Le Mini-sommet de GOMA va bel et bien avoir lieu ce dimanche, 20 septembre 2020. A l’Agenda, 5 Chefs d’Etats vont y participer. Deux d’entre eux ont déjà annoncé officiellement leur participation. Il s’agit du Président Rwandais Paul Kagame et du Président Ougandais Yoweri Museveni qui vient de l’annoncer ce mardi à travers l’Ambassadeur de la République de l’Ouganda en République Démocratique du Congo James Mbahimba.  

« Une équipe d’experts ougandais sera à Goma dès ce mercredi 16 septembre. En attendant l’arrivée des chefs d’Etat, la réunion ministérielle se tiendra samedi, 19 septembre 2020. De notre côté, nous nous félicitons des relations cordiales avec la RDC qui précèdent ce mini-sommet. C’est notamment en matière de développement des infrastructures routières »,  a fait savoir l’Ambassadeur James Mbahimba.

Ce sommet devrait réunir les chefs d’Etat du Rwanda, de l’Ouganda, de l’Angola et de la RDC. Il sera axé sur la sécurité, les échanges commerciaux, l’économie et la Covid-19. L’Opinion s’attend à de grandes annonces. Ce mini-sommet donne des raisons d’espérer car dans l’histoire de la sous-région, il arrive peu de fois qu’un Président organise un sommet qui marque la présence de 5 chefs d’Etat. Tant les questions à la table sont importantes et les engagements ne devraient tarder.  

La sécurité de la sous-région, un des points clés du mini-sommet

C’est une question épineuse qui divise les Etats de la sous-région. Cette question est marquée par deux données essentielles : la présence des groupes armés à l’Est de la RDC et les difficiles relations bilatérales burundo-rwandaises et rwando-ougandaises. D’ailleurs, le Président Tschisekedi en est à sa deuxième tentative d’inviter les Etats de l’Est de la Région à étudier comment éradiquer l’insécurité dans les provinces du Nord et Sud-Kivu. Dans cette partie s’étendent d’infinies platebandes arborisées et incontrôlées, des mouvements armés illégaux tant étrangers que locaux qui y ont élu leurs quartiers généraux. Ils échappent parfaitement au contrôle des FARDC et de la Monusco.

Vers une gestion conjointe de ce défi sécuritaire ?

C’est la principale conclusion qu’il faudra peut-être s’attendre à ce mini-sommet même si sa faisabilité reste incertaine. En 2019, après sa fraiche élection, le Président Tschisekedi avait suggéré une rencontre des chefs d’Etats-Majors des pays de l’Afrique des Grands-lacs. Il jugeait que l’insécurité qui prévalait dans cette partie de la RDC avait un impact très significatif sur ses voisins. Tchisekedi avait été influencée par de grandes figures de la société civile locale dont le Président du Centre d’Etudes pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’Homme de la région de Beni, au grand nord de la province du Nord-Kivu :

«Aujourd’hui, on fait face à des mouvements comme les Allied Democratic Forces of Uganda, les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda, les Forces Nationales de Libération Burundaises et autres qui ont un caractère transfrontalier. Il importe que les Etats d’où viennent ces rebelles soient mis à contribution pour qu’on arrive à bout de ces mouvements »,  indiquait-il à la Radio Okapi, le 24 Octobre 2019.

A ce sujet, des documents attribués au Chef d’Etat-Major des FARDC annonçaient déjà d’une création d’un Etat-Major intégré qu’allaient former les armées de ces quatre pays pour traquer des groupes armés encore actifs à l’Est de la RDC. Cette  idée  ne donnera pas lieu à la satisfaction. Certains pays ont été accusés de vouloir maintenir le statu quo à l’Est de la RDC. Il s’agissait entre autres de l’Ouganda et du Burundi « qui se croyaient fortes à venir à bout du Rwanda en renforçant leur soutien aux groupes armés rwandais qui devraient foudroyer le régime en place au Rwanda »,  lit-on sur actualités .cd. Selon ce journal, la suite est connue.

« La supposée opération Sokola II faite de contingent des FARDC pour ratisser l’Est de la RDC a appliqué son balai dans ces montagnes inaccessibles pour, immédiatement, détruire ces camps et prendre des prisonniers de guerre dont les chefs du mouvement rwandais du changement démocratique pour les renvoyer au Rwanda. »

Cette opération aurait fait que les Etats-Majors de l’Ouganda et du Burundi perdent tout espoir de revanche sur Kigali et qui se seraient résignés à négocier la paix pour la sécurité de la sous-région. Une forte méfiance conséquente à cette situation s’observait toujours entre l’Ouganda et le Rwanda. Ces deux pays s’accusent mutuellement d’espionnage, d’ingérence et de déstabilisation. Ainsi, c’est dans ce décor que ces chefs d’Etats vont renégocier la cogestion du ratissage de ces groupes armés de l’Est de la RDC.

Jusqu’ici, les medias de la RDC dont la Radio Okapi estiment que ce mini-sommet veut décrisper les tensions entre le Burundi et le Rwanda et l’Ouganda et le Rwanda. Mais certains observateurs disent qu’il s’agit d’une observation très simpliste de voir les choses, l’affaire étant plus que sérieuse selon l’avis de cet observateur.

« Ni l’Ouganda ni le Burundi ne peuvent abriter des foyers de guérilla contre le Rwanda. Tout ce qu’ils peuvent, c’est d’appuyer ces foyers qui profitent de l’immensité, du relief accidenté et de l’ingouvernabilité d’une grande partie de la RDC pour s’y implanter. Dans ce travail de ratissage, le Rwanda pourrait faire l’affaire. Il lui suffira certaines influences dont celles de la Monusco contre l’idée de cet Etat-Major intégré des Forces Armées des pays de la Région avec à leur tête, un commandant suprême congolais, pour voir l’Uganda et le Burundi se désolidariser du souhait de Tschisekedi. Dans ce jeu, le poids de Joao Lourenco, le Président Angolais est décisif pour changer les cartes de la région. Mais c’est aussi le cas de la Monusco et de l’ICGLR très influents et qui font souvent pencher la balance où ils veulent dans de tels contentieux internationaux entre les Etats.»

A l’instant, le Burundi a souhaité de parler avec le ministère des Affaires étrangères de la RDC avant la tenue du mini-sommet dont la présence d’Evariste Ndayishimiye n’est pas encore officiellement confirmée ou infirmée.

De possibles engagements qui se feront sur un terrain de conflits persistants.

De l’autre côté de la RDC, un nouveau groupe armée vient de naitre dans la foulée du mini-sommet. Il se nomme Coalition des mouvements pour le changement du Congo (CMC). Il opère dans le territoire de Rusthuru, au Nord-Kivu.  De plus, au mois de mars de cette année, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Monsieur Said Djinnit, a averti, devant le Conseil de sécurité, qu’en dépit de l’évolution positive dans la région, en raison notamment de la passation pacifique du pouvoir en République démocratique du Congo (RDC), la présence continue de forces négatives dans l’est de ce pays perpétue l’insécurité et la mésentente entre certains pays.

« Des allégations de soutien de gouvernements de la région à de tels groupes et d’interférences transfrontalières ont continué de menacer les relations cordiales et la stabilité», avait mis en garde le haut fonctionnaire, qui a aussi cité l’exploitation et le commerce illicites continus de ressources naturelles et la réémergence de tensions entre certains États. C’est un constat et des préoccupations partagés par l’ensemble des délégations qui étaient présentes lors de cette session. M. Djinnit avait salué l’évolution positive que la région a connue dernièrement, en particulier la tenue d’élections pacifiques en RDC, la signature de l’Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud sous les auspices de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), et l’accord de paix entre le Gouvernement de la République centrafricaine (RCA) et 14 groupes armés facilité par l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation de l’Union africaine.

Au cours de la neuvième réunion de haut niveau du Mécanisme régional de suivi, les dirigeants de la Région des Grands Lacs avaient souligné qu’il fallait coopérer plus étroitement pour neutraliser les forces qui déstabilisent la région. D’ailleurs, ce mécanisme a été présenté comme l’un des moyens pouvant aider à régler la persistance de la violence qui s’observe souvent dans cette région mais sa réussite et sa  mise en application n’a pas été à la hauteur des attentes. «Cet accord devrait opérer comme un catalyseur d’action, mais il ne fonctionne pas à un niveau optimisé actuellement » déplore la France qui s’inquiète des tensions persistantes entre signataires, exacerbées par la menace posée par les groupes armés, et le préjudice causé par la poursuite de l’exploitation illégale et du trafic des ressources naturelles.

Cette situation d’insécurité permanente dans la Région des Grands Lacs ne semble pas se régler d’un coup de bâton magique car le délégué de la République Démocratique du Congo au conseil de sécurité des Nations-Unies vient de révéler, en mars dernier, que selon les informations en leur possession, « les forces démocratiques alliées, les ADF auraient fait allégeance, depuis octobre 2017, au groupe djihadiste de l’État islamique, de qui ils recevraient le financement pour leurs activités visant à faire de la partie est de la RDC l’épicentre du rayonnement de l’État islamique en Afrique centrale, orientale et australe ».

Pour y faire face, M. GATA MAVITA WA LUFUTA a plaidé pour une révision des stratégies des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la MONUSCO pour neutraliser rapidement cette force négative en vue de sécuriser durablement cette partie du pays. Il avait aussi condamné la présence d’un groupe armé connu sous le nom de « P5 » au Sud-Kivu « une situation qui risque de nous entraîner dans un autre conflit armé ».

Le représentant de la RDC au conseil de sécurité avait aussi réitéré son appel à la communauté  internationale pour la mise en œuvre de l’Accord-cadre. C’est dans ce contexte qu’il faut circonscrire les visites dans les pays de la région du Président Felix Tshisekedi, qui a dit que « la RDC située au cœur du continent africain avec neuf pays voisins accordera la priorité à la consolidation de la paix régionale » Pour lui, le Président Felix Tshisekedi « privilégiera une politique étrangère axée sur le bon voisinage et le dialogue constructif avec nos neuf voisins pour assumer notre part de responsabilité sur le plan de la stabilité régionale notamment au sein de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs»

B.N |IPM BUJUMBURA

 

 

 



Ce montant inquiète plus d’un. Des commerçants aux étudiants qui partent pour leur voyage d’études, la somme de 50$ par test de covid n’a pas rencontré un bon accueil pour ces catégories de populations.

Pour le cas des personnes se trouvant sur le territoire burundais voulant faire des voyages à l’étranger, elles doivent se munir d’un certificat de dépistage a la Covid-19 pour motif de voyage, octroyé par le Ministère ayant la santé publique dans ses attributions moyennant paiement d’une somme de 50 dollars, indique le communiqué signé par le Ministre des finances, du Budget et de la planification économique du 8 septembre 2020.

Cette décision n’a pas été comprise par certains commerçants et étudiants admis dans les universités étrangères.

« Il est très difficile d’imaginer qu’à chaque fois qu’on sort le pays, on doit payer une somme de plus de 100 mille francs bus soit plus de 70 fois le prix du test pour ceux qui sont au pays.  Je ne sais pas sur quels critères le gouvernement s’est basé pour prendre une telle décision. En principe, cette décision devrait être catégorisée et donner avantages plus aux nationaux par rapport aux étrangers », indique Jean-Marie Nduwimana, commerçant et vendeur du matériel de bureau au Centre-ville de la capitale économique du pays.  

 Au Burundi, Il y a eu toujours des doutes sur le COVID-19. Par exemple, tout le monde sait parfaitement que le pays était exposé, au même titre que ceux de l’EAC, au COVID-19. La raison est les flux de passagers qui existent entre ces pays frontaliers. Mais, suite au travail de pression de grandes organisations internationales, le gouvernement a fini par sortir de son silence. C’était le 31 mars 2020.

Le problème réside alors dans les stratégies d’atténuer la contagion. Visiblement, elles sont faibles vu les moyens et les capacités du système sanitaire du Burundi. Pour prévenir cette maladie, le petit travail qui a été fait à ce titre avait été financé par la Banque Mondiale et l’Union Européenne à travers l’OMS au Burundi. Il reste à savoir jusqu’où va aller la contagion pour voir les réponses du gouvernent à propos de cette maladie.  Ceux qui doutent exigent des conditions drastiques pour limiter sa propagation mais le gouvernement reste optimiste. D’ailleurs, le Ministre Thaddée Ndikumana a déclaré hier que le Covid-19 n’est plus une pandémie au Burundi.

Pourtant, l’Afrique devrait souffrir de cette pandémie

«  Même en Afrique du Sud, où les systèmes de santé public et privé sont parmi les plus développés du continent, ce sera un défi. Car il y a trop peu de lits dans les hôpitaux d’Afrique » constate Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. C’est la raison pour laquelle il faut éviter la multiplication des cas contaminés. « Nous mettons en place des mécanismes préventifs pour éviter une destruction de ces dispositifs de santé ».    Dans un pays où les lits de réanimations des hôpitaux publics et privés (on en dénombre moins d’une soixantaine à travers tout le pays) sont peu nombreux, l’incapacité de prendre en charge les malades est plus qu’inquiétante.

Jusqu’à présent, les autorités burundaises recommandent à la population la vigilance, le dépistage massif et le respect des règles élémentaires de l’hygiène. Mais, sur le plan sanitaire, les conditions d’accès à l’eau et aux produits d’hygiène de base restent encore problématiques, puisque 63% des Africains établis dans les centres urbains ne peuvent pas se laver les mains avec du savon, selon l’Unicef. Cela pourrait sans doute hypothéquer les efforts collectifs de lutte contre le COVID-19. 

B.N|IPM Bujumbura



Culture Numérique s’intéresse à l’innovation africaine, un modèle alternatif et inclusif très différent de la tech occidentale. Lorsque l’on évoque le monde du numérique, on pense tout de suite à la Silicon Valley. Il existe d’autres puissances numériques telles que l’Inde ou encore la Chine… mais il y a un continent dont on entend quasiment pas parler : l’Afrique. Avec Samir Abdelkrim, chroniqueur chez Le Point, entrepreneur et auteur, nous allons analyser le potentiel du continent africain et de son innovation. Samir Abdelkrim a parcouru 30 pays africains pendant quatre ans afin d’y étudier l’innovation et les startups. Il est arrivé sur le continent en 2014, alors que l’on ne parlait pas du tout de la tech africaine et qu’elle était au commencement de son émergence. Après son épopée, il a écrit un livre baptisé Startup Lions dans lequel il analyse en profondeur l’innovation africaine. Selon lui, nous sommes trop habitués à une couverture pessimiste de l’Afrique, ce qui s’est vu pendant la crise de Covid-19. Les entrepreneurs africains proposent pourtant un réel modèle d’innovation alternatif : un digital beaucoup plus inclusif et tourné vers les besoins fondamentaux de la population, c’est-à-dire l’éducation, la santé, l’agriculture ou encore l’accès à une énergie propre. Contrairement à l’Europe par exemple, les startups africaines ne profitent pas d’infrastructures fournies par l’État. Lorsque l’on s’éloigne des grands centres urbains, on se retrouve dans des zones non couvertes par un réseau Internet. Au contraire, ce sont ces mêmes startups qui, parties de rien, fournissent des services essentiels au peuple. C’est notamment le cas de M-Kopa, parmi d’autres, qui permet aux populations des bidonvilles de Nairobi d’être raccordées, et engendre ainsi de nombreux bienfaits. Les enfants peuvent faire leur devoir grâce à la lumière et améliorent donc leurs résultats à l’école, et cela contribue également à évacuer les ampoules à pétroles des habitations, elles sont en effet la cause de dizaines de milliers de décès par intoxication chaque année. Il s’agit là de la spécificité de l’innovation africaine, il y a urgence à innover et les contraintes sont sources d’innovation. Samir Abdelkrim explique : « Lorsqu’on est dans des pays fragiles où il y a la corruption endémique, où les services publics ne fonctionnent pas bien, où l’État et le régalien répondent souvent aux abonnés absents, les entrepreneurs et les startupers africains utilisent la tech pour apporter de nouveaux services digitaux inclusifs qui apportent des services aux populations ». Le domaine de la santé est un exemple parfait de cette tendance. À Bamenda au Cameroun, des startups développent des microscopes digitaux grâce à l’impression 3D pour réaliser des biopsies et détecter le cancer du sein. Envoyées sur le cloud, les images sont par la suite analysées par les plus grands cancérologues du continent, note siecledigital.fr.

Une innovation « organique » qui attire de plus en plus d’investisseurs

Samir Abdelkrim définit l’innovation africaine comme organique. Les entrepreneurs cherchent des solutions qui correspondent aux besoins des populations. L’innovation jaillit du peuple et a vocation à répondre le plus rapidement et efficacement possible aux problèmes auxquels il doit faire face. L’auteur prend l’exemple de M-Pesa, une application de paiement mobile utilisée par des millions d’Africains qui était au départ destinée à réaliser des micro-crédits aux PME : « Les populations se sont emparées de ce produit et l’ont adapté à leurs problèmes de manière organique ». Bien qu’à contre-courant de la tech dans les pays occidentaux, l’african tech est en plein boom, et cela se confirme lorsque l’on voit les chiffres relatifs aux investissements et aux levées de fonds. Selon le rapport de Partech Africa, il y a une multiplication exponentielle du niveau des levées de fonds sur le continent : il est passé de 200 millions il y a cinq ans à 2 milliards en 2019. L’argent est bien sûr le nerf de la guerre, et le modèle africain plaît de plus en plus. L’innovation du continent peut en effet répondre à des besoins dans d’autres pays émergents et se globaliser, comme le souligne Samir Abdelkrim : « C’est le pari que font aujourd’hui davantage d’investisseurs qui mettent de plus en plus volontiers des tickets dans les startups africaines parce qu’ils se disent que c’est là l’avenir de l’innovation. C’est véritablement là que l’Afrique se dessine une nouvelle manière d’aborder les problèmes par le digital avec un potentiel de passage à l’échelle globale très important ». Que pouvons-nous tirer comme leçon de l’innovation africaine ? Pour répondre à cette question, l’auteur décide de la contextualiser dans la situation actuelle avec la pandémie de Covid-19. Elle affecte de manière négative la majorité des startups et des entrepreneurs, que ce soit en Afrique ou en France. Selon Samir Abdelkrim toutefois, les startups africaines sont mieux armées pour faire face à cette crise car elles sont très résilientes. Elles se sont développées sans fonds et savent survivre et grandir dans des contextes difficiles et sont donc plus programmées pour affronter les contraintes de l’adversité. La crise va certainement en faire disparaître certaines, mais les autres vont en sortir très renforcées. Par ailleurs, l’innovation africaine a déjà trouvé des moyens très efficaces pour lutter contre le virus. Au Kenya, le paiement sans contact a été généralisé et a été érigé en geste barrière. Enfin, Samir Abdelkrim estime que le coronavirus va permettre de positionner le continent africain comme un leader dans le domaine de la télémédecine et de la santé. Il y a peu, la startup mPharma a ainsi levé plusieurs millions : une confirmation qu’il s’agit du grand secteur de demain en Afrique, ajoute notre source.        

Une ivoirienne devient la première femme à remporter le prix Africain de l’ingénierie

Une entrepreneure ivoirienne spécialisée dans le domaine de la technologie, Charlette N’Guessan, a remporté cette année (2020) le prix de l’Académie royale d’ingénierie d’Afrique pour l’innovation en ingénierie. Elle est la toute première femme à remporter le prix Afrique et la première lauréate d’origine ivoirienne. Charlette N’Guessan vit et travaille au Ghana depuis quelques années avec une équipe de collaborateurs. L’invention de la jeune femme de 26 ans et de son équipe, Bace API, utilise la reconnaissance faciale et l’intelligence artificielle pour vérifier les identités à distance, a déclaré l’académie. Elle utilise des images en direct ou de courtes vidéos prises par des caméras de téléphone pour détecter si l’image est celle d’une personne réelle ou la photo d’une image existante. Elle s’adresse aux institutions qui s’appuient sur la vérification d’identité. Deux institutions financières utilisent déjà le logiciel pour vérifier l’identité de leurs clients, a indiqué l’académie. Mme N’Guessan a gagné 33 000 dollars pour le premier prix. Le gagnant a été désigné par un public en direct lors d’une cérémonie virtuelle de remise des prix qui s’est tenue jeudi et au cours de laquelle quatre finalistes ont fait des présentations. Il s’agit d’Aisha Raheem du Nigeria – dont la plateforme numérique fournit aux agriculteurs des données pour améliorer leur efficacité, du Dr William Wasswa de l’Ouganda – dont le microscope numérique à faible coût accélère le dépistage du cancer du col de l’utérus et de David Tusubira de l’Ouganda – qui a conçu un système qui gère les réseaux électriques hors réseau en surveillant l’état des panneaux solaires. « Quinze entrepreneurs présélectionnés pour le Prix Afrique, originaires de six pays d’Afrique subsaharienne, ont reçu huit mois de formation et de mentorat, au cours desquels ils ont élaboré leurs plans d’affaires et appris à commercialiser leurs innovations », a déclaré l’académie dans un communiqué, a appris bbc.com.  

Moctar FICOU / VivAfrik        



« Aujourd’hui, la FPF tient à réaffirmer son soutien et veut rester vigilante sur la nécessité de renforcer la sécurité physique du Docteur Mukwege et de ses proches. Elle se tient en alerte pour défendre la cause du Prix Nobel de la paix. »

Le 26 juillet dernier, sur Twitter, Denis Mukwege dénonçait un massacre qui avait eu lieu à Kipupu, au Sud-Kivu. À la suite de ce tweet, le Prix Nobel de la Paix congolais a reçu « diverses correspondances haineuses ». Des membres de sa famille ont également été « intimidés et menacés ».

Il en faisait part sur le site de la Fondation Panzi le 31 juillet dernier.

« Depuis mon tweet du dimanche 26 juillet dénonçant le récent massacre survenu à Kipupu en territoire de Mwenga au Sud Kivu, j’ai reçu diverses correspondances haineuses et des membres de ma famille ont été intimidés et menacés.
Il y a 22 ans, je découvrais les conséquences dramatiques de la guerre sur le sol congolais, dans la région des Kivus et dans d’autres provinces de notre pays. Depuis, je n’ai cessé de militer pour la recherche de la vérité et l’application de la justice, sans lesquelles nous ne pouvons espérer une paix durable.
Peu importe la période, peu importe la région du monde, aucun mensonge, aucune construction falsifiée de l’Histoire n’a jamais réussi à pérenniser la paix. Bourreaux et victimes n’ont aucun avenir s’ils sont condamnés à vivre dans le mensonge.
Je demande depuis bientôt 10 ans, l’examen du rapport Mapping réalisé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Droits de l’Homme. Ce rapport contient une compilation de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes de génocide détaillés de 1993 à 2003. Sans que l’on analyse ces crimes qui jalonnent l’Histoire du Congo, sans que justice ne soit rendue pour ces crimes, aucun peuple impliqué dans ces conflits ne pourra se relever ou ne pourra vivre en paix. […] Nous continuerons toujours à répondre à la violence par l’amour.
Face à ces cycles de violences et de représailles qui ne profitent qu’à ceux qui cherchent à maintenir le chaos dans notre pays pour mieux le piller, nous lançons un appel à la justice, à la coexistence pacifique et à la paix. »

La Fédération Protestante de France a tenu à communiquer son soutien au docteur Denis Mukwege face à ces menaces.

« Le docteur Denis Mukwege fait l’objet d’intimidations et de menaces de mort depuis plusieurs semaines, à la suite de ses prises de position courageuses contre la situation terrible que connait son pays et notamment un récent massacre de civils à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
La Fédération protestante de France (FPF) en communion avec l’Eglise du Christ au Congo, a toujours soutenu les engagements du Docteur Mukwege, prix Nobel de la paix 2018. Elle a exprimé son soutien notamment lors de sa venue à Paris pour le colloque de la FPF en novembre 2019 à l’Hôtel de Ville, et lors de sa visite en mars 2020 en RDC lorsqu’il recevait le titre de Docteur Honoris causa de l’université protestante de Kinshasa.
Aujourd’hui, la FPF tient à réaffirmer son soutien et veut rester vigilante sur la nécessité de renforcer la sécurité physique du Docteur Mukwege et de ses proches. Elle se tient en alerte pour défendre la cause du Prix Nobel de la paix. »

La MONUSCO, Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo, a publié des notes sur les principales tendances des violations des Droits de l’Homme entre janvier et juin 2020. Elle dénonce une hausse des violations et atteintes aux droits de l’homme sur l’ensemble du territoire de la RDC, qui s’élève à 17% par rapport au semestre précédent (juillet-décembre 2019) et à 35% par rapport à la même période l’année dernière (janvier-juin 2019).

La mission pointe particulièrement une augmentation exponentielle (+91%) du nombre d’atteintes attribuables aux groupes armés. Cette hausse est selon les experts l’indication d’une détérioration de la situation des droits de l’homme dans les provinces en conflit, en particulier l’Ituri, le Sud-Kivu, le Tanganyika et le Nord-Kivu.

Malgré les menaces, le docteur Mukwege n’a de cesse de réclamer la justice pour les victimes. Il en appelle à la création d’un tribunal pénal international afin de juger les crimes commis au Congo depuis 1996.

Selon RFI, le président Félix Tshisekedi a demandé au gouvernement d’assurer la sécurité de Denis Mukwege ainsi que l’ouverture d’une enquête sur les menaces de mort qu’il a reçues.

infochretienne.com



Du jeudi 24 au samedi 26 septembre 2020, la ville et la métropole de Bordeaux organisent la VIIIe édition des Journées Journées Nationales des Diasporas Africaines (JNDA), devenues au fil des ans la manifestation française de référence pour les diasporas africaines, un espace valorisant les initiatives prises par les entrepreneurs, les artistes, les associations.

Ouvertes à tous, les JNDA visent à mettre en lumière et valoriser les talents de la diaspora africaine en France et leur apport à la vie sociale, culturelle, politique et économique ainsi que leur rôle dans la réécriture des relations entre le continent africain et l’hexagone.

L’édition 2020 rend un hommage particulier au jazzman camerounais Manu Dibango disparu il y a quelques mois. En près de soixante ans de carrière, cet artiste de renommée internationale n’a jamais cessé d’oeuvrer pour la paix et la liberté à travers ses engagements et l’universalité de son art. Parrain de la IIIe édition des JNDA, Manu Dibango a contribué à bâtir des ponts entre l’Afrique et Bordeaux, avec laquelle il entretenait une relation privilégiée.

Au programme

JEUDI 24 septembre
- Rencontre littéraire « Frantz Fanon »
18 h, station Ausone

Présentation et échanges autour du roman graphique de Romain Lamy et Frédéric Ciriez. Une oeuvre qui prend appui sur une rencontre avec Jean-Paul Sartre, à Rome en août 1961, pour saisir la tragédie personnelle de Frantz Fanon.

- Projection « Tonton MANU »
21 h, cinéma UGC

Commencé à l’aube de ses 80 ans, achevé jour pour jour 5 ans plus tard, ce portrait du musicien Manu Dibango, infatigable défenseur du mélange des cultures, nous entraîne sur trois continents. Rythmé par une diversité d’échanges, ce portrait sensible et pudique est parsemé de moments de grâce musicale où le Grand Manu fait jaillir de son saxo des instants d’émotion pure.
Projection en avant-première avec l’équipe du film.

VENDREDI 25 septembre
- Les NumAf, rencontres numériques Bordeaux Afrique
9 h 30, Halle Héméra

Face à la pandémie de Covid-19, les écosystèmes numériques se sont mobilisés partout dans le monde. Quelle a été la réaction des écosystèmes africains ?
En présence de Samir Abdelkrim, fondateur d’Emerging Valley.

- Journée « Femmes des diasporas »
13 h 30, Halle Héméra

Tables rondes, témoignages et parcours de femmes entrepreneures du numérique.
En présence de Denise Epoté, directrice Afrique de TV5 Monde, présidente d’honneur, et Fatim Cissé, experte en IA, CEO de Dux, marraine 2020.

SAMEDI 26 septembre
- Concert de Daara J feat Faada Freddy + Ndongo D
19 h 30, Rocher de Palmer

Après plus de vingt ans de carrière et un millier de concerts à travers le monde, Daara J Family reste l’un des groupes phares de la scène hip-hop africaine et revient avec un nouvel album, Yaamatele, qui s’annonce aussi épatant que les précédents.
En première partie, le jeune batteur Dharil Esso rendra hommage au regretté saxophoniste Manu Dibango, entouré de ses amis, tout aussi talentueux que lui.

Les lieux des JNDA :
- Le Rocher de Palmer - 1, rue Aristide Briand - 33150 Cenon
- Cinéma UGC Ciné-Cité - rue Georges Bonnac - 33000 Bordeaux
- Station Ausone - 8, rue de la Vieille Tour - 33000 Bordeaux. (La salle de conférence est située au rez-de-chaussée, un ascenseur permet d’accéder à la galerie d’exposition, située au niveau -1).
- Halle Héméra - 132, rue Fondaudège - 33000 Bordeaux

Accès gratuit à toutes les manifestations.
Contact renseignements + : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.



C’est l’un des projets  phares  de développement communautaire intégré  du nouveau régime du Général Major Evariste Ndayishimiye. Le projet Turikumwe veut renforcer l’intégration des communautés locales des communautés locales. Ce projet va financer l’assistance alimentaire et la nutrition auprès des communautés pauvres du pays. Il va financer également les petites entreprises, les écoles, les établissements de santé, les communautés hôtes et les réfugiés, a-t-on appris de Véronique KABONGO, Responsable des opérations pour le Burundi  à la Banque Mondiale.

« Le projet  PRODECI-TURIKUMWE est un projet de développement local qui soutient l'accès aux services, les moyens de subsistance en milieu rural, la sécurité alimentaire et la nutrition dans un contexte de pauvreté et de déplacement forcé. Le projet cible les communes des quatre provinces qui hébergent des camps de réfugiés à savoir Ruyigi, Cankuzo, Muyinga et Ngozi. Bien que la plupart des bénéficiaires soient des ressortissants burundais - y compris des personnes déplacées à l'intérieur du pays et des rapatriés - l'approche multisectorielle et sectorielle du projet soutiens à la fois les communautés hôtes et les réfugiés » indique la Banque Mondiale. 

Ces derniers jours, le Burundi est en train de ratifier d’importants projets de développement communautaire. Le plus récent étant un financement que la Banque Mondiale vient d’accorder au Burundi dans le cadre du projet «Energie solaire-  Soleil  NYAKIRIZA  dans les communes rurales du Burundi », signé à Bujumbura en date du 5 mars 2020 d’un montant de cent millions de dollars américains. Il avait  été porté par le ministre de l’Hydraulique, de l’énergie et des mines.

S’agit-il alors d’une main tendue au nouveau régime ? 

La question reste difficile car les faits observés du côté de la coopération bilatérale et multilatérale  exigent une grande prudence pour deux raisons : La position des partenaires classiques du Burundi après l’exposé du rapport de Doudou Diène, le Président de la commission d’enquête  des Nations-Unies sur le Burundi dans l’Assemblée générale de la commission du 17 Juillet et l’attitude de l’UE par rapport à la demande de financement du Gouvernement du Burundi dans ses efforts de lutte contre le COVID-19. 

« La communauté internationale ne doit pas relâcher la pression qu’elle exerce sur le gouvernement burundais » a plaidé la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi, lors de la présentation à Genève de son rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies »  Selon les enquêteurs onusiens, « il faut plus qu’un nouveau Président pour briser le cycle de la violence au Burundi ». Ils mettent donc en garde la communauté internationale contre « un relâchement prématuré » et une volonté « à tourner la page », «comme si une élection et une transition politique suffisaient à garantir automatiquement l’amélioration de la situation des droits de l’homme à l’avenir » 

Du côté du Gouvernement du Burundi, les accusations de Doudou Diène ne tiennent plus lieu de raison d’être : « les scénarios apocalyptiques de violations massives de droits humains, présentés par cette Commission dans ses précédents rapports et basés  sur de soi-disant facteurs de risque à l’occasion des élections de 2020, ont été balayés d’une main par le peuple burundais qui a plutôt défié cette commission et témoigné de sa maturité à prendre en main sa propre destinée» Pour la délégation burundaise présente dans l’Assemblée du 17 Juillet de Genève : « Par les élections de 2020, le Burundi vient de marquer l’histoire et tourner la page avec la transition pacifique au sommet de l’Etat et la mise sur pied d’un nouveau gouvernement » selon l’Ambassadeur Rénovat Tabu, l’Ambassadeur du Burundi à Genève. 

Pourtant, la France, un des bailleurs principaux du Burundi n’a pas été convaincu par le discours de Renovat Tabou : « La France réitère son soutien à la commission d’enquête des Nations-Unies sur le Burundi.  L’élection du Président NDAYISHIMIYE à l’issu d’un processus électoral globalement pacifique doit être l’occasion de sortir de la crise qui persiste au Burundi depuis 2015. La France encourage le Burundi à coopérer avec les mécanismes des Nations-Unies de protection et de promotion des droits de l’homme. La France rappelle son attachement à ce que les autorités prennent des mesures nécessaires pour prévenir et lutter contre les violations des droits de l’homme y compris les exécutions sommaires, disparitions forcées, actes de tortures et violences sexuelles » d’où la France interpelle les autorités burundaises à sanctionner les responsables de ces violations, ce qui sera un aspect fondamental de retour de confiance après les élections de Mai 2020. 

La prudence de l’UE face aux demandes/volonté de reprise de coopération est un autre fait qui montre combien les bailleurs classiques du Burundi restent prudents. A preuve du contraire, l’Union Européenne a choisi de ne pas répondre jusqu’à présent aux demandes de financements des projets formulés par le Gouvernement du Burundi dans la lutte contre la pandémie de COVID-19. Seule la Banque Mondiale  s’est limitée à donner tardivement une enveloppe de 5 millions de dollars alors que la décision de financer le Burundi dans ses efforts de lutte contre le Covid-19 avait été prise au mois d’avril tandis que le FMI a décidé de geler une dette de 7,6 millions de dollar que le Burundi devait payer au cours de l’année 2020-2021.

 

Ce qui est sûr, le nouveau régime  fait tout ce qui est possible pour que l’UE décide de lever les sanctions économiques qui pèse encore sur lui. Parmi les stratégies à mettre en œuvre figure la volonté accélérée de réformes en cours : lutte contre la corruption dans les instances étatiques (discours du Ministre de la sécurité publique à l’endroit des fonctionnaires de ce Ministère), lutte contre l’impunité (arrestation de plus de 10 personnes soupçonnées de faire violence aux réfugiés qui regagnent le pays en province Makamba), l’organisation d’une retraite gouvernementale a Buye, commune Mwumba, Province Ngozi( dont les points saillants portent sur le développement communautaire et le retour des réfugiés ), etc.  D’ailleurs, le nouveau régime aurait été averti selon le journal italien lingo.it « la décision sur l’éventuelle levée de sanctions sera conditionnée par la preuve de réformes politiques et économiques claires, en plus du retour des réfugiés et du rétablissement des droits de l’homme » Ce journal ajoute que cette décision  serait examinée lors du prochain conseil de l’OIF prévue au mois d’Octobre.

 Gaudence UWINEZA | IPM Bujumbura



L’organisation de lutte contre les malversations économiques, OLUCOME en sigle plaide pour que le gouvernement revienne sur sa décision de fermeture des bureaux de change. C’est dans une correspondance officielle que cette organisation a adressé ce mercredi au Président Evariste Ndayishimiye.

«Il y a de spéculations autour des devises au Burundi. Non seulement, les gens n’ont pas de temps pour faire la queue dans les banques commerciales pour faire l’échange mais aussi les devises sont devenues comme la drogue. Elles se vendent a des pris très exorbitants. Les commerçants sont toujours en difficultés de travail et les touristes ne trouvent plus l’intérêt de  venir pour le tourisme. Ils vont dans les pays de la sous-région et la diaspora fait recours au troc, ce qui complique  davantage  la situation économique du pays» indique  Gabriel  Rufyiri, le Président de l’Olucome.

En effet,  depuis le mois de Février de cette année, la Banque Centrale a unilatéralement décidé de fermer les bureaux de change qui opèrent sur tout le territoire national. Pour cause, les bureaux de change n’ont pas respecté  les injonctions de la Banque centrale en matière de politique de change.

« La BRB a édicté une nouvelle réglementation des changes en date du 17 septembre 2019. Celle-ci obligeait les changeurs de fixer les taux de change journaliers dont la marge bénéficiaire ne dépasse pas 15%, de délivrer des bordereaux après chaque opération, d’acquérir un logiciel de gestion des bureaux de change. Malgré ces décisions, des manquements ont été relevés en rapport à la mise en œuvre de cette réglementation. Ce sont notamment, la fixation des taux qui ne se réfèrent pas aux taux officiels, une mauvaise exploitation du logiciel (BUREX) qui gère les opérations de change et le marché libre (appelé également marché parallèle ou marché noir car il est caché donc dans l’ombre, dans le noir) des devises qui persiste. » avait fait savoir le patron de la BRB, Jean CIZA.

Cependant, selon les analystes de la macroéconomie burundaise, cela semblait être un prétexte car l’Etat éprouvait des difficultés financières importantes d’où il fallait miser sur le contrôle du marché des devises. D’ailleurs, certaines décisions y relatives avaient précédé celle de la fermeture de bureaux de change. En guise d’illustration,  trois mois plutôt,  le Ministre de l’hydraulique de l’énergie et des mines d’alors Côme MANIRAKIZA avait annoncé, par un communiqué de presse qu’il avait rendu public la suspension des activités d’achat et de vente de l’or par les comptoirs locaux.  Seule la banque de la République du Burundi (BRB) gardait les prérogatives d’acheter de l’or par les coopératives et les sociétés minières.

« Il est demandé aux comptoirs qui disposent des stocks d’or de les vendre à la Banque Centrale. Les activités d’achat des autres types d’autres minerais ne sont pas concernées. Toutefois, il leur est recommandé d’effectuer des ventes en monnaie locale conformément à la réglementation en vigueur. Nous demandons instamment aux services chargés de l’immigration, à l’OBR et aux services concernés de faire respecter cette mesure  » avait fait savoir le Ministre Côme Manirakiza. 

S’agissait-il d’une mesure conséquente à la décision du Ministre d’octroyer tous les pouvoirs d’achats et de vente de l’or à la Banque  Centrale? Selon le bulletin du 4eme trimestre 2018 sur le commerce extérieur de l’ISTEEBU, « au premier trimestre 2018, l’or a alimenté le pays 50,23 milliards de FBu tandis qu’à la même période, le café a alimenté le pays à hauteur de 21, 60 milliards de FBu. Au quatrième trimestre 2018, l’or a procuré au pays 4, 81 milliards de FBu tandis qu’à la même période, le café l’a fait à hauteur de 32, 61 milliards de FBu. » d’où la stratégie du Ministre Manirakiza pour que l’Etat contrôle les recettes de l’or et partant des devises qui viennent des ventes. Dans ce même sens, la Banque Centrale précise également dans un communiqué officiel  que la facilité ouverte aux résidents de détenir des comptes en devises n’était  pas une autorisation de conclure des transactions en devises entre résidents pour le paiement des biens situés au Burundi ou des services rendus au Burundi.

D’après le rapport de la BRB sur la politique monétaire du 1er trimestre 2019, les réserves officielles se sont repliées de 20,1% par rapport au trimestre précédent s’établissant à 56,13 millions contre 70,25 millions USD (jusqu’au 31 décembre 2018). En glissement annuel, elles ont baissé de 22,2% et couvraient 0,7 contre 1,0 mois d’importations de biens et services au même trimestre de 2018. Cependant, le niveau planché est fixé à 4,5 mois dans les critères de convergence de la Communauté Est Africaine (CEA). C’est-à-dire que le pays doit avoir des réserves de devises pour importer les biens et les services pendant au moins 4 mois. Ce qui n’est malheureusement pas le cas pour le Burundi. En 2013, la BRB a réussi à maintenir le niveau des réserves à 3,8 mois d’importations.

Le secteur financier burundais est demeuré résilient en 2017 grâce à la reprise économique amorcée après la situation macroéconomique difficile qu’a traversée l’économie du pays depuis 2015. Toutefois, certains risques macroéconomiques persistent et leurs retombées adverses continuent à impacter le secteur financier. Il s’agit notamment du déficit budgétaire, la dépréciation de la monnaie nationale, la baisse des cours du café ainsi que la croissance économique modérée dans les principaux pays partenaires commerciaux extérieur du Burundi. Ces risques ont entrainé la dégradation de la qualité du portefeuille crédits et des pressions sur la liquidité bancaire.

 Steve Baragafise



Le succès de la chanteuse Aya Nakamura est loin d'être terminé. Plus rien ne semble arrêter la jeune femme de 25 ans, même à l'international. Comme l'a repéré Le Mouv', elle est l'artiste française la plus écoutée sur Spotify, se classant à la 288e place du top mondial des artistes, le 20 juillet 2020. Sur la plate-forme de streaming, ses titres (Djadja, Pookie, Copines...) sont écoutés par plus de 13 millions d'auditeurs par mois, dépassant alors Jul (3,3 millions par mois), Booba (2,3 millions) et le duo PNL (2 millions).

Un nouveau single qui cartonne

La jeune chanteuse a réagi à cette annonce en remerciant ses fans : "EH BHEEE !! Merci à vous pour tout ça". Depuis son premier album Journal Intime, sorti en 2017, Aya Nakamura s'impose sur la scène musicale française. Son single Djadja a été visionné plus de 620 millions de fois sur YouTube. Des stars planétaires comme la chanteuse Rihanna ou le footballeur Neymar ont chanté ses louanges. Elle devait même être à l'affiche du célèbre festival californien Coachella, reporté en octobre 2020 à cause de la crise sanitaire. Une véritable consécration.

FranceInfo



La police du Burundi a arrêté 12 personnes, dont des administrateurs locaux, pour avoir dépossédé de leurs biens des résidents revenant de la Tanzanie voisine, a-t-on appris de source policière.

Les arrestations ont eu lieu dans la province de Makamba (nord), deux jours après que le ministre de la sécurité, Gervais Ndirakobuca, ait mis en garde la police et les responsables de l'administration contre les pots-de-vin et autres pratiques de corruption.

Le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, a déclaré que parmi les 12 personnes arrêtées figuraient trois fonctionnaires de l'administration.

"Ils ont dépouillé leurs victimes de leurs biens et de leur argent. Et ceux qui se sont échappés ont payé des sommes exorbitantes comme frais de transport pour atteindre leurs villages d'origine", a-t-il déclaré dans des commentaires diffusés à la télévision d'Etat.

Le nouveau président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a pris ses fonctions le mois dernier en promettant d'unifier le pays et de faire respecter les droits des citoyens.

Les groupes de défense des droits ont accusé les administrateurs locaux, les services de sécurité et la branche jeunesse du parti au pouvoir de torture, de viols collectifs et de meurtres d'opposants politiques. Le gouvernement a rejeté ces accusations.

VOA



La pandémie de Covid-19, génératrice de perturbations sans précédent dans l’éducation, source de fractures sociale et numérique, pourrait fragiliser encore davantage les traditionnels laissés-pour-compte de l’éducation: pauvres, fillettes, handicapés, souligne l’Unesco mardi à l’occasion de la publication d’un rapport mondial sur l’éducation.

« Les expériences du passé – comme avec Ebola – ont montré que les crises sanitaires pouvaient laisser un grand nombre de personnes sur le bord du chemin, en particulier les filles les plus pauvres, dont beaucoup risquent de ne jamais retourner à l’école », affirme ainsi la directrice de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, Audrey Azoulay, dans l’avant-propos du rapport, intitulé « Inclusion et éducation – Tous, sans exception ».

Car partout, sauf dans « les pays à revenu élevé d’Europe et d’Amérique du Nord, pour 100 jeunes parmi les plus riches qui achèvent le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, ils ne sont que 18 parmi les jeunes les plus pauvres à y parvenir ». « Dans 20 pays au moins, pour la plupart situés en Afrique subsaharienne, pratiquement aucune jeune femme pauvre de milieu rural ne mène ses études secondaires à leur terme », relève ce Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2020 de l’Unesco.

En 2018, l’Afrique sub-saharienne abritait la plus grande cohorte de jeunes non scolarisés, dépassant pour la première fois l’Asie centrale et du Sud: 19% des écoliers, 37% au niveau du collège, 58% des lycéens potentiels.

Dans le monde, près de 260 millions de jeunes n’avaient pas accès à l’éducation, soit 17% de ceux en âge d’être scolarisés. Et parmi les premiers exclus figurent les enfants défavorisés, les fillettes et jeunes filles, les enfants en situation de handicap, ceux issus de minorités ethniques ou linguistiques, les migrants…

Ainsi, « les élèves de 10 ans des pays à revenu moyen et élevé ayant reçu un enseignement dans une langue autre que leur langue maternelle obtiennent généralement des résultats inférieurs de 34% à ceux des locuteurs natifs dans les tests de lecture ».

– Internet à domicile –

Ou encore : « dans dix pays à faible et moyen revenu, les enfants handicapés ont 19% de chances en moins d’atteindre un niveau minimum en lecture que ceux qui ne sont pas handicapés ». Mais partout, le handicap peut être un obstacle à l’inclusion, notamment du fait des « croyances discriminatoires des parents »: « environ 15% des parents en Allemagne et 59% à Hong Kong craignent que les enfants handicapés ne perturbent l’apprentissage des autres ».

Et aux États-Unis, « les élèves LGBTI étaient près de trois fois plus susceptibles de dire qu’ils avaient pu préférer rester à la maison parce qu’ils ne se sentaient pas en sécurité à l’école ».

La crise sanitaire actuelle a plus que jamais mis en évidence ces fractures : « Les réponses à la crise de la Covid-19, qui a touché 1,6 milliard d’apprenants, n’ont pas accordé une attention suffisante à l’inclusion de tous les apprenants », soulignent les auteurs du rapport.

« Alors que 55% des pays à faible revenu ont opté pour l’apprentissage à distance en ligne dans l’enseignement primaire et secondaire, seuls 12% des ménages des pays les moins avancés ont accès à l’Internet à domicile. Même les approches qui ne nécessitent que de faibles moyens technologiques ne peuvent garantir la continuité de l’apprentissage. Parmi les 20% de ménages les plus pauvres, seuls 7% disposent d’une radio en Éthiopie et aucun n’a de télévision », citent-ils à titre d’exemple.

« Dans l’ensemble, environ 40% des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur n’ont pas réussi à soutenir les apprenants menacés d’exclusion », soulignent-ils, sans omettre de pointer les lacunes des pays riches : « en France, jusqu’à 8 % des élèves ont perdu le contact avec les enseignants après trois semaines de confinement ».

Sur ces différents constats, le rapport élabore une série de recommandations pour une éducation inclusive, à commencer par des politiques volontaristes, car « de nombreux gouvernements » n’ont pas encore mis en oeuvre de principe d’inclusion. L’Unesco juge aussi nécessaire des financements ciblés.

La Libre Afrique

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