La ville ocre s’apprête à accueillir, du 21 au 23 novembre 2019, la 3e édition de la Conférence de la Femme Africaine (AWC).  Initiée par la Fondation Helpline for the Needy Abuja (Nigeria) en partenariat avec le Centre International de Diplomatie (Maroc) et en collaboration avec Echoes Africa Initiatives (New York),  cette édition sera placée sous le thème "Construire une coalition pour mettre fin à l'inégalité des sexes en Afrique".

Selon un communiqué des organisateurs, « cette conférence, qui se veut l'un des plus éminents rassemblements annuels d'experts, d'institutions, d'organisations non gouvernementales et d'entreprises, a pour but de définir des agendas et des options viables, à travers lesquels les acteurs de la politique africaine peuvent canaliser les diverses ressources dont disposent les femmes africaines vers le développement durable du Continent ».

« Le Maroc a été choisi pour accueillir cet événement en raison de son capital social, son positionnement géographique stratégique, sa croissance économique florissante ainsi que de ses diverses initiatives et investissements dans le continent africain visant à renforcer la coopération sud-sud » ajoute le communiqué.

Cette rencontre rassemblera des femmes africaines pour échanger et favoriser de nouvelles idées susceptibles d'accroître leur influence et leur productivité dans leurs différents domaines d'activité, et pour offrir aux entreprises, philanthropes et investisseurs étrangers axés sur l'Afrique une plateforme leur permettant de rencontrer et de forger des alliances avec des femmes africaines entrepreneures, décideuses, influenceuses et professionnelles pour développer leur projets.

« La Conférence des Femmes Africaines est née d’une prise de conscience que la vision 2030 fixée pour atteindre les Objectifs de Développement Durable tels qu'adoptés par les Nations Unies en 2015, ne peut être réalisée sans l'engagement, l'inclusion et l'action collective des femmes aux niveaux national, régional et mondial », fait observer la présidente de la Fondation Helpline, Dr Jumai Ahmadu, citée dans le communiqué.

Pour sa part, Karima Rhanem, présidente du Centre International de Diplomatie à Rabat et partenaire de la Conférence explique qu’ « en choisissant le Maroc pour organiser sa troisième conférence annuelle, la Fondation Helpline a démontré sa volonté d'impliquer des femmes dirigeantes de différentes régions d'Afrique, mais plus particulièrement d'Afrique de l'Ouest, afin de partager leurs expériences, leurs compétences et les meilleures pratiques avec leurs homologues de l’Afrique du Nord ».

Et d’ajouter que « le partenariat avec Helpline Foundation for the Needy- Abuja permettra une meilleure collaboration pour la création d’une coalition afin d’éliminer l’inégalité des sexes en Afrique », soulignant « qu'aujourd'hui, plus que jamais, nous devons conjuguer nos efforts et travailler en réseau pour développer des campagnes de plaidoyer plus efficaces afin de promouvoir l’égalité des sexes, les droits des femmes et la lutte contre tout type de discrimination et de violence à l’égard des femmes ».

Plusieurs hauts dignitaires et d'autres personnalités du Nigeria, du Liberia, du Ghana, du Sénégal, de la Gambie, de la Namibie, du Kenya, du Cameroun, du Tchad, du Niger, du Maroc et d'autres pays africains, dont des ministres fédéraux, épouses de gouverneurs d'Etat, propriétaires d'entreprises et des représentants d’organisations de la société civile, sont attendus à cette édition.

Ce conclave verra ainsi la participation d’une délégation de haut niveau du Nigeria, ainsi que des chefs d'entreprises intéressés par l'économie africaine de toute l'Afrique et de la diaspora, des hauts fonctionnaires, des femmes innovantes, des femmes parlementaires et des épouses de chefs de gouvernement.

La Conférence des Femmes Africaines a été fondée par la Fondation Helpline for the Needy Abuja, une ONG dotée du statut consultatif auprès des Nations Unies, en collaboration avec Echoes Africa Initiatives New York. Elle se veut un rassemblement annuel des femmes africaines opérant dans les secteurs formels et non formels de l'économie africaine.

2M.ma

 
 


Au Rwanda, le chanteur de gospel Kizito Mihigo, qui avait été arrêté le 13 février, a été retrouvé mort ce 17 février au matin dans sa cellule à Kigali, la capitale. Selon un communiqué de la police publié ce matin, il s'agit d'un suicide. Kizito Mihigo était de nouveau derrière les barreaux depuis trois jours, un an et demi après avoir été libéré par grâce présidentielle. Cette fois il était soupçonné d'avoir voulu traverser illégalement la frontière burundaise pour rejoindre des groupes rebelles. Les autorités affirment avoir ouvert une enquête pour trouver le motif de son suicide.

rfi



Les autorités locales, conduites par Paula Ingabire, Ministre des TIC et de l’innovation et leur partenaire MTN ont organisé, ce jour, une journée solennelle de remise groupée de téléphones aux premiers bénéficiaires de Connect Rwanda. La cérémonie a eu lieu dans le district de Rutsiro.

Ils étaient 1 000 hommes et femmes représentant les ménages non encore connectés à la téléphonie mobile dans le district de Rutsiro. Ils ont reçu chacun des Mara phones. Ces smartphones locaux dont le gouvernement rwandais est le VRP.

Volonté politique

Connect Rwanda est une initiative lancée par le Président Paul Kagamé. Elle vise à offrir un smartphone à tous les ménages non encore connectés. Ceci afin que ces populations ne restent pas en marge de la digitalisation des services publics entreprise par le gouvernement sous le nom « Zero trip zero paper ». Ce vaste programme vise à permettre à chaque Rwandais connecté de faire toutes ses formalités administratives avec son téléphone, par code USSD ou via une application.

Partenariat gagnant-gagnant

MTN a fait sienne, cette initiative. Il a structuré la chose en organisant un challenge autour de cet appel du Président de la république. La plupart des personnalités du pays, les entreprises publiques et privées y ont répondu. L’opérateur a même créé un pass internet illimité dans le temps pour soutenir Connect Rwanda. Par cette stratégie, il a vendu un stock important de terminaux et de forfaits data. Aussi, il a consolidé son capital sympathie auprès des utilisateurs des services TIC. Et enfin, il a renforcer ses relations avec le gouvernement.

A ce jour, le nombre de total de téléphones collectés n’a toujours pas été divulgué. Cependant, tout porte à croire que le seuil critique pour démarrer la campagne ait été attaint.

ict4africa



(Agence Ecofin) - La nomination des membres de l’Africa Covid Task Force soulève beaucoup d’espoir en Afrique, mais reçoit une appréciation plutôt critique de certains activistes africains. Pourtant les 4 personnalités désignées présentent des états de services riches des réussites et sont autant de sources d’inspiration pour la gouvernance africaine.

« Ils apportent une riche expérience et jouissent de relations de longue date au sein de la communauté financière internationale », a fait savoir l’Union Africaine dans son communiqué. Mais au-delà des mots, des éléments d’observation sur leur statuts et leurs carrières, permettent de mieux comprendre la pertinence de leur désignation, comme membres de la Task Force.

Un point essentiel les caractérise, c’est que tous ont occupé des postes nécessitant une réponse efficace en terme de déploiement stratégique, et de mobilisation des ressources. Deux d’entre eux président actuellement des grosses organisations qui œuvrent dans le domaine de la santé publique en Afrique. Un est à la tête d’un gros réseau d’entreprises et un autre enfin a marqué les opinions publiques internationales par son sens du pragmatisme, et un carnet de réussites bien rempli.

Tidjane Thiam : un grand financier, mais surtout un pragmatique qui défend des solutions africaines pour un développement africain

Lorsqu’on parle de Tidjane Thiam, beaucoup de gens s’arrêtent sur ses exploits en tant que directeur général pendant 6 ans du groupe d’assurance britannique Prudential, ou comme CEO du Crédit Suisse, dont il a redressé la situation en moins de deux ans. Mais on oublie parfois que cette personnalité, très respectée en Afrique, a été ministre du développement de son pays d’origine, la Côte d’Ivoire. Il a une vision claire des défis de développement et a déjà démontré son savoir-faire. Au-delà d’une expertise acquise lors de ses passages comme consultant chez McKinsey ainsi qu’à la tête de groupes financiers internationaux, il marque surtout l’opinion publique par ses interventions sur sa vision du développement africain. Il a souvent challengé, même la Banque mondiale, sur son approche de l’amélioration des conditions de vie en Afrique. Ce sont certainement ses qualités d’homme de résultat, mais aussi le leadership dont il jouit en Afrique et dans le monde, qui l’ont plébiscité dans cette Task-Force africaine. Très crédible auprès des marchés de capitaux, il jouera un rôle primordial dans la conception et la mise en place de la stratégie de mobilisation financière dont le continent a besoin.

Donald Kaberuka : prêt à la tâche depuis 2019, lorsqu’il prend la tête du Fonds Global pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Donald Kaberuka est désormais plus qu’un économiste. Dans un passé lointain, il a été ministre des finances du Rwanda, alors que le pays en était encore à la phase de reconstruction qui en a fait le pays modèle africain d’aujourd’hui. Son parcours le plus connu et le plus respecté est son passage à la Banque Africaine de Développement. Il a su faire de l’institution un acteur de classe internationale au service du financement du développement en Afrique. Son arrivée dans la Task force africaine contre le Covid-19 n’est pas le fait du hasard. Depuis mai 2019, Donald Kaberuka préside le conseil d’administration du Fonds Global, une organisation, dont les missions sont de lutter contre le paludisme, la tuberculose et le sida, des pathologies qui sont quasi endémiques et font des ravages en termes de vies humaines en Afrique. Diriger une telle institution ouvre la porte à un important réseau de donateurs et surtout renseigne sur les mécanismes de réponse face à des maladies de grande ampleur qui atteindraient le continent.

Ngozi Okonjo-Iweala : experte de la finance pour le développement, à la tête d’une organisation spécialisée dans la prévention des épidémies

Ngozi Okonjo-Iweala a fréquenté la Massachusets Institute of Technology, une célèbre institution de formation basée aux USA. Elle est entrée à la Banque Mondiale, dans les services de financement des projets. Elle va par la suite assurer le rôle de Secrétaire du conseil d’administration de cette institution. Un poste stratégique qui lui aura permis d’acquérir la maitrise des mécanismes de fonctionnement des acteurs multilatéraux. Même si c’est son profil financier qu’on met souvent en avant, Ngozi Okonjo Iweala est aussi une femme qui se préoccupe beaucoup des questions de santé publique. Durant son passage comme ministre des finances au Nigéria, elle a révolutionné la gestion des ressources pétrolières en introduisant de la transparence. Dans ce sens, elle a surtout su développer un partenariat pour le développement avec des sociétés pétrolières afin de financer une part de ce que le Nigéria compte aujourd’hui en terme de réseau hospitalier. Elle préside depuis 2015, le conseil d’administration de Gavi Alliance, une organisation qui revendique la protection des populations des pays pauvres contre des épidémies, par le moyen des campagnes de vaccination.

Manuel Trevor : à la tête d’un réseau comptant plus de 1000 entreprises d’Afrique et du Monde

La réputation de Manuel Trevor va au-delà de son pays, l’Afrique du sud. En 2011, son nom avait circulé dans les milieux de la finance internationale, pour succéder au français Dominique Straus-Khan, à la tête du Fonds Monétaire International (FMI). Son passage comme ministre des finances a été fortement remarquée, non seulement parce qu’il a su redonner de la croissance à son pays, mais aussi parce qu’il est parvenu à réduire sensiblement les inégalités qui existaient dans le pays et à contenir au mieux des tensions sociales explosives. Il préside aujourd’hui le conseil d’administration d’Old Mutual. C’est la plus grosse institution d’assurance-vie en Afrique. C’est aussi le plus gros investisseur institutionnel du continent noir. M. Trevor permettra donc de mobiliser un réseau direct de 160 entreprises et holdings africaines et non africaines. Et indirectement, le groupe d’assurance a un portefeuille d’investissement qui compte plus d’un millier d’institutions de divers secteurs.



Le président de la République Démocratique du Congo effectuait une visite officielle ce vendredi à Bujumbura, après la Tanzanie. Pour les medias locaux, la visite du Chef de l’Etat au Burundi a pour objectif de « rassurer son allié de l’Est sur des questions importantes sur la géopolitique des grands lacs et sur la sécurité dans l’Est de la RDC ».  

S’agit-il d’une volonté de rapprochement ? Certainement oui parce qu’en avril dernier, Felix Tchisekedi avait envoyé un émissaire à Pierre Nkurunziza. Monsieur Claude Ekolomba Ibalanky qui avait été reçu en audience par le Président lui-même avait révélé à la presse « qu’il  est porteur d’un message de fraternité  et d’amitié de la part du Président Tshisekedi à son homologue burundais, en sa qualité de coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord- cadre d’Addis-Abeba. » Au cours de cette visite, Claude Ekolomba avait également fait savoir qu’ils  ont échangé sur la coopération multidimensionnelle entre le Burundi et la RDC, tout en insistant sur « la nécessité de renforcer et préserver la paix et la sécurité dans la sous-région afin de permettre l’épanouissement des projets intégrateurs dans le cadre de la coopération économique » comme le rapporte le journal Info Grands Lacs.

Il n’est pas difficile de les cerner depuis l’élection de Felix Tshisekedi à la tête de la République Démocratique du Congo. Pour le nouveau élu, il faut apaiser le climat avec les voisins de la RDC. Sans oublier qu’il incarne les intérêts du peuple tout entier qu’il avait soumis au pouvoir. D’ailleurs, la première visite régionale que Felix Tshisekedi avait effectuée avait pour enjeu l’énergie. C’était en Angola chez son homologue Joao Lourenço, le 5 février de cette année.  Au cours de cette visite, Tshisekedi a venté « l’alternance pacifique » issue des élections du 30 décembre, ce qui lui a permis de défendre la légalité de sa victoire contestée. De l’autre côté, Joao Lourenço a profité de négocier avec le Président congolais sur comment  il peut  profiter avec la RDC de l‘énergie produite par le barrage d’Inga pour alimenter la province de Cabinda et d’autres localités congolaises qui sont frontalières avec cette province angolaise.

La deuxième visite régionale que le Président Felix Tscisekedi a effectuée est celle qu’il a faite à Nairobi, la capitale kenyane à Uhuru Kenyatta, le 6 février 2019.  Là- bas, l’enjeu important est plutôt symbolique. Tshisekedi s’y est rendu, selon la RFI, car le Président Kenyan avait soutenu la victoire de Félix Tshisekedi depuis le début. D'où cette visite de « remerciements » bien que le Kenya ne soit pas un voisin direct de la République démocratique du Congo (RDC). Félix Tshisekedi s’est aussi entretenu ce avec Raïla Odinga, l’opposant kényan, qui s’était lui-même rendu à Kinshasa pour l’investiture du président congolais.

Pour le Rwanda, Tshisekedi a choisi de rencontrer Paul Kagame, qui avait émis de sérieux doutes au sujet de sa victoire à l’élection du 30 décembre 2018 en marge du sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba le 17 Janvier de cette année. Le petit Rwanda (26.000 km²) et l’immense RDC (près de 90 fois plus étendue avec 2,3 millions de km²) entretiennent des relations tendues depuis 25 ans, à la suite du génocide au Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de piller ses minerais (coltan) dans le Nord Kivu. Kigali a dans le viseur le groupe hutu FDLR réfugié dans l’Est de la RDC. Selon la Libre Afrique, « Pendant près de deux heures, les deux chefs d’État ont passé en revue les questions de bon voisinage et de franche coopération entre leurs États ».

Après leur premier tête-à-tête à Addis-Abeba, Paul Kagame et Félix Tshisekedi ont de nouveau échangé, lors d’une rencontre exceptionnelle à l’occasion de l’Africa CEO Forum, le 25 mars de cette année. Au menu de cet échange, il y avait trois questions à  aborder dont les relations entre les deux pays, la question de la préservation des écosystèmes environnementaux et les enjeux miniers. Au cours de cette rencontre, « les deux hommes ont affiché une posture de compréhension mutuelle et une volonté commune d’avancer malgré les relations bilatérales historiquement tendues entre leurs deux pays » comme l’indique l’hebdomadaire Jeune Afrique. Dans cette rencontre, le Président congolais a promis de mettre terme à l’instabilité dans l’est de la RDC en s’attaquant aux milices qui y sévissent. De plus, cette volonté d’avancer ensemble vient d’être matérialisée par une visite officielle de deux jours de la Première Dame congolaise, Denise Nyekuru Tshisekedi à Jeannette Kagame dimanche dernier. En mai 2001, Jeannette Kagame avait accueilli, à Kigali, le 1er sommet africain des Premières Dames sur les enfants et la prévention du VIH/SIDA.

Felix Tshisekedi est d’abord lui-même rassuré. Il possède une stature forte après qu’il ait parvenu à trouver son premier ministre avec les forces politiques issues des élections qui l’ont finalement porté la tête du pays. La légitimité de son élection et de ses fonctions présidentielles est de mise même s’il doit gouverner avec les membres de l’ancien système.

Ainsi, cette visite a deux enjeux essentiels : le premier est la question de sécurité de la sous-région. Elle reste toujours au menu des engagements des pays de la sous-région d’où le rôle du Burundi en la matière est presqu’obligatoire.  La preuve est l’organisation à Kinshasa la semaine dernière des chefs des services de renseignements des pays de la sous-région, laquelle réunion n’a pas vu la présence du Burundi. Sous l'égide du président Félix Tshisekedi, avec le soutien des deux organisations sous régionales, la CIRGL, SADC et l'envoyé spécial de l'ONU, l'objectif est de cette réunion était de coordonner les actions dans la lutte contre les « forces négatives », notamment les groupes étrangers qui sévissent dans l'est de la RDC. Le Burundi l’a boudée en justifiant cette absence par le soudain rapprochement entre Kinshasa et Kigali. « Paul Kagame est partout, Tshisekedi le fait applaudir dans un stade à Kinshasa, sa propre femme paradait encore ce week-end à Kigali », indique l'une de ces sources à la RFI.

Le second enjeu est sur la problématique de la diminution des tensions entre les pays de la sous-région pour amorcer de nouveau la coopération en général et avec le pays membres de l’EAC en particulier. Le président de la RDC visite le Burundi alors qu’il y a des tensions diplomatiques entre les pays de la sous-région. Le Burundi entretient des relations tendues avec son voisin du nord, le Rwanda. Ce dernier n’est pas vu aussi d’un bon œil avec l’Ouganda d’où l'investissement personnel du président Tshisekedi pour apaiser ses tensions dans la sous-région et relancer la coopération.  D’ailleurs, les Nations-Unies et certaines organisations régionales avaient beaucoup demandé au nouveau élu de s’investir personnellement dans cette mission. C’est l’une des raisons qui avait poussé la SADC et la CIRGL d’organiser la réunion entre les services de renseignements des pays de la sous-région à Kinshasa.  Va-t-il gagner le pari ? Très difficile à affirmer car à l’heure qu’il est, chaque pays vit son contexte politique. Le Burundi se prépare aux élections de 2020, la RDC se lance à la fois sur deux pistes, celle de développement (avec un sérieux rapport de force entre les forces politiques dirigeantes) et de pacification des régions de conflits (dont l’Est) et le Rwanda continue sa montée vers le développement durable avec l’appui des bailleurs internationaux malgré sa dictature progressiste. Visiblement, les conflits l’emportent sur les aspirations, ce qui voudrait dire qu’en l’absence d’autres mécanismes formels de règlement des tensions (ouvertes ou latentes) entre ces Etats, l’intégration économique ne saurait être efficacement instrumentée pour stabiliser la région.

Steve Baragafise



Des heurts ont eu lieu à Goma et la police était déployée en force aux points stratégiques de Kinshasa dimanche, jour de manifestations annoncées par l’opposition et interdites par les autorités de la République démocratique du Congo. A Goma dans l’est, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des petits groupes de 10 à 15 jeunes qui voulaient marcher à l’appel de la coalition d’opposition Lamuka, a constaté un correspondant de l’AFP qui a aussi vu des pierres sur la chaussée.

Le calme régnait en milieu de matinée à Kinshasa, où trois responsables de Lamuka avaient annoncé leur intention de défier l’interdiction prononcée vendredi par le gouverneur: l’ex-chef de guerre et ex-vice-président Jean-Pierre Bemba, l’ex-candidat à la présidentielle Martin Fayulu et l’ex-Premier ministre Adolphe Muzito.

« Tout attroupement de plus de 10 personnes sera dispersé ce dimanche 30 juin 2019 », avait prévenu samedi le chef de la police de Kinshasa, Sylvano Kasongo.

Le nouveau président de la République, Félix Tshisekedi, s’est déclaré « d’accord » avec l’interdiction de la marche de ses anciens alliés de l’opposition. « Depuis que je suis là, je n’ai interdit aucune manifestation. Les droits et les libertés des citoyens sont garantis. Mais nous avons comme l’impression qu’il y en a qui confondent démocratie et anarchie », s’est justifié le président dans son premier grand entretien à Radio France internationale (RFI) et France 24 depuis son investiture le 24 janvier.

L’opposition proteste contre l’invalidation de l’élection d’une vingtaine de ses députés prononcée début juin par la Cour constitutionnelle. « Il y a eu des choses inacceptables », a reconnu le président Tshisekedi. « Lorsque j’ai reçu le président de la Cour Constitutionnelle, c’était pour en savoir plus sur ces arrêts qui étaient pour certains scandaleux ».

Le président a assuré qu' »il y a au sein même de la Cour constitutionnelle une procédure en réparation d’erreurs matérielles comme ils disent ».



Un tribunal belge enquête sur un orphelinat pour enlèvement et traite présumés d'enfants en République démocratique du Congo. Des enfants ont été amenés en Belgique et adoptés par des familles auxquelles on avait dit qu'ils étaient orphelins. Des années plus tard, des tests ADN ont prouvé que, dans certains cas, ils ne l'étaient pas.

A des centaines de kilomètres au nord de Kinshasa, la capitale de la RD Congo, se trouve le village de Gemena. La plupart des gens vivent de l'agriculture ou de la pêche ; d'autres sont charpentiers ou commerçants.

Abdula Libenge, un tailleur de 34 ans, est le père d'une des quatre familles du village qui, en mai 2015, a envoyé un enfant à Kinshasa dans un camp de vacances.

Leurs enfants ne sont jamais revenus. Sans accès à une représentation juridique ou à l'assistance des autorités locales, ils ne pouvaient qu'attendre.

Environ deux ans après la disparition de la fille de M. Libenge, il a reçu une visite inattendue qui allait enfin faire la lumière sur ce qui s'est passé.

Les journalistes belges Kurt Wertelaers et Benoit de Freine avaient eu vent d'une enquête sur la fraude en matière d'adoption dans leur pays.

Comment les deux journalistes ont découvert le scandale

Le procureur de la République belge avait de fortes indications que les parents biologiques d'un certain nombre d'enfants congolais adoptés en Belgique étaient toujours en vie, et les deux hommes s'étaient mis en route pour les retrouver.

Leur recherche les a conduits de Bruxelles à l'atelier d'Abdula Libenge à Gemena.

Celui-ci leur a montré une photo de sa fille.

"Prise le jour de son départ pour Kinshasa", leur a-t-il dit. "Elle était si heureuse. Nous n'aurons jamais la chance d'aller à Kinshasa. On ne peut pas payer le billet d'avion. Mais elle en a eu l'occasion, et ça nous rendait fiers."

C'était l'une des nombreuses photos du groupe de trois filles et d'un garçon, alors âgés de deux à quatre ans.

Une photo les montre avec un jeune homme d'une organisation de jeunesse, leur chaperon au camp de vacances.

"Il ne nous reste que cette photo et une chaussure", a poursuivi M. Libenge.

Devant une autre maison, Suriya Moyumbe attendait en larmes, agrippée à une photo de sa fille, qui était petite quand elle est partie et ne pouvait pas encore parler.

"La famille de mon mari me reproche de l'avoir envoyée à ces vacances. Je n'aurais jamais dû faire ça. Mais nous avons tous pensé que c'était une grande opportunité", a-t-elle confié aux journalistes.

Wertelaers et De Freine sont retournés à Bruxelles pour présenter leurs preuves et le procureur s'est ensuite rendu à Gemena pour recueillir l'ADN.

L'orphelinat Tumaini de Kinshasa a depuis été fermé.

L'avocate belgo-congolaise Julienne Mpemba est assignée à résidence et fait face à des accusations criminelles pour son rôle de responsable de l'orphelinat.

Son avocat, George Balon Perin, a déclaré qu'elle "conteste de manière claire les charges retenues contre elle", ajoutant qu'elle n'est pas poursuivie en RD du Congo, où les faits allégués se sont produits.

D'autres personnes ont été inculpées en Belgique et en RD Congo, a déclaré l'avocat à la BBC.

'Une gifle' pour les nouvelles familles

En Belgique, les familles adoptives ont appris la nouvelle une par une.

Certains parents adoptifs avaient déjà fait part de leurs préoccupations au cours du processus d'adoption et ont déclaré à la BBC que la nouvelle confirmait leurs craintes.

"Connaissant la réputation de la RD Congo, j'avais très peur, mais l'agence d'adoption nous a vraiment poussés vers elle et nous a rassurés sur le fait que tout serait légal ", a déclaré un père, qui a souhaité rester anonyme.

"C'était comme une gifle quand on l'a entendue. C'est ce que j'ai toujours voulu éviter. Et maintenant, malgré moi, j'ai un enfant volé."

Une mère a décrit comment l'agence avait tenté de la détourner de ses préoccupations chaque fois qu'elle soulevait des objections. Puis un jour, sa fille adoptive a appris assez de français pour commencer à parler de sa famille biologique.

"Une fois, elle a dit : "Tu n'es pas ma maman, maman", quand on lisait un conte de fées.

"J'ai immédiatement déclenché l'alarme, mais j'ai été rejetée. J'ai pensé qu'elle parlait peut-être d'une mère d'accueil intérimaire avec laquelle elle vivait avant de venir ici. Mais non. C'était sa mère."

Quand l'histoire a éclaté en Belgique, quatre enfants étaient impliqués. Aujourd'hui, les parents adoptifs de 15 autres enfants attendent les résultats des tests ADN.

Pourquoi l'adoption internationale peut constituer un risque

"Il y a des gens qui n'ont pas fait leur travail, des gens qui auraient pu en bénéficier, financièrement ou d'une autre façon ", dit l'avocat Georges-Henri Beauthier, qui représente trois des familles adoptives.

"Il faut voir toutes ces personnes collectivement comme une organisation véritablement criminelle, bien organisée en RD Congo et en Belgique."

Selon l'expert en protection de l'enfance Nigel Cantwell, ce ne sont pas des cas isolés.

"Il y a toujours un peu d'anarchie dans l'adoption lorsqu'il s'agit d'un pays qui n'est pas partie à la Convention de La Haye, comme c'est le cas pour la RD Congo. Il y a tellement d'exemples ces dernières années : Haïti, Guatemala, Vietnam, Cambodge. La liste est longue."

Il croit que les intermédiaires, y compris les foyers pour enfants, doivent être réglementés et, si possible, retirés du processus. "Ce sont eux qui font de l'argent. Si vous ne contrôlez pas l'argent, vous ne contrôlerez pas la corruption."

Qu'arrivera-t-il aux enfants ?

Un tribunal de la famille belge décidera en dernier ressort de l'avenir des enfants.

"C'est au cas par cas, mais toute solution doit dépendre énormément de ce que dit l'enfant. Nous ne pouvons pas nous contenter de prendre des décisions sur ce que nous pensons être bon pour un enfant sans connaître son opinion ", explique M. Cantwell.

Les familles de Gemena voient peu d'espoir de récupérer leurs enfants.

Pour toutes les personnes concernées, la prochaine étape sera difficile, et M. Beauthier dit que les parents adoptifs s'y préparent.

"Il y a ce réflexe humain qui consiste à dire non, non. C'est mon enfant, je ne le laisserai pas partir. Non. Ce serait inacceptable, et mes clients le comprennent très bien."

Pour un père adoptif, il n'y a pas de bon dénouement.

"Nous nous demandons vraiment ce qui est le mieux pour cet enfant. Et nous n'avons pas la réponse. Mais il n'y a pas vraiment de réponse. Nous sommes tous des perdants dans cette histoire."

A Gemena, Abdula Libenge a peu d'espoir que sa fille rentre à la maison.

"Je sais que les gens diront qu'elle est mieux en Belgique. Et tu sais, peut-être qu'elle l'est, mais je ne pense pas que ce soit à n'importe qui d'autre de faire ce choix. Et nous, on n'en a pas eu."



GEOPOLITIQUE, GRANDS LACS AFRICAINS, ONU – NEW-YORK (ONU), 3/10/2019 – M. Huang Xia (Chine), nouvel émissaire de l’ONU pour la Région des Grands Lacs, s’est félicité devant le Conseil de sécurité de voir que la Région des Grands Lacs Africain, notamment celle couvrant le Burundi, la RD Congo, l’Ouganda et le Rwanda, soit résolument engagée vers la stabilité : « La région des Grands Lacs est, plus que jamais, résolument engagée dans sa marche vers la stabilité ».

Un retour volontaire massif des réfugiés burundais s’observe dans la région … Le Burundi s’apprête à organiser ses 4èmes élections consécutives depuis 2005, signe d’une très grande stabilité institutionnelle et politique.  Les observations de l’émissaire onusien Huang Xia qui s’est rendu sur place dans la région, viennent remettre en cause  divers rapports notamment celui du Conseil des Droits de l’Homme ONU  …

un.org



L’unique navire de commandement et de soutien logistique de la Marine belge, le A960 Godetia, fera escale au port de Boma (ouest de la République démocratique du Congo) du 13 au 15 novembre «dans le cadre de la reprise de la coopération militaire» entre la Belgique et la RDC, a annoncé lundi l’ambassade de Belgique à Kinshasa.

Le navire y débarquera du matériel humanitaire, comme lors de ses précédents passages en RDC - dont le dernier remonte à plusieurs années. Il s’agit de matériel médical fourni par l’ONG Benelux Afro Center, issue de la diaspora africaine de Bruxelles, et destiné aux citoyens de Boma.

«Toujours dans le cadre de la reprise de la coopération militaire entre la Belgique et la RDC, deux officiers de la Force navale congolaise monteront à bord pour y effectuer un stage en mer d’environ une semaine», a précisé l’ambassade dans un communiqué.

Le nouvel ambassadeur de Belgique en RDC, Jo Indekeu, se rendra mercredi à Boma pour y accueillir le Godetia. Il y rencontrera les autorités locales, lors d’une réception à bord du bateau, précise le communiqué.

Le Godetia a quitté son port d’attache, Zeebrugge, le 7 octobre, pour une mission annuelle de «Maritime Capacity Building» (MCB 19) au profit de pays d’Afrique de l’Ouest, afin de former le personnel des forces navales locales à la lutte contre la piraterie et les trafics divers. Son retour à Zeebrugge est prévu le 15 décembre.

 

La coopération militaire entre la Belgique et son ancienne colonie avait été interrompue abruptement par le régime de l’ex-président Joseph Kabila en avril 2017 dans un contexte de crise diplomatique entre Bruxelles et Kinshasa, sur fond de reports des élections générales qui ont finalement eu lieu le 30 décembre dernier.

Une délégation de représentants des Affaires étrangères et de la Défense avait été reçue par le président congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo le 14 mai dernier. La délégation avait annoncé que les contacts entre les armées des deux pays allaient reprendre et qu’il fallait examiner les modalités d’une relance de la coopération en tenant compte des besoins exprimés par les autorités congolaises.

En marge de la visite officielle de M. Tshisekedi en Belgique en septembre dernier, des contacts entre les états-majors congolais et belges ont eu lieu, en dépit de l’absence de signature d’un accord formel entre les deux ministères de la Défense.

Le ministre congolais de la Défense, Aimé Ngoy Mukena, issu du camp de l’ex-président Kabila, n’avait pas accompagné M. Tshisekedi pour signer l’accord qui était prêt, sur instruction de l’ancien chef de l’Etat, selon le journal ‘La Libre Belgique’.

lavenir.net



(Agence Ecofin) - Alors que les médias européens commencent à souffrir de l’impact économique du coronavirus, on se demande de plus en plus comment les entreprises de presse locales vont pouvoir gérer la situation. En effet, l’arrêt des activités de nombreux secteurs a eu pour conséquence la réduction des achats d’espaces publicitaires et autres services de promotion offerts par les médias.

Pour ne rien arranger, la « grippe » des secteurs de l’économie a également privé les médias spécialisés et autres services de veille d’une grande partie de leur activité et, par ricochet, des revenus qui y sont attachés. Ces dernières heures, les États européens ont commencé à apporter de l’aide aux entreprises locales. Mais en Afrique, très peu d’initiatives sont lancées pour accompagner les médias dans cette crise.

La plupart d’entre eux ont eu l’intelligence de se tourner vers des fils d’information dédiés au coronavirus pour conserver leurs audiences. D’autres, plus ambitieux, ont décidé d’ajouter différents types de contenus à leurs plateformes.

Malgré tout, les jours qui s’annoncent semblent compliqués pour les médias africains, qui auront du mal à être soutenus par leurs États déjà débordés par la gestion de la pandémie.

Servan Ahougnon

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A Propos

 


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