ème au 42ème rang dans ce classement. Des mauvaises performances observées aussi au sujet de l’Afrique du Sud et de la Côte d’Ivoire qui se voient toutes deux reléguées de la catégorie des économies « modérément libres » lors de l’édition précédente, à celle de pays avec « peu de liberté » économique dans l’index 2020.

Au niveau mondial, les seules économies considérées comme véritablement « libres » et occupant de ce fait la tête du classement sont respectivement Singapour (1er), Hong-Kong (2ème), la Nouvelle-Zélande (3ème), l’Australie (4ème), la Suisse (5ème), et l’Irlande (6ème).

Borgia Kobri

Classement des pays africains selon l’indice de liberté économique 2020

Rang

Pays

Score

Catégorie

Rang mondial

01

Ile Maurice

74,9

Globalement libre

21

02

Rwanda

70,9

Globalement libre

33

         

03

Botswana

69,6

Modérément libre

40

04

Seychelles

64,3

Modérément libre

72

05

Cap-Vert

63,6

Modérément libre

76

06

Maroc

63,3

Modérément libre

78

07

Tanzanie

61,7

Modérément libre

89

08

Namibie

60,9

Modérément libre

96

09

Madagascar

60,5

Modérément libre

99

10

Côte d’Ivoire

59,7

Peu de liberté

101

11

Ouganda

59,5

Peu de liberté

102

12

Ghana

59,4

Peu de liberté

104

13

Afrique du Sud

58,8

Peu de liberté

106

14

Sénégal

58,0

Peu de liberté

110

15

Nigeria

57,2

Peu de liberté

116

16

Burkina-Faso

56,7

Peu de liberté

117

17

Gabon

56,7

Peu de liberté

118

18

Guinée

56,5

Peu de liberté

121

19

Gambie

56,3

Peu de liberté

123

20

Sao Tomé-et-Principe

56,2

Peu de liberté

125

21

Mali

55,9

Peu de liberté

126

22

Tunisie

55,8

Peu de liberté

128

23

Mauritanie

55,3

Peu de liberté

130

24

Eswatini

55,3

Peu de liberté

131

25

Kenya

55,3

Peu de liberté

132

26

Bénin

55,2

Peu de liberté

133

27

Niger

54,7

Peu de liberté

137

28

Lesotho

54,5

Peu de liberté

138

29

Togo

54,1

Peu de liberté

140

30

Egypte

54,0

Peu de liberté

142

31

Comores

53,7

Peu de liberté

143

32

Cameroun

53,6

Peu de liberté

145

33

Ethiopie

53,6

Peu de liberté

146

34

Zambie

53,5

Peu de liberté

147

35

Guinée - Bissau

53,3

Peu de liberté

148

36

Djibouti

52,9

Peu de liberté

151

37

Malawi

52,8

Peu de liberté

152

38

Angola

52,2

Peu de liberté

154

39

République Centrafricaine

50,7

Peu de liberté

159

40

Mozambique

50,5

Peu de liberté

160

41

Tchad

50,2

Peu de liberté

161

         

42

RDC

49,5

Répressif

162

43

Liberia

49,0

Répressif

165

44

Burundi

49,0

Répressif

166

45

Guinée Equatoriale

48,3

Répressif

167

46

Sierra Leone

48,0

Répressif

168

47

Algérie

46,9

Répressif

169

48

Soudan

45,0

Répressif

173

49

Zimbabwe

43,1

Répressif

174

50

Congo

41,8

Répressif

176

51

Erythrée

38,5

Répressif

177



 

Trois hommes suspectés d'avoir pris part au génocide rwandais ont été arrêtés et inculpés cette semaine en Belgique, a indiqué ce samedi 3 octobre à l'AFP le parquet fédéral belge, confirmant une information de l'hebdomadaire Le Vif/L'Express.

«Deux ont été arrêtés mardi à Bruxelles et l'un mercredi dans la province du Hainaut, dans deux dossiers différents mais très semblables et tous trois inculpés "d'infractions graves au droit humanitaire"», a précisé Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral. L'un des trois a été placé sous surveillance électronique, les deux autres incarcérés, a-t-il souligné.

RFI



 

En République démocratique du Congo, les mouvements citoyens organisaient des marches dans toutes les grandes villes du pays pour réclamer justice pour les crimes documentés dans le rapport Mapping. Dix ans après la publication de ce rapport, les recommandations sont restés lettres mortes et les crimes impunis. Environ 5 000 personnes ont manifesté, ce jeudi 1er octobre à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, pour réclamer la mise en place d’un tribunal spécial pour la RDC.

Sifflets à la bouche, vuvuzelas, banderoles et même des flambeaux à la main, presque toutes les couches sociales du Sud-Kivu se sont retrouvées place Munzihirwa à Nyawera afin de réclamer justice. C'est sur cette place qu'a été tué, en octobre 1996, l’archevêque de Bukavu, Christophe Munzihirwa lors de l’arrivée de l’AFDL, de l’ancien président Laurent Désiré Kabila, soutenu par les pays voisins de l’Est.

Idesbald Byabuze est l’un des manifestants. Pour lui, trop c’est trop : « Il y a eu, pas un génocide, mais des génocides dans notre pays. Toutes les familles congolaises ont été, d’une manière ou d’une autre, touchées par un crime économique, crime de guerre ou crime contre l’humanité. C’est l’occasion pour tout Congolais de comprendre que le moment est arrivé pour dire non à l’impunité, et nous sommes décidés ! »

Denis Mukwege absent

Les manifestants ont déposé deux mémorandum au gouvernorat du Sud-Kivu, l’un demande au secrétaire général des Nations unies de s'impliquer pour la publication des noms indexés par le rapport Mapping, et l’autre encourage le président Félix Tshisekedi à faire de la RDC un État de droit.

Sifa Noella est une rescapée des viols commis par les FDLR à Shabunda en 2000. Elle s’inquiète : « Nous voulons que les auteurs des violences soient jugés alors qu’ils sont encore en vie. Ils ne seront pas jugés quand ils seront morts ! Parmi nous, les victimes, il y en a qui ne savent plus marcher, d’autres commencent à mourir. Il ne faudrait pas attendre que nous mourrions pour nous rendre justice. »

Malgré sa promesse de participer à cette marche encadrée par la police, le prix Nobel de la paix 2018 le docteur Denis Mukwege était absent. Ses proches ont évoqué des raisons sécuritaires.

L’amnistie qui efface tout…

Le rapport Mapping avait recensé 617 crimes de guerre, crimes contre l’humanité et de possibles crimes de génocide et proposait la création de chambres mixtes de justice. Depuis, rien. C’est l’impunité totale pour les anciens belligérants qui pour la plupart refusent de revenir sur cette période ou de se prononcer, constate notre correspondant à Kinshasa, Kamanda wa Kamanda. Certains tentent de se justifier, mais sans jamais reconnaître les crimes.

Pour Raphaël Ghenda, compagnon de Laurent-Désiré Kabila au sein de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo/Zaïre et porte-parole du tout premier gouvernement AFDL en 1997, il faut que la justice s’intéresse surtout aux rebellions qui se sont opposées au régime AFDL. Il ne reconnaît pas les crimes recensés par le rapport Mapping. « Partout où nous sommes passés, nous ne nous sommes pas livrés à des exactions comme on l’a connu à Makobola, Kassika, Kissangani… Qui en sont les responsables ? D’abord les deux grands mouvements politiques congolais que vous connaissez : MLC et RCD. »

Pour Roger Lumbala, ancien dirigeant du RCD/National, tous ces crimes ont déjà été effacés par l'amnistie de 2014. « Il ne s’agit de revenir encore sur la décision de la justice pour entamer d’autres actions alors que la République démocratique du Congo, en tant que pays souverain, a déjà voté l’amnistie pour permettre ma cohabitation pacifique, la réconciliation nationale. »

RFI



 

Dans une note publiée dans son journal officiel en anglais dont SOS Médias Burundi s’est procuré une copie, l’Union Européenne(UE) a annoncé avoir renouvelé les sanctions contre deux hauts responsables policiers et proches du chef de l’État burundais.

Selon le collectif SOS Médias Burundi, il s’agit de Gervais Ndirakobuca et Godefroid Bizimana. L’annonce intervient quelques jours après la sortie d’un rapport de la commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi qui a dressé « un bilan sombre » en matière de droits humains.

Le Burundi a nié les allégations qualifiant la commission d’être «politisée» et de «servir les intérêts de ceux qui l’ont mandatée».

Le commissaire de police chef Gervais Ndirakobuca voit les sanctions prises contre lui par l’Union Européenne renouvelées. Elles ont aussi été maintenues pour le commissaire de police principal Godefroid Bizimana.

Les deux hauts responsables policiers et proches collaborateurs du président Ndayishimiye sont originaires de la même province de Cibitoke (nord-ouest du Burundi). Ils occupent successivement les postes de ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et du développement communautaire ; et de chargé de missions à la présidence de la République du Burundi.

« Le Conseil a l’intention de maintenir des mesures restrictives à l’encontre des personnes susmentionnées avec une nouvelle déclaration des raisons », peut-on lire dans la note.

Selon la note de l’UE, les concernés avaient jusqu’avant ce 29 septembre pour demander des clarifications au conseil sur les sanctions dont ils font objet.

En octobre 2015, l’Union Européenne avait pris des sanctions contre trois proches de feu président Pierre Nkurunziza dont Ndirakobuca, alors chef de cabinet au bureau du chef de l’État et Bizimana, directeur adjoint de la police nationale du Burundi (PNB) à l’époque.

Bruxelles avait adopté des restrictions en matière de déplacements et un gel des avoirs à l’égard des trois individus. Elle avait précisé que les personnes visées sont impliquées dans des actes de violence, de répression, ou d’incitation à la violence, y compris par des actes constituant des atteintes graves aux droits de l’homme.

Un autre haut dignitaire burundais est toujours sous sanctions internationales. Il s’agit du nouveau premier ministre Alain Guillaume Bunyoni. Il est sous sanctions américaines depuis novembre 2015 pour les mêmes raisons que les deux premiers. À l’époque, il était ministre en charge de la sécurité.

Vendredi dernier, lors de sa première conférence publique, le président Évariste Ndayishimiye a affirmé que l’UE a échoué dans son plan de déstabilisation des institutions au Burundi en 2015 avant de déclarer que « l’accord de Cotonou (qui liait le Burundi et l’UE) ne tient plus ».

RNA



 

La Cour de cassation de Paris a validé ce mercredi 30 septembre la remise du présumé génocidaire rwandais Félicien Kabuga à la justice internationale. La France a donc maintenant un mois pour le remettre au Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI).

La Cour de cassation a finalement rejeté le pourvoi introduit par les avocats de Félicien Kabuga pour lui éviter ce transfert. Le présumé génocidaire rwandais  sera donc remis à la justice internationale.

Elle confirme ainsi la décision prise en juin dernier par la Cour d'appel de Paris. Une Cour qui, aux yeux des juges, a « correctement » fait son travail et « valablement » examiné la question de l'état de santé de Félicien Kabuga avant de conclure qu'il n'était pas incompatible avec son transfert.

Rappelons que pour ses avocats, Félicien Kabuga, 87 ans, a une santé précaire. Ils ont tenté de démontrer qu'un tel transfert était dangereux pour sa santé. Un argument qui n'a pas été retenu.

La France a maintenant un mois pour organiser la remise de l'octogénaire au Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), créé pour poursuivre les affaires qui n'avaient pas été jugées par le Tribunal spécial sur le Rwanda, aujourd’hui dissout.

Pour le moment, c'est un transfert à Arusha qui est prévu mais le procureur n'exclut pas de faire une nouvelle requête pour demander qu'il soit finalement acheminé à la Haye, où le Mécanisme dispose également d'une antenne. Cela dépendra sans doute des informations qui seront recueillis à la fois sur l'épidémie de Covid-19 et la santé de Félicien Kabuga.

De nombreuses inconnues planent avant un procès

Le procureur du mécanisme pour les tribunaux internationaux parle de quelques mois mais il reste en réalité de nombreuses inconnues.

D'abord, le mandat d'arrêt qui a permis de l'arrêter date de 1997 donc l'acte d'accusation qui a servi de base à son arrestation a 23 ans. Il y a donc un travail de mise à jour qui s'impose. Ce travail a d’ailleurs déjà débuté. Le procureur Serge Brammertz a mis sur pied une équipe de 10 personnes à Kigali. Ils travaillent à identifier les témoins toujours en vie ou les nouvelles preuves ou éléments d'information qui n'étaient pas connus à l’époque. Un travail de fourmi.

Il salue une décision certes « attendue » mais importante pour les victimes. Il n'est pas en mesure de dire pour le moment dans quel délais pourra s'ouvrir le procès, mais assure qu'il fera son possible pour que cela soit le plus rapidement possible.

Autre inconnue : la question de l'état de santé de Félicien Kabuga. Depuis le début sa défense use tous les moyens pour retarder la procédure. On peut donc penser qu'auprès de la justice internationale aussi ils vont activer tous les leviers possibles, voire même tenter de démontrer qu'il n'est pas apte à suivre un procès.

Devant la Cour de cassation son avocat avait avancé qu'il souffrait de leucoaraiose, une maladie qui atteint les capacités physiques mais aussi mentales. « Que ce soit à Paris, la Haye ou Arusha, il faudra que la justice se penche un jour sur cette question », nous confiait encore mardi Me Boré, l'un des avocats de Félicien Kabuga.

Du côté des associations de rescapés, c'est bien sûr la satisfation. Egide Nkuranga est le vice-président d'Ibuka qui représente les rescapés du génocide des Tutsis de 1994. Il demande au procureur du Mécanisme pour les tribunaux internationaux de faire vite. Il y a urgence, dit-il, pour que le procès puisse s'ouvrir et aller à son terme en dépit de l'âge de l'accusé.

Les associations de victimes rwndaises souhaiteraient à terme que le procès ait lieu au Rwanda, mais selon le procureur Serge Brammertz, le Mécanisme pour les tribunaux internationaux est la seule juridiction compétente pour juger Félicien Kabuga. À moins, dit-il « que le Conseil de sécurité » de l'ONU en décide autrement.

RFI



 

Accusé d’être le « financier » du génocide au Rwanda, Félicien Kabuga, arrêté en mai près de Paris après 25 ans de cavale, sera fixé mercredi sur sa remise par les autorités françaises à la justice internationale, à laquelle il s’oppose.

La Cour de cassation doit se prononcer sur une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) et le pourvoi déposés par le Rwandais pour contester son transfert à Arusha, en Tanzanie, où siège le tribunal de l’ONU qui doit le juger pour génocide et crimes contre l’humanité.

Le 3 juin, la cour d’appel de Paris, chargée d’examiner la validité du mandat d’arrêt émis par le Mécanisme pour les tribunaux internationaux (MTPI), avait ordonné la remise de l’octogénaire à cette structure chargée d’achever les travaux du Tribunal international pour le Rwanda (TPIR).

Interpellé le 16 mai en banlieue parisienne, le vieil homme, 87 ans selon ses dires, est notamment accusé d’avoir participé à la création des milices hutu Interahamwe, principaux bras armés du génocide de 1994 qui fit, selon l’ONU, 800.000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsi.

Il est également soupçonné d’avoir contribué en 1993 à l’achat massif de machettes qui seront distribuées aux miliciens en avril 1994, une accusation qui appuie la thèse d’une planification du génocide, jamais tranchée par la justice internationale au grand dam de Kigali.

Mais l’ancien président de la tristement célèbre Radio télévision libre des Mille collines (RTLM), qui diffusa des appels aux meurtres des Tutsi, conteste l’intégralité des sept chefs d’inculpations qui le visent.

-L’argument de l’état de santé-

Devant la Cour de cassation le 2 septembre, son avocat, Me Louis Boré, a d’abord soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), faisant valoir que la loi française applicable limitait « de façon excessive » les prérogatives du juge au regard des droits fondamentaux du prévenu réclamé par la justice internationale, ce qui viole selon lui la Constitution.

Cette loi n’impose à la justice que de s’assurer de la validité des mandats d’arrêt émis par le MTPI et de vérifier l’identité de la personne arrêtée avant de la remettre à ce dernier, sans se pencher sur les conditions de son transfert et de sa détention.

L’avocat a ensuite invoqué l’état de santé de M. Kabuga.

Il a souligné que son client, qui souffre de diabète et d’hypertension, était aussi atteint de « leucoaraïose », une pathologie incurable lui faisant perdre progressivement ses fonctions motrices et cognitives. Cette affection, a-t-il plaidé, ne permet « pas de le transférer dans des conditions sanitaires satisfaisantes » à Arusha (Tanzanie), où il doit en principe comparaître.

Dans son arrêt du 3 juin, la cour d’appel de Paris s’était appuyée sur un certificat médical établi par le médecin pénitentiaire, qui certifiait que M. Kabuga devait être transporté « par ambulance lors des extractions » mais qui n’établissait pas, selon elles, d’incompatibilité de son état de santé avec la détention, ni de contre-indication à un transfert.

« Ce certificat a été établi par le médecin pénitentiaire sur le transfert de M. Kabuga entre la prison et le Palais de justice », a observé Me Boré, « à aucun moment le médecin ne s’est interrogé sur le transfert entre Paris et Arusha ».

A quelques jours de la décision de la cour de cassation, Félicien Kabuga a d’ailleurs été extrait de sa prison pour « raisons médicales » en fin de semaine dernière, ont indiqué des sources concordantes à l’AFP.

L’avocate générale a de son côté préconisé de rejeter la question prioritaire de constitutionnalité et le pourvoi.

Si la Cour de cassation suivait son avis, la France aurait un mois pour remettre M. Kabuga au MTPI.

« Nous espérons évidemment une confirmation (par la Cour de cassation en France) de la décision de la cour d’appel de Paris. Nous sommes confiants », avait déclaré à l’AFP le procureur du MTPI Serge Brammertz, joint alors qu’il était à Kigali le 3 septembre.

Il a rappelé qu’en l’état le MTPI était la seule juridiction compétente pour juger le fugitif, alors que des victimes rwandaises ont émis le souhait de le voir juger au Rwanda, « à moins que le Conseil de sécurité (de l’ONU) n’en décide autrement », a-t-il affirmé.

La Libre Afrique



 

Plus d'un million de décès liés au nouveau coronavirus ont été recensés dans le monde depuis sa détection en Chine en décembre 2019, selon un comptage établi par l'AFP à partir de sources officielles dimanche à 22h30 GMT.
Au total, 1.000.009 décès ont été officiellement recensés dans le monde, pour 33.018.877 cas. 22.640.048 personnes sont elles considérées comme guéries par les autorités. Les régions les plus touchées en nombre de décès sont l'Amérique latine et les Caraïbes (341.032 décès pour 9.190.683 cas), l'Europe (229.945 ; 5.273.943) et les Etats-Unis et le Canada (214.031 ; 7.258.663).

RFI



 

Leur récente signature ensanglantée est renseignée dans la province de Rumonge, vers le sud du pays. Depuis lundi, des habitants des quartiers du chef-lieu de la province de Rumonge (sud-ouest du Burundi) affirment avoir aperçu et reconnus des Imbonerakure armés de fusils et en compagnie des militaires.

Alors que l'Occident tremble face au péril de la seconde vague de la pandémie de Covid-19, les Burundais prennent l'épidémie comme une simple « grippette » et craignent plutôt les Imbonerakure qui, à l'instar des sinistres Tontons macoutes en Haïti, traquent, torturent et tuent les opposants sous l'œil bienveillant des autorités.

Officiellement, seule une dizaine de personnes souffrent encore de la Covid-19 au Burundi. La pandémie a été maîtrisée à plus de 90%. Selon des sources indépendantes, l'effectif des personnes des malades de Covid pourrait osciller autour de 50 à l'échelle nationale.  D'après le Ministre de la Santé et de la lutte contre le sida, les mesures d'hygiène et de distanciation sociale restent de mise en dépit de cette nette réduction de cas.

Depuis que le nouveau Chef de l'Etat a lancé une vaste campagne de dépistage de masse gratuit et volontaire, au moins 34.140 personnes ont été soumises au test et les résultats se sont révélés positifs au Coronavirus pour 473 personnes. Seules trois provinces sur 18 ne connaissent pas encore de cas de Covid-19. Il s'agit des provinces de Bururi, Mwaro et Muramvya.

Mais même sans la gravité de la COVID-19, les Burundais ne sont pas de tout repos, pour autant. Ils sont en proie à la peur panique au vu des exactions indicibles des Imbonerakure, milice officielle du parti au pouvoir.

Ils appuient et surpassent dans l'horreur les policiers qui traquent des opposants réels ou présumés. Chaque jour a son lot de leurs victimes.

Leur récente signature ensanglantée est renseignée dans la province de Rumonge, vers le sud du pays. Depuis lundi, des habitants des quartiers du chef-lieu de la province de Rumonge (sud-ouest du Burundi) affirment avoir aperçu et reconnus des Imbonerakure armés de fusils et en compagnie des militaires.

« Ils étaient venus de tous les quartiers de la ville de Rumonge. Ils ont fait un sport de masse jusqu'à 16h30 minutes, une façon de démontrer leur force. En courant, ils scandaient des chansons du parti CNDD-FDD. Après le sport, ils se sont dirigés au camp militaire de Rukinga, situé dans la même ville », disent des habitants.

Cette démonstration de force intervient après des rumeurs d'imminentes attaques rebelles dans la région.

‍Burundidaily

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