Burundi: la nomination d'officiers à des postes de gouverneurs inquiète la société civile



 

Le Sénat burundais a approuvé vendredi soir à la quasi-unanimité les noms des gouverneurs de provinces choisis par le nouveau chef de l’Etat, le général Evariste Ndayishimiye. Sur les 18 gouverneurs dont le maire de Bujumbura nommés, 6 sont des officiers supérieurs issus de l’armée, de la police et du très redouté Service national de renseignement, qui dépend directement de la présidence.

Ces nominations d’hommes en uniformes à des postes encore récemment exclusivement réservés aux civils surviennent après celles de plusieurs généraux issus des ex-rebelles hutus du CNDD-FDD au pouvoir à des postes clés du gouvernement et de la présidence.

La dernière nomination d’un gouverneur de province issu des corps de défense et de sécurité remontait à une vingtaine d’années, au plus fort de la guerre civile qui a ensanglanté le Burundi entre 1993 et 2006.

Pour l’une des figures de la société civile en exil, Pacifique Nininahazwe, ce choix vient confirmer « une militarisation des institutions que l’on avait déjà observé dès les premières nominations faites par le président Evariste Ndayishimiye ».

Contrairement à la Constitution de 2005, la nouvelle loi fondamentale approuvée il y a deux ans n’interdit plus aux soldats et policiers d’occuper des postes administratifs. « L’objectif était de ne plus priver le pays de ces talents qui ont démontré leurs capacités de leadership dans l’armée et la police », a justifié un haut cadre d’Etat, en donnant l’exemple du nouveau maire de Bujumbura, le général Jimmy Hatungimana, un homme respecté de tous.

 

Autre reproche, la très faible représentativité de la minorité tutsi. Ils ne sont que 3 contre 15 gouverneurs issus de la communauté hutu. On est bien loin des quotas de 60/40% prévues par la Constitution. Un des responsables de la communication gouvernementale rappelle que « la Constitution du Burundi n’impose pas de quotas ethniques en ce qui concerne le poste de gouverneur ».

Un argument qui ne convainc guère la société civile en exil, qui rappelle que le gouvernement burundais n’a pas hésité à imposer dernièrement ces mêmes quotas dans les ONG internationales où les Hutus étaient faiblement représentés, alors que la Constitution ne le prévoit pas, là non plus.

RFI

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