L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguérir et l'Université Al Akhawayn à Ifrane (AUI) organisent conjointement, les 2,3 et 9 octobre courant, une e-conférence internationale sur le thème "L’éducation en Afrique : les défis de l’école d’aujourd’hui et le regard vers l’école de demain".
Cette initiative fait suite à la signature le 11 septembre dernier de l’accord de partenariat liant les deux institutions visant le renforcement de leur coopération en matière d'enseignement, de recherche, d'innovation et d'échange d’expérience, indique un communiqué conjoint de ces deux établissements d’enseignement supérieur.

Cette conférence à distance verra la participation d'experts marocains et d’autres en provenance de pays africains, d’Europe, des États-Unis et du Canada, relève la même source, notant que cette rencontre virtuelle abordera plusieurs thèmes qui revêtent une grande importance au vu du contexte actuel dont, "la réponse de l’école africaine à la crise de la COVID-19: place des nouvelles technologies", "L’état des lieux de l’éducation et les défis à relever en Afrique", "Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STEM)" et "L’enseignement des langues au Maroc".

Le Matin



 

Au centre du Nigeria, les législateurs de l’Etat de Kaduna ont approuvé la stérilisation chirurgicale comme sanction pour les personnes reconnues coupables de viol. Une mesure radicale défendue par le gouverneur local, en réponse au mouvement contre le viol et les violences sexuelles qui avait émergé au mois de juin au Nigeria.

C’est un amendement qui durcit considérablement la législation sur le viol dans l’Etat de Kaduna. Désormais, toute personne reconnue coupable de viol dans cette région encoure la stérilisation et ce quel que soit l’âge de la victime ou le genre de l'agresseur. Cette loi prévoit aussi l’application de la peine capitale dans les affaires de pédophilie.

Cette décision fait suite à la vague d’indignation qui avait saisi le Nigeria au sortir de confinement, après une série de viol de femmes et de très jeunes enfants à travers le pays.

Face à ces protestations, le gouverneur de l’Etat de Kaduna avait estimé début juillet que la castration chirurgicale était le meilleur moyen d’éviter la récidive dans les affaires de viol. Ce point de vue est pourtant largement controversé sur le plan medico-légal.

 

Mais pour qu’une telle sanction soit appliquée un jour, il faudrait d’abord que les victimes portent plainte et que leurs agresseurs soient arrêtés et condamnés, ce qui n’arrive presque jamais. Depuis 2015, seule une quarantaine de personnes ont été inculpées pour viol au Nigeria. C’est peu pour un pays qui compte 200 millions d’habitants.

RFI



 

Sacré Prix Goncourt des Lycéens, le roman du musicien et chanteur Gaël Faye a fait beaucoup de bruit à sa sortie, en 2016. Traduit en Kinyarwanda en 2018, le livre a permis à toute une partie de la population de la région des Grands Lacs de mettre des mots sur leurs fantômes et leurs plaies. La transposition de son récit en film s’annonçait délicate. La poésie de son texte se révélant, par définition, insaisissable. Critique du film sorti en salles en Belgique et en France ce vendredi 28/08

Gabriel et ses potes vivent en toute insouciance leur petite vie de cancres dans le décor luxuriant d’un quartier aisé de Bujumbura, au Burundi. Ce petit pays d’Afrique centrale, voisin du Rwanda et du Congo, s’apprête à vivre un tournant majeur de son histoire: les premières élections démocratiques depuis son accession à l’indépendance en 1962. Mais, à la suite du coup d’État, perpétré le 21 octobre 1993, contre le président nouvellement élu, Melchior Ndadaye, la guerre civile embrase le « petit pays ».

Les images d’une enfance heureuse, passée à voler des mangues et à courir entre les bougainvilliers, laissent alors place aux crispations et violences ethniques. Une situation à laquelle Gabriel et sa sœur Ana ne prêtent qu’une attention distraite, en raison des tensions de plus en plus présentes entre leurs parents. L’annonce de premiers troubles au Rwanda voisin, pays dont est originaire leur maman, divise la famille : tandis que leur oncle maternel s’engage, d’autres veulent croire au possible retour à la normale…

La petite voix singulière du roman de Gaël Faye

La grande force du film est sa capacité à montrer à quel point les destins du Rwanda et du Burundi sont étroitement liés avec des familles entières partagées entre les deux pays. Le film a d’ailleurs été tourné au Rwanda en raison de la situation instable au Burundi.

Le chanteur-écrivain Gaël Faye a suivi au plus près l’adaptation de cette fiction presque autobiographique dans laquelle il retrace son propre destin. Le réalisateur Eric Barbier avait déjà signé une adaptation de roman avec La Promesse de l’aube tirée, en 2017, de l’œuvre de Romain Gary. Le réalisateur et scénariste a également des accointances avec l’Histoire puisque son premier long métrage Le Brasier était une fresque historique sur l’univers des mineurs dans la France des années 30, film pour lequel il a reçu le prix Jean Vigo.

Malheureusement, la première partie du film peine à rendre grâce à la petite voix intérieure qui fait la richesse et la beauté du livre de Gaël Faye. Sacré prix Goncourt des Lycéens en 2016, le récit de son enfance saccagée avait su toucher par la poésie et la justesse des mots, par la force de son témoignage. Or certains choix de réalisation manquent de rondeur dans quelques premières scènes-clé (celles du vol du vélo) alors que toute l’ouverture du roman parle avec chaleur, tendresse et nostalgie d’une population et d’une enfance massacrées. Le spectateur se sent parfois tenu à distance des émotions et sentiments qui traversent la vie de cette famille, déjà en équilibre précaire lorsque le pays est pris, soudain, dans d’immenses soubresauts.

Le long métrage gagne en intensité et en profondeur dans sa deuxième partie, grâce à ses choix de mise en scène, même si ses comédiens ne se révèlent pas tous à la hauteur de l’enjeu. Jean-Paul Rouve se fait discret dans le rôle du père du petit Gabriel (Djibril Vancoppenolle). Tandis que l’actrice Isabelle Kabano brille dans celui d’Yvonne, Rwandaise réfugiée au Burundi, mère absente, puis douloureusement présente.

Karin Tshidimba

Petit Pays** Récit de vie Scénario & réalisation Eric Barbier (d’après le roman de Gaël Faye) Musique Renaud Barbier Avec Jean-Paul Rouve, Djibril Vancoppenolle, Isabelle Kabano Durée 1h51.

La libre Afrique



Le succès de la chanteuse Aya Nakamura est loin d'être terminé. Plus rien ne semble arrêter la jeune femme de 25 ans, même à l'international. Comme l'a repéré Le Mouv', elle est l'artiste française la plus écoutée sur Spotify, se classant à la 288e place du top mondial des artistes, le 20 juillet 2020. Sur la plate-forme de streaming, ses titres (Djadja, Pookie, Copines...) sont écoutés par plus de 13 millions d'auditeurs par mois, dépassant alors Jul (3,3 millions par mois), Booba (2,3 millions) et le duo PNL (2 millions).

Un nouveau single qui cartonne

La jeune chanteuse a réagi à cette annonce en remerciant ses fans : "EH BHEEE !! Merci à vous pour tout ça". Depuis son premier album Journal Intime, sorti en 2017, Aya Nakamura s'impose sur la scène musicale française. Son single Djadja a été visionné plus de 620 millions de fois sur YouTube. Des stars planétaires comme la chanteuse Rihanna ou le footballeur Neymar ont chanté ses louanges. Elle devait même être à l'affiche du célèbre festival californien Coachella, reporté en octobre 2020 à cause de la crise sanitaire. Une véritable consécration.

FranceInfo



La pandémie de Covid-19, génératrice de perturbations sans précédent dans l’éducation, source de fractures sociale et numérique, pourrait fragiliser encore davantage les traditionnels laissés-pour-compte de l’éducation: pauvres, fillettes, handicapés, souligne l’Unesco mardi à l’occasion de la publication d’un rapport mondial sur l’éducation.

« Les expériences du passé – comme avec Ebola – ont montré que les crises sanitaires pouvaient laisser un grand nombre de personnes sur le bord du chemin, en particulier les filles les plus pauvres, dont beaucoup risquent de ne jamais retourner à l’école », affirme ainsi la directrice de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, Audrey Azoulay, dans l’avant-propos du rapport, intitulé « Inclusion et éducation – Tous, sans exception ».

Car partout, sauf dans « les pays à revenu élevé d’Europe et d’Amérique du Nord, pour 100 jeunes parmi les plus riches qui achèvent le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, ils ne sont que 18 parmi les jeunes les plus pauvres à y parvenir ». « Dans 20 pays au moins, pour la plupart situés en Afrique subsaharienne, pratiquement aucune jeune femme pauvre de milieu rural ne mène ses études secondaires à leur terme », relève ce Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2020 de l’Unesco.

En 2018, l’Afrique sub-saharienne abritait la plus grande cohorte de jeunes non scolarisés, dépassant pour la première fois l’Asie centrale et du Sud: 19% des écoliers, 37% au niveau du collège, 58% des lycéens potentiels.

Dans le monde, près de 260 millions de jeunes n’avaient pas accès à l’éducation, soit 17% de ceux en âge d’être scolarisés. Et parmi les premiers exclus figurent les enfants défavorisés, les fillettes et jeunes filles, les enfants en situation de handicap, ceux issus de minorités ethniques ou linguistiques, les migrants…

Ainsi, « les élèves de 10 ans des pays à revenu moyen et élevé ayant reçu un enseignement dans une langue autre que leur langue maternelle obtiennent généralement des résultats inférieurs de 34% à ceux des locuteurs natifs dans les tests de lecture ».

– Internet à domicile –

Ou encore : « dans dix pays à faible et moyen revenu, les enfants handicapés ont 19% de chances en moins d’atteindre un niveau minimum en lecture que ceux qui ne sont pas handicapés ». Mais partout, le handicap peut être un obstacle à l’inclusion, notamment du fait des « croyances discriminatoires des parents »: « environ 15% des parents en Allemagne et 59% à Hong Kong craignent que les enfants handicapés ne perturbent l’apprentissage des autres ».

Et aux États-Unis, « les élèves LGBTI étaient près de trois fois plus susceptibles de dire qu’ils avaient pu préférer rester à la maison parce qu’ils ne se sentaient pas en sécurité à l’école ».

La crise sanitaire actuelle a plus que jamais mis en évidence ces fractures : « Les réponses à la crise de la Covid-19, qui a touché 1,6 milliard d’apprenants, n’ont pas accordé une attention suffisante à l’inclusion de tous les apprenants », soulignent les auteurs du rapport.

« Alors que 55% des pays à faible revenu ont opté pour l’apprentissage à distance en ligne dans l’enseignement primaire et secondaire, seuls 12% des ménages des pays les moins avancés ont accès à l’Internet à domicile. Même les approches qui ne nécessitent que de faibles moyens technologiques ne peuvent garantir la continuité de l’apprentissage. Parmi les 20% de ménages les plus pauvres, seuls 7% disposent d’une radio en Éthiopie et aucun n’a de télévision », citent-ils à titre d’exemple.

« Dans l’ensemble, environ 40% des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur n’ont pas réussi à soutenir les apprenants menacés d’exclusion », soulignent-ils, sans omettre de pointer les lacunes des pays riches : « en France, jusqu’à 8 % des élèves ont perdu le contact avec les enseignants après trois semaines de confinement ».

Sur ces différents constats, le rapport élabore une série de recommandations pour une éducation inclusive, à commencer par des politiques volontaristes, car « de nombreux gouvernements » n’ont pas encore mis en oeuvre de principe d’inclusion. L’Unesco juge aussi nécessaire des financements ciblés.

La Libre Afrique



La vague de soulèvements qui fait suite à la mort de George Floyd a pris ces derniers jours une tournure particulière qui se manifeste par la convocation du passé esclavagiste et colonial de l’Occident au banc des accusés. Le vent de contestation souffle sur les statues à l’effigie de certaines personnalités en lien avec ce passé. Ainsi, on assiste aux États-Unis comme en Europe à des actes de vandalisme et de déboulonnage de statues de certaines figures emblématiques de l’histoire occidentale.

Dans plusieurs États américains, Christophe Colomb, accusé d’avoir provoqué le génocide des Amérindiens par sa découverte de l’Amérique, est depuis quelques jours une cible. Les statues de l’explorateur sont soit décapitées (à Boston), soit arrachées de leur socle (à Saint-Paul) avant d’être jetées dans un lac (à Richmond). En Europe, des personnalités historiques ont connu le même sort. Dans la ville d’Anvers en Belgique, la statue de Léopold II a été déboulonnée en raison des exactions de ce dernier lors de la colonisation du Congo. À Bristol, en Angleterre, c’est la statue en bronze d’Edward Colston, un marchand d’esclaves de la fin du XVIIe siècle, qui a été déboulonnée, piétinée avant d’être noyée.

Au-delà des revendications antiracistes affichées, les actes actuels de vandalisme, de déboulonnage et de destruction de statues ont un point commun : évacuer des lieux publics une mémoire historique contestée. Ces actes s’effectuent donc sur fond de remise en question de l’histoire « officielle » en opposition à une « autre » histoire que la rue revendique d’écrire, ou du moins de mettre en exergue. Loin d’être anodine, cette situation réveille la question de la fabrique de l’histoire, surtout dans des circonstances de représentation en objet mémoriel de certains personnages historiques dans l’espace public. En réactualisant sans cesse la question de qui fait ou écrit l’histoire, la présence de statues mémorielles dans les lieux publics est aux prises avec les événements historiques tels que l’historien les conçoit.

L’exemple qui illustre le mieux cette problématique est la destruction des deux statues à l’effigie de Victor Schœlcher (1804-1893) lors de la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique le 22 mai dernier, peu avant la vague de contestations relative à la mort de George Floyd.

Le paradoxe de Schœlcher

L’étonnement peut être grand face au cas des statues de Victor Schœlcher quand on sait que la mémoire collective, appuyée par les manuels scolaires, a retenu le nom de Schœlcher comme celui qui a aboli l’esclavage en 1848. Alors pourquoi les auteurs des actes de vandalisme s’en sont pris à Schœlcher qu’Aimé Césaire lui-même a qualifié d’humaniste, de militant des droits de l’homme et de socialiste ?

La destruction des deux statues de Saint-Pierre et de Fort-de-France est revendiquée comme un refus d’associer des faits historiques à la gloire d’une seule personne. Les actes concernant l’objet mémoriel à l’effigie de Victor Schœlcher ont connu d’autres tentatives par le passé, toujours sur fond d’un argument brandi comme un étendard : il s’agit d’une œuvre de propagande érigée au détriment d’autres acteurs noirs qui ont contribué, bien avant l’Alsacien, à l’abolition de l’esclavage.

L’abolition de l’esclavage, une mémoire falsifiée ?

Pour comprendre la teneur de cet argument, il faut considérer l’histoire de l’abolition de l’esclavage sur une longue durée. Le rôle joué par Victor Schœlcher en raison de son statut de sous-secrétaire d’État aux colonies pendant le gouvernement provisoire de la IIe République est décisif dans l’abolition définitive de l’esclavage. Toutefois, la prise en compte de la seule date de 1848 contient le risque d’étriquer la longue histoire de la lutte abolitionniste. Il faut rappeler qu’une première abolition eut lieu en février 1794 avant d’être supprimée en 1802 sous l’Empire. Malgré cette suppression, l’abolition définitive de 1848 entretient des liens étroits avec les actions entreprises préalablement par différents acteurs dont les Afrodescendants.

L’aboutissement de la première abolition est souvent imputé à l’insurrection de Saint-Domingue (aujourd’hui République de Haïti) d’août 1791 pendant laquelle le personnage de Toussaint Louverture s’est illustré par le rôle de premier plan joué dans la seule révolte des esclaves qui a réussi. Cependant, la lutte pour l’abolition s’est déroulée sur d’autres fronts que celui des combats armés. Sur le terrain de la lutte pour l’égalité des droits entre les Blancs et les affranchis ou les libres de couleur, en Métropole comme dans les Antilles, on compte de nombreux Afrodescendants dont l’action a contribué de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XIXe à l’abrogation de l’esclavage. On retient les principaux noms de Joseph Georges Boisson (1766-1812), d’Étienne Mentor (1771-date inconnue) et de Jean‑Baptiste Belley (1746-1805). Le portrait qu’Anne-Louis Girodet de Roucy-Trioson a fait de ce dernier l’a rendu plus célèbre que ces deux autres compères députés de Saint-Domingue. Parmi ces figures, il faut particulièrement faire mention d’une femme, Jeanne Odo (1680-1797), dont les sources rapportent l’action abolitionniste se distinguant à la force de son âge avancé, 114 ans.

L’idolâtrie des faits historiques

C’est la mise en lumière de ces personnages noirs que revendiquent les tombeurs des statues de Victor Schœlcher en réfutant le traitement européo-centré de l’histoire de l’esclavage que l’érection des objets mémoriels dans l’espace public tend à plus valoriser que l’acte des Afrodescendants.

Ayant en mémoire l’épisode martiniquais, et face aux appels à déboulonner la statue de Colbert, initiateur du Code noir, Emmanuel Macron a déclaré dans son allocution du 14 juin 2020 que « la République n’effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire ».

L’édification de l’histoire comme objet de mémoire crée ainsi des rapports de force aux prises avec des tendances doctrinales, qu’elles soient identitaires ou politiques. Les élans passionnels qui gouvernent la validité d’une mémoire plus qu’une autre interrogent la finalité de l’histoire et la légitimité de ceux qui la font. Ils supposent de considérer qu’au-delà des faits identifiables, il y a un ordre caché, une logique supérieure à l’œuvre dans l’histoire. Pour ne pas céder facilement à cette démarche, Nietszche nous invite dans la Seconde Considération inactuelle (1874) à nous insurger contre ce qu’il appelle « l’idolâtrie des faits historiques ». « Ne pas courber l’échine » devant la prétendue « puissance de l’histoire » est l’attitude à laquelle convoque le philosophe afin de ne pas ériger telle idée, tel fait, tel personnage en doctrine historique.

Les hommes font-ils l’histoire ?

Les faits auxquels nous assistons ces derniers jours ne sont pas nouveaux. L’histoire ancienne comme récente a souvent fait assister à des actes de vandalisme voire de destruction d’objets mémoriels, généralement pour des raisons de refus de leur légitimité par une frange de la population. Ceci est encore plus manifeste quand ces objets à caractère symbolique sont placés à la vue de tous dans l’espace public.

Face à certains sujets sensibles comme celui de l’esclavage, les autorités politiques prennent parfois les devants en réécrivant l’histoire. À ce titre, la ville de Bordeaux a été poussée à se pencher sur son passé négrier en installant des plaques explicatives dans certaines rues portant des noms d’esclavagistes ainsi qu’une sculpture dans les jardins de l’hôtel de ville afin de poursuivre un travail mémoriel.

Ainsi, les faits historiques, sans qu’ils ne changent intrinsèquement, se font et se refont au gré des époques, des enjeux et de l’évolution des consciences. Puisque ce sont les hommes qui font l’histoire, parfois dans des conditions qu’ils ont eux-mêmes choisies, Kant nous invite à lire la suite des événements historiques réels à l’aune d’un idéal raisonnable.The Conversation

Erick Cakpo, Historien, chercheur, Université de Lorraine

Source: infocrhretienne.com



John Allosso (@JohnAllosso) | Twitter

En Afrique centrale et de l’Ouest où plus de 15 000 cas de coronavirus ont été signalés, la chanson souligne l’esprit de #DontGoViral

« Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible / Pour une fois, éloignés, nous serons invincibles / Je sais que tu as toujours rêvé d’être Superman / Mais reste chez toi, tu verras, c’est super, man ! », dit la chanson « Protège ta life », créée par le collectif artistique nigérien « Poings levés » qui entend mobiliser et sensibiliser aux périls du COVID-19, au Niger et dans toute l’Afrique.

En Afrique centrale et de l’Ouest où plus de 15 000 cas de coronavirus ont été signalés, la chanson souligne l’esprit de #DontGoViral, la campagne en ligne lancée le 1er avril par l’UNESCO et l’Innovation for Policy Foundation (i4Policy). Cette campagne rassemble des contenus créatifs et répond au besoin urgent d’informations culturellement pertinentes en accès libre dans les langues africaines afin d’informer les communautés, dans leurs propres idiomes, sur la manière de prévenir la propagation du COVID-19 et de lutter contre « l’infodémie » galopante de désinformation et d’hypothèses hasardeuses sur le virus.

Depuis son lancement, la campagne a reçu plus de 500 soumissions de plus d’une quarantaine de pays d’Afrique. Les publications de la campagne sur les médias sociaux, rien que sur Facebook et Twitter, ont touché plus de 90 millions de personnes à ce jour, et les vidéos ont été vues par quantité d’autres personnes sur YouTube, sur des plateformes de messagerie et diffusées par des stations de radio locales dans le monde entier.

« Le succès de la campagne DontGoViral souligne la résilience et la créativité des femmes et des hommes sur le continent africain pour exploiter le pouvoir de la diversité culturelle afin de combattre efficacement l’infodémie qui s’avère tout aussi virale que la pandémie elle-même. Leurs contributions montrent que les acteurs culturels sont une partie indispensable de la solution », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay.

Des artistes de haut niveau de toute l’Afrique et de la diaspora africaine s’associent à la campagne, notamment Fally Ipupa, Timi Dakolo, Wale Turner, Stonebwoy, Reekado Banks, Les Frères Smith et Seun Kuti, Didier Awadi ou Youssou N’Dour.

LE SUCCÈS DE LA CAMPAGNE DONTGOVIRAL SOULIGNE LA RÉSILIENCE ET LA CRÉATIVITÉ DES FEMMES ET DES HOMMES SUR LE CONTINENT AFRICAIN POUR EXPLOITER LE POUVOIR DE LA DIVERSITÉ CULTURELLE

Outre « Protège ta life » du collectif « Poings levés », le choix musical #DontGoViral de l’UNESCO est régulièrement mis à jour avec de nouvelles contributions. Figurent dans cette « playlist » Bobi Wine et Nubian Li, une remix du chanson “Corona Virus Alert” de Bobi Wine par la jeunesse, Didier Awadi, Youssou Ndour, et le collectif Daan Corona, Les Frères Smith et Seun KutiSeroney, Siti AminaBig Seush et AST, le Mukuru Youth Initiative, Goumour Ezza, Collectif 229, Msafiri Zawose, Saintrick MayitoukouPam Luster, et Mujtaba Alsedding.  Figurent aussi un clip pictural de Dhemian art, un spot sur les gestes barrières de Kuwala Creatives, et un court-métrage en langue des signes par le Sudan Story Lab. Il s’agit d’assurer l’accès à l’information pour tous, personnes handicapées comprises.

Au Niger, l’UNESCO et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) se sont associés à « Poings levés », un collectif de sept chanteurs engagés réunis autour du rappeur Danny Lee, pour mobiliser et sensibiliser le public nigérien.

Le résultat de cette collaboration est la chanson « Protège ta life », dont les paroles sont en en djerma, en haoussa, en tamachek et en français – avec des versions sous-titrées en anglais, en arabe et en français. « Nous espérons que nos voix et celles des chanteurs peuls bororos, le peuple nomade du Sahel, atteindront toutes les régions culturelles et linguistiques du Niger et même au-delà de nos frontières ; à travers toute l’Afrique occidentale et centrale », déclare Danny Lee.

Le clip musical qui accompagne cette chanson percutante a été tourné pendant le confinement, dans le studio d’enregistrement de Danny Lee et à l’hôpital de Niamey pour rendre hommage à son personnel qui travaille jour et nuit. 

Lors du tournage, le collectif a également fait participer des réfugiés vivant à Niamey impliqués dans la prévention. Dans le clip, on voit ces hommes et ces femmes qui ont fui la guerre produire du savon et de l’eau de javel à distribuer aux communautés les plus vulnérables du Niger, avec le soutien du HCR et de ses partenaires. « Cette pandémie nous touche tous et c’est en restant unis, tous ensemble, que nous parviendrons à la vaincre », affirme le collectif.

Au Niger, un pays qui compte actuellement environ 500 000 personnes déplacées, le HCR soutient activement la réponse du gouvernement à la pandémie, en ouvrant des centres médicaux pour isoler et traiter les patients à Niamey ou en distribuant du matériel médical et des kits d’hygiène dans tout le pays. La chanson « Protège ta life », avec le soutien de l’UNESCO, vient compléter les campagnes de sensibilisation dans ces communautés.

« Les réfugiés sont des acteurs essentiels de la réponse de santé publique et un élément clé de la cohésion sociale, y compris aux yeux de la population qui les accueille », explique Alessandra Morelli, représentante du HCR au Niger. « Produisant du savon et d’autres produits de nettoyage, ils deviennent une partie intégrante de la lutte contre la transmission du virus. Notre objectif est que chaque réfugié et chaque membre de la communauté d’accueil dispose de savon, d’eau de javel et de masques produits localement », ajoute-t-elle.

Stella Adiambo Agara |Info Afrique



La ville ocre s’apprête à accueillir, du 21 au 23 novembre 2019, la 3e édition de la Conférence de la Femme Africaine (AWC).  Initiée par la Fondation Helpline for the Needy Abuja (Nigeria) en partenariat avec le Centre International de Diplomatie (Maroc) et en collaboration avec Echoes Africa Initiatives (New York),  cette édition sera placée sous le thème "Construire une coalition pour mettre fin à l'inégalité des sexes en Afrique".

Selon un communiqué des organisateurs, « cette conférence, qui se veut l'un des plus éminents rassemblements annuels d'experts, d'institutions, d'organisations non gouvernementales et d'entreprises, a pour but de définir des agendas et des options viables, à travers lesquels les acteurs de la politique africaine peuvent canaliser les diverses ressources dont disposent les femmes africaines vers le développement durable du Continent ».

« Le Maroc a été choisi pour accueillir cet événement en raison de son capital social, son positionnement géographique stratégique, sa croissance économique florissante ainsi que de ses diverses initiatives et investissements dans le continent africain visant à renforcer la coopération sud-sud » ajoute le communiqué.

Cette rencontre rassemblera des femmes africaines pour échanger et favoriser de nouvelles idées susceptibles d'accroître leur influence et leur productivité dans leurs différents domaines d'activité, et pour offrir aux entreprises, philanthropes et investisseurs étrangers axés sur l'Afrique une plateforme leur permettant de rencontrer et de forger des alliances avec des femmes africaines entrepreneures, décideuses, influenceuses et professionnelles pour développer leur projets.

« La Conférence des Femmes Africaines est née d’une prise de conscience que la vision 2030 fixée pour atteindre les Objectifs de Développement Durable tels qu'adoptés par les Nations Unies en 2015, ne peut être réalisée sans l'engagement, l'inclusion et l'action collective des femmes aux niveaux national, régional et mondial », fait observer la présidente de la Fondation Helpline, Dr Jumai Ahmadu, citée dans le communiqué.

Pour sa part, Karima Rhanem, présidente du Centre International de Diplomatie à Rabat et partenaire de la Conférence explique qu’ « en choisissant le Maroc pour organiser sa troisième conférence annuelle, la Fondation Helpline a démontré sa volonté d'impliquer des femmes dirigeantes de différentes régions d'Afrique, mais plus particulièrement d'Afrique de l'Ouest, afin de partager leurs expériences, leurs compétences et les meilleures pratiques avec leurs homologues de l’Afrique du Nord ».

Et d’ajouter que « le partenariat avec Helpline Foundation for the Needy- Abuja permettra une meilleure collaboration pour la création d’une coalition afin d’éliminer l’inégalité des sexes en Afrique », soulignant « qu'aujourd'hui, plus que jamais, nous devons conjuguer nos efforts et travailler en réseau pour développer des campagnes de plaidoyer plus efficaces afin de promouvoir l’égalité des sexes, les droits des femmes et la lutte contre tout type de discrimination et de violence à l’égard des femmes ».

Plusieurs hauts dignitaires et d'autres personnalités du Nigeria, du Liberia, du Ghana, du Sénégal, de la Gambie, de la Namibie, du Kenya, du Cameroun, du Tchad, du Niger, du Maroc et d'autres pays africains, dont des ministres fédéraux, épouses de gouverneurs d'Etat, propriétaires d'entreprises et des représentants d’organisations de la société civile, sont attendus à cette édition.

Ce conclave verra ainsi la participation d’une délégation de haut niveau du Nigeria, ainsi que des chefs d'entreprises intéressés par l'économie africaine de toute l'Afrique et de la diaspora, des hauts fonctionnaires, des femmes innovantes, des femmes parlementaires et des épouses de chefs de gouvernement.

La Conférence des Femmes Africaines a été fondée par la Fondation Helpline for the Needy Abuja, une ONG dotée du statut consultatif auprès des Nations Unies, en collaboration avec Echoes Africa Initiatives New York. Elle se veut un rassemblement annuel des femmes africaines opérant dans les secteurs formels et non formels de l'économie africaine.

2M.ma

 
 

A Propos

 


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