Au Burundi, les élections présidentielles, législatives et communales viennent d’avoir lieu le 20 mai. Des élections pas comme les autres, sans observateurs internationaux, des élections marquées de persécutions des opposants au régime. Les résultats de ces élections sont du coup rejetés par le CNL, le principal parti d’opposition dont son candidat Agathon Rwasa aurait remporté la victoire. Mais il n’a eu pas cette victoire, du moins pour l’instant, puisque la très dépendante commission électorale a communiqué d’autres résultats, souvent avec des erreurs monstrueuses et avec hésitations. Des résultats qui font honte et qui viennent même d’être enlevés sur le site de cette Commission.

A la lecture de ces résultats, on a pu lire ou entendre la détresse de beaucoup de Burundais qui avaient espéré le changement. Ils sont nombreux à exprimer leur  ras-le-bol de ce hold-up électoral qui se répète pour une 3è fois depuis 2010. Mais, ils ne sont pas les seuls. L’église catholique a aussi dénoncé les nombreuses irrégularités du scrutin qui entachent toute crédibilité des résultats issus de ce scrutin.

Mais que disent les Burundais du bout du monde ?  Imburi Phare a pu s’entretenir avec certains membres de la diaspora burundaise des quatre coins de la Terre. Lisez ci-dessous leurs points de vue :

Nema, France

Les élections du 20 Mai 2020 constituaient un espoir pour de nombreux burundais de la diaspora. En effet, parmi les membres de la diaspora burundaise à travers le monde figurent de nombreux réfugiés politiques qui espéraient rentrer dans leur mère patrie à l’issue de ces élections. Cependant, force est de constater qu’il s’agit d’un nouveau rendez-vous manqué pour assoir une culture démocratique au Burundi. On ne peut pas parler de résultats des élections sans parler des conditions dans lesquelles ces dernières ont été organisées et celles dans lesquelles elles se sont déroulées. Des élections non inclusives (qui écartent une partie des acteurs politiques et des burundais qui habitent à l’étranger), sans observateurs impartiaux, où des mandataires, voire des candidats de certains partis politiques sont malmenés, emprisonnés ou tués ne peuvent pas aboutir à un résultat crédible. Sans surprise, un des candidats aux élections présidentielles a qualifié ces élections de « fiasco » et ces résultats de « fantaisistes ».

Pour les Burundais de la diaspora, c’est une grande déception de voir que, comme à chaque élection, malgré l’espoir suscité au sein de la population, tout le processus électoral qui était supposé être démocratique n’a été qu’une supercherie de plus. On a toujours des tueries, des emprisonnements abusifs qui ciblent les opposants. Cela préoccupe beaucoup la diaspora burundaise qui espérait l’avènement d’un Burundi paisible où chaque citoyen est libre et peut jouir de ses droits sans aucune contrainte.

La diaspora burundaise, à travers le monde, suit de très près l’évolution de la situation politique, sécuritaire et socio-économique du Burundi. Elle a toujours agi et continuera à le faire pour l’intérêt du peuple burundais. Nos dirigeants doivent être au service du peuple et accomplir sa volonté. Seul le peuple est souverain, son choix doit être respecté. Tous les acteurs de la vie politique burundaise devraient mettre toujours en avant l’intérêt de la population dans leurs décisions. Il est difficile pour le moment de savoir ce qu’il faudra faire si la cour constitutionnelle ne donne pas raison à RWASA et que celui-ci conteste toujours ces résultats. Tout dépendra de la décision que prendra RWASA lui-même face au verdict de la cour constitutionnelle.

Pamela, Canada

Résultats prévisibles. Personne n’aurait imaginé le contraire sauf pour ceux qui VOUDRAIENT rêver un peu, mettant ainsi de côté la realpolitik. Si le parti au pouvoir A DÉSIGNÉ son candidat comme héritier, cela signifie que le SAMURAGWA n’a même pas besoin de concourir ; il est déjà désigné. La spécificité des élections de 2020 est qu’un groupe d'individu actif sur les R.S a tenté de manipuler les esprits en leur faisant croire qu’il y avait une possibilité de remporter des élections qui se déroulent à huis clos, sans observateurs crédibles et qui se font dans une situation où la population vit dans la peur d’une nouvelle crise.

 Maintenant que les résultats sont connus, quelle est la suite ? Les contester juridiquement ? C’est une possibilité ; à condition que le contestaire ((Rwasa probablement) ait à sa disposition des éléments de preuve des irrégularités. Et si la cour constitutionnelle ne lui donne pas raison ? Pourra-t-il descendre dans les rues avec ses partisans ? Un bon leader va devant et le peuple le suit. Le peuple prend exemple sur lui et ensemble ils forment un front. Au cas contraire, le risque est grand de voir encore une fois des vies innocentes fauchées. 

C’est vraiment utopique de croire cela, la crise burundaise date de longtemps avec des séquences d’un semblant d’accalmie pour un groupe au détriment d’un autre. Un nouveau leadership capable d’affronter les ombres du passé pourra à lui seul sortir le pays de ces crises perpétuelles. A titre illustratif comment pourriez-vous par exemple expliquer qu’en 2020 avec un électorat féminin de plus de 50 % nous ayons encore à coopter des femmes dans les instances de décisions ? Comment se fait-il que la voix des femmes reste inaudible ? Tout simplement parce que, à ce jour, des millions de burundais sont encore considérés par la classe (élite politique) comme des sous-personnes, de la chair à canon ou bouclier humain et cela ne peut en aucun cas permettre que le pays ne puisse encore sombrer dans une crise. A chaque fois que le peuple se sentira opprimé, il réagira d’une manière ou d’une autre.

Oscar, Suède

Difficile de me prononcer sur les résultats étant donné que je n'ai pas assez d'éléments (PV) pour dire que ces résultats reflètent la réalité des urnes. Néanmoins, je peux dire que ces élections ont été émaillées de plusieurs irrégularités quant à leur préparation et leur déroulement. Les membres des partis de l'opposition en général et du parti CNL en particulier ont été des ciblés privilégiées des services de l'Etat (police, armée, service national des renseignements, justice) et des jeunes du parti au pouvoir.  

Les mandataires politiques de l'opposition en général et du parti CNL ont été malmené et n'ont pas pu pour la plupart assisté au comptage des voix, ce qui  est une violation flagrante de la loi électorale. On peut aussi se baser sur la déclaration des évêques de l'église catholique qui qui ont énuméré par mal d'irrégularités.  

Je dois aussi mentionner la réponse du président de la CENI aux journalistes qui lui demandaient pourquoi les résultats provisoires qui avaient été présenté à la communauté nationale et internationale n'étaient plus disponibles sur le site de la CENI. La réponse de Kazabukeye doit être une blague de mauvais goût. Il a dit que les résultats présentés étaient un draft. Ils n'avaient été ni contrôlés, ni visés par la CENI. La question qui est sur les lèvres de plusieurs burundais est de savoir qui avait contrôlé et visés ces chiffres présentés par Kazabukeye?

 À quand les résultats provisoires?  

Tous ces éléments me poussent à douter des résultats de ce triple scrutin.  

J'ose espérer que l'opposition en général et le parti CNL en particulier dispose d'assez de PV qui pourront prouver cette éventuelle fraude électorale. 

Je déplore le fait que d'autres opposants reconnaissent  le pouvoir à Evariste Ndayishimiye coupant ainsi l'herbe sous les pieds de Rwasa et aussi lui empêchant d'aller plus loin au cas où la cour constitutionnelle ne lui donne pas gain de cause. Ces mêmes politiciens n'ont même pas eu la patience d'attendre la période des recours et les résultats finals.  

Si Rwasa serait en possession des PV qui démontrent le contraire de ce qui a été proclamé comme résultats par la CENI et que la cour constitutionnelle ne lui donne pas gain de cause, j'en appellerais à tous les burundais à se lever comme un seul homme pour que l'expression du peuple burundais à travers les urnes soit respectée. 

Protais, Rwanda

Premièrement ce sont des élections exclusives et non transparentes. Ce sont des élections préparées dans un climat défavorable pour les opposants. Les résultats qui ont été proclamés ne sont que des résultats fantaisistes non conformes à ce que le peuple a voté.

Après la non validation de ce que Rwasa a appelé fraude électorale par la cour constitutionnelle. C’est un signe qui montre que la lutte politique ne peut pas renverser le régime en place. A notre avis le meilleur chemin pour combattre le régime du CNDD -FDD c 'est d 'intensifier la force de la résistance en faisant le recours aux armes. Nous pensons que c'est l'un des meilleurs moyens qui peut faire comprendre le régime du CNDD-FDD que le droit du peuple soit rétabli.

Céline, Uganda 

Les résultats provisoires des élections du 20 Mai 2020 font état d'une corruption fragrante des institutions du pouvoir CNDD-FDD.Il s'agit d'une preuve du système de marche vers l'oppression que le pouvoir déclare plus ouvertement au peuple burundais.

Au-delà du désespoir, ces résultats nourrissent des cœurs burundais, d'un sentiment plus déterminant à secourir leur nation. 

Au cas où l'honorable Rwasa insisterait à contester ces résultats et que la cour constitutionnelle s'affirme en sa défaveur ; il s'agira d'une ouverture légitime à la révolte sociale qui caractériserait un pouvoir faible et tyrannique résultant des tricheries des dernières élections.

Jérôme, USA

A vrai dire, ces résultats ne m’ont pas surpris du tout. Je m’attendais aux pires d’ailleurs : troisième place après l’Uprona ou la coalition Kira-Burundi. Je dis cela parce que ces élections n’ont pas réuni les conditions les plus élémentaires d’une élection crédible et transparente et l’organe organisateur de ces élections a brillé par ces décisions partiales. Donc, je ne pouvais pas m’attendre aux résultats dans le sens contraire.

Rwasa a déjà informé l’opinion nationale et internationale qui va saisir la cour Constitutionnelle pour contester ces résultats provisoires, c’est son droit. Cependant je ne sais pas s’il lui sera facile surtout que la CENI ainsi que l’administration en place ne lui a donné aucune chance pour collecter les preuves nécessaires et irréfutables qu’il devra présenter devant les juges. Ensuite, il y a le problème de de la dépendance et la partialité du juge burundais en général.

Enfin, si la cour constitutionnelle ne lui donne pas raison, il devra tout simplement se plier aux circonstances et se préparer pour 2027 si le pouvoir de CNDD-FDD lui donner cette chance car ce pouvoir a déjà réalisé que la majorité de la population est derrière lui.

Brice, Afrique du Sud

Quelles élections ? C’est honteux d’appeler cela élections ! Ce qui s’est passé, c’est un coup de force, faire signer les faux procès-verbaux par exemple, chasser les observateurs du FNL... ce n’est plus simplement de la fraude électorale, c’est tout simplement un hold-up électoral. Mais bon, il n’y avait rien de surprenant. On s’y attendait en quelques sortes. 

Je me demande si Rwasa va encore accepter d’entrer encore au gouvernement ou au parlement. Aussi, je pense que ces partisans sont déçus par Rwasa qui ment à eux et je pense qu’ils vont tous partir soutenir un autre parti qui veut réellement du changement au Burundi. Le problème est que c’est qui militent pour un vrai changement ont été tous contraints à l’exil. Et ces derniers ne parviennent pas à bien s’organiser pour opérer ensemble.

Theana, UK

Le communiqué de l’église catholique du Burundi témoigne un niveau de sagesse et d'impartialité. Tous les autres font prises de position inutiles.

La Cour constitutionnelle devra analyser juridiquement le cas et tant que le Burundi n'est pas membres d'une juridiction régionale ou internationale habilitée à gérer les affaires internes, le chemin sera court pour Rwasa même s’il a gagné.

Ce serait bizarre que la Commission électorale le fasse perdre s’il a gagné. Une des questions majeures que j'observe à distance est comment Rwasa pourra démontrer qu'il a gagné avec des résultats non contresignés (PV) par des témoins officiels et crédibles. Cette observation fait mal aux pro-Rwasa mais elle découle d'un raisonnement non aligné.

La diaspora pourrait mieux apprendre à savoir avec qui s'aligner pour sauver le Burundi. 

Hervé, USA

Les résultats des élections sont le fruit de plusieurs facteurs tels que le climat qui a caractérisé ces élections, la transparence dans la supervision de ces dernières, la bonne gouvernance du comptage des urnes, le strict respect des isoloirs, la liberté de la presse pour suivre le déroulement de ces élections, etc. Mais hélas ces élections ont été entachées de plusieurs irrégularités et surtout n’ont pas respecté ce que j’ai énuméré en haut. Il est alors très difficile de faire confiance aux résultats proclamés.

Ces résultats sont déjà contestés par Rwasa et de toute évidence il saisira la Cour Constitutionnelle et il n’aura pas gain de cause parce que le judiciaire n’est pas libre mais plutôt très contrôlé par l’exécutif. Tout dépendra alors de la réaction de Rwasa. Décidera-t-il à boycotter la participation aux institutions issues de ces élections et appeler ses militants à descendre dans les rues ? Se résignera-t-il à coopérer avec les tricheurs et se contenter des miettes reçues de leur part ? Seul l’avenir nous le dira.

Mon analyse générale de ces élections est que le taux de participation élevée montre que le peuple Burundais aspirait au changement politique mais le résultat fut l’opposé. Le Burundi est à la croisée des chemins. Soit on va sombre dans un système dictatorial géré par une minorité des personnes très puissantes qui tirent toutes les ficelles ou bien les Burundais épris de changement politique et la création d’un État de Droit vont en profiter pour engager une résistance et une auto-défense face au pouvoir de Gitega.

Marlyse, Australie

Ce n’était pas des élections et ici en Australie, les Burundais n’ont pas pensé qu’il y avait des élections au Burundi. Des élections organisées pendant que des centaines de milliers de Burundais sont en exil, beaucoup de gens sont persécutés, tués, emprisonnés, portés disparus juste parce qu’ils ne sont pas du CNDD-FDD ; des observateurs internationaux refusés... Non, c’est tout simplement un semblant d’élections.

Mais nous pouvons dire quand même que le peuple a fait tout ce qu’il peut. Il a été aux élections et a voté pour le changement, pour le CNL. Mais seulement voilà, le CNDD-FDD lui confisque la victoire lui accordée par le peuple. C’est un coup d’Etat comme les autres. Qu’ils ne critiquent plus ceux qui ont fait les coups d’Etat dans les années passées. Ce sont eux aussi des putschistes.

Que faire ? Il faut sauver ce pays. Le CNDD-FDD est prêt pour la guerre. J’ai entendu que dans certaines localités du pays, les habitants voient des hommes armés qui parlent kinyarwanda. N’est-ce pas des Interahamwe ? Les DD sont des criminels et sont prêts à tout faire pour garder leur pouvoir.

C’est à nous, membres de la diaspora, la société civile, les églises, la communauté internationale, etc. tous doivent se lever comme un seul homme pour combattre ce pouvoir qui tue et spolie son peuple.

Priscilla, Corée du Sud

Rien de nouveau. C’était prévisible. Le petit cercle du CNDD-FDD qui s’arroge tout pouvoir de faire les choses comme il l’entend est un groupe qui n’a que d’autre choix que se maintenir au pouvoir. C’est leur refuge. Parce que, vu les crimes commis par ce groupe, une fois qu’ils ne sont plus au pouvoir, où vont-ils aller ? Ni à l’intérieur ni à l’extérieur du pays, ils sont attendus pour être jugés. Ils magouillent donc pour rester au pouvoir. Ils s’enfoutent de la volonté du peuple, parce qu’ils ne sont pas là pour le peuple mais pour leurs intérêts.

Ils n’ont pas gagné les élections. On a vu tous les pv authentiques, pas ces chiffres manipulés par les DD et qu’ils ont fait lire au Président de la CENI et aux journalistes acquis à leur volonté.

Que faire ? Que tout le peuple, Hutu et Tutsi, tous les partis politiques se mettent ensemble pour chasser ce petit groupe mafieux. Les Burundais  ont désormais un ennemi commun et celui-ci n’est pas ni Tutsi ni Hutu. Même au sein du CNDD-FDD, il y a une grande partie qui en a ras-le-bol de ce petit groupe. Qu’il y ait convergence des efforts de tout le monde pour sauver ce pays ! Les divisions au sein des partis politiques ne feront que les maintenir au pouvoir. Il est temps que les Burundais prennent en main leur destin !

Propos recueillis par Benny Arakaza

 

 



Selon des informations non officielles qui circulent sur les réseaux sociaux, l'on s'acheminerait vers une reconnaissance de la victoire écrasante du parti CNL, Conseil national de la Liberté. Ce qui devrait être un grand soulagement pour ce pays d’Afrique de l’Est dans la dégringolade socio-politique et économique depuis plusieurs années.  

Alors que la proclamation des résultats par la Commission Nationale Electorale Indépendante, la CENI, se fait attendre, Agathon Rwasa, leader du CNL et véritable challenger du CNDD-FDD dans ces élections, a, lui déjà réclamé victoire de ces élections du 20 mai. Mais, contrairement à leurs habitudes, on observe un silence radio du côté des responsables du CNDD-FDD. Du moins, aucune réaction officielle jusqu'à présent, à part « quelques Imbonerakure plus zélés qui fabriquent sans scrupules des résultats fantaisistes ou exhibent des résultats de 2015 et qui les font lire à certains journalistes triés sur le volet de la radiotélévision nationale du Burundi », s’indigne un internaute. Mais dans un message audio, un Imbonerakure appelle ses collègues à la prudence et de ne pas jubiler. Dans son message en kirundi (langue locale), il laisse clairement sous-entendre qu’ils n’ont pas gagné.

Malgré l’arrestation et la persécution des centaines de mandataires du parti CNL peu avant et pendant les élections, le black-out des réseaux sociaux et le refus de publication du fichier électoral, ou même les bulletins de vote supplémentaires déjà déposés par les Imbonerakure dans les urnes avant même l’ouverture officielle, l'échec du parti au pouvoir serait très cuisant et leur plan de fraudes massives n'aurait pas du tout fonctionné. Les mandataires du CNL (voire même du CNDD-FDD voulant le changement) ont rapidement partager les PV après chaque comptage et seraient rentrés avec tous les PV des résultats par bureau de vote. D'où le plus grand désarroi et dilemme des ténors du CNDD-FDD en ce moment.

Lâcher du lest après 15 ans au pouvoir et reconnaître, la mort dans l'âme, ce ras-le-bol de leur mauvaise gouvernance exprimée par la population à travers ces élections ?

Ou alors Carabavunye et donc ne rien lâcher, se foutre de la volonté du peuple, puis se proclamer vainqueur et se préparer plutôt à réprimer les contestations comme en 2015 ?

Des discussions entre deux camps au sein du CNDD-FDD seraient en cours. Et il semblerait que le président sortant Pierre Nkurunziza a décidé de jouer l'arbitre. En tant que président sortant mais surtout en tant que leur guide suprême. C’est le CNDD-FDD lui-même qui l’a porté à ce grade et c'est le moment alors de l'écouter sans hypocrisie.
Mais ce serait peut-être aussi l'occasion en or de Nkurunziza de redorer son image, de se racheter auprès de la population burundaise qui a trop souffert de son long règne, avec 15 ans de corruption, de violences, de tueries, de pauvreté extrême...de galère.
Dans une interview accordée hier à la radio Haguruka, Frédéric Bamvuginyumvira, vice-président de la Coalition des Forces de l’opposition burundaise pour le rétablissement de l’Accord d’Arusha pour la paix et la reconciliation (CFOR Arusha) et ancien vice-president du Burundi, appelle justement le président Nkurunziza à être au-dessus de la mêlée et à penser à l’intérêt général de tous les Burundais qui se sont exprimés ce 20 mai.  

Bamvuginyumvira pense également que, en plus du président sortant Nkurunziza, le président de la CENI et le Chef d’Etat major de l’armée burundaise ont aussi un grand rôle à faire respecter la volonté des électeurs qui ont voté le changement.

Il n’est pas le seul à faire cet appel. Dans un message anonyme qui a circulé sur les réseaux sociaux, un Burundais rappelle à Pierre Claver Kazihise, le président de la CENI, qu’il est avant tout médecin et que « le caractère des médecins va au-delà des sentiments humains qui nous rendent prisonniers de nos passions, même partisannes pour s’adonner à soigner l’ennemi de son camp...Car le médecin que vous êtes, n’est pas ce juriste qui se cache derrière l’invocation de cas de conscience -certes vraie- pour échapper à dire la vérité. Dire la vérité pour vous Dr Kazihise, c’est faire preuve de ce caractère fort du médecin qui prime sur les sentiments partisans de membre de parti... ».

Espérons que cet appel sera entendu. Et les Burundais retiennent leur souffle pour ce week-end qui risque d'être très long.

Steve Baragafise | IPM Bujumbura



Production de thé, le Rwanda enregistre une nouvelle hausse de ses exportations, comparativement à la même période l’an dernier.

Au Rwanda, le secteur du thé épargné par la pandémie de coronavirus a connu une nette augmentation durant le premier trimestre de cette année.

Près de 9. 317 tonnes pour des recettes de plus de 27,6 millions de dollars américains, soit une hausse de 15 % par rapport à la même période en 2019.

La Zambie annonce une surproduction de l‘énergie électrique d’ici 2022

La Zambie ambitionne de décupler sa production d‘électricité d’ici 2022 grâce aux projets d‘énergies renouvelables en cours de développement.

Déjà autosuffisante en électricité, la Zambie veut aller plus loin dans sa production énergétique. Le pays dont la production actuelle dépasse les 80 % a stoppé ses importations en 2018.

Et les autorités estiment que cette production sera excédentaire d’ici les 2 prochaines années. Et pour desservir toute la population notamment rurale, le gouvernement mise sur l’offgrid et le soutien des entreprises privées.



Production de thé, le Rwanda enregistre une nouvelle hausse de ses exportations, comparativement à la même période l’an dernier.

Au Rwanda, le secteur du thé épargné par la pandémie de coronavirus a connu une nette augmentation durant le premier trimestre de cette année.

Près de 9. 317 tonnes pour des recettes de plus de 27,6 millions de dollars américains, soit une hausse de 15 % par rapport à la même période en 2019.

La Zambie annonce une surproduction de l‘énergie électrique d’ici 2022

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Déjà autosuffisante en électricité, la Zambie veut aller plus loin dans sa production énergétique. Le pays dont la production actuelle dépasse les 80 % a stoppé ses importations en 2018.

Et les autorités estiment que cette production sera excédentaire d’ici les 2 prochaines années. Et pour desservir toute la population notamment rurale, le gouvernement mise sur l’offgrid et le soutien des entreprises privées.



Après environ un mois et demi d'interruption pour cause d'élection présidentielle, le Championnat a repris ce jeudi. Le Burundi reste à ce jour le seul en Afrique à être toujours en activité, en attendant la reprise chez certains. (Crédit photo @fédération burundaise de football)

Ça s'est passé ce jeudi après-midi au stade Ingoma de Gitega, la capitale du Burundi, devant plusieurs centaines de supporters et le président de la FFB (également président du Sénat), Révérien Ndikuriyo. La Primus Ligue, c'est-à-dire le Championnat national édition 2019-2020, auquel il reste encore trois journées à jouer, a repris par un match en retard entre l'Athletico Olympic et Musongati FC, actuel dauphin du leader, Messager Ngozi. Un match animé, prolifique en buts et terminé sur un nul (3-3) qui n'arrange pas Musongati. La rencontre s'est jouée avec le nouveau règlement (temporaire) de la FIFA qui autorise cinq changements au maximum par équipe.
Depuis le 12 avril, date des quarts de finale de la Coupe du président, le football burundais s'était mis entre parenthèses. Non pas en raison de la pandémie du Covid-19, qui officiellement n'a que très peu touché le pays. Mais plutôt pour permettre à la campagne présidentielle (le 1er tour s'est déroulé mercredi 20 mai) de se dérouler et, éventuellement, d'utiliser les stades du pays pour des meetings... Depuis quelques semaines déjà et avant l'arrêt décidé par les autorités, la Fédération se pliait aux recommandations du Ministère de la Santé. Certaines mesures d'hygiène et gestes barrière étaient évidemment devenus obligatoires à l'entrée des stades, comme le lavage de mains, systématique.
Quant au protocole pour les matches, rien de comparable avec ce que l'on a pu voir du côté de la Bundesliga le week-end dernier...
En revanche, la distanciation sociale n'a pas vraiment été de mise dans les travées pleines des stades... Quant au protocole pour les matches, rien de comparable avec ce que l'on a pu voir du côté de la Bundesliga le week-end dernier. Le Burundi continue donc d'être une drôle d'exception au milieu des 54 pays africains qui, pour nombre d'entre eux, ont décidé de mettre fin à leurs compétitions nationales.
En dépit des inquiétudes de certains observateurs locaux, qui appréhendaient le premier tour de la présidentielle et craignaient des incidents ici et là, le match du jour a bel et bien eu lieu. La suite du programme est connue, depuis une décision de la Commission des compétitions prise le 9 mai : les demi-finales de la Coupe du Président sont programmées les 23 et 26 mai (aller) et 6-7 juin (retour). Les trois dernières journées du Championnat s'étaleront du 30 mai au 21 juin. La finale de la Coupe est fixée au 13 juin.

Le Burundi seul au monde

Par ailleurs, un match de bienfaisance, organisé à la demande des Intamba Mu Rugamba, les internationaux basés à l'étranger, aura lieu ce vendredi après-midi, en faveur des sinistrés des inondations à Gatumba. Voilà donc le Burundi seul au monde, ou plutôt en Afrique, bien décidé à mener à bien ses deux principales compétitions nationales, sachant que la D2 locale va également reprendre. Une réunion d'information auprès des présidents de clubs de l'élite a eu lieu mercredi au centre technique national. Ainsi donc va le Burundi, en ces temps d'incertitudes, seul ilot africain de football au milieu d'un océan de confinement et d'inactivité...
France Football


Le leader du principal parti d'opposition du Burundi, Agathon Rwasa, a rejeté, jeudi soir, les résultats partiels portant sur 12% des 119 communes proclamés par la radiotélévision nationale et accordant au candidat du pouvoir une victoire écrasante.

Ces résultats ont été annoncés mercredi au journal de 20h00 (18h00 GMT).

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Pierre-Claver Kazihise avait appelé, mercredi matin, les Burundais à la patience pour la publication des résultats partiels de ces élections générales, dont une présidentielle, attendus au plus tôt à partir de vendredi.

La Libre



Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) du Burundi a appelé jeudi la population à la patience pour la publication des résultats des élections générales de la veille, notamment une présidentielle disputée sans le sortant Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005. 

S'adressant aux gens qui "s'impatientent en attendant le résultat des élections", Pierre-Claver Kazihise a indiqué qu'après la fermeture des bureaux de vote mercredi après-midi, "il y a eu un comptage des voix au niveau des bureaux de vote et ce comptage est terminé", dans une interview accordée à des médias burundais.

M. Kazihise a ajouté que les résultats des 14.655 bureaux répartis dans 3.807 centres de vote étaient en cours d'acheminement dans les centres de la commission répartis au niveau des 119 communes du pays.

"Cela va prendre du temps", a-t-il poursuivi, en expliquant que la Commission électorale entendait publier simultanément les résultats des élections présidentielle, législatives et communales.

La proclamation de ces résultats devrait avoir lieu lundi ou mardi, avait-il réaffirmé mercredi.

Le président de la Céni a également mis en garde contre la diffusion de résultats de certains bureaux de vote sur les réseaux sociaux.

"Les chiffres intermédiaires des bureaux de vote ne démontrent rien du tout, ce sont les résultats officiels proclamés après le comptage au niveau de la commune qu'il faut communiquer à la population", a-t-il souligné.

Jeudi, les réseaux sociaux les plus populaires au Burundi étaient toujours inaccessibles, sauf pour les utilisateurs ayant recours à un réseau virtuel privé (VPN).

Cette élection, qui s'est globalement déroulée dans le calme, marque la fin de l'ère Pierre Nkurunziza.

Sa candidature à un troisième mandat controversé en 2015 avait plongé son pays dans une grave crise politique, qui avait fait au moins 1.200 morts et poussé à l'exode 400.000 Burundais. La présidentielle, avec sept candidats en lice, a notamment mis aux prises le dauphin désigné de M. Nkurunziza et candidat du parti au pouvoir, le Conseil national pour la Défense de la Démocratie - Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD), le général Évariste Ndayishimiye, 52 ans, et le chef de l'opposition et président du Conseil national pour la Liberté (CNL), Agathon Rwasa, 56 ans.

Le parti de M. Rwasa a dénoncé des arrestations dans ses rangs ou des pressions à l'encontre de ses assesseurs ainsi que des fraudes, en particulier dans les provinces de Rumonge (sud-ouest) et Bujumbura-Rural (ouest).

Le porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Pierre Nkurikiye, a pour sa part accusé les membres du CNL d'être responsables de "quelques incidents mineurs", dont "des tentatives de fraudes" qu'il a imputées à ce seul parti.

AFP



Les plateformes de médias sociaux sont devenues inaccessibles au Burundi alors que le vote a débuté dans tout le pays d'Afrique de l'Est mercredi.

Les bureaux de vote au Burundi ont ouvert mercredi à 06h00 heure locale (04: 00GMT) avec environ cinq millions d'électeurs qui devraient participer aux élections générales.

Les électeurs éliront leur président, les membres du parlement et les membres du conseil communal.

Sept candidats cherchent à remplacer le président Pierre Nkurunzinza, au pouvoir depuis 2005. Les principaux prétendants étant Agathon Rwasa du parti d'opposition CNL et Evariste Ndayishimiye du parti au pouvoir CNDD-FDD.

Les électeurs de la diaspora ne voteront pas à cause de la pandémie de coronavirus.

Les bureaux de vote fermeront à 16h00 heure locale et les premiers résultats préliminaires devraient être connus aujourd’hui même dans la soirée.

La commission électorale a annoncé qu'il y aura 53 observateurs internationaux  dont le personnel des ambassades de Tanzanie, d'Égypte, de Chine, du Kenya, d'Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo, du Nigéria, de la Russie et de la mission de l'Union africaine au Burundi.

La commission a interdit l'utilisation de téléphones portables et d'appareils photo par des observateurs et des mandataires politiques ainsi les agents de vote à l'intérieur des bureaux de vote.

La BBC a confirmé que l'accès à Twitter, WhatsApp et Facebook a été bloqué.

Seuls ceux qui utilisent un réseau privé virtuel (VPN), qui masque l'identité d'un utilisateur, peuvent accéder aux sites de médias sociaux.

Les organisations de défense des droits humains ont pourtant exhorté le gouvernement à ne pas bloquer Internet le jour du scrutin, car cela entraverait l'accès aux informations cruciales sur les élections.

Les critiques disent que la panne affectera également l'opposition qui ne pourra pas signaler les abus électoraux.

BBC News



Déconfinement progressif ou prolongement du confinement, l’industrie automobile en Afrique, toute aussi asphyxiée que le reste des secteurs de l’économie par la crise du coronavirus, reprend ses activités un peu partout sur le continent. Entre attentisme et optimisme pour l’avenir.

Redémarrage des machines pour la majorité de l'industrie automobile à travers le continent. Le japonais Honda vient de sonner la reprise progressive pour ses concessionnaires dans toute l'Afrique du Sud, avec une exploitation de l'assemble des effectifs seulement à partir du 8 juin prochain.

Volkswagen se déconfine au Rwanda

Au Rwanda, Volkswagen avait suspendu les activités de son usine d'assemblage pendant le confinement. Mais depuis que les autorités ont procédé au déconfinement de la population, « les activités ont repris. Nos usines fonctionnent à nouveau et nous assurons la sécurité sanitaire de notre personnel via des mesures strictes telles qu'édictées par le gouvernement », déclare à La Tribune Afrique une source au siège à Kigali.

Lire aussi : Automobile : le premier véhicule Volkswagen « Made in Rwanda » est sorti d'usine

Depuis le lancement de ses activités en juin 2018, Volkswagen, qui a investi plus de 20 millions de dollars, affiche de fortes ambitions pour son usine rwandaise. La crise du coronavirus est certes venue le court-circuiter, mais la reprise devrait lui permettre d'appuyer sur l'accélérateur, d'autant que le constructeur allemand cible plus largement le marché est-africain.

Renault et Peugeot écoutent le marché au Maroc

Au Maroc où l'état d'urgence sanitaire, confinement y compris, a été prolongé de trois semaines jusqu'au 10 juin prochain, les constructeurs et concessionnaires automobiles relancent progressivement leurs activités. Le géant du secteur, le français Renault a rouvert ses usines de Tanger et Casablanca fin avril-début mai. Cependant, la production totale qui atteint normalement 400 000 voitures par an, sera progressive et limitée pour l'instant aux commandes pré-confinement. Dans un communiqué récemment, le top management entendait faire évoluer la production en fonction de la reprise des marchés.

Le constructeur français qui a également opéré quelques changements dans l'organisation de son activité mondiale récemment, prévoit de relocaliser en Afrique du Sud sa production de camionnettes actuellement fabriquées en Espagne.

Toujours au Maroc, Peugeot a remis à flot son usine de Kenitra le 6 mai dernier avec au programme la reprise de la production de la Peugeot 208 et le probable montage prochain d'un véhicule électrique destiné au marché européen : Citröen AMI. Alors que Carlos Tavares, PDG du groupe annonçait son ambition de doubler d'ici mi-2020 la capacité de production de l'unité de Kénitra à 200 000 véhicules par an, il pourrait être freiné par la pandémie.

Flou sur le secteur en Algérie

En Algérie, certains équipementiers ont de nouveau fermé leurs usines après une relative courte réouverture. C'est le cas de Volkswagen et de Kia. La nouvelle politique adoptée par le gouvernement pour relancer l'industrie automobile nationale semble peu comprise pour l'instant.

L'Afrique, marché automobile de demain ?

Partout dans le monde, le secteur automobile a subi de plein fouet la crise provoquée par le coronavirus. Cependant, certains analystes estiment que ce recul ne serait qu'à court terme en Afrique. Dave Coffey, PDG de l'Association africaine des constructeurs automobiles (AAAM), va même jusqu'à penser qu'en dépit de la pandémie du coronavirus, les ventes annuelles de véhicules neufs en Afrique subsaharienne pourraient passer de 100 000 unités actuellement (hors Afrique du Sud) à 2 millions d'unités au cours des 15 prochaines années. « Et c'est une estimation très prudente », a-t-il souligné sur Engineering News. Et ce serait une révolution, car le marché de l'automobile en Afrique est encore dominé à 80% par les véhicules d'occasion.

Ces prévisions de croissance confirment cependant l'appétit des géants mondiaux de l'industrie automobile pour les marchés africains ces dernières années. Plusieurs projets ont été annoncés à partir de fin 2019 notamment au Ghana, en Angola, en Tunisie, en Ouganda, ... Un récent sondage de Bloomberg révèle que plusieurs constructeurs internationaux dont Volkswagen et Nissan cherchaient avant la crise à étendre leur présence sur le continent, en Afrique de l'Ouest particulièrement, en ciblant les marchés où le crédit automobile est encore peu développé. Alors que le débat lancé par Bruno Le Maire en France pour la relocalisation de l'industrie automobile française éveillait quelques interrogations au Maroc notamment, reste à savoir si ce projet fera le poids avec tous les avantages présentés par les marchés africains.

 La Tribune Afrique



La députée Hélène Ryckmans de la Commission des Affaires générales, des Relations internationales, du Règlement et du Contrôle des communications des membres du Gouvernement au sein du parlement Fédération Wallonie-Bruxelles,a adressé, lors de la réunion de laa commission lundi 11mai, une question parlementaire au Ministre-Président de la Fédération Wallonie- Bruxelles à propos de ce que cette institution pour accompagner les élections du 20 mai 2020.

En effet, Helene Ryckmans, la campagne a lieu, non sans difficultés, notamment avec une violente répression envers la société civile, et envers le premier parti d’opposition, le Congrès National pour la Liberté (CNL), et avec des atteintes à la liberté de presse. Le 15 avril, les autorités burundaises ont informé leurs ambassades de l’impossibilité d’organiser les élections pour les Burundais vivant à l’étranger en expliquant que les mesures prises pour lutter contre le Covid-19 ne permettent pas l’organisation d’élections dans de nombreux pays. Cette décision enlève donc leur droit de vote à plusieurs milliers de Burundais dont précisément une part significative de l’opposition au parti au pouvoir le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD).

A cette inquiétude, le Ministre-Président Pierre-Yves Jeholet répond :

« Les élections qui doivent se tenir le 20 mai ont en effet exacerbé les tensions politiques existantes. Je puis comprendre la déception et la colère des nombreux Burundais issus de la diaspora et exclus du vote. Il s’agit là d’une décision souveraine des autorités burundaises, qu’il ne m’appartient pas de commenter. C’est dans ce contexte que WBI apporte un soutien à un consortium d’organisations de la société civile, afin de leur permettre d’organiser des missions d’observation consistant en un recensement des violations des droits humains et des libertés individuelles avant, pendant et après les différents scrutins nationaux », indique le Ministre-Président de la WBI.

La députée Ecolo Hélène Rychmans demande également au Ministre-Président la situation sur la révision de l’accord de partenariat entre les pays ACP et l’UE au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou.

«Le 8 décembre 2015, des consultations ont été engagées avec le gouvernement burundais afin d’examiner les préoccupations et de trouver des moyens d’y remédier. Le dialogue a eu lieu en la présence de représentants du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique(ACP), de l’Union africaine (UA), de la Communauté est- africaine et de l’Organisation  des Nations unies (ONU). L’UE a considéré en 2016 que le gouvernement du Burundi ne respectait plus les principes essentiels du partenariat défini dans l’accord et a suspendu les appuis financiers directs fournis à l’administration burundaise, y compris les appuis budgétaires, tout en maintenant le soutien à la population, l’aide régionale et l’aide humanitaire. Pour ce qui est de la procédure dite de l’article 96 de l’Accord de Cotonou, qui est un accord de partenariat entre les pays ACP et l’Union européenne, des engagements spécifiques et concertés de la part des autorités burundaises sont toujours attendus »,  ajoute le Ministre-Président Jeholet. 

Pour Pierre-Yves Jeholet, il s’agit spécifiquement du retour au respect des principes et valeurs démocratiques, des droits de l’Homme et de l’État de droit, sur la base des éléments essentiels de l’accord de partenariat entre les pays ACP et l’Union européenne, et des principes énoncés dans les accords d’Arusha. La situation est bien évidemment suivie de près par l’UE et ses États membres. Cela étant, des contacts à différents niveaux ont eu lieu avec des autorités burundaises, sans que ceux-ci soient de nature à amener des changements. Il est à noter qu’aucune action spécifique ne sera entreprise avant la tenue des élections présidentielles. Une décision du conseil est nécessaire, afin de sortir des mesures prises actuellement et de revenir à une situation normalisée de dialogue politique voulu par l’article 8. L’accord de partenariat entre l’Union européenne et les pays ACP, qui sera amené à remplacer l’Accord de Cotonou, devrait voir l’article 96 modifié ou remplacé. Des négociations à ce sujet sont toujours en cours.

Steve Baragafise

 

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