Covid-19: l'OMS, terrain de la guerre diplomatique entre Chine et États-Unis



Les deux puissances se sont affrontées par discours interposés lors de l'assemblée générale de l'OMS, lundi. Pékin a réaffirmé son rôle exemplaire dans la lutte contre le coronavirus, alors que Washington l'a accusé d'avoir menti sur les origines de la maladie. L'assemblée pourrait néanmoins déboucher sur une résolution inédite pour déclarer les traitements à venir comme des biens publics mondiaux. 

Le premier défi pour l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) lors de cette réunion genevoise n'était pas politique mais technique. Comment organiser une assemblée générale à distance, avec 194 États membres en visioconférence, rappelle notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche. On a eu droit à beaucoup de problèmes de connexion. Mais tout le monde ou presque a finalement pu s'exprimer.

« L'échec » de l'OMS a coûté « nombreuses vies »

Et parmi les premiers, Xi Jinping. Le président chinois a maintenu que Pékin a été totalement transparent dans la crise. Faux, lui a répondu quelques instants plus tard le secrétaire américain à la Santé Alex Azar. « Au moins un État membre s'est moqué de son obligation de transparence et a tenté de cacher l'épidémie. Avec des conséquences énormes pour le monde entier. Ceci ne doit plus jamais se reproduire », a-t-il lancé.

Le secrétaire américain a aussi souligné que « l'échec » de l'agence onusienne face à la pandémie de Covid-19 avait coûté de « nombreuses vies », réclamant une OMS « bien plus transparente » et qui « rende davantage de comptes ». 

Trump menace de suspendre indéfiniment la contribution américaine à l'OMS

Si beaucoup de pays partagent le scepticisme des États-Unis, peu sont prêts à les suivre dans leur stratégie de confrontation avec Pékin et avec l'OMS. D'autant plus que la Chine a rejoint les appels à ce qu'un éventuel vaccin soit déclaré bien public mondial. C'est à dire accessible à tous. Un texte à ce sujet doit encore être débattu. Il demande également une évaluation de la façon dont l'OMS a géré la crise. Évaluation qui ne pourra avoir lieu qu'après la fin de la pandémie, a rappelé le patron de l'agence.

Dans une lettre adressée au directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qu'il a partagée sur Twitter à l'issue de l'assemblée, Donald Trump estime que l'organisation a manqué d'indépendance vis-à-vis de la Chine dans la crise du coronavirus. Lors de la réunion, le président américain avait d'ailleurs qualifié l'OMS de « marionnette de la Chine »

Donald Trump indique donc en conclusion que la suspension du financement américain à l’OMS deviendra définitive à moins que l'agence onusienne s'engage, sous 30 jours, à procéder à des « améliorations » majeures et qu'il pourrait aussi remettre en cause l'adhésion des États-Unis à l'OMS.

Washington condamne « l'exclusion » de Taïwan

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine a « condamné » également l'exclusion de Taïwan de l'assemblée annuelle de l'organisation, après que les pays membres ont décidé de reporter les débats sur sa participation comme observateur, réclamée par Washington et une quinzaine d'autres pays. Après avoir bénéficié d'un statut d'observateur, l'île a été exclue de l'OMS en 2016 sous pression chinoise, la présidente taïwanaise refusant de reconnaître le principe de l'unité de l'île et de la Chine continentale au sein d'un même pays.

RFI

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