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Alors que les deux pays entretenaient de mauvaises relations depuis plusieurs années et qu’une main tendue par le Rwanda avait été sèchement rejetée par le Burundi en août dernier, les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés mardi pour « convenir » de la « normalisation » de leurs relations.

Selon le communiqué conjoint dont La Libre Afrique a obtenu copie, la rencontre a eu lieu « à l’initiative du gouvernement du Burundi ». Elle s’est tenue au Rwanda, où le ministre burundais des Affaires étrangères, Albert Shingiro, a été accueilli par son homologue rwandais, Vincent Biruta. La « visite de travail » a eu lieu dans la localité frontalière de Nemba-Gasenyi.

« Cette rencontre entre dans le cadre de la volonté partagée d’évaluer l’état des relations bilatérales entre les deux pays voisins et de convenir sur (sic) les modalités de leur normalisation », indique le communiqué conjoint. Elle précise que le ministre rwandais a accepté une invitation à se rendre au Burundi à une date encore à fixer.

Cette rencontre est une surprise alors que les deux pays entretiennent de mauvaises relations. Chacun reproche à l’autre d’abriter des opposants en armes: le Rwanda, les auteurs du coup d’Etat raté de mai 2015 contre le président burundais Pierre Nkurunziza, qui venait d’imposer sa volonté de se présenter à un troisième mandat interdit par l’Accord de paix d’Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile (1993-2005; 300.000 morts); le Burundi, une partie des FDLR, armée formée des ex-miliciens et militaires génocidaires rwandais, qui furent le fer de lance du génocide anti-Tutsis qui fit un million de morts nommément recensés en 1994 .

Plus largement, Kigali n’apprécie guère les discours ethnistes contre les Tutsis que tiennent les autorités burundaises, dans l’espoir de faire l’unité des Hutus en leur faveur, alors que leur mauvaise gouvernance les a privés du large soutien dont elles bénéficiaient à leur arrivée au pouvoir, en 2005. Et Gitega voudrait que le Rwanda, qui abrite des milliers de Burundais ayant fui leur pays en raison des violences depuis 2015, soit aussi complaisant que la Tanzanie, qui n’hésite pas à faire pression sur « ses » réfugiés burundais pour qu’ils rentrent chez eux.

Le président rwandais Paul Kagame avait tendu la main à Gitega en mai dernier, en félicitant chaleureusement le « vainqueur » de la présidentielle burundaise – à l’issue de scrutins irréguliers – le général Evariste Ndayishimiye. Le 10 juillet, M. Kagame avait appelé le Burundi à « tourner la page » mais s’était heurté à une sèche fin de non recevoir de son nouvel homologue burundais: « Nous n’allons pas avoir de bonnes relations avec un pays qui use de malice, un pays hypocrite, qui prétend vouloir renouer de bonnes relations avec le Burundi alors qu’il met en même temps une grosse épine sous notre pied pour qu’on se blesse dessus », avait déclaré publiquement Evariste Ndayishimiye.

La Libre Afrique



 

L’ex-président burundais Pierre Buyoya, actuel haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, a été condamné lundi par contumace au Burundi à la prison à perpétuité pour l’assassinat du président Melchior Ndadaye en 1993, selon la décision reçue mardi par l’AFP.

Premier président démocratiquement élu du Burundi et premier hutu à accéder au pouvoir, Melchior Ndadaye a été assassiné en octobre 1993 lors d’un coup d’État militaire qui allait entraîner le pays dans une guerre civile opposant l’armée, dominée par la minorité tutsi, à des groupes rebelles hutus. Elle fera 300.000 morts jusqu’en 2006.

Ndadaye avait succédé à M. Buyoya, porté par l’armée au pouvoir en 1987 et qui redeviendra président, à la faveur d’un nouveau coup d’État, entre 1996 et 2003, avant de remettre le pouvoir à Domitien Ndayizeye, un hutu, en vertu d’un accord de paix signé en 2000 à Arusha (Tanzanie).

Buyoya a été condamné pour « attentat contre le chef de l’État, attentat contre l’autorité de l’État et attentat tendant à porter le massacre et dévastation », selon le texte qui ne comporte que le dispositif (déclaration de culpabilité et peine) de la décision rendue par la Cour suprême.

Le nom de Pierre Buyoya avait déjà été cité en lien avec cet assassinat, sans que le début d’une preuve soit apportée. Dix-huit hauts responsables militaires et civils proches de l’ancien chef de l’État ont été condamnés à la même peine, trois autres à 20 ans de prison pour « complicité » des mêmes crimes et un seul, l’ancien Premier ministre de transition, Antoine Nduwayo, a été acquitté.

Seuls cinq accusés, quatre hauts gradés tustis à la retraite et M. Nduwayo, étaient présents au procès. Les autres, dont M. Buyoya, tous à l’étranger, étaient visés depuis novembre 2018 par un mandat d’arrêt international émis par le Burundi après l’arrestation des quatre ex-hauts gradés tutsis, accusés de figurer parmi les « auteurs » de l’assassinat de M. Ndadaye.

Le verdict a été rendu lundi en l’absence des accusés et de leurs avocats, qui n’avaient pas été prévenus, a expliqué à l’AFP, sous couvert d’anonymat, l’un des condamnés qui a dénoncé « un procès inique et du théâtre ».

Aucun responsable burundais n’a souhaité réagir mardi.

En 1998, une dizaine de militaires, dont le plus haut gradé était lieutenant, avaient été condamnés dans un procès considéré comme celui « des exécutants » de l’assassinat de M. Ndadaye, durant lequel aucun haut gradé n’avait été poursuivi.

La Libre Afrique



 

Il y a des miliciens Maï-Maï et des agents de certains services de l’Etat qui sont impliqués dans les pêches illicites sur le Lac Edouard vers la partie congolaise au Nord-Kivu. Le député Jean-Paul Ngahangondi, élu de Beni, l’a dénoncé samedi 17 octobre, à l’issue de son séjour dans cette partie du pays.

« Il n’y a pas une bonne mesure d’encadrement du côté RDC. Parmi les agents de l’Etat impliqués dans la pêche illicite, il y a notamment le chef d’antenne d’environnement y compris la force navale, qui sont accusés d’autoriser ou de faciliter les activités de pêche illicite sur le lac Edouard », a décrié Jean-Paul Ngahangondi.

Il a aussi indiqué que plusieurs arrestations des pêcheurs congolais sont enregistrées par les marines ougandaises et que la production de poisson a sérieusement baissé.

« Si les pécheurs congolais continuent à être victimes des actes de barbaries de l’UPDF, c’est parce que chez nous il y a du désordre, et il y a plus presque de poisson. Et de l’autre côté, là où il y a des maternités des poissons, on trouve des groupes armés communément appelés des Maï-Maï », a fait remarquer Jean-Paul Ngahangondi.

Il demande l’implication du gouvernement provincial et national pour la règlementation de pêche sur les eaux du lac Edouard et que tous les groupes armés qui envahissent la zone de frayère soient traqués par les FARDC.

« Moi je suis en train de penser que pour mettre fin à cette situation que traversent nos pécheurs, le gouvernement congolais doit d’abord réglementer les activités de pêche sur le Lac Edouard, mais également, que notre armée puisse traquer ces groupes armés afin que l’autorité de l’Etat soit rétablie », a proposé le député Ngahangondi. 

Radio Okapi



 

Alors que le Rwanda attend de voir ce que les tribunaux belges décideront après la récente arrestation de trois fugitifs du génocide, un officiel fait savoir qu’au moins 40 génocidaires présumés se cacheraient dans ce pays européen.

Dans un entretien avec le quotidien The New Times, le porte-parole du parquet général Faustin Nkusi a dit que le Rwanda a d’ores et déjà envoyé à la Belgique 40 demandes d’extradition  au cours des deux dernières décennies.

Les 40 demandes d’extradition, a noté Faustin Nkusi, sont «de ceux dont nous sommes sûrs qu’ils vivent en Belgique».

Faustin Nkusi a ajouté: «Ce sont des demandes d’extradition que nous avons envoyées à différentes périodes. Et nous continuons à collaborer avec les autorités judiciaires belges qui se sont rendues au Rwanda pour mener des enquêtes sur de tels cas. »

Il a cependant refusé de divulguer plus de détails – tels que les noms et les lieux – concernant les 40, affirmant que cela pourrait compromettre les enquêtes en cours.

La Belgique, comme une dizaine d’autres pays européens, abrite un grand nombre de Rwandais  qui sont recherchés pour leur implication dans le génocide de 1994 contre les Batutsi.

En décembre dernier, un tribunal belge a condamné le suspect de génocide Fabien Neretse, 71 ans, à 25 ans de prison après avoir été reconnu coupable de génocide, meurtre, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Ce n’était pas le premier procès pour génocide en Belgique mais c’était la première fois qu’une poursuite et une condamnation pénale soient basées sur une loi réprimant le génocide, introduite en 2017. En effet, d’autres condamnations de Rwandais avaient été faites sur le fondement de la loi punissant les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.

En Belgique, ancienne puissance coloniale, cinq procès en lien avec le génocide contre les Batutsi du Rwanda ont déjà eu lieu depuis 2001, ayant conduit à neuf condamnations.  Le procès de deux autres suspects, dont les cas avaient été disjoints de celui de Fabien Neretse, sont en préparation.

Les trois suspects arrêtés et inculpées en Belgique au début de ce mois d’octobre sont Pierre Basabose, Séraphin Twahirwa et Christophe Ndangali. Ils avaient été confondus par “une quarantaine de témoins” rencontrés au Rwanda dans le cadre de l’enquête belge lors de quatre commissions rogatoires dans le pays, a précisé Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral belge.

Le renvoi éventuel de ces suspects devant une cour d’assises belge “sera déterminé en dernier lieu sur la base du dossier présenté par le juge d’instruction et le parquet”, selon Eric Van Duyse

RNA



 

Le gouvernement rwandais a autorisé la production sur son sol de cannabis à usage thérapeutique destiné exclusivement à l’export, précisant mercredi que cette autorisation ne remettait pas en cause l’interdiction d’en consommer dans le pays.

"Le Rwanda va commencer à recevoir des candidatures pour des licences de la part d’investisseurs intéressés par cette culture thérapeutique à haute valeur ajoutée", a indiqué le gouvernement dans un communiqué. "Ce cadre spécifique d’investissement n’affecte en rien le statut légal de la consommation de cannabis dans le pays, qui demeure interdite", ajoute le communiqué.

Selon le Conseil rwandais du développement (RDB), plusieurs sociétés ont soumis leur offre pour débuter une production locale qui permettrait à Kigali d’accéder au juteux marché du cannabis thérapeutique. "Nous avons des investisseurs intéressés avec lesquels nous allons travailler dans les jours qui viennent, à présent que les directives sont en place", a déclaré la présidente du RDB, Clare Akamanzi, à la radio-télévision publique. "Les Etats-Unis, le Canada et l’Union européenne sont d’importants marchés qui achètent ces produits", a-t-elle poursuivi. Les autorités n’ont pas encore précisé quand la production serait susceptible de démarrer, ni dans quelles régions du pays, dont l’agriculture est le premier employeur. Mme Akamanzi a ajouté que les sociétés sous licence devront "présenter un très solide programme de sécurité qui devra être validé par nos service de sécurité".

"Il y a aura des mesures fortes comme des caméras de vidéosurveillance, des miradors, de l’éclairage public et du gardiennage pour s’assurer que les récoltes ne quittent pas l’exploitation pour se retrouver sur le marché local", a-t-elle précisé. La consommation du cannabis est interdite au Rwanda et les contrevenants sont passibles de deux ans de prison. Les vendeurs encourent 20 ans de prison et même dans certains cas, la prison à vie.

Agence Rwandaise d'information



 

Le Programme alimentaire mondial, agence des Nations unies qui vient de recevoir le prix Nobel de la Paix pour ses efforts en vue de nourrir les plus démunis, vient de publier son rapport 2020 « Le coût d’une assiette ». Ce rapport comporte un index indiquant quelle proportion du revenu journalier moyen un habitant doit consacrer à l’achat d’une assiette de riz aux haricots (fayots). Parmi les 20 pays les plus mal lotis, 18 se trouvent en Afrique subsaharienne.

https://cdn.wfp.org/2020/plate-of-food/

Le « champion » toutes catégories est le Sud-Soudanais, qui doit consacrer… 186% de ses gains journaliers pour se payer un plat aussi simple, suivi par le Burundais, qui y consacre près de la moitié de son revenu quotidien. Voici le classement:

  1. Sud-Soudan: 186%
  2. Burundi: 43%
  3. Malawi: 35%
  4. Haïti: 34,96%
  5. Soudan: 28,68%
  6. Mali: 23%
  7. Mozambique: 21,89%
  8. Zimbabwe: 21,88%
  9. République démocratique du Congo: 20,82%
  10. Congo-Brazzaville: 15,22%
  11. Burkina Faso: 13,7%
  12. Lesotho: 12,89%
  13. Tadjikistan: 12,77%
  14. Gambie: 12,44%
  15. Rwanda: 9,92%
  16. Tanzanie: 9,44%
  17. Ouganda: 9,30%
  18. Bénin: 8,86%
  19. Zambie: 8,81%
  20. Mauritanie: 7,92%

La Libre Afrique



 

Dans le cadre du programme de mobilité lancé par l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), 30 enseignants de français sont au Rwanda pour donner des cours de français et former les professeurs à travers tout le pays.  

Le Secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement Primaire et Secondaire, Gaspard Twagirayezu, a reçu ce mardi 13 octobre ces enseignants experts recrutés par l’OIF en collaboration avec le Ministère de l’Education du Rwanda. L’homme d’Etat rwandais a souhaité la bienvenue à la première cohorte d’enseignants de français du programme de mobilité lancé par l’OIF.

En ce 50ème anniversaire de la francophonie, ces enseignants venus de neuf pays membres de l’OIF en incarnent la diversité. Ils viennent de la France, du Sénégal, du Gabon, du Mali, du Bénin, du Togo, du Cameroun, du Burundi et du Burkina Faso.

«Félicitations aux enseignants participant au premier programme de mobilité de l’OIF. Ils étaient 1300 candidats !  Une belle initiative pour promouvoir la francophonie au Rwanda », a réagi sur tweeter Juliette Bigot, Conseillère de coopération et d’action culturelle à l’Ambassade de France au Rwanda.

Ces enseignants volontaires seront affectés dans des écoles des cinq provinces du Rwanda pour la rentrée scolaire de cette année qui a été retardée par la pandémie de Covid-19. La durée de la mobilité est d’une année scolaire, renouvelable une fois.

Leur mission consiste à l’enseignement du français en classe primaire (à partir de la 4e année du système scolaire rwandais) ou secondaire ;

Leur mission porte également sur l’animation d’activités ludo-éducatives autour du français (mise en place d’un environnement francophone) ; et sous la responsabilité du directeur ou de la directrice d’établissement, conseil pédagogique et encadrement d’autres professeurs de français (observations de classe, animation de cours en binôme…) ;

Dans le cadre de sa politique éducative et linguistique, et afin de répondre aux besoins de ses Etats membres relatifs à l’enseignement et à l’apprentissage de la langue française, l’OIF a lancé en 2020 un projet de mobilité des enseignants volontaires.

Ce projet vise à renforcer les capacités des établissements scolaires d’un pays donné dans le domaine de l’enseignement et de l’apprentissage du français, en palliant un manque ponctuel d’enseignantes et d’enseignants qualifiés de et en français au sein de son système éducatif et en renforçant les compétences professionnelles des enseignants en exercice dans le pays.

RNA



 

Au Burundi, les organisations internationales et locales de défense des droits de l'homme dénoncent l’arrestation et l'incarcération, qualifiées d’arbitraires, d’un ex-député d’opposition, Fabien Banciryanino, le 2 octobre. Il a été arrêté sans mandat puis écroué à la prison de Mpimba à Bujumbura il y a une semaine, officiellement pour « rébellion, dénonciations calomnieuses et atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'État ». Mais, selon un de ses avocats et selon une lettre que l’intéressé a adressée à la CNIDH, la Commission nationale indépendant des droits de l’Homme du Burundi et qui est parvenue à RFI, il a été interrogé sur des propos tenus au cours d’une plénière de l'Assemblée nationale, en février 2020.

Fabien Banciryanino a été l’une des rares voix critiques du pouvoir au cours de la dernière législature. Lors de cette séance mémorable de février 2020, l’Assemblée nationale devait adopter un projet de loi qui élevait le président de l’époque, Pierre Nkurunziza, au titre de « Guide suprême du patriotisme ».

Ce jour-là, Fabien Banciryanino est le seul député à s’élever publiquement contre cette décision. Il invoque pour cela « les graves crimes commis tout au long des 15 ans de pouvoir du président Pierre Nkurunziza », aujourd’hui défunt.  Le président de l’Assemblée de l’époque qualifie alors l'élu de « téméraire ».

L’ex-député ne se sentait plus en sécurité depuis la fin de son mandat il y a deux mois. Une dizaine de jours après son arrestation, la Ligue des droits de l’homme Iteka dénonce une grave violation de la Constitution. « L'arrestation de Fabien Banciryanino est une grave violation de la loi d'autant que la Constitution burundaise, dans son article 155, stipule qu'aucun parlementaire ne peut être poursuivi pour les propos qu'il a tenu ou un choix qu'il a opéré dans l'exercice de son mandat », explique Anschaire Nikoyagize, président de l'Iteka, à Esdras Ndikumana, du service Afrique.

Il s'agit, si les faits sont avérés, d’un signal très inquiétant, relève de son côté l’organisation Human Right Watch. Lewis Mudge, est en charge de l’Afrique centrale. « C'est un message : il ne faut pas oser dénoncer les actes commis par le gouvernement. » Mais cela veut aussi dire que le président actuel du Burundi, Evariste Ndayishimiye a « décidé de ne pas tourner la page », poursuit Lewis Mudge, « il continue avec les mêmes moyens de répression constatés, documentés à l'époque de Pierre Nkurunziza et ça c'est un signe préoccupant. »

 

Aucun responsable burundais n’a pour l'instant accepté de s’exprimer sur l’arrestation de l’ex-député d’opposition.

RFI



 

Une réunion du cabinet tenue le lundi 12 octobre a approuvé le projet de loi régissant le foncier au Rwanda.

Le projet de loi foncière, s’il est approuvé par les deux chambres du parlement entre autres procédures, remplacera l’actuelle loi promulguée en 2013.

Voici cinq changements majeurs du nouveau projet de loi.

1. Subdivision de terrain

La subdivision des terres agricoles, d’élevage et forestières était interdite dans la loi foncière de 2013 si le résultat de cette subdivision conduisait à des parcelles de terrain d’une superficie inférieure à un hectare pour chacune d’elles.

Cependant, dans le nouveau projet de loi foncière, cette subdivision est autorisée. Cela devrait aider les citoyens, en particulier les agriculteurs, à réduire les transactions foncières informelles et à réduire les conflits fonciers découlant de la propriété partagée des terres.

2. Régimes fonciers

Le nouveau projet de loi foncière prévoit deux régimes fonciers, à savoir la pleine propriété, selon laquelle le propriétaire du terrain peut l’utiliser à toutes fins de sa volonté conformément à la réglementation locale, et le bail emphytéotique, généralement connu par les citoyens sous le nom d ’« ubukode burambye ».

Dans la loi actuelle, la pleine propriété n’était accordée qu’aux nationaux sur un terrain de cinq hectares et aux étrangers dont la propriété est située dans la zone économique spéciale désignée, sur une base de réciprocité et en copropriété de terres (si au moins 51% de sa participation appartient à des citoyens rwandais).

À l’avenir, les ressortissants continueront à obtenir des titres en pleine propriété, mais la taille éligible à la pleine propriété pour les nationaux a été réduite à 2 hectares par personne pour une utilisation efficace et rationnelle des terres.

Pour les étrangers, la concession en pleine propriété sera approuvée par une ordonnance présidentielle pour des circonstances exceptionnelles d’intérêt national stratégique.

En ce qui concerne le bail emphytéotique de zone résidentielle et commerciale accordé aux citoyens et aux étrangers qui acquièrent des terres par des moyens privés, la durée du bail ne sera pas augmentée de plus de 99 ans par rapport aux 20 et 30 ans actuels, respectivement. Ce dernier devrait bénéficier, entre autres, aux investisseurs immobiliers.

De plus, les citoyens dont les baux emphytéotiques doivent être renouvelés bénéficieront des baux à plus long terme à l’avenir.

3. Gestion des terres domaniales

Dans le nouveau projet de loi, au lieu d’avoir différentes entités publiques propriétaires des terres du gouvernement, toutes les terres de l’État seront enregistrées auprès du gouvernement du Rwanda par l’intermédiaire du ministère de l’Environnement qui est en charge des terres.

Toutes les autres institutions publiques centralisées et entités décentralisées utiliseront en conséquence les terres domaniales.

Entre-temps, un arrêté du Premier ministre déterminera les modalités d’utilisation et de transfert entre les institutions gouvernementales.

En outre, les investissements stratégiques sur des terres domaniales par le secteur privé comme les bâtiments à des fins commerciales se verront octroyer un bail emphytéotique spécifique pour investissement, différent du bail accordé aux citoyens.

Cela donnera aux investisseurs des droits spécifiques sur le terrain, y compris le droit d’hypothéquer le terrain et les activités développées sur ce terrain pendant la durée du bail.

Cela sera cependant conforme aux lois pertinentes et à l’accord signé avec le gouvernement du Rwanda.

Pour d’autres investissements stratégiques comme la sylviculture, le secteur privé se verra octroyer un titre de concession de 49 ans au maximum, ce qui donnera aux investisseurs des droits spécifiques d’hypothéquer les droits de concession correspondant à la durée de la concession.

4. Ordonnance

La loi actuelle reposait sur les dispositions du code civil pour appliquer la prescription foncière et est vérifiée par une décision d’un tribunal compétent.

Cependant, le nouveau projet de loi foncière confère le pouvoir d’appliquer la prescription au registraire des titres fonciers sur la base des rapports du comité foncier. Cela devrait résoudre le problème du nombre élevé d’affaires judiciaires liées à la prescription ou à la limitation des terres.

5. Pénalités

Le nouveau projet de loi foncière impose le respect des plans d’aménagement du territoire pour soutenir la croissance économique grâce à une urbanisation et un développement des colonies appropriés.

Il prévoit que tout permis accordé en contradiction avec le plan d’aménagement du territoire et les normes requises est nul et non avenu et n’a aucun effet quel que soit le type de prescription.

RNA



 

Le bourgmestre de Minembwe, Gadi Muzika, présente ses condoléances aux membres de la communauté Banyamulenge lors des obsèques d’un berger tué par des miliciens, dans le Sud-Kivu, le 7 octobre 2020

Assis en bas d’un vallon isolé, les femmes à gauche et les hommes à droite d’un cercueil en bois, 500 personnes assistent aux obsèques de Bonaventure Kinyegeria, un éleveur de vaches tué par des miliciens le 6 octobre près de Minembwe, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). En plein jour, les assaillants armés ont volé le cheptel de l’éleveur Tutsi, victime d’un conflit armé localisé sur les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Mais un conflit très politique qui attise dans toute la RDC des méfiances anciennes contre le Rwanda.

La victime, 56 ans, est un Congolais tutsi « Banyamulenge », une communauté aux lointaines origines rwandaises.

« Avant la conférence de Berlin (sur le partage de l’Afrique en 1885), nous étions déjà dans la région », affirme Sébastien, un médecin généraliste qui s’écarte de la cérémonie en plein air pour répondre aux questions de l’AFP avec six autres notables.

Congolais, alors? « Et comment! « , répond la petite délégation. Cela ne va pas de soi pour de nombreux Congolais, qui les considèrent comme des Rwandais, ou des agents du Rwanda, sur fond de conflits fonciers surtout au temps des transhumances. Le meurtre de l’éleveur tutsi qu’on enterre ce jour-là n’est pas un acte isolé. Depuis 2019, les Banyamulenge affirment être la cible des milices d’autres communautés des Hauts-Plateaux (Babembe, Bafuliru et Banyindu) coalisés avec des rebelles du Burundi voisins (Red Tabara, FNL, Forebu).

« Nous avons perdu plus de 300 personnes et 240.000 têtes de bétail », avance un autre notable, le pasteur Joseph Harera, lançant des chiffres invérifiables de source indépendante. Face à ces attaques, deux milices prétendent défendre les Banyamulenge, avec l’aide d’un colonel déserteur de l’armée congolaise : « Twigwaneho » (auto-défense) et « Ngumino » (nous restons là en kinyamulenge).

A la fin de l’enterrement, le bourgmestre et des notables rentrent à moto dans leur fief de Minembwe, où les Banyamulenge affirment vivre en bonne intelligence avec les Babembe et des commerçants venus de Bukavu.

Minembwe est une enclave inaccessible par voie terrestre. La route qui monte d’Uvira et de Fizi sur les bords du lac Tanganyika est impraticable (intempérie, insécurité). A part des hélicoptères de l’ONU, un avion petit porteur en provenance de Bukavu se pose deux à trois fois par semaine sur l’aérodrome improvisé au milieu des vastes pâturages, au pied d’une montagne.

Des troupeaux, des éleveurs aux silhouettes longilignes appuyés sur leur bâton, portant costumes et chapeau type Borsalino, de coquettes maisons en briques, un marché sous un bosquet d’eucalyptus, aucune voiture : Minembwe ressemble à un petit paradis perdu au milieu des steppes d’altitude.

C’est pourtant cette petite commune paisible qui enflamme les esprits sur les réseaux sociaux et dans les médias.

C’est le ministre de la Décentralisation, qui a jeté de l’huile sur le feu. En visite sur place, le 28 septembre, Azarias Ruberwa Manywa, a fait le forcing pour accorder définitivement à Minembwe les pouvoirs d’une commune à part entière, au bénéfice des Banyamulenge.

Ruberwa, un ex-rebelle devenu vice-président durant la transition (2003-2006), est lui-même Banyamulenge et il se fait construire une maison au milieu des prairies après l’aérodrome, glisse un officiel du Sud-Kivu.

De nombreux Congolais ont vu dans la décision de M. Ruberwa rien de moins qu’une atteinte à « l’intégrité territoriale » de la RDC au profit du Rwanda.

Minembwe ne présente pourtant aucune continuité territoriale avec le Rwanda, la frontière passe à des dizaines de kilomètres à vol d’oiseau au nord-est des Hauts-Plateaux, entre Bukavu et la plaine de la Ruzizi.

Mais qu’importe. « Si nous laissons Minembwe entre les mains de ces occupants, demain nous n’aurons plus de pays. Nous serions le premier peuple d’Afrique à être colonisé par un autre peuple d’Afrique », a osé l’opposant Martin Fayulu, en visant Kigali.

De retour des obsèques, assis dans son bureau de taille modeste, le bourgmestre, Gadi Mukiza, tente de comprendre pourquoi sa petite commune enclavée – 10km2 d’après lui – suscite tant de passions aux quatre coins du plus grand pays d’Afrique sub-saharienne (2,3 millions de km2, 80 fois la Belgique).

« Nous sommes envahis par des extrémistes. La toile de fond de tout cela, c’est le problème de la nationalité. On dit que les Banyamulenge ne sont pas des Congolais à part entière », affirme le bourgmestre.

Pour déminer ce dossier « explosif », le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a finalement annulé la décision « d’installer » la commune de Minembwe. A la place, le chef de l’État a promis d’installer… une commission d’experts pour redéfinir les limites territoriales de la commune.

C’est l’heure de la paix du soir à Minembwe, entre soleil couchant et panaches de fumées blanches au-dessus des collines et des plaines. La température tombe vite, La nuit va être fraiche, dans les 10 degrés.

« Des gens de l’extérieur imposent le tribalisme », soupire un membre de la société civile. « Le conflit, c’est pour nos vaches », ajoute un autre. Les vols de cheptel aurait repris depuis l’affaire de la commune de Minembwe.

La Libre Afrique

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