Avant les élections présidentielles et locales au Burundi prévues mercredi, l'Union africaine (UA) et les Nations Unies (ONU) ont exhorté dimanche les autorités à fournir un environnement sûr et sécurisé aux citoyens tout au long du scrutin.

Dans un communiqué commun, les partenaires ont déclaré qu'ils suivaient la campagne électorale et qu'ils restaient préoccupés par les informations faisant état "d'intimidation et d'affrontements violents entre les partisans de camps opposés".

"Les deux organisations encouragent toutes les entités impliquées dans l'organisation des élections du 20 mai 2020, les forces de défense et de sécurité ainsi que les médias publics à contribuer pleinement à la préservation d'un environnement stable et pacifique, condition préalable pour des élections libres, inclusives, justes, transparentes et crédibles au Burundi", indique le communiqué.

"Ils exhortent tous les acteurs politiques à s'abstenir de tout acte de violence et de discours haineux, et à recourir au dialogue pour permettre la tenue d'élections consensuelles et pacifiques. Ils encouragent également les autorités burundaises à assurer et à faciliter la pleine participation des femmes au processus électoral."

La Commission de l'UA et le secrétariat de l'ONU ont également appelé les partis politiques à respecter le Code de conduite qu'ils avaient signé en décembre dernier.

Les autorités de ce pays d'Afrique de l'Est ont été invitées à mettre en œuvre des mesures préventives pour protéger les citoyens contre la pandémie de COVID-19.

La semaine dernière, une commission d'enquête de l'ONU s'est déclarée alarmée par la violence et les violations des droits de l'homme à l'approche des échéances.

Ses membres ont également profondément regretté la décision du gouvernement d'expulser quatre employés de l'Organisation mondiale de la Santé.

Source: Agence de presse Xinhua



Après 15 ans de règne sans partage du CNDD-FDD, le peuple burundais se prépare à renouveler toutes les institutions politiques du pays. Selon une source de premier plan au sein du cercle dirigeant, «si les tendances se maintiennent, le CNDD-FDD va tout droit vers la pire performance électorale de son histoire, au profit du Conseil national de Libération, le CNL d’Agathon Rwasa». Il y a quelques mois, il aurait été quasiment impossible de contempler la possibilité d’une alternance politique à la tête du pays. Pourchassés comme des bêtes, emprisonnés, torturés et d’autres tués, les opposants du régime ont encaissé bien des coups. Mais aujourd’hui la peur a fait place à l’espoir et le peuple se mobilise massivement derrière le CNL - le pays est à deux doigts d’une victoire du CNL.

Le fait est que Rwasa occupe le terrain sur tout l’étendu du territoire national. Alors qu’Evariste Ndayishimiye du CNDD-FDD doit déplacer les mêmes dignitaires et militants de commune en commune pour gonfler ses meetings à l’instar du Major Buyoya en 1993, le candidat du CNL a adopté la stratégie de Melchior Ndadaye et mène une campagne bien ciblée qui attire des foules locales immenses malgré que les Imbonerakure et la Police empêchent souvent la population à se rendre aux lieux des meetings du CNL.

Plusieurs sources proches du pouvoir nous indiquent que «parmi les dignitaires et les soi-disant militants qui soutiennent monsieur Ndayishimiye, beaucoup voteront Rwasa et le CNL lors des scrutins. Beaucoup de gens suivent le candidat du CNDD-FDD par peur pour leur sécurité physique et financière».

Les déçus du régime sont nombreux!

Selon notre analyse, le parti au pouvoir ne s’attendait pas à ce que le CNL soit suffisamment implanté dans tout le pays, 15 mois seulement après son agreement officiel. Ainsi, le “candidat des généraux” s’est lancé en campagne électorale sans programme et sur fond des slogans désuets, vieux de 15 ans. Au lieu d’une campagne électorale digne de ce nom, le CNDD-FDD a entamé ce qui ressemble à une tournée nationale pour présenter le curriculum vitae de son candidat.

En même temps, après 3 semaines de campagne, Agathon Rwasa a complètement démoli le bilan du pouvoir en place tout en proposant aux Burundais un programme bien peaufiné. A ceux et celles qui se demandent pourquoi l’électeur burundais devrait renouveler le mandat du CNDD-FDD, la réponse du général Ndayishimiye s’attarde toujours. Plusieurs sources nous indiquent que le candidat Evariste Ndayishimiye sera proclamé président, même s’il perd les élections – il y aurait quelques généraux qui prépareraient un putsch électoral du style 21 octobre 1993 pour barrer la route à Rwasa.

En tenant compte de tous les variables sur terrain, on ne peut que conclure qu’Agathon Rwasa représente aujourd’hui ce que Melchior Ndadaye représentait en 1993 – le changement. Evariste Ndayishimiye est au courant que ses rêves présidentiels se dissipent devant une montée fulgurante du candidat du CNL. Aujourd’hui, c’est avec insistance que le peuple réclame une alternance politique à la tête du pays. Vouloir imposer le général Ndayishimiye comme président de la république sera catastrophique pour tout le pays - et pour des décennies.

En conclusion, nous sommes de l’avis que le scrutin de 2020 soit une question de mandat et non une question de vie ou de mort. Que tous les acteurs se ressaisissent! Qui perd aujourd’hui gagne demain, et qui gagne aujourd’hui perd demain. C’est ça la démocratie.

Du reste, si la CENI se transforme en outil du pouvoir sortant et que quelques généraux interviennent pour imposer à la tête du pays un candidat défait aux urnes, le verdict du peuple burundais sera le même qu’en 1993 – et il sera sans appel. Entretemps, la mobilisation populaire derrière Rwasa et le CNL s’intensifie.

Dr. Jérôme Bukuru


* Un article d'opinion qui n'engage que son auteur



Le territoire de Mahagi situé à l’extrême nord-est de la République Démocratique du Congo fait face à l’activisme de la milice Codeco venue du territoire de Djugu dans la province de l’Ituri.

Des attaques répétées sur le peuple Alur,des pillages des biens, des incendies des maisons suivis des tueries sans compter des conséquences humanitaires désastreuses.

Ces attaques constituent une provocation à laquelle le peuple Alur n’a jamais répondu et ne répondra pas affirment plusieurs déclarations des couches sociopolitiques car, répondre à ces attaques c’est permettre aux tireurs de ficelles d’accomplir leurs missions.

La situation s’est empirée à partir du mois de Février dernier avec une aggravation de la situation en Avril 2020. La communauté Alur de Bunia et ses environs (Cabe en sigle), section de l’Ituri de carrefour pour le Développement de Mahagi note dans sa déclaration du 14 mai que ces ennemis sont lourdement armés et bénéficient d’un appui en hommes et matériels de pays voisin. Il est temps de renforcer les unités de Fardc dans les chefferies sous contrôle de cette milice et doter les forces loyalistes des moyens nécessaires pour faire face à ces ennemis.

« La dotation des FARDC par le moyen logistique nécessaire pouvant leur permette de faire face d’une manière prompte à l’ennemi qui bénéficierait d’un appui en hommes et en matériels de pays voisin, le déploiement rapide d’une unité des FARDC le long de la limite de Mahagi avec Djugu et dans les groupements des chefferies sous contrôle notamment Ang’al 2,Walendu Watsi mais surtout à Mont Zeu », a écrit Maître CT Christian Utheki, président de la Cabe.

Des sources concordantes rapportent que Mont Zeu serait un espace douteux réputé en berceau de la prochaine relance d’attaque de cette milice.

Avec sa position géographique , non loin de la frontière ougandaise, les services de sécurité et intelligents sont appelés à contrôler cet espace qui donne la voie à l’Ouganda par une une contrebande de poste douanier de Zorogo non loin de Katanga, lieu stratégique de la récente attaque sur les AlUr Djuganda aux environs de Katanga.

Avec la chefferie des Mokambo sous contrôle déjà, il est possible que cette milice avance même par pirogue ou pied sur la chefferie de Wagongo, avec facilité d’atteindre le chef-lieu de Mahagi en passant par la chefferie des ang’als vers l’est à Djegu, Nyalebbe , Djupagasa…. où il y’a faible effectif militaire.

Les villages de Pakenge, Zaa, Kingot en chefferie des Djukoth vidés de ces habitats, ces milices peuvent facilement faire jonction avec leur bastion de Walendu Watsi qui peuvent se croiser vers Awasi, gwoknyeri avec celles venues de Pakenge, Zaa, Kingot via Ndrele , Ngote….

Par ces schémas, avec légèreté de la gestion de cette attaque, Mahagi peut à tout moment tomber si cet ennemi se détermine.

Le député national, élu de Mahagi, Furah Uma Daniel n’avait pas caché sa position face à cette situation au-cours d’une émission mercredi dernier Télé 50.il a qualifié de vaste blague ce silence du pouvoir de Kinshasa.

Furah Uma Daniel demande à Kinshasa de dire la vérité aux peuples ituriens si L’Ituri ne fait pas partie du Congo pour que ses peuples s’assument car dit-il, les Ituriens peuvent s’organiser et remettre la paix dans leur province si les décideurs n’en veulent pas.

Par ailleurs, La Communauté Alur de Mahagi plaide pour la descente du président de la république sur place en vue d’apprécier la situation.

Dans une analyse sur la situation, le Professeur Chober Agenonga, enseignant des universités et consultant international en matière de la sociologie des conflits dans la région des Grands Lacs Africains indique que depuis le déclenchement de violences meurtrières en décembre 2017 attribuées, à tort ou à raison, à la milice Codeco (Coopération pour le développement du Congo) dans le territoire de Djugu qui en est l’épicentre, le diagnostic démontre que désormais les violences gagnent le territoire de Mahagi.

Pour lui, plusieurs facteurs expliquent l’avancée de ces violences du territoire de Djugu vers le territoire de Mahagi , notamment:

- Le vide sécuritaire et le sous-équipement de l’armée

- La faible coordination des pressions militaires sur les miliciens

- La manipulation et la complicité des certains civils

- Outre ces facteurs, il y en a d’autres qui doivent être analysés avec subtilité, notamment la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC), ce qui peut conduire à questionner à la fois la gestion des équipements militaires par les forces armées congolaises et de la frontière avec l’Ouganda ou d’autres pays d’où ces miliciens pourraient probablement se ravitailler.

Ces violences ont atteint un seuil paroxysmique dans ce territoire en début de cette semaine avec l’incursion des éléments présumés de la Codeco qui ont incendié des villages entiers en chefferie des Jukoth, tué des civils et provoqué des déplacements massifs des populations plus à l’intérieur du territoire de Mahagi.


Le Coq de l'Est / MCP, via mediacongo.net



Par Aboe Ndouma Franck Michel et Simo Tamkam Loic Harold [1]|Financial Afrik

Au plus fort de la crise financière mexicaine en 1995, Michel Camdessus déclarai:t «nous sommes entrés dans le cycle des grandes crises du 21 siècle. »[2] Ses propos prémonitoires du Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI) de l’époque semblent se confirmer également sur le plan sanitaire. En effet, ces dernières années l’on observe l’apparition des nouveaux virus comme le présent COVID-19[3]ou  encore la réapparition des virus qu’on pensait avoir disparu à l’instar du virus Ebola.

Certaines études à l’instar de celle du  Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estiment que les pandémies sanitaires feront légions dans l’avenir à cause du  réchauffement climatique[4] .Quoi qu’il en soit, selon le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) , la pandémie du COVID-19 est la crise sanitaire mondiale de notre époque et le plus grand défi auquel nous ayons été confrontés depuis la Seconde guerre mondiale[5]. Effectivement, le dernier trimestre de l’an 2019 fut le début d’une période faste pour l’humanité avec la découverte et l’expansion d’un nouveau virus appartenant à la famille des coronavirus[6]. Suite à une flambée en décembre 2019 à Wuhan, une province de la République populaire de Chine, le COVID-19 s’est propagé sur la quasi-totalité du globe terrestre et à ce jour, aucun continent n’est en reste. Au-delà de l’aspect sanitaire, ce COVID-19 a des conséquences économiques.

Pour s’en convaincre l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) fait remarquer que suite à cette pandémie, l’économie internationale est dans une position inconfortable comme durant la crise financière de 2007-2008. Les conséquences économiques en question touchent l’ensemble des pays indépendamment de leurs continents. A cet effet, le continent africain n’est pas en reste. Les conséquences économiques de cette pandémie sur le continent seront désastreuses même s’il existe des moyens pour atténuer lesdites conséquences.

Afin de démontrer les conséquences de cette pandémie sur les économies africaines, nous avons adopté la démarche méthodologique dite analytique. Comme son nom l’indique, elle consiste à analyser les données et supports disponibles sur la question. Ainsi, nous nous appuyons sur l’exploration des documents, rapports, articles traitant de la question ainsi que les différentes initiatives prises par les gouvernements au niveau national, communautaire, continental et mondial pour faire face et juguler les conséquences de cette crise sanitaire sur l’activité économique.  Cela va nous permettre d’identifier ce qui est déjà fait, relever les insuffisances et proposer les pistes de solution susceptibles d’atténuer les conséquences économiques de ce COVID19.

Les conséquences désastreuses du COVID-19 sur l’économie africaine

Les conséquences économiques du COVID-19 sur les économies africaines comme sur les autres continents touchés par cette pandémie concernent la production, la consommation ou encore les finances publiques sans oublier les emplois. Malgré cela, les conséquences sur le continent africain ne seront pas les mêmes parce qu’elles ne sont pas structurées de la même manière. Il existe cependant des constantes qui permettent de calculer les profils des conséquences économiques. A cet effet nous allons nous appesantir sur la production du continent africain en passant par les recettes publiques sans oublier le bien-être des populations.

Bien que le continent africain soit relativement épargné par la pandémie du Covid-19 tant par le nombre de contaminés que par le nombre de décès[7], la Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED) estime qu’en raison de cette pandémie, la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB ) du continent pourrait tomber de 3,2 % à 1,8% en 2020. La Banque mondiale (BM) estime que cette crise sanitaire  va entrainer les économies de l’Afrique Subsaharienne en récession, une première depuis plus de 20 ans .Cette baisse de la prévision de croissance du continent s’explique par la chute du PIB de ses principaux partenaires que sont la Chine , l’Union européenne (UE ) ou encore les Etats-Unis.

Reprenant l’adage tiré du recueil Ecologica[8], le chef d’Etat camerounais déclarait à l’occasion du Sommet Africa21 en 2010: «nous consommons  ce que nous ne produisons pas, et  produisons  ce que nous ne consommons pas ». Par conséquent, c’est la forte dépendance du continent de l’extérieur tant pour sa production que pour sa consommation qui sera responsable des conséquences néfastes du COVID-19 sur les économies africaines. Ainsi, en cas d’expansion de cette pandémie chez ses principaux partenaires commerciaux extérieurs, la note risque d’être encore plus salée. Par exemple, un quart des importations ougandaises proviennent de la Chine.

Les chaines d’approvisionnement ont été interrompues parce que de nombreuses usines chinoises ont cessé leurs activités. Cette cessation de la production des usines chinoises a entrainé une hausse des prix chez certains pays à l’instar du Niger et la mise en difficulté des industries locales (Evans et al, 2020). Au-delà des conséquences sur les activités de production, cette pandémie va également impacter les finances publiques.

Les finances publiques des Etats du continent vont être également affectées par cette pandémie. En effet, le manque de diversification des économies africaines couplé à la faible demande mondiale des matières premières va diminuer les recettes d’exportations des différents pays du continent[9]. La Commission Economique des Nations Unies pour L’Afrique (CEA)estime que le COVID-19 pourrait entrainer une baisse des recettes d’exportations de l’Afrique de plus de 100 milliards de dollars américains(USD)[10] .Cela concerne tant les pays exportateurs de pétrole à l’instar de l’Angola ou du Nigeria que les pays exportateurs des minerais.

Selon la CEA , les pertes d’exportations de pétrole brut du Nigeria seraient estimés cette année entre 14 et  19 milliards de USD[11] .Cette situation est  aggravée d’une part  par la chute de la production industrielle dans les principales économies avancés, notamment celles du G7  et-ce bien même avant l’avènement de la pandémie. Et d’autre part, par la chute des prix des matières premières sur les marchés internationaux.

Cette escapade des prix des matières premières est accentuée par la gué-guerre dont se livre l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) et certains pays non membres de l’OPEP comme la Russie à propos de la réduction de la production mondiale de pétrole. Certains observateurs n’excluent d’ailleurs plus que le baril finisse par renouer avec son niveau historique bas de 2016 à savoir 30 USD alors que les gouvernements africains tablaient en moyenne pour un baril de pétrole à 50 USD. Cette diminution des recettes d’exportations va contribuer à l’augmentation de la dette publique.

La baisse des revenus des exportations va conduire les pays africains à se tourner davantage vers les marchés financiers internationaux. Lesdits marchés financiers internationaux offrent des ressources financières à des taux supérieurs à celles des prêts concessionnels, ce qui va conduire à accroitre davantage le niveau d’endettement des Etats du continent africain. Cette question de l’endettement qui était déjà bien même avant l’avènement du COVID19.

Pour s’en convaincre, l’agence de notation Moody’s estimait en janvier 2020 que le niveau d’endettement du continent était trop important pour permettre aux différents pays de faire face en cas de choc extérieur. Afin d’anticiper cette éventualité, certains dirigeants africains comme le président Macky Sall du Sénégal demandent une annulation ou encore un allègement de la dette extérieure du continent africain estimée par l’Union africaine (UA) à 230 milliards USD. Les populations africaines sont également impactées par cette pandémie.

Pour les populations africaines, cette pandémie va impacter leurs biens-êtres. Le COVID-19 va faire diminuer de 10 points  le  bien-être des populations  africaine (Banque Mondiale, 2020). Ces conséquences sur leurs biens-êtres vont se matérialiser par la baisse de leurs revenus tant de l’offre que de la demande[12] (Evans et al, 2020). La baisse des revenus  pour les populations africaine a deux sources : une source interne et une source externe. Au plan interne, il s’agit des mesures de confinement et de quarantaine imposées par les différents gouvernements africains d’une part. En effet, comme les autres pays touchés par le COVID-19 , les gouvernements africains, pour stopper la propagation du virus, ont adopté des mesures d’évitements[13].

Et, d’autre part, les mesures proactives décidées par les différentes entreprises pour empêcher la propagation du virus. L’ensemble de ces mesures va entrainer des suspensions d’activités, donc des pertes de salaires pour les travailleurs, y compris pour le secteur informel qui représente près de 80% des travailleurs du continent,  ne bénéficient d’aucun filet de sécurité en terme de protection sociale ou d’assurance chômage malgré les efforts consentis[14] .

A cet effet, l’UA note que cette pandémie pourra causer une perte de près 20 millions d’emplois sur le continent tandis que l’Organisation des Nations-Unis table sur près de 50 millions d’emplois qui seront détruits. Au plan externe, cette baisse des revenus va se matérialiser par une diminution des transferts des fonds de la diaspora africaine à destination du continent. Ladite diaspora africaine elle-même est confrontée par les mesures de confinement dans leurs pays occidentaux respectives. A titre de rappel, le transfert des fonds de la diaspora africaine est estimé à 48 milliards de dollars USD selon la Banque Mondiale (BM) en 2019, soit plus que l’aide publique estimée pour le continent africain à 26, 4 milliards USD par le Comité d’aide publique de l’OCDE en 2018 . Toute chose qui va compliquer un peu plus la mise en place des Objectifs du Développement Durable (ODD) notamment le premier objectif qui porte sur la réduction de la pauvreté. D’autant plus que la pauvreté mondiale se concentre dorénavant sur le continent. À long terme, cette baisse des revenus conjuguée aux mesures de confinement sera problématique pour la croissance économique future. Selon Kahn (2020), l’expérience d’Ebola a montré que la fermeture des écoles adoptée par 180 pays dans le monde se traduit souvent par un abandon définitif de la scolarité, des grossesses non voulues, et une éducation sacrifiée pour une génération d’élèves.

Les conséquences de cette pandémie sur le continent africain seront de toute façon désastreuses. Cependant, il existe des leviers sur lesquels les gouvernements du continent africain peuvent s’appuyer pour endiguer les effets économiques de cette pandémie

Les moyens d’endiguer les effets économiques de cette pandémie

Les gouvernements africains pour faire face à cette pandémie peuvent agir aussi bien au niveau national qu’au niveau international.

Pour freiner cette pandémie , il est judicieux de continuer la sensibilisation sur les comportements d’évitements. Ainsi contenir le virus du COVID 19 est primordial pour limiter les conséquences sanitaires mais aussi économiques .Cependant, avec l’évolution de la pandémie sur le continent africain, certaines de ses mesures d’évitements seront sujettes à des questions. La précarité des emplois, les régimes de pension limité, l’assurance chômage embryonnaire  ou encore la prépondérance du secteur informel doivent être prises en compte car elles risquent d’impacter l’efficacité des mesures d’évitements.

A cet effet, il faut mettre en place des filets de sécurité visant à sauver des vies mais aussi protéger les moyens d’existence des populations. Il peut s’agir de manière non exhaustive la gratuité de certains services de base[15], des aides en natures et en espèces ou encore de la fourniture d’un soutien  financier aux entreprises viables du secteur formel et informel. Toutefois , étant donné la faiblesse de la transmission de la politique monétaire caractérisée par des marchés financiers peu développés, l’ensemble de ses mesures serapour l’essentiel budgétaire. Par conséquent, les Etats africains devront recourir aux  lois de finances rectificatives  qui seront matérialisées  par des correctifs budgétaires. Cette pandémie met également en évidence la  relative souveraineté du continent.

Cette pandémie sanitaire met aussi au grand jour la forte dépendance du continent vis-à-vis de l’extérieur que les dirigeants africains ont tendance à négliger. Ceci l’est  dans le domaine sanitaire où les matières premières pour la fabrication des médicaments destinés [16]. Mais aussi, les chaines d’approvisionnements du continent. L’accélération du processus d’intégration régionale à cet effet peut ainsi être une bouée de secours.

Pour cela, les gouvernements africains doivent favoriser les chaines de valeurs intra-africains pour la substitution des importations des autres continents. L’entrée en vigueur de la Zone de Libre-Echange Continentale  (ZLECA) en juillet prochain sera un premier pas pour favoriser les chaines de valeurs locales. Le but étant de faire que la densité des flux économiques internes soit supérieure à celles des flux qui lui sont externes. Tout ceci va créer des résiliences aux chocs extérieurs tout en permettant de comprendre tout ce qui se passe sur tous les maillons des chaines de valeurs globales (Thiam , 2020).

Dans la même veine dans un monde qui appelle de tous ses vœux à la « démondialisation » et de sa version financière la «déglobalisation», la capacité locale de création de valeur va être un avantage notable. A cet effet, contrairement à ses partenaires au développement [17], le continent africain, compte tenu que ses structures de production ne sont pas assez développés et solides, est un terrain et un espace économique qui peut fonder sa croissance sur toutes  les matières premières nécessaire à l’économie mondiale à condition de relever le défi de développer des centres de croissance multipolaires dans le cadre de partenariat gagnant –gagnant sur les chaines de valeurs globales (Thiam, 2020 ). Le monde étant devenu un village planétaire, des solutions doivent être trouvées au niveau international.

La riposte des gouvernements africains sera limitée par leurs niveaux d’endettements ou encore par la baisse de leurs recettes publiques notamment des leurs recettes d’exportations. De ce fait, les politiques pour endiguer cette crise du COVID 19 va passer nécessairement par la coopération avec la communauté internationale. .Cette coopération passe par un appui financier des institutions financières internationales ou encore des partenaires bilatéraux. Dans ce cadre, la BM a créé un nouveau mécanisme de décaissement rapide de 14 milliard d’USD et met à disposition un ensemble de ressources d’un montant de 160 milliards d’USD pour répondre à la crise au cours des 15 prochains mois[18]. Le Fonds Monétaire Internationale (FMI) pourrait décaisser 50 milliards d’USD par le biais des facilités de financement d’urgence , en faveur des pays à faible revenu et des pays émergents aux prises avec le virus COVID 19[19]. Au niveau régional, la Banque Africaine de Développement (BAD) a lancé un fonds de 10 milliards en réponse à l’épidémie du COVID 19. Cependant l’ensemble de ses mesures ne sont que des grains de sel dans un océan. Une solution efficace au plan international passe par une action sur l’épineux problématique de la dette.

Selon la BM, le continent a payé 35 milliards d’USD en 2018 en service de la dette. Dans une région dont les besoins en mesures d’urgence sont estimés à 100 milliards dont 44 milliards d’USD en exonération des intérêts de la dette, un allègement temporaire de la dette pourra injecter des liquidités et desserrer les contraintes budgétaires des gouvernements africains (Banque Mondiale, 2020). Conscient de cet état de fait et faisant suite à l’appel de certains dirigeants africains, les institutions de Bretton Woods[20]ont appelé à un gel de la dette de la part des pays du G20[21]. Ainsi, la réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales du  G2O a proposé un programme dont le but est d’accroître les ressources des Etats du continent pour contrer  le COVID 19.

Dans ce programme, à côté d’autres recommandations, la suspension temporaire du service de la dette par les pays les plus pauvres occupe une place de choix [22].Cependant ce moratoire sur la dette est problématique. Le moratoire doit tenir compte de la nécessité de combattre la pandémie et ses effets sur l’économie ce qui n’est pas le cas dans le cas . En effet, ce moratoire décidé par le G20 exclut les pays africains qui peuvent se financer sur les marchés financiers internationaux. Ainsi, sont exclus l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Angola, la Libye, l’Afrique du Sud sans oublier l’Egypte. Certains de ces pays sont pourtant les plus touchés par cette pandémie à l’instar du Maroc ou encore de la Lybie et de l’Afrique du Sud. IL faudra intégrer ses pays dans ses pays bénéficiant du moratoire sur la dette. Cela est surtout vrai compte tenu du poids économique  sur le continent  de ces pays exclus du moratoire.Ces pays représentent à eux seuls 50 % du PIB de l’Afrique, 46 % de ses exportations et 55%  des exportations du continent ( Ngozi et al , 2020).

Sur les relations économiques internationales du continent , les pays susmentionnés représentent à titre d’illustration 72 % des importations de l’Afrique avec l’UE et des flux migratoires[23]. C’est dire que si les économies de ces contrées s’effondrent, le reste du continent va en pâtir. Aussi ce moratoire est également discutable puisqu’il ne concerne pas les créanciers privés de la dette publique extérieure du continent.

Contrairement aux années 1980 où la dette publique extérieure du continent attirait uniquement les créanciers publics, ces dernières années celle-ci s’est fortement transformée grâce à l’attrait des créanciers privés. Selon Ferry et al (2020), la dette extérieure publique du continent est détenue à plus de 40 % par les privés avec des particularités d’un pays à l’autre. Ces créanciers privés du continent influent sur le budget des Etats africains. Cette dette privée pour la plupart est de courte durée et leurs taux d’intérêts sont supérieurs à ceux des créanciers publics. Ainsi, ce moratoire sur le service de la dette va revenir à apporter une caution sur le remboursement de la dette privée, ce qui va permettre de subventionner indirectement les créanciers privés. Par conséquent, les créanciers privés doivent être associés à cet effort. En outre, au-delà du moratoire de la dette extérieure, il faut des aides pour mobiliser rapidement les liquidités.

Comme relevé plus haut, les besoins du continent africain  selon la BM s’évaluent  à 100 milliards d’USD, à cet effet, une nouvelle allocation en Droit de Tirage Spéciaux du FMI  doit être envisagé. Elle présente l’avantage de préserver la soutenabilité de la dette publique extérieure du continent tout en apportant une réponse rapide et efficace aux besoins des pays du continent. Cette solution fut appliquée lors de la précédente crise financière avec un certain succès, pourquoi n’en serait-il pas le cas pour l’Afrique ?

Conclusion

La crise sanitaire dont est victime le monde entier présentement a des conséquences économiques. Le continent africain n’est pas en reste étant donné l’interdépendance du continent avec le reste du monde. Celle-ci va contribuer au recul des activités de production du continent. les Etats du continent vont voir leurs finances publiques diminuer à cause de la baisse des recettes publiques et de l’augmentation de la dette publique. Pour les populations du continent, cette crise sanitaire est synonyme de réduction du bien-être . L’ensemble de ces conséquences désastreuses appelle à des réponses qui prennent en compte les structures de l’économie africaine. Ces mesures ne seront efficace qu’avec l’implication de la communauté internationale notamment avec un allégement de la dette extérieure du continent. Du reste, cette pandémie doit aussi  permettre au continent africain de mettre en place des solutions durables pour faire face aux chocs futurs.

Références bibliographiques

  • Africa’sPulse ,évaluation de l’impact du COVID 19 et des réponses politiques en Afrique Subsaharienne , Groupe de la Banque Mondiale , avril 2020 , volume 21 ;
  • David Evans et Mead Over , les pays les plus précaires sont les plus vulnérables au Covid19,theconversation,https://www.google.com/amp/s/theconversation.com/amp/les-pays-les-plus-precaires-sont-les-plus-vulnérables-au-covid-19-133956 consulté le 14/04/2020;
  • Dominique Strauss-Kahn, l’être, l’avoir et le pouvoir dans la crise,Politique étrangère, avril 2020,https://www.google.com/amp/s/www.slate.fr/story/189339/economie-politique-coronavirus-covid-19-pandemie-analyse-dominique-strauss-kahn-crise-economique-democratie% 3famp consulté le 12/04/2020 ;
  • MalthideLemoine ,PhillippeMadies , Thierry Madies, les grandes questions d’économies et de finance internationales , De Boeck Supérieur , 2016, 3 ème éditions ;
  • Ngozi okonji-Iweala ,BrahimaSangafowa Coulibaly , Tidjane Thiam , Donald Kaberuka , Vera Songwe , StriveMasiyiwa , Louise Mushikiwabo et Trevor Manuel  , Suspension de la dette de l’afrique : un bon début du G20 , mais il faut faire plus , Jeune Afrique , 2020 ;htpps : //www.jeuneafrique.com/930853/economie/tribune-suspension-de-la-dette-de-lafrique-un-bon-debut-du-g20-mais-il-faut-faire-plus/ consulté le 20/04 /2020 ;
  • Entretien de Papa Demba Thiam à le Point , Propos recuiellis par Malick Diawara https://www.lepoint.fr/afrique/le-covid-19-peut-aider-les-economies-africaines-a-se-reinventer-31-03-2020-2369643_3826.php

[1] Etudiants à L’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) option Banque Monnaie Finance Internationales(BMFI). Les auteurs remercient également leur camarade et major de la promotion BMFI 2017-2019 Adamou Abdoulaye pour ses précieux conseils et relectures.

[2]Propos rapporté par Mathilde Lemoine et al, in les grandes questions d’économies et de finance internationales, De Boeck Supérieur, 2016, 3ème éditions pages 477.

[3] Signification de COVID : « CO » signifie « Corona » ; « VI » signifie « Virus » ; et « D » signifie « Disease » soit « maladie » en français enfin 19 renvoie à l’année de son apparition soit l’an 2019.

[4] https://www.google.co.jp/amp /s/m.actu-environnement.com/amp/actualites/dereglement-climat-coronavirus-augmentation-propagation-Virus-pandemie-35212.html&ie=UTF-8&oe=UTF-8&hl=fr-jp&client=safari

[5]www .undp .org/content /undp /fr /home /Coronavirus .html

[6] Les coronavirus forment une vaste famille de virus qui peuvent être pathogènes chez l’homme et l’animal. Ils existent plusieurs coronavirus déjà découvert à ce jour tels que le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). (who.int, Maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) : questions-réponses).

[7] au.int, Mise à jour des surveillances de la propagation de COVID-19 au 7 avril 2020, pour 52 pays de l’Union Africaine nous recensons 10 252 cas pour 492 morts et 989 rétablissements.

[8] André Gorz,  Ecologica , Editions Galilée, 2008.

[9] Cette diminution des recettes d’exportations va également contribuer à la baisse des réserves de change des différents pays africains. Cette baisse des réserves va se répercuter sur leurs balances de paiements qui sont pour la plupart déficitaires.

[10] www.un.org/africarenewal /fr/dernière-heure/coronavirus/la-cea-estime-des milliards -de pertes-en-afrique -en-raison-de l’impact-du-covid-19

[11]Ibid

[12] Du point de vue de l’offre, la réduction de la production entraine une hausse des prix pour les consommateurs. Ducôté de la demande, la réduction de la demande nuit aux propriétaires des entreprises et à leurs employés.

[13] Il s’agit pour l’essentiel du respect de la distanciation sociale, le lavage des mains régulièrement avec du savon ou avec toute solution hydro alcoolique, la fermeture des écoles ou encore la restriction des déplacements des populations et l’interdiction des grandes manifestations pour éviter la propagation du Virus.

[14] De nombreux gouvernements à l’instar de ceux du Cameroun ont mis en place l’assurance volontaire pour les travailleurs du secteur informel qui peinent à se développer. De même, la micro-assurance peine à se développer comme la microfinance malgré des initiatives louables à l’instar du système d’assurance « Assur tous » d’Atlantique Assurance qui offre des polices d’assurances pour la santé et les accidents moyennant une prime de 100 francs par jour collectés au travers du mobile money.

[15] La gratuité de l’électricité, de l’eau ou encore  des transferts de fonds.

[16] Le protocole que la majeure partie des pays du continent africain utilise pour faire face à cette pandémie est issu des travaux du Professeur Didier Raoult qui fait de la Chloroquine et de l’hydroxychloroquine des remèdes efficaces de lutte contre cette pandémie. Cependant certains éléments composants ces remèdes sont importés de l’Inde et de la Chine.

[17] Le COVID-19 met à nu la vulnérabilité des pays développés, de nombreux pays appellent à une relocalisation des activités de production à l’instar de la France où on parle de relocalisations des activités stratégiques. Ainsi les cartes seront distribuées et les productions nationales de se développer. Cependant ceux-ci vont se heurter à la résistance au changement de structures ossifiés pour des raisons économiques propres aux stratégies d’entreprises

[18]

[19]https:// www.imf.org/fr/Topics/  imf-and-covid 19

[20] Les institutions de Bretton Woods sont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.

[21] Le G2O regroupe les vingt premières économies du Monde .

[22] Les autres recommandations sont de manière non exhaustive la mise en place d’un fonds d’urgence doté de 200 milliards d’USD financées par les différentes institutions financières internationales ou encore le relèvement des contributions des Etats au Fonds fiduciaire d’assistance et aux ripostes aux catastrophes naturelles et au Fonds fudiciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance .

[23] Ngozi et al , Suspension de la dette de l’afrique : un bon début du G20 , mais il faut faire plus , Jeune Afrique , 2020 ;



La chanteuse gabonaise Pamela Badjogo signe un morceau qui dénonce les oppressions subies par les femmes, ainsi que les violences conjugales, accrues pendant le confinement, dont des milliers sont victimes.

Pamela Badjogo n'en est pas à sa première prise de parole en matière de défense des droits des femmes. En avril 2017 déjà, la chanteuse et compositrice d'afro jazz gabonaise dirigeait le programme "Moussoyayé Koba yé" ("C'est une excellente chose d'être une femme"), un collectif contre les violences basées sur le genre. L'initiative, soutenue par l'ONU femmes notamment, a rassemblé une vingtaine d'artistes parmi lesquelles Rokia Traoré, lors d'un concert au Mali. Plusieurs mois plus tard, en janvier 2018 à Douala, au Cameroun, Pamela Badjogo animait un atelier sur l'autonomisation des femmes africaines.

Ce 8 mai, à l'occasion de la sortie de son nouvel album KABA, la chanteuse livre Respectez-nous, un morceau en français qui dénonce les violences conjugales et les discriminations que les femmes subissent au quotidien. Un hymne à l'égalité femmes-hommes à base de "saveurs afro beats rétro-futuristes à base de synthés électroniques modernes qui rappellent les nuits dans les clubs de la diaspora africaine à Londres", comme le souligne sa maison de disques.

"Quand va-t-on s'écouter ?"

x
"Respectez-nous", de Pamela Badjogo

A travers les paroles, le message de la chanteuse est limpide. Elle s'attaque aux hommes qui battent leur conjointe en accusant le soit disant respect du mariage et de l'homme : "Tu sais chez nous, le mariage c'est sacré, faut pas contrarier le chef du foyer, si tu sais pas bien faire ton mafé, trois côtes cassées, pas cher payé". Elle mentionne le harcèlement sexuel que subissent certaines femmes lors d'un entretien d'embauche par exemple, et appelle à l'égalité : "Les femmes aussi ont deux mains et deux pieds, admettez qu'on pourrait vous apporter, la matière grise qui pourrait vous manquer. Quand va-t-on s'écouter ? Homme et femme sur un pied d'égalité, maintenant c'est comme ça".

Le clip a été tourné à huis clos, en référence au confinement et à l'augmentation tragique des violences intrafamiliales (sur conjoint·e ou enfant) pendant la crise sanitaire, constatée par l'Organisation mondiale de la santé. Au 7 mai, les services dédiés enregistrait d'ailleurs 60 % d'appels d'urgence en Europe pendant la quarantaine. "Respectez-nous tourne en dérision des situations d'oppressions telles que les violences conjugales et le harcèlement sexuel au travail dénoncés par le mouvement #MeToo". L'humour pour mieux alerter ? En tout cas, la chanson reste en tête - et son message aussi.

Terrafemina



Des femmes choisissent des vêtements sur un marché du centre de Bujumbura, le 9 avril 2020.

RFI- Des médecins tirent la sonnette d’alarme : refus de tester des malades présentant des symptômes au coronavirus, cas cachés notamment dans un hôtel ou encore des nombreuses morts suspectes... Ils dénoncent « une politique délibérée » pour ne pas perturber le processus électoral.

Après avoir été officiellement épargné « par la grâce du Bon Dieu » pendant longtemps par le Covid-19, le Burundi reste l’un des pays les moins touchés par la pandémie si l’on en croit les autorités. Le compteur des cas testés positif est bloqué depuis une semaine sur 19 cas testés positifs, dont un seul décès. La conséquence, c’est que les bus, les églises et les marchés sont bondés et que des dizaines de milliers de personnes se pressent chaque jour avec insouciance dans des meetings politiques en vue des élections du 20 mai prochain.

Mais des médecins sonnent l'alerte. Des sources médicales assurent qu’au moins six personnes présentant des symptômes liés au Covid-19, toutes en détresse respiratoire, ont perdu la vie cette semaine dans deux hôpitaux de Bujumbura. D’autres dans un état moins grave sont signalés dans plusieurs hôpitaux de la capitale ou sont alités à leurs domicile. Le problème, c’est que le ministère de la Santé refuse de tester ces malades « en assurant qu’il agit sans doute d’une simple grippe ou du paludisme », accusent nos sources.

« Une transmission cachée »

Pire à leurs yeux, l’INSP, la seule structure qui pratique les tests de dépistage du coronavirus au Burundi, a fait les prélèvements nécessaires sur deux de ces cas. Ils sont morts deux jours plus tard, et jusqu’ici, l’INSP n’a jamais transmis les résultats de ces tests.

Officiellement, la situation est totalement maîtrisée dans ce pays protégé, selon les autorités, par « le bon Dieu tout-puissant ». Malheureusement, « il y a une transmission communautaire cachée et qui n’est pas contrôlée », prévient un de ces médecins.

C’est ainsi que l’Hôtel Source du Nil de Bujumbura, qui a d’abord abrité des voyageurs en quarantaine, est devenu un centre de confinement pour des cas positifs au Covid-19, asymptomatiques ou pas très gravement malades. 45 personnes dont certains sous traitement, y étaient confinés il y a deux jours, selon nos sources. Elles n’ont pas le droit sortir de leur chambre sauf pour une prise quotidienne de température devant l’hôtel. Mais ils passent dans un escalier dédié, qui est désinfecté tout de suite après. Enfin, leur nourriture est placée dans des barquettes à usage unique qui sont déposés devant la porte de leurs chambres par un personnel qui porte gants et masques.

Aucun responsable du secteur de santé ne pouvoir être joint jusque dans la nuit de samedi. En attendant, la politique de lutte contre le coronavirus inquiète l'OMS.


 Human Rights Watch dénonce 

La campagne électorale est très tendue au Burundi, où le gouvernement accuse le principal parti d’opposition, le CNL d’Agathon Rwasa, d’être pratiquement le seul responsable des violences politiques qu’on observe en pleine campagne électorale avant la triple élection prévue dans huit jours. La police a déjà annoncé l’arrestation d'une soixantaine de militants de ce parti et deux candidats de ce parti aux législatives ont été également arrêtés, mais son leader fait de la résistance.

L’organisation internationale des droits de l’homme Human Rights Watch est toujours en train d’enquêter sur les incidents les plus récents, mais son directeur pour l’Afrique centrale Lewis Mudge rappelle que les autorités et les Imbonerakure, les jeunes affiliés au parti au pouvoir, sont responsables depuis 2015 de nombreux actes de violences, en toute impunité.

Le fait que le gouvernement annonce que ce n'est que le CNL qui est responsable des récentes violences n'est pas étonnant : cela correspond aux prises de paroles du gouvernement depuis quelques années. Ce n'est jamais la faute du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Toutes les choses mauvaises qui arrivent sur les collines, c'est toujours la faute des opposants. Les violences et la répression sont un signe distinctif de la politique au Burundi depuis 2015. Ces élections vont avoir lieu dans un contexte où les autorités burundaises et les jeunes liés au parti au pouvoir utilisent la violence avec une impunité quasi totale. En même temps, il faut noter que dans une bien moindre mesure, on a également documenté des violences contre des membres et des jeunes du CNDD-FDD.



John Allosso (@JohnAllosso) | Twitter

En Afrique centrale et de l’Ouest où plus de 15 000 cas de coronavirus ont été signalés, la chanson souligne l’esprit de #DontGoViral

« Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible / Pour une fois, éloignés, nous serons invincibles / Je sais que tu as toujours rêvé d’être Superman / Mais reste chez toi, tu verras, c’est super, man ! », dit la chanson « Protège ta life », créée par le collectif artistique nigérien « Poings levés » qui entend mobiliser et sensibiliser aux périls du COVID-19, au Niger et dans toute l’Afrique.

En Afrique centrale et de l’Ouest où plus de 15 000 cas de coronavirus ont été signalés, la chanson souligne l’esprit de #DontGoViral, la campagne en ligne lancée le 1er avril par l’UNESCO et l’Innovation for Policy Foundation (i4Policy). Cette campagne rassemble des contenus créatifs et répond au besoin urgent d’informations culturellement pertinentes en accès libre dans les langues africaines afin d’informer les communautés, dans leurs propres idiomes, sur la manière de prévenir la propagation du COVID-19 et de lutter contre « l’infodémie » galopante de désinformation et d’hypothèses hasardeuses sur le virus.

Depuis son lancement, la campagne a reçu plus de 500 soumissions de plus d’une quarantaine de pays d’Afrique. Les publications de la campagne sur les médias sociaux, rien que sur Facebook et Twitter, ont touché plus de 90 millions de personnes à ce jour, et les vidéos ont été vues par quantité d’autres personnes sur YouTube, sur des plateformes de messagerie et diffusées par des stations de radio locales dans le monde entier.

« Le succès de la campagne DontGoViral souligne la résilience et la créativité des femmes et des hommes sur le continent africain pour exploiter le pouvoir de la diversité culturelle afin de combattre efficacement l’infodémie qui s’avère tout aussi virale que la pandémie elle-même. Leurs contributions montrent que les acteurs culturels sont une partie indispensable de la solution », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay.

Des artistes de haut niveau de toute l’Afrique et de la diaspora africaine s’associent à la campagne, notamment Fally Ipupa, Timi Dakolo, Wale Turner, Stonebwoy, Reekado Banks, Les Frères Smith et Seun Kuti, Didier Awadi ou Youssou N’Dour.

LE SUCCÈS DE LA CAMPAGNE DONTGOVIRAL SOULIGNE LA RÉSILIENCE ET LA CRÉATIVITÉ DES FEMMES ET DES HOMMES SUR LE CONTINENT AFRICAIN POUR EXPLOITER LE POUVOIR DE LA DIVERSITÉ CULTURELLE

Outre « Protège ta life » du collectif « Poings levés », le choix musical #DontGoViral de l’UNESCO est régulièrement mis à jour avec de nouvelles contributions. Figurent dans cette « playlist » Bobi Wine et Nubian Li, une remix du chanson “Corona Virus Alert” de Bobi Wine par la jeunesse, Didier Awadi, Youssou Ndour, et le collectif Daan Corona, Les Frères Smith et Seun KutiSeroney, Siti AminaBig Seush et AST, le Mukuru Youth Initiative, Goumour Ezza, Collectif 229, Msafiri Zawose, Saintrick MayitoukouPam Luster, et Mujtaba Alsedding.  Figurent aussi un clip pictural de Dhemian art, un spot sur les gestes barrières de Kuwala Creatives, et un court-métrage en langue des signes par le Sudan Story Lab. Il s’agit d’assurer l’accès à l’information pour tous, personnes handicapées comprises.

Au Niger, l’UNESCO et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) se sont associés à « Poings levés », un collectif de sept chanteurs engagés réunis autour du rappeur Danny Lee, pour mobiliser et sensibiliser le public nigérien.

Le résultat de cette collaboration est la chanson « Protège ta life », dont les paroles sont en en djerma, en haoussa, en tamachek et en français – avec des versions sous-titrées en anglais, en arabe et en français. « Nous espérons que nos voix et celles des chanteurs peuls bororos, le peuple nomade du Sahel, atteindront toutes les régions culturelles et linguistiques du Niger et même au-delà de nos frontières ; à travers toute l’Afrique occidentale et centrale », déclare Danny Lee.

Le clip musical qui accompagne cette chanson percutante a été tourné pendant le confinement, dans le studio d’enregistrement de Danny Lee et à l’hôpital de Niamey pour rendre hommage à son personnel qui travaille jour et nuit. 

Lors du tournage, le collectif a également fait participer des réfugiés vivant à Niamey impliqués dans la prévention. Dans le clip, on voit ces hommes et ces femmes qui ont fui la guerre produire du savon et de l’eau de javel à distribuer aux communautés les plus vulnérables du Niger, avec le soutien du HCR et de ses partenaires. « Cette pandémie nous touche tous et c’est en restant unis, tous ensemble, que nous parviendrons à la vaincre », affirme le collectif.

Au Niger, un pays qui compte actuellement environ 500 000 personnes déplacées, le HCR soutient activement la réponse du gouvernement à la pandémie, en ouvrant des centres médicaux pour isoler et traiter les patients à Niamey ou en distribuant du matériel médical et des kits d’hygiène dans tout le pays. La chanson « Protège ta life », avec le soutien de l’UNESCO, vient compléter les campagnes de sensibilisation dans ces communautés.

« Les réfugiés sont des acteurs essentiels de la réponse de santé publique et un élément clé de la cohésion sociale, y compris aux yeux de la population qui les accueille », explique Alessandra Morelli, représentante du HCR au Niger. « Produisant du savon et d’autres produits de nettoyage, ils deviennent une partie intégrante de la lutte contre la transmission du virus. Notre objectif est que chaque réfugié et chaque membre de la communauté d’accueil dispose de savon, d’eau de javel et de masques produits localement », ajoute-t-elle.

Stella Adiambo Agara |Info Afrique



"La saison 2019-2020 de sports professionnels, notamment celle de football, ne pourra pas reprendre", a annoncé le Premier ministre français Edouard Philippe, mardi dans un discours à l'Assemblée nationale, douchant les espoirs des différents championnats interrompus depuis mi-mars en raison de la pandémie.

"Pour donner aux organisateurs d'événements de la visibilité, je veux préciser que les grandes manifestations sportives (...), tous les événements qui regroupent plus de 5000 participants et font à ce titre l'objet d'une déclaration en préfecture et doivent être organisés longtemps à l'avance, ne pourront se tenir avant le mois de septembre", a-t-il également déclaré devant les députés.

La décision de l'UEFA de décaler l'Euro-2020 à l'été 2021 avait offert de nouvelles possibilités au calendrier pour que les championnats de foot s'achèvent, une fois éloignée les risques sanitaires liée à la pandémie de coronavirus qui a mis le football à l'arrêt fin mars. Mais l'hypothèse privilégiée par la Ligue de football professionnel (LFP), à savoir reprendre la Ligue 1 le 17 juin à huis clos, et la terminer le 25 juillet, semble dorénavant très compromise par les annonces du Premier ministre.

Ce scénario présentait l'avantage de laisser aux joueurs au moins quatre semaines de préparation physique, le temps minimal estimé par les spécialistes, en cas de reprise de l'entraînement durant la semaine du 11 mai. Il collait aussi aux souhaits de l'UEFA qui espère voir les championnats nationaux aller à leur terme cet été, avant d'achever à son tour les compétitions européennes au mois d'août, au prix d'un calendrier chargé.

Ces annonces laissent également en suspens l'achèvement de la saison 2019-2020 du Top 14 de rugby prévue à la fin de l'été, et la tenue du Tour de France, reprogrammé du 29 août au 20 septembre. Pour les coureurs cyclistes, confinés comme les autres sportifs depuis le 17 mars, les annonces du Premier ministre ouvrent la voie à la reprise de l'entraînement individuel sur route.



Le Tour d'Espagne ne débutera pas, comme cela devait être le cas, aux Pays-Bas. Le comité d'organisation néerlandais de l'épreuve l'a indiqué ce mercredi matin. "Nous avons contacté toutes les parties concernées pour évaluer la possibilité d'organiser le départ de la Vuelta en automne. Nous avons conclu que cette tâche était trop compliquée" a expliqué Martijn van Hulsteijn, directeur du comité d'organisation de La Vuelta Holanda. Déplacée à cause du repositionnement du Tour de France, la Vuelta ne connaît pas encore officiellement la date de son départ. Nous vous annoncions il y a une semaine que le départ devrait se dérouler le 1er novembre.

La Vuelta 2020 devait initialement se dérouler du 14 août au 6 septembre et débuter par un contre-la-montre par équipes à Utrecht. La deuxième étape devait relier Den Bosch à Utrecht et la troisième étape était aussi prévue aux Pays-Bas, avec départ et arrivée à Breda.

"Déplacer les trois étapes vers l'automne semble techniquement impossible et nous avons conclu qu'il y avait trop d'incertitudes liées au coronavirus. C'est une énorme déception mais évidemment, la santé publique passe en premier" a indiqué Jan van Zanen, le Bourgmestre d'Utrecht, qui devait accueillir le grand départ.

"Le changement de calendrier nous a contraint à un changement de programme", explique Javier Guillen, directeur général d'Unipublic, l'organisateur de la Vuelta. "Nous en avons longuement discuté avec nos partenaires néerlandais, avec lesquels nous avons travaillé en parfaite harmonie, dans un climat de pleine collaboration, et la décision était claire pour tous : l'impossibilité de mener ce projet à bon terme dans ces nouvelles conditions. C'est une décision difficile, que personne n'aimerait avoir à prendre, mais les circonstances compliquées que nous traversons et qui dépassent toutes les attentes ou prévisions nous y ont obligés".

Un projet de grand départ de l'épreuve espagnole en 2022 à Utrecht est d'ores et déjà à l'étude.
 

 Cancelada la salida oficial de #LaVuelta20 desde los Países Bajos

The official departure of La Vuelta 20 from The Netherlands is cancelled

Annulation du départ officiel de La Vuelta 20 depuis les Pays-Bas

— La Vuelta (en casa ) (@lavuelta) April 29, 2020


La NBA, la ligue nord-américaine de basketball, a annoncé mardi soir la liste des joueurs inscrits pour la draft, la sélection des meilleurs joueurs universitaires. Parmi les 205 joueurs inscrits, Joël Ekamba est le seul Belge. Le joueur de 19 ans évolue avec l'équipe Espoirs de Limoges en France.

Formé à Mons-Hainaut, Ekamba a rejoint Limoges en novembre dernier. Il y évolue avec l'équipe Espoirs tout en s'entraînant avec l'équipe première. Depuis son arrivée, il a compilé 13 points, 3 rebonds et 2,2 passes décisives de moyenne.

Son inscription n'est cependant pas définitive et le meneur belge peut la retirer jusqu'à dix jours avant la draft si les retours ne sont pas positifs.

La draft est prévue le 25 juin à New York mais pourrait être reportée. En raison de la pandémie de coronavirus, la NBA est actuellement à l'arrêt et l'incertitude persiste quant à une éventuelle reprise.

Page 5 of 13

A Propos

 


IPHAME.

Imburi Phare Media est un média en ligne sur l'actualité des Grands Lacs africains et sa diaspora. Une plateforme d’informations, de conseils,d’analyses et perspectives.

Derniers Articles

Newsletter

Rejoignez notre newsletter et recevez des news dans votre boîte de réception. Nous ne vous enverrons pas de spam et nous respectons votre vie privée.