Rwanda: La Caritas au secours des réfugiés burundais de Mahama



 
«Le développement est le nouveau nom de la paix»: cet extrait de l’Encyclique de saint Paul VI "Populorum progressio", a servi d’inspiration au projet que mène Caritas internationalis depuis plusieurs mois auprès des réfugiés Burundais au Rwanda, qui ont fui leur pays en raison des tensions politiques et sociales qui l’affectent.
 

Le 20 mai dernier, le général Évariste Ndayishimiye a été élu président du pays où il a succédé à Pierre Nkurunziza brutalement décédé le 9 juin. La volonté acharnée de ce dernier de se faire élire en 2015 pour un troisième mandat avait suscité de véhémentes protestations. Selon l’opposition, cela était contraire à la constitution. Des manifestations ont débouché sur une violence intense et des milliers de personnes ont fui vers les pays voisins, en quête de sécurité.

Selon le HCR, le Rwanda héberge plus de 71 000 réfugiés burundais, plus de 60 000 étant dans le camp de Mahama, sur la rive du fleuve Kagera, à l’extrême Est du pays. À la faveur d'aides au retour proposées par l'ONU, certains ont regagné le Burundi, d'autres luttent pour s'en sortir sur place. C’est en pensant à la réalité des habitants de cette immense étendue de baraquements que Caritas Internationalis a lancé en juillet un plan d’aide triennal. Il s’élève à hauteur de 380 000 euros. 

Des aides pour les femmes, les personnes âgées et les agriculteurs

 «Notre travail consiste à aider les femmes à créer et à développer de petites entreprises. En acquérant une certaine autonomie, elles pourront en effet gagner de l’argent, regagner leur dignité et pourront s'occuper de leur famille», explique Ngarambe Vanson, membre du personnel de Caritas Rwanda travaillant à Mahama.

En guise d’exemple, il relate le parcours d’Emeline Kayirangwa, une Burundaise mère de huit enfants, réfugiée dans le camp de Mahama. Désespérée pour l'avenir de sa famille, elle a reçu un prêt de Caritas pour démarrer une entreprise liée à la vente de lait de chèvre et de vache. En six mois, elle a pu démarrer une petite entreprise, et même acheter un petit véhicule pour transporter et vendre les marchandises. «Sa vie a changé» relate Vanson Ngarambe. «Maintenant elle peut prendre soin de sa famille et ses enfants sont en bonne santé et souriants comme jamais auparavant».

Ce programme s’adresse également aux personnes âgées vivant dans le plus grand camp de réfugiés rwandais. La Caritas souhaite qu’elles soient toujours nourries et soignées. Quant aux agriculteurs, ils reçoivent  des réapprovisionnements en semences et en matériels afin de leur permettre de devenir autosuffisants dans le futur.

La solidarité n'est pas optionnelle, elle soulève de l'espoir 

Enfin, ce plan d’aide triennal veille au respect des droits humains des réfugiés et des personnes souffrant de problèmes de santé mentale.

«Nous voulons soutenir la communauté du camp pour que les réfugiés puissent se reconstruire une vie. Pour ce faire, nous insistons sur les plans de développement à long terme, en faveur du rétablissement de la dignité de chacun», explique l’employé de Caritas Rwanda. En outre, poursuit-il, «en cette période de pandémie, la solidarité n'est pas seulement une option, mais c'est la meilleure façon de donner de l'espoir et des opportunités à ceux qui en ont le plus besoin».

Vatican News Service – IP

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