La crise politique qui couve en République démocratique du Congo (RDC) s’est transformée jeudi en manifestations violentes, avec au moins trois morts – deux manifestants et un policier – lors des marches interdites et réprimées contre le choix du nouveau président de la Commission électorale.

Les deux manifestants ont été tués dans les deux principales villes Kinshasa et Lubumbashi, selon le bureau des droits de l’homme des Nations unies au Congo, qui s’inquiète « de l’usage de la force létale par les forces de l’ordre ».

A Lumbumbashi (sud-est), la victime, un homme de 32 ans, a été tué par la police militaire, ajoute cette même source sur Twitter qui « déplore la participation des soldats de l’armée congolaise aux tâches de maintien de l’ordre ».

Le service onusien « condamne également la mort d’un agent de police » à Kinshasa. Il « a été lynché après avoir tiré sur les manifestants », avait indiqué cette source à l’AFP.

La Libre Afrique 



La Voix de Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) dénonce ce qu'elle appelle " l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques dans l’affaire qui oppose Pascal Mukuna à madame Tshibola".

Dans un communiqué publié dimanche 17 mai à Kinshasa, cette ONG fait remarquer que quels que soient les reproches faits à Pascal Mukuna, rien ne peut justifier que la liberté d’opinion dont il jouit à travers son mouvement d’Eveil patriotique lui attire des ennuis pour être reduit au silence.
 
La VSV pense que ceux qui se sentent touchées ou lésées par les propos de Pascal Mukuna ont également le droit d’user de la même liberté d’opinion pour lui répondre sans instrumentaliser la justice contre lui.

L’ONG dit craindre pour la vie et l’intégrité physique et mentale de Pascal Mukuna, initiateur de la campagne éveil patriotique comme ce fut le cas de Fernando Kutino arrêté, brutalisé, torturé et incapable d’exercer aujourd’hui son ministère en tant que Pasteur suite à sa campagne dénommée “Sauvons le Congo”.

La VSV s’étonne que la justice n’ait pas manifesté le même empressement au sujet des faits graves, délictueux ou criminels tels que l’assassinat des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana, Armand Tungulu et des fosses communes de Maluku dénoncés par Mukuna, rappelle le communiqué.

Cette organisation de la Société Civile demande, enfin, à la justice de veiller à son indépendance et de garantir la vie, l’intégrité physique et mentale de Mukuna.

Le responsable de l’église Assemblée Chrétienne de Kinshasa (ACK) est en détention préventive à la prison de Makala depuis le 14 mai suite à la plainte de Mamie Tshibola qui l’accuse de " viol, détention illicite des documents parcellaires et de menaces de mort".

Radio Okapi


Le territoire de Mahagi situé à l’extrême nord-est de la République Démocratique du Congo fait face à l’activisme de la milice Codeco venue du territoire de Djugu dans la province de l’Ituri.

Des attaques répétées sur le peuple Alur,des pillages des biens, des incendies des maisons suivis des tueries sans compter des conséquences humanitaires désastreuses.

Ces attaques constituent une provocation à laquelle le peuple Alur n’a jamais répondu et ne répondra pas affirment plusieurs déclarations des couches sociopolitiques car, répondre à ces attaques c’est permettre aux tireurs de ficelles d’accomplir leurs missions.

La situation s’est empirée à partir du mois de Février dernier avec une aggravation de la situation en Avril 2020. La communauté Alur de Bunia et ses environs (Cabe en sigle), section de l’Ituri de carrefour pour le Développement de Mahagi note dans sa déclaration du 14 mai que ces ennemis sont lourdement armés et bénéficient d’un appui en hommes et matériels de pays voisin. Il est temps de renforcer les unités de Fardc dans les chefferies sous contrôle de cette milice et doter les forces loyalistes des moyens nécessaires pour faire face à ces ennemis.

« La dotation des FARDC par le moyen logistique nécessaire pouvant leur permette de faire face d’une manière prompte à l’ennemi qui bénéficierait d’un appui en hommes et en matériels de pays voisin, le déploiement rapide d’une unité des FARDC le long de la limite de Mahagi avec Djugu et dans les groupements des chefferies sous contrôle notamment Ang’al 2,Walendu Watsi mais surtout à Mont Zeu », a écrit Maître CT Christian Utheki, président de la Cabe.

Des sources concordantes rapportent que Mont Zeu serait un espace douteux réputé en berceau de la prochaine relance d’attaque de cette milice.

Avec sa position géographique , non loin de la frontière ougandaise, les services de sécurité et intelligents sont appelés à contrôler cet espace qui donne la voie à l’Ouganda par une une contrebande de poste douanier de Zorogo non loin de Katanga, lieu stratégique de la récente attaque sur les AlUr Djuganda aux environs de Katanga.

Avec la chefferie des Mokambo sous contrôle déjà, il est possible que cette milice avance même par pirogue ou pied sur la chefferie de Wagongo, avec facilité d’atteindre le chef-lieu de Mahagi en passant par la chefferie des ang’als vers l’est à Djegu, Nyalebbe , Djupagasa…. où il y’a faible effectif militaire.

Les villages de Pakenge, Zaa, Kingot en chefferie des Djukoth vidés de ces habitats, ces milices peuvent facilement faire jonction avec leur bastion de Walendu Watsi qui peuvent se croiser vers Awasi, gwoknyeri avec celles venues de Pakenge, Zaa, Kingot via Ndrele , Ngote….

Par ces schémas, avec légèreté de la gestion de cette attaque, Mahagi peut à tout moment tomber si cet ennemi se détermine.

Le député national, élu de Mahagi, Furah Uma Daniel n’avait pas caché sa position face à cette situation au-cours d’une émission mercredi dernier Télé 50.il a qualifié de vaste blague ce silence du pouvoir de Kinshasa.

Furah Uma Daniel demande à Kinshasa de dire la vérité aux peuples ituriens si L’Ituri ne fait pas partie du Congo pour que ses peuples s’assument car dit-il, les Ituriens peuvent s’organiser et remettre la paix dans leur province si les décideurs n’en veulent pas.

Par ailleurs, La Communauté Alur de Mahagi plaide pour la descente du président de la république sur place en vue d’apprécier la situation.

Dans une analyse sur la situation, le Professeur Chober Agenonga, enseignant des universités et consultant international en matière de la sociologie des conflits dans la région des Grands Lacs Africains indique que depuis le déclenchement de violences meurtrières en décembre 2017 attribuées, à tort ou à raison, à la milice Codeco (Coopération pour le développement du Congo) dans le territoire de Djugu qui en est l’épicentre, le diagnostic démontre que désormais les violences gagnent le territoire de Mahagi.

Pour lui, plusieurs facteurs expliquent l’avancée de ces violences du territoire de Djugu vers le territoire de Mahagi , notamment:

- Le vide sécuritaire et le sous-équipement de l’armée

- La faible coordination des pressions militaires sur les miliciens

- La manipulation et la complicité des certains civils

- Outre ces facteurs, il y en a d’autres qui doivent être analysés avec subtilité, notamment la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC), ce qui peut conduire à questionner à la fois la gestion des équipements militaires par les forces armées congolaises et de la frontière avec l’Ouganda ou d’autres pays d’où ces miliciens pourraient probablement se ravitailler.

Ces violences ont atteint un seuil paroxysmique dans ce territoire en début de cette semaine avec l’incursion des éléments présumés de la Codeco qui ont incendié des villages entiers en chefferie des Jukoth, tué des civils et provoqué des déplacements massifs des populations plus à l’intérieur du territoire de Mahagi.


Le Coq de l'Est / MCP, via mediacongo.net



La province du Nord-Kivu dans l'est de la République démoratique du Congo ne compte plus de cas déclaré de Covid-19, a annoncé vendredi son gouverneur qui reste "sur ses gardes" face à la double menace du coronavirus et d'Ebola.

Cinq cas avaient été enregistrés dans cette province frontalière du Rwanda et de l'Ouganda.

Le dernier cas à Beni, situé à 350 km au nord de Goma, a été déclaré guéri, a indiqué le gouverneur Carly Nzanzu, comme ceux de Goma précédemment.

Les déplacements qui avaient été suspendus entre Beni et la ville voisine de Butembo peuvent reprendre, a poursuivi le gouverneur. "Il faut que tous les passagers aient un masque" dans les mini-bus, a-t-il insisté.

"Ce n'est pas la fin de la pandémie", a-t-il prévenu. "Nous devons rester sur nos gardes" pour "veiller à ce qu'il n'y ait pas une deuxième vague de contamination".

Il a appelé au respect des mesures prises par le chef de l'Etat dès la fin du mois de mars (fermeture des lieux publics...).

"Les règles d'hygiène observées pour Ebola doivent être de stricte application", a-t-il ajouté alors que de nouveaux cas de fièvre hémorragique ont été enregistrés à Beni depuis 15 jours.

Le trafic de bateaux sur le lac Kivu entre Goma et Bukavu est toujours suspendu "pour autant qu'il y a encore des cas au Sud-Kivu", dans la provinc voisine.

La RDC a enregistré au total 394 cas confirmés dont 382 dans la capitale Kinshasa qui concentre l'ensemble des 25 décès. Les autorités font état de 48 guérisons et "246 patients en bonne évolution" dans leur dernier bulletin épidémiologique jeudi soir.

AFP



Le président de la République Démocratique du Congo effectuait une visite officielle ce vendredi à Bujumbura, après la Tanzanie. Pour les medias locaux, la visite du Chef de l’Etat au Burundi a pour objectif de « rassurer son allié de l’Est sur des questions importantes sur la géopolitique des grands lacs et sur la sécurité dans l’Est de la RDC ».  

S’agit-il d’une volonté de rapprochement ? Certainement oui parce qu’en avril dernier, Felix Tchisekedi avait envoyé un émissaire à Pierre Nkurunziza. Monsieur Claude Ekolomba Ibalanky qui avait été reçu en audience par le Président lui-même avait révélé à la presse « qu’il  est porteur d’un message de fraternité  et d’amitié de la part du Président Tshisekedi à son homologue burundais, en sa qualité de coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord- cadre d’Addis-Abeba. » Au cours de cette visite, Claude Ekolomba avait également fait savoir qu’ils  ont échangé sur la coopération multidimensionnelle entre le Burundi et la RDC, tout en insistant sur « la nécessité de renforcer et préserver la paix et la sécurité dans la sous-région afin de permettre l’épanouissement des projets intégrateurs dans le cadre de la coopération économique » comme le rapporte le journal Info Grands Lacs.

Il n’est pas difficile de les cerner depuis l’élection de Felix Tshisekedi à la tête de la République Démocratique du Congo. Pour le nouveau élu, il faut apaiser le climat avec les voisins de la RDC. Sans oublier qu’il incarne les intérêts du peuple tout entier qu’il avait soumis au pouvoir. D’ailleurs, la première visite régionale que Felix Tshisekedi avait effectuée avait pour enjeu l’énergie. C’était en Angola chez son homologue Joao Lourenço, le 5 février de cette année.  Au cours de cette visite, Tshisekedi a venté « l’alternance pacifique » issue des élections du 30 décembre, ce qui lui a permis de défendre la légalité de sa victoire contestée. De l’autre côté, Joao Lourenço a profité de négocier avec le Président congolais sur comment  il peut  profiter avec la RDC de l‘énergie produite par le barrage d’Inga pour alimenter la province de Cabinda et d’autres localités congolaises qui sont frontalières avec cette province angolaise.

La deuxième visite régionale que le Président Felix Tscisekedi a effectuée est celle qu’il a faite à Nairobi, la capitale kenyane à Uhuru Kenyatta, le 6 février 2019.  Là- bas, l’enjeu important est plutôt symbolique. Tshisekedi s’y est rendu, selon la RFI, car le Président Kenyan avait soutenu la victoire de Félix Tshisekedi depuis le début. D'où cette visite de « remerciements » bien que le Kenya ne soit pas un voisin direct de la République démocratique du Congo (RDC). Félix Tshisekedi s’est aussi entretenu ce avec Raïla Odinga, l’opposant kényan, qui s’était lui-même rendu à Kinshasa pour l’investiture du président congolais.

Pour le Rwanda, Tshisekedi a choisi de rencontrer Paul Kagame, qui avait émis de sérieux doutes au sujet de sa victoire à l’élection du 30 décembre 2018 en marge du sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba le 17 Janvier de cette année. Le petit Rwanda (26.000 km²) et l’immense RDC (près de 90 fois plus étendue avec 2,3 millions de km²) entretiennent des relations tendues depuis 25 ans, à la suite du génocide au Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de piller ses minerais (coltan) dans le Nord Kivu. Kigali a dans le viseur le groupe hutu FDLR réfugié dans l’Est de la RDC. Selon la Libre Afrique, « Pendant près de deux heures, les deux chefs d’État ont passé en revue les questions de bon voisinage et de franche coopération entre leurs États ».

Après leur premier tête-à-tête à Addis-Abeba, Paul Kagame et Félix Tshisekedi ont de nouveau échangé, lors d’une rencontre exceptionnelle à l’occasion de l’Africa CEO Forum, le 25 mars de cette année. Au menu de cet échange, il y avait trois questions à  aborder dont les relations entre les deux pays, la question de la préservation des écosystèmes environnementaux et les enjeux miniers. Au cours de cette rencontre, « les deux hommes ont affiché une posture de compréhension mutuelle et une volonté commune d’avancer malgré les relations bilatérales historiquement tendues entre leurs deux pays » comme l’indique l’hebdomadaire Jeune Afrique. Dans cette rencontre, le Président congolais a promis de mettre terme à l’instabilité dans l’est de la RDC en s’attaquant aux milices qui y sévissent. De plus, cette volonté d’avancer ensemble vient d’être matérialisée par une visite officielle de deux jours de la Première Dame congolaise, Denise Nyekuru Tshisekedi à Jeannette Kagame dimanche dernier. En mai 2001, Jeannette Kagame avait accueilli, à Kigali, le 1er sommet africain des Premières Dames sur les enfants et la prévention du VIH/SIDA.

Felix Tshisekedi est d’abord lui-même rassuré. Il possède une stature forte après qu’il ait parvenu à trouver son premier ministre avec les forces politiques issues des élections qui l’ont finalement porté la tête du pays. La légitimité de son élection et de ses fonctions présidentielles est de mise même s’il doit gouverner avec les membres de l’ancien système.

Ainsi, cette visite a deux enjeux essentiels : le premier est la question de sécurité de la sous-région. Elle reste toujours au menu des engagements des pays de la sous-région d’où le rôle du Burundi en la matière est presqu’obligatoire.  La preuve est l’organisation à Kinshasa la semaine dernière des chefs des services de renseignements des pays de la sous-région, laquelle réunion n’a pas vu la présence du Burundi. Sous l'égide du président Félix Tshisekedi, avec le soutien des deux organisations sous régionales, la CIRGL, SADC et l'envoyé spécial de l'ONU, l'objectif est de cette réunion était de coordonner les actions dans la lutte contre les « forces négatives », notamment les groupes étrangers qui sévissent dans l'est de la RDC. Le Burundi l’a boudée en justifiant cette absence par le soudain rapprochement entre Kinshasa et Kigali. « Paul Kagame est partout, Tshisekedi le fait applaudir dans un stade à Kinshasa, sa propre femme paradait encore ce week-end à Kigali », indique l'une de ces sources à la RFI.

Le second enjeu est sur la problématique de la diminution des tensions entre les pays de la sous-région pour amorcer de nouveau la coopération en général et avec le pays membres de l’EAC en particulier. Le président de la RDC visite le Burundi alors qu’il y a des tensions diplomatiques entre les pays de la sous-région. Le Burundi entretient des relations tendues avec son voisin du nord, le Rwanda. Ce dernier n’est pas vu aussi d’un bon œil avec l’Ouganda d’où l'investissement personnel du président Tshisekedi pour apaiser ses tensions dans la sous-région et relancer la coopération.  D’ailleurs, les Nations-Unies et certaines organisations régionales avaient beaucoup demandé au nouveau élu de s’investir personnellement dans cette mission. C’est l’une des raisons qui avait poussé la SADC et la CIRGL d’organiser la réunion entre les services de renseignements des pays de la sous-région à Kinshasa.  Va-t-il gagner le pari ? Très difficile à affirmer car à l’heure qu’il est, chaque pays vit son contexte politique. Le Burundi se prépare aux élections de 2020, la RDC se lance à la fois sur deux pistes, celle de développement (avec un sérieux rapport de force entre les forces politiques dirigeantes) et de pacification des régions de conflits (dont l’Est) et le Rwanda continue sa montée vers le développement durable avec l’appui des bailleurs internationaux malgré sa dictature progressiste. Visiblement, les conflits l’emportent sur les aspirations, ce qui voudrait dire qu’en l’absence d’autres mécanismes formels de règlement des tensions (ouvertes ou latentes) entre ces Etats, l’intégration économique ne saurait être efficacement instrumentée pour stabiliser la région.

Steve Baragafise



Des heurts ont eu lieu à Goma et la police était déployée en force aux points stratégiques de Kinshasa dimanche, jour de manifestations annoncées par l’opposition et interdites par les autorités de la République démocratique du Congo. A Goma dans l’est, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des petits groupes de 10 à 15 jeunes qui voulaient marcher à l’appel de la coalition d’opposition Lamuka, a constaté un correspondant de l’AFP qui a aussi vu des pierres sur la chaussée.

Le calme régnait en milieu de matinée à Kinshasa, où trois responsables de Lamuka avaient annoncé leur intention de défier l’interdiction prononcée vendredi par le gouverneur: l’ex-chef de guerre et ex-vice-président Jean-Pierre Bemba, l’ex-candidat à la présidentielle Martin Fayulu et l’ex-Premier ministre Adolphe Muzito.

« Tout attroupement de plus de 10 personnes sera dispersé ce dimanche 30 juin 2019 », avait prévenu samedi le chef de la police de Kinshasa, Sylvano Kasongo.

Le nouveau président de la République, Félix Tshisekedi, s’est déclaré « d’accord » avec l’interdiction de la marche de ses anciens alliés de l’opposition. « Depuis que je suis là, je n’ai interdit aucune manifestation. Les droits et les libertés des citoyens sont garantis. Mais nous avons comme l’impression qu’il y en a qui confondent démocratie et anarchie », s’est justifié le président dans son premier grand entretien à Radio France internationale (RFI) et France 24 depuis son investiture le 24 janvier.

L’opposition proteste contre l’invalidation de l’élection d’une vingtaine de ses députés prononcée début juin par la Cour constitutionnelle. « Il y a eu des choses inacceptables », a reconnu le président Tshisekedi. « Lorsque j’ai reçu le président de la Cour Constitutionnelle, c’était pour en savoir plus sur ces arrêts qui étaient pour certains scandaleux ».

Le président a assuré qu' »il y a au sein même de la Cour constitutionnelle une procédure en réparation d’erreurs matérielles comme ils disent ».



Un tribunal belge enquête sur un orphelinat pour enlèvement et traite présumés d'enfants en République démocratique du Congo. Des enfants ont été amenés en Belgique et adoptés par des familles auxquelles on avait dit qu'ils étaient orphelins. Des années plus tard, des tests ADN ont prouvé que, dans certains cas, ils ne l'étaient pas.

A des centaines de kilomètres au nord de Kinshasa, la capitale de la RD Congo, se trouve le village de Gemena. La plupart des gens vivent de l'agriculture ou de la pêche ; d'autres sont charpentiers ou commerçants.

Abdula Libenge, un tailleur de 34 ans, est le père d'une des quatre familles du village qui, en mai 2015, a envoyé un enfant à Kinshasa dans un camp de vacances.

Leurs enfants ne sont jamais revenus. Sans accès à une représentation juridique ou à l'assistance des autorités locales, ils ne pouvaient qu'attendre.

Environ deux ans après la disparition de la fille de M. Libenge, il a reçu une visite inattendue qui allait enfin faire la lumière sur ce qui s'est passé.

Les journalistes belges Kurt Wertelaers et Benoit de Freine avaient eu vent d'une enquête sur la fraude en matière d'adoption dans leur pays.

Comment les deux journalistes ont découvert le scandale

Le procureur de la République belge avait de fortes indications que les parents biologiques d'un certain nombre d'enfants congolais adoptés en Belgique étaient toujours en vie, et les deux hommes s'étaient mis en route pour les retrouver.

Leur recherche les a conduits de Bruxelles à l'atelier d'Abdula Libenge à Gemena.

Celui-ci leur a montré une photo de sa fille.

"Prise le jour de son départ pour Kinshasa", leur a-t-il dit. "Elle était si heureuse. Nous n'aurons jamais la chance d'aller à Kinshasa. On ne peut pas payer le billet d'avion. Mais elle en a eu l'occasion, et ça nous rendait fiers."

C'était l'une des nombreuses photos du groupe de trois filles et d'un garçon, alors âgés de deux à quatre ans.

Une photo les montre avec un jeune homme d'une organisation de jeunesse, leur chaperon au camp de vacances.

"Il ne nous reste que cette photo et une chaussure", a poursuivi M. Libenge.

Devant une autre maison, Suriya Moyumbe attendait en larmes, agrippée à une photo de sa fille, qui était petite quand elle est partie et ne pouvait pas encore parler.

"La famille de mon mari me reproche de l'avoir envoyée à ces vacances. Je n'aurais jamais dû faire ça. Mais nous avons tous pensé que c'était une grande opportunité", a-t-elle confié aux journalistes.

Wertelaers et De Freine sont retournés à Bruxelles pour présenter leurs preuves et le procureur s'est ensuite rendu à Gemena pour recueillir l'ADN.

L'orphelinat Tumaini de Kinshasa a depuis été fermé.

L'avocate belgo-congolaise Julienne Mpemba est assignée à résidence et fait face à des accusations criminelles pour son rôle de responsable de l'orphelinat.

Son avocat, George Balon Perin, a déclaré qu'elle "conteste de manière claire les charges retenues contre elle", ajoutant qu'elle n'est pas poursuivie en RD du Congo, où les faits allégués se sont produits.

D'autres personnes ont été inculpées en Belgique et en RD Congo, a déclaré l'avocat à la BBC.

'Une gifle' pour les nouvelles familles

En Belgique, les familles adoptives ont appris la nouvelle une par une.

Certains parents adoptifs avaient déjà fait part de leurs préoccupations au cours du processus d'adoption et ont déclaré à la BBC que la nouvelle confirmait leurs craintes.

"Connaissant la réputation de la RD Congo, j'avais très peur, mais l'agence d'adoption nous a vraiment poussés vers elle et nous a rassurés sur le fait que tout serait légal ", a déclaré un père, qui a souhaité rester anonyme.

"C'était comme une gifle quand on l'a entendue. C'est ce que j'ai toujours voulu éviter. Et maintenant, malgré moi, j'ai un enfant volé."

Une mère a décrit comment l'agence avait tenté de la détourner de ses préoccupations chaque fois qu'elle soulevait des objections. Puis un jour, sa fille adoptive a appris assez de français pour commencer à parler de sa famille biologique.

"Une fois, elle a dit : "Tu n'es pas ma maman, maman", quand on lisait un conte de fées.

"J'ai immédiatement déclenché l'alarme, mais j'ai été rejetée. J'ai pensé qu'elle parlait peut-être d'une mère d'accueil intérimaire avec laquelle elle vivait avant de venir ici. Mais non. C'était sa mère."

Quand l'histoire a éclaté en Belgique, quatre enfants étaient impliqués. Aujourd'hui, les parents adoptifs de 15 autres enfants attendent les résultats des tests ADN.

Pourquoi l'adoption internationale peut constituer un risque

"Il y a des gens qui n'ont pas fait leur travail, des gens qui auraient pu en bénéficier, financièrement ou d'une autre façon ", dit l'avocat Georges-Henri Beauthier, qui représente trois des familles adoptives.

"Il faut voir toutes ces personnes collectivement comme une organisation véritablement criminelle, bien organisée en RD Congo et en Belgique."

Selon l'expert en protection de l'enfance Nigel Cantwell, ce ne sont pas des cas isolés.

"Il y a toujours un peu d'anarchie dans l'adoption lorsqu'il s'agit d'un pays qui n'est pas partie à la Convention de La Haye, comme c'est le cas pour la RD Congo. Il y a tellement d'exemples ces dernières années : Haïti, Guatemala, Vietnam, Cambodge. La liste est longue."

Il croit que les intermédiaires, y compris les foyers pour enfants, doivent être réglementés et, si possible, retirés du processus. "Ce sont eux qui font de l'argent. Si vous ne contrôlez pas l'argent, vous ne contrôlerez pas la corruption."

Qu'arrivera-t-il aux enfants ?

Un tribunal de la famille belge décidera en dernier ressort de l'avenir des enfants.

"C'est au cas par cas, mais toute solution doit dépendre énormément de ce que dit l'enfant. Nous ne pouvons pas nous contenter de prendre des décisions sur ce que nous pensons être bon pour un enfant sans connaître son opinion ", explique M. Cantwell.

Les familles de Gemena voient peu d'espoir de récupérer leurs enfants.

Pour toutes les personnes concernées, la prochaine étape sera difficile, et M. Beauthier dit que les parents adoptifs s'y préparent.

"Il y a ce réflexe humain qui consiste à dire non, non. C'est mon enfant, je ne le laisserai pas partir. Non. Ce serait inacceptable, et mes clients le comprennent très bien."

Pour un père adoptif, il n'y a pas de bon dénouement.

"Nous nous demandons vraiment ce qui est le mieux pour cet enfant. Et nous n'avons pas la réponse. Mais il n'y a pas vraiment de réponse. Nous sommes tous des perdants dans cette histoire."

A Gemena, Abdula Libenge a peu d'espoir que sa fille rentre à la maison.

"Je sais que les gens diront qu'elle est mieux en Belgique. Et tu sais, peut-être qu'elle l'est, mais je ne pense pas que ce soit à n'importe qui d'autre de faire ce choix. Et nous, on n'en a pas eu."



GEOPOLITIQUE, GRANDS LACS AFRICAINS, ONU – NEW-YORK (ONU), 3/10/2019 – M. Huang Xia (Chine), nouvel émissaire de l’ONU pour la Région des Grands Lacs, s’est félicité devant le Conseil de sécurité de voir que la Région des Grands Lacs Africain, notamment celle couvrant le Burundi, la RD Congo, l’Ouganda et le Rwanda, soit résolument engagée vers la stabilité : « La région des Grands Lacs est, plus que jamais, résolument engagée dans sa marche vers la stabilité ».

Un retour volontaire massif des réfugiés burundais s’observe dans la région … Le Burundi s’apprête à organiser ses 4èmes élections consécutives depuis 2005, signe d’une très grande stabilité institutionnelle et politique.  Les observations de l’émissaire onusien Huang Xia qui s’est rendu sur place dans la région, viennent remettre en cause  divers rapports notamment celui du Conseil des Droits de l’Homme ONU  …

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