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C’est l’un des projets  phares  de développement communautaire intégré  du nouveau régime du Général Major Evariste Ndayishimiye. Le projet Turikumwe veut renforcer l’intégration des communautés locales des communautés locales. Ce projet va financer l’assistance alimentaire et la nutrition auprès des communautés pauvres du pays. Il va financer également les petites entreprises, les écoles, les établissements de santé, les communautés hôtes et les réfugiés, a-t-on appris de Véronique KABONGO, Responsable des opérations pour le Burundi  à la Banque Mondiale.

« Le projet  PRODECI-TURIKUMWE est un projet de développement local qui soutient l'accès aux services, les moyens de subsistance en milieu rural, la sécurité alimentaire et la nutrition dans un contexte de pauvreté et de déplacement forcé. Le projet cible les communes des quatre provinces qui hébergent des camps de réfugiés à savoir Ruyigi, Cankuzo, Muyinga et Ngozi. Bien que la plupart des bénéficiaires soient des ressortissants burundais - y compris des personnes déplacées à l'intérieur du pays et des rapatriés - l'approche multisectorielle et sectorielle du projet soutiens à la fois les communautés hôtes et les réfugiés » indique la Banque Mondiale. 

Ces derniers jours, le Burundi est en train de ratifier d’importants projets de développement communautaire. Le plus récent étant un financement que la Banque Mondiale vient d’accorder au Burundi dans le cadre du projet «Energie solaire-  Soleil  NYAKIRIZA  dans les communes rurales du Burundi », signé à Bujumbura en date du 5 mars 2020 d’un montant de cent millions de dollars américains. Il avait  été porté par le ministre de l’Hydraulique, de l’énergie et des mines.

S’agit-il alors d’une main tendue au nouveau régime ? 

La question reste difficile car les faits observés du côté de la coopération bilatérale et multilatérale  exigent une grande prudence pour deux raisons : La position des partenaires classiques du Burundi après l’exposé du rapport de Doudou Diène, le Président de la commission d’enquête  des Nations-Unies sur le Burundi dans l’Assemblée générale de la commission du 17 Juillet et l’attitude de l’UE par rapport à la demande de financement du Gouvernement du Burundi dans ses efforts de lutte contre le COVID-19. 

« La communauté internationale ne doit pas relâcher la pression qu’elle exerce sur le gouvernement burundais » a plaidé la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi, lors de la présentation à Genève de son rapport au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies »  Selon les enquêteurs onusiens, « il faut plus qu’un nouveau Président pour briser le cycle de la violence au Burundi ». Ils mettent donc en garde la communauté internationale contre « un relâchement prématuré » et une volonté « à tourner la page », «comme si une élection et une transition politique suffisaient à garantir automatiquement l’amélioration de la situation des droits de l’homme à l’avenir » 

Du côté du Gouvernement du Burundi, les accusations de Doudou Diène ne tiennent plus lieu de raison d’être : « les scénarios apocalyptiques de violations massives de droits humains, présentés par cette Commission dans ses précédents rapports et basés  sur de soi-disant facteurs de risque à l’occasion des élections de 2020, ont été balayés d’une main par le peuple burundais qui a plutôt défié cette commission et témoigné de sa maturité à prendre en main sa propre destinée» Pour la délégation burundaise présente dans l’Assemblée du 17 Juillet de Genève : « Par les élections de 2020, le Burundi vient de marquer l’histoire et tourner la page avec la transition pacifique au sommet de l’Etat et la mise sur pied d’un nouveau gouvernement » selon l’Ambassadeur Rénovat Tabu, l’Ambassadeur du Burundi à Genève. 

Pourtant, la France, un des bailleurs principaux du Burundi n’a pas été convaincu par le discours de Renovat Tabou : « La France réitère son soutien à la commission d’enquête des Nations-Unies sur le Burundi.  L’élection du Président NDAYISHIMIYE à l’issu d’un processus électoral globalement pacifique doit être l’occasion de sortir de la crise qui persiste au Burundi depuis 2015. La France encourage le Burundi à coopérer avec les mécanismes des Nations-Unies de protection et de promotion des droits de l’homme. La France rappelle son attachement à ce que les autorités prennent des mesures nécessaires pour prévenir et lutter contre les violations des droits de l’homme y compris les exécutions sommaires, disparitions forcées, actes de tortures et violences sexuelles » d’où la France interpelle les autorités burundaises à sanctionner les responsables de ces violations, ce qui sera un aspect fondamental de retour de confiance après les élections de Mai 2020. 

La prudence de l’UE face aux demandes/volonté de reprise de coopération est un autre fait qui montre combien les bailleurs classiques du Burundi restent prudents. A preuve du contraire, l’Union Européenne a choisi de ne pas répondre jusqu’à présent aux demandes de financements des projets formulés par le Gouvernement du Burundi dans la lutte contre la pandémie de COVID-19. Seule la Banque Mondiale  s’est limitée à donner tardivement une enveloppe de 5 millions de dollars alors que la décision de financer le Burundi dans ses efforts de lutte contre le Covid-19 avait été prise au mois d’avril tandis que le FMI a décidé de geler une dette de 7,6 millions de dollar que le Burundi devait payer au cours de l’année 2020-2021.

 

Ce qui est sûr, le nouveau régime  fait tout ce qui est possible pour que l’UE décide de lever les sanctions économiques qui pèse encore sur lui. Parmi les stratégies à mettre en œuvre figure la volonté accélérée de réformes en cours : lutte contre la corruption dans les instances étatiques (discours du Ministre de la sécurité publique à l’endroit des fonctionnaires de ce Ministère), lutte contre l’impunité (arrestation de plus de 10 personnes soupçonnées de faire violence aux réfugiés qui regagnent le pays en province Makamba), l’organisation d’une retraite gouvernementale a Buye, commune Mwumba, Province Ngozi( dont les points saillants portent sur le développement communautaire et le retour des réfugiés ), etc.  D’ailleurs, le nouveau régime aurait été averti selon le journal italien lingo.it « la décision sur l’éventuelle levée de sanctions sera conditionnée par la preuve de réformes politiques et économiques claires, en plus du retour des réfugiés et du rétablissement des droits de l’homme » Ce journal ajoute que cette décision  serait examinée lors du prochain conseil de l’OIF prévue au mois d’Octobre.

 Gaudence UWINEZA | IPM Bujumbura



La police du Burundi a arrêté 12 personnes, dont des administrateurs locaux, pour avoir dépossédé de leurs biens des résidents revenant de la Tanzanie voisine, a-t-on appris de source policière.

Les arrestations ont eu lieu dans la province de Makamba (nord), deux jours après que le ministre de la sécurité, Gervais Ndirakobuca, ait mis en garde la police et les responsables de l'administration contre les pots-de-vin et autres pratiques de corruption.

Le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, a déclaré que parmi les 12 personnes arrêtées figuraient trois fonctionnaires de l'administration.

"Ils ont dépouillé leurs victimes de leurs biens et de leur argent. Et ceux qui se sont échappés ont payé des sommes exorbitantes comme frais de transport pour atteindre leurs villages d'origine", a-t-il déclaré dans des commentaires diffusés à la télévision d'Etat.

Le nouveau président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a pris ses fonctions le mois dernier en promettant d'unifier le pays et de faire respecter les droits des citoyens.

Les groupes de défense des droits ont accusé les administrateurs locaux, les services de sécurité et la branche jeunesse du parti au pouvoir de torture, de viols collectifs et de meurtres d'opposants politiques. Le gouvernement a rejeté ces accusations.

VOA



Par Burundi Human Rights Initiative (BHRI).

Votre Excellence Monsieur le Président,

Nous vous adressons cette lettre suite à votre investiture en tant que président du Burundi. Nous exprimons nos condoléances pour la mort soudaine de votre prédécesseur, Pierre Nkurunziza, et vous souhaitons de la force et du courage pendant cette période importante pour votre pays.

Alors que vous assumez vos nouvelles fonctions, une responsabilité importante repose sur vos épaules : mettre fin à la violence politique et à l’impunité qui ont dévasté la vie de tant de Burundais.

Vos condamnations publiques de la violence politique, ainsi que vos engagements à mettre fin à l’impunité, ont été encourageants. Dans votre discours d’investiture le 18 juin 2020, vous avez souligné l’importance du respect pour les droits humains et la justice, et vous avez déclaré : « Nous souhaitons que les infractions soient punies. Toute personne qui commet une infraction, qu’elle soit membre du gouvernement ou pas, doit être traduite en justice. Nous souhaitons qu’aucune infraction ne soit ignorée pour éviter que cela devienne une source de conflit comme dans le passé. » Avant cela, en tant que Secrétaire général du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), vous avez déclaré dans un discours prononcé à Rumonge le 14 février 2020 que « ce que vous dites, (le mot) ‘tolérance’ ne reviendra même pas … Il est interdit de dire ‘celui-ci doit être puni et non celui-là’. L’impunité est nuisible. »

Il est grand temps de traduire ces engagements en actes et de vous assurer que les espoirs qu’ils ont engendrés ne soient pas anéantis. Si vous envoyez un signal fort – par des actions, pas seulement des paroles – que les auteurs de violations graves des droits humains, notamment ceux qui occupent des postes de responsabilité, devront rendre des comptes, d’autres seront moins enclins à recourir à la violence ou à ordonner à leurs subordonnés de le faire. Nous pensons que des progrès réalisés dans le domaine de la justice contribueraient également à apaiser les inquiétudes postélectorales concernant la trajectoire du pays, ainsi qu’à améliorer les relations du Burundi avec ses partenaires internationaux.

Nous sommes conscients qu’en tant que président du Burundi, vous serez confronté à de nombreux défis et priorités concurrents, et que vous devrez gérer les intérêts de personnes puissantes. Mais de nombreux Burundais – ceux qui ont voté pour vous ainsi que ceux qui n’ont pas voté pour vous – aspirent à des progrès dans la restauration de leurs droits fondamentaux.

L’Initiative pour les droits humains au Burundi a récemment publié les conclusions de ses enquêtes sur les cas de six Burundais tués en raison de leurs affiliations politiques entre octobre 2019 et mai 2020. La plupart étaient membres du Congrès national pour la liberté (CNL), principal concurrent du CNDD-FDD lors des élections.

Selon nos enquêtes, des membres de la ligue des jeunes du parti que vous avez dirigé depuis quatre ans, les Imbonerakure, étaient responsables de la plupart de ces crimes. Dans la province de Ngozi, ils ont attaqué un propriétaire de bar âgé de 22 ans, Évariste Nyabenda, lorsqu’il a tenté de les empêcher de battre ses collègues membres du CNL en octobre 2019 ; il est décédé en novembre des suites de ses blessures. Un mois plus tard, dans la province de Bujumbura, Désiré Ntahondabasigiye, un représentant local du CNL, a été abattu à travers une fenêtre de sa maison alors qu’il dînait avec sa femme et ses enfants ; deux Imbonerakure munis de fusils ont été vus près de sa maison. Plus récemment, en mai, deux semaines seulement avant les élections, des Imbonerakure ont enlevé Richard Havyarimana, un représentant local du CNL, dans la province de Mwaro. Il a été retrouvé mort dans une rivière trois jours plus tard, présentant de profondes entailles à la tête. Il laisse une jeune veuve et un bébé de 3 mois.

Dans certains de ces cas, les Imbonerakure ont agi de connivence avec des autorités locales ou des représentants locaux du CNDD-FDD – ou avec leur soutien apparent. Par exemple, nos recherches ont révélé que l’administrateur d’une commune de la province de Gitega a ordonné à des Imbonerakure de tuer Jean Bosco Ngabirano, un membre du CNL, après une dispute dans un bar en mars 2020. Son corps a été retrouvé le lendemain, présentant des marques de ce qui ressemblait à un passage à tabac sévère. À Muyinga, un administrateur communal aurait fait l’éloge d’un Imbonerakure qui faisait partie d’un groupe qui avait battu Fauzia Basesuwabo – membre du CNL – ainsi que son mari et leurs trois fils ; Basesuwabo est décédée des suites de ses blessures en mars 2020, quelques jours après les coups.

Dans d’autres cas, des agents de l’État auraient eux-mêmes tué des personnes. En mars 2020, Albert Niyondiko, soupçonné de soutenir l’opposition armée, a été abattu au seuil d’une cabane dans la province de Bururi, dans une opération de la police et du service de renseignement, qui ont ordonné son enterrement immédiat.

Ce n’est que dans l’affaire de Mwaro que les auteurs présumés du meurtre sont toujours en détention. Dans les cinq autres cas, soit ils n’ont jamais été arrêtés, soit ils ont été libérés au bout de quelques jours. Des Imbonerakure, des autorités locales ou des membres de la police ont continué de menacer certaines des familles des victimes après les meurtres afin d’essayer d’étouffer la vérité.

ÉvaristeDésiréRichardJean BoscoFauzia et Albert ne sont que quelques-unes des victimes des violences politiques qui ont balayé le Burundi dans la période précédant les élections de 2020. Leurs décès ne doivent pas être minimisés ou oubliés, comme tant d’autres l’ont été au Burundi. Bien plus de personnes ont été tuées, enlevées, grièvement blessées ou arrêtées de façon arbitraire au cours de la période préélectorale, dans presque tous les cas sans que personne n’ait aucun compte à rendre. Des membres du CNDD-FDD ont également été victimes de violences et ont droit à la justice eux aussi.

Vous détenez une des clés de l’avenir du Burundi : la justice. Vous pouvez mettre fin aux ingérences dans le système judiciaire. Le mépris éhonté de l’État de droit a terni l’image du Burundi sur la scène mondiale. Vous pouvez remédier à cela en encourageant publiquement des poursuites contre les agents de l’État, les Imbonerakure et les représentants du CNDD-FDD, ainsi que des membres d’autres groupes politiques impliqués dans de tels crimes.

Rendre justice aux familles de ces six victimes serait une démonstration importante de votre engagement à mettre fin à l’impunité et pourrait restaurer la confiance parmi les familles des autres victimes de meurtres politiques que justice peut être rendue. Des progrès visibles dans ces six affaires, entre autres, permettraient également à l’ensemble de la population de reprendre confiance dans le système judiciaire.

Plus important encore, cela montrerait qu’en tant que Président, vous êtes prêt à faire table rase du passé et à défendre tous les Burundais, comme vous l’avez promis à plusieurs reprises. À ceux qui doutent toujours de votre volonté de promulguer de telles réformes, que ce soit un engagement : montrez-leur qu’ils ont tort et que votre présidence marque le début d’une nouvelle ère au Burundi.

L’Initiative pour les droits humains au Burundi est prête à discuter de ces six cas avec les autorités concernées, et espère que vous serez prêt à engager un dialogue constructif sur les réformes des droits humains au Burundi, alors que vous vous apprêtez à faire avancer le pays.

La Libre Afrique



La députée Hélène Ryckmans de la Commission des Affaires générales, des Relations internationales, du Règlement et du Contrôle des communications des membres du Gouvernement au sein du parlement Fédération Wallonie-Bruxelles,a adressé, lors de la réunion de laa commission lundi 11mai, une question parlementaire au Ministre-Président de la Fédération Wallonie- Bruxelles à propos de ce que cette institution pour accompagner les élections du 20 mai 2020.

En effet, Helene Ryckmans, la campagne a lieu, non sans difficultés, notamment avec une violente répression envers la société civile, et envers le premier parti d’opposition, le Congrès National pour la Liberté (CNL), et avec des atteintes à la liberté de presse. Le 15 avril, les autorités burundaises ont informé leurs ambassades de l’impossibilité d’organiser les élections pour les Burundais vivant à l’étranger en expliquant que les mesures prises pour lutter contre le Covid-19 ne permettent pas l’organisation d’élections dans de nombreux pays. Cette décision enlève donc leur droit de vote à plusieurs milliers de Burundais dont précisément une part significative de l’opposition au parti au pouvoir le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD).

A cette inquiétude, le Ministre-Président Pierre-Yves Jeholet répond :

« Les élections qui doivent se tenir le 20 mai ont en effet exacerbé les tensions politiques existantes. Je puis comprendre la déception et la colère des nombreux Burundais issus de la diaspora et exclus du vote. Il s’agit là d’une décision souveraine des autorités burundaises, qu’il ne m’appartient pas de commenter. C’est dans ce contexte que WBI apporte un soutien à un consortium d’organisations de la société civile, afin de leur permettre d’organiser des missions d’observation consistant en un recensement des violations des droits humains et des libertés individuelles avant, pendant et après les différents scrutins nationaux », indique le Ministre-Président de la WBI.

La députée Ecolo Hélène Rychmans demande également au Ministre-Président la situation sur la révision de l’accord de partenariat entre les pays ACP et l’UE au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou.

«Le 8 décembre 2015, des consultations ont été engagées avec le gouvernement burundais afin d’examiner les préoccupations et de trouver des moyens d’y remédier. Le dialogue a eu lieu en la présence de représentants du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique(ACP), de l’Union africaine (UA), de la Communauté est- africaine et de l’Organisation  des Nations unies (ONU). L’UE a considéré en 2016 que le gouvernement du Burundi ne respectait plus les principes essentiels du partenariat défini dans l’accord et a suspendu les appuis financiers directs fournis à l’administration burundaise, y compris les appuis budgétaires, tout en maintenant le soutien à la population, l’aide régionale et l’aide humanitaire. Pour ce qui est de la procédure dite de l’article 96 de l’Accord de Cotonou, qui est un accord de partenariat entre les pays ACP et l’Union européenne, des engagements spécifiques et concertés de la part des autorités burundaises sont toujours attendus »,  ajoute le Ministre-Président Jeholet. 

Pour Pierre-Yves Jeholet, il s’agit spécifiquement du retour au respect des principes et valeurs démocratiques, des droits de l’Homme et de l’État de droit, sur la base des éléments essentiels de l’accord de partenariat entre les pays ACP et l’Union européenne, et des principes énoncés dans les accords d’Arusha. La situation est bien évidemment suivie de près par l’UE et ses États membres. Cela étant, des contacts à différents niveaux ont eu lieu avec des autorités burundaises, sans que ceux-ci soient de nature à amener des changements. Il est à noter qu’aucune action spécifique ne sera entreprise avant la tenue des élections présidentielles. Une décision du conseil est nécessaire, afin de sortir des mesures prises actuellement et de revenir à une situation normalisée de dialogue politique voulu par l’article 8. L’accord de partenariat entre l’Union européenne et les pays ACP, qui sera amené à remplacer l’Accord de Cotonou, devrait voir l’article 96 modifié ou remplacé. Des négociations à ce sujet sont toujours en cours.

Steve Baragafise

 



Des femmes choisissent des vêtements sur un marché du centre de Bujumbura, le 9 avril 2020.

RFI- Des médecins tirent la sonnette d’alarme : refus de tester des malades présentant des symptômes au coronavirus, cas cachés notamment dans un hôtel ou encore des nombreuses morts suspectes... Ils dénoncent « une politique délibérée » pour ne pas perturber le processus électoral.

Après avoir été officiellement épargné « par la grâce du Bon Dieu » pendant longtemps par le Covid-19, le Burundi reste l’un des pays les moins touchés par la pandémie si l’on en croit les autorités. Le compteur des cas testés positif est bloqué depuis une semaine sur 19 cas testés positifs, dont un seul décès. La conséquence, c’est que les bus, les églises et les marchés sont bondés et que des dizaines de milliers de personnes se pressent chaque jour avec insouciance dans des meetings politiques en vue des élections du 20 mai prochain.

Mais des médecins sonnent l'alerte. Des sources médicales assurent qu’au moins six personnes présentant des symptômes liés au Covid-19, toutes en détresse respiratoire, ont perdu la vie cette semaine dans deux hôpitaux de Bujumbura. D’autres dans un état moins grave sont signalés dans plusieurs hôpitaux de la capitale ou sont alités à leurs domicile. Le problème, c’est que le ministère de la Santé refuse de tester ces malades « en assurant qu’il agit sans doute d’une simple grippe ou du paludisme », accusent nos sources.

« Une transmission cachée »

Pire à leurs yeux, l’INSP, la seule structure qui pratique les tests de dépistage du coronavirus au Burundi, a fait les prélèvements nécessaires sur deux de ces cas. Ils sont morts deux jours plus tard, et jusqu’ici, l’INSP n’a jamais transmis les résultats de ces tests.

Officiellement, la situation est totalement maîtrisée dans ce pays protégé, selon les autorités, par « le bon Dieu tout-puissant ». Malheureusement, « il y a une transmission communautaire cachée et qui n’est pas contrôlée », prévient un de ces médecins.

C’est ainsi que l’Hôtel Source du Nil de Bujumbura, qui a d’abord abrité des voyageurs en quarantaine, est devenu un centre de confinement pour des cas positifs au Covid-19, asymptomatiques ou pas très gravement malades. 45 personnes dont certains sous traitement, y étaient confinés il y a deux jours, selon nos sources. Elles n’ont pas le droit sortir de leur chambre sauf pour une prise quotidienne de température devant l’hôtel. Mais ils passent dans un escalier dédié, qui est désinfecté tout de suite après. Enfin, leur nourriture est placée dans des barquettes à usage unique qui sont déposés devant la porte de leurs chambres par un personnel qui porte gants et masques.

Aucun responsable du secteur de santé ne pouvoir être joint jusque dans la nuit de samedi. En attendant, la politique de lutte contre le coronavirus inquiète l'OMS.


 Human Rights Watch dénonce 

La campagne électorale est très tendue au Burundi, où le gouvernement accuse le principal parti d’opposition, le CNL d’Agathon Rwasa, d’être pratiquement le seul responsable des violences politiques qu’on observe en pleine campagne électorale avant la triple élection prévue dans huit jours. La police a déjà annoncé l’arrestation d'une soixantaine de militants de ce parti et deux candidats de ce parti aux législatives ont été également arrêtés, mais son leader fait de la résistance.

L’organisation internationale des droits de l’homme Human Rights Watch est toujours en train d’enquêter sur les incidents les plus récents, mais son directeur pour l’Afrique centrale Lewis Mudge rappelle que les autorités et les Imbonerakure, les jeunes affiliés au parti au pouvoir, sont responsables depuis 2015 de nombreux actes de violences, en toute impunité.

Le fait que le gouvernement annonce que ce n'est que le CNL qui est responsable des récentes violences n'est pas étonnant : cela correspond aux prises de paroles du gouvernement depuis quelques années. Ce n'est jamais la faute du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Toutes les choses mauvaises qui arrivent sur les collines, c'est toujours la faute des opposants. Les violences et la répression sont un signe distinctif de la politique au Burundi depuis 2015. Ces élections vont avoir lieu dans un contexte où les autorités burundaises et les jeunes liés au parti au pouvoir utilisent la violence avec une impunité quasi totale. En même temps, il faut noter que dans une bien moindre mesure, on a également documenté des violences contre des membres et des jeunes du CNDD-FDD.



C’est en partie l’une des conséquences du COVID19 sur l’économie du pays. Pour cause, les contingents burundais qui sont en Somalie ne recevraient plus leurs soldes mensuels suite aux difficultés économiques des bailleurs de l’AMISOM. 

« L’Union Européenne aurait décidé que les prestations de l’AMISOM continuent en bonne et due forme même si les paiements vont accuser des retards suite aux problèmes du COVID19. Pour le cas du Burundi, la relève qui allait se faire au cours de ce mois ne sera plus organisée suite à l’impossibilité de voyager » fait savoir notre source. 

Cette situation crée déjà des conséquences sur l’économie burundaise. En pleine crise du COVDI 19, le prix des devises ont vertigineusement grimpé alors que le circuit économique du pays est déjà fragilisé par la fermeture des frontières. A titre d’exemple, 1 dollar qui s’achetait à 2700 fr sur le marché noir s’obtient à 3200frbu.  

Selon notre source, « cette situation serait conséquente au non versement des soldes de l’AMISOM au sein de la Banque Mondiale. Ainsi, la reprise sera conditionnée par la relance économique de l’UE qui finance l’AMISOM à 100%.  La BRB possèderait plus de billets en monnaie locale.  C’est un véritable défis pour l’économie du pays toute entière dont l’issue est très compliquée »  ajoute notre source. 

Cette situation risque de compliquer l’affaire puisque le Burundi est déjà sous sanctions économiques de l’UE depuis 2015. Depuis lors, les devises sont devenues une denrée rare sur le marché du pays. Pire, en 2019, la Banque Mondiale décide de suspendre 4 projets sur les 5 qu’il finançait au Burundi.  La part des financements avait même  sensiblement diminué cette la même année. En 2018, la Banque Mondiale avait financé le Burundi à hauteur de 120 millions de dollars, en 2019, ces financements sont revus à 8 millions. 

Il était prévisible que l’économie du pays devait subir des contrecoups suite aux conséquences du COVID 19. En mars dernier, l’analyste et consultant indépendant, M.NDIKUMANA avait souligné une probable réorientation de certaines ressources des organisations internationales (l’OMS, l’UNICEF, Fonds mondiale de lutte contre la malaria, la Banque Mondiale,…) en vue de lutter contre la pandémie: « Aujourd’hui on est en train d’assécher les capitaux en les orientant dans la lutte contre cette pandémie. Ceci pourrait occasionner des perturbations dans ces organisations. Les ressources qui étaient destinées aux pays africains pourraient être revues à la baisse ou gelées » A cela, Faustin NDIKUMANA ajoute les répercussions qui devraient frapper aussi le secteur touristique dans certaines économies africaines suite à l’arrêt du trafic.

Un double choc d'offre (lié à la baisse de la production) et de demande (notamment sur les services) se produit et de nombreuses entreprises se retrouvent à l'arrêt total ou partiel, faisant craindre des phénomènes de pénurie sur les biens essentiels, en même temps que des mesures de confinement sanitaire sont prises, concernant la moitié de l'humanité. 

La dernière relève de deux bataillons militaires du contingent burundais de l’AMISOM date du  2 Juin 2019. Ils étaient des 47eme et 48eme bataillons. Ils avaient été remplacés par ceux des 52eme et 53eme bataillons. Ces militaires du 47e eme et 48eme bataillons avaient terminé leur mission en Somali en date du 30 avril dernier.  Ce processus de relève se fait dans un contexte sécuritaire de plus en plus inquiétant. Les forces d’El-Shabab lancent des offensives de grande envergure dans plusieurs localités du sol somalien, ce qui complique la situation pour les forces burundaises de l’AMISOM qui sont connues comme les plus fragiles à cause du manque de minutions suffisantes sur terrain.

Après deux années consécutives de récession en 2015 (-3.9 %) et 2016 (-0.6 %), l’économie du Burundi se redressait lentement. La reprise économique s'était  accélérée en 2018, avec une croissance de 1,6 % contre 0,5 % en 2017. Toutefois, cette reprise restait fragile, compte tenu des nombreux défis du Burundi, notamment un manque de ressources budgétaires pour financer les investissements publics, une pénurie persistante de devises avec la baisse des réserves internationales et la vulnérabilité du secteur financier. 

 

Gaudence UWINEZA. 



Ça y est. Ce lundi est le grand jour «J» tant attendu pour les candidats présidents, députés ou conseillers communaux qui doivent battre campagne, trois semaines durant, afin de se vendre aux électeurs, faiseurs de rois. La campagne a démarré mais sans suspens pour le parti au pouvoir, dont le candidat, Evariste Ndayishimiye, gagnera à coup sûr. 

Le candidat du CNDD-FDD battra tous les autres à plate couture, non parce qu’il incarne un parti très adulé par le peuple, mais parce qu’il a préalablement manipulé les chiffres et l’opinion nationale, en complicité avec la Commission électorale nationale indépendante, CENI, et le Ministère de l’Intérieur et de la formation patriotique.

La stratégie payante du CNDD-FDD pour rouler tout le monde dans la farine s’est d’abord illustrée par une étonnante manipulation du fichier électoral. Avant toute autre démarche électorale, le parti CNDD-FDD a pris soin de gonfler le nombre d'inscrits au rôle d'électeurs par des électeurs n’ayant pas encore atteint l'âge de voter. 

Officiellement, le nombre d'inscrits au rôle d’électeurs pour les scrutins de 2020 est de 5.126.351.

Ce chiffre dépasse largement le nombre de burundais en âge de voter (18 ans et plus) qui, lui, est estimé à 4.646.824.

Pour rappel, en 2010, les inscrits au rôle étaient 3.553.372; en 2015, ils étaient 3.848.119 et 4.768.154 lors du référendum constitutionnel en 2018.

Pour fausser volontairement les chiffres, le régime CNDD-FDD a pris en compte, dans ces vraies fausses statistiques, les réfugiés burundais ainsi que des prisonniers alors qu’ils ne vont pas participer aux scrutins. 

Au total, les électeurs fantômes sont estimés à plus d'un million de personnes.

Dans ces conditions, il est, a priori, impossible de combler cette avance même pour les candidats aussi populaires qu’Agathon Rwasa, leader du Congrès National pour la liberté, CNL. 

Sans aucune surprise, le CNDD-FDD est donc assuré de sa victoire.

Pour camoufler cette stratégie de l’emporter haut la main avant le scrutin, le CNDD-FDD s’est mis à simuler une soudaine sympathie de militants de la 25ème heure qui affluent vers lui à la veille des élections. 

Ces derniers jours, nous avons en effet assisté à une véritable mise en scène de transhumance fictive des membres achetés des autres partis politiques. 

Des cérémonies d'accueil de nouveaux membres prétendument venus des partis rivaux comme le CNL ou le FRODEBU ont été officiellement accueillis en provinces à l’occasion des cérémonies haut en couleur. 

En parallèle à ce jeu de truquage éhonté, le CNDD-FDD a enregistré de nombreux soutiens de petits partis sans militants.

A ce ridicule stratagème s’ajoute l'achat des consciences des esprits ambitieux comme un certain Isidore MBAYAHAGA, un Pasteur d’Eglise proche de Pierre Nkurunziza, qui se réclame UPRONISTE et qui s’est arrogé le droit d’animer une réunion des soi-disant «upronistes» alors que ce sont des citoyens payés pour participer dans cette comédie.

En tripatouillant le processus électoral de 2020 pour s’incruster davantage au pouvoir, le CNDD-FDD veut sauver les meubles et montrer au monde que la crise du 3ème mandat de Pierre Nkurunziza n’a pas entamé sa popularité. 

Pourtant, même les militants de ce parti savent pertinemment que son bilan des 15 dernières années se résume en fiasco.

Tous les Burundais sont lassés par la pauvreté chronique, la faim, les maladies….qui ont marqué l’ère CNDD-FDD.

Tous les secteurs de la vie nationale sont complètement délabrés: l’insécurité des opposants est généralisée, la justice est aux ordres, le système éducatif n’a plus de repères, l’accès aux soins de santé relève d’un parcours de combattant, le chômage est général, les impôts et taxes ont été décuplés au grand dam du contribuable, les marchés ont été brûlés, les infrastructures routières sont dans un état lamentable tant et si bien que si rien n'est fait, Bujumbura risque d'être isolé du reste du pays; les eaux des pluies ne sont plus canalisées et provoquent des inondations et même le débordement de la Rusizi et du lac Tanganyika……tout est chaos et le peuple ne rêve que d’un changement de système, plus que de régime.

Voilà pourquoi les Burundais ne devraient en aucun accepter ce holdup électoral qui prolonge un pouvoir totalement irrationnel encore pour sept ans.

Brundidaily, par Libérat Ntibashirakandi 



Ce lundi 27 avril débute au Burundi la campagne électorale pour le triple scrutin prévu le 20 mai : élections des députés et des conseillers communaux, mais également celle du président de la République. Une campagne qui s'achèvera le 17 mai.

Il affrontera notamment celui qui est présenté comme le principal opposant, Agathon Rwasa, meneur du nouveau Conseil national pour la liberté, le CNL, agréé il y a un peu plus d’un an. Il y aura également Domitien Ndayizeye, président de transition entre 2003 et 2005, aujourd’hui à la tête de la coalition Kira Burundi. Comme trois autres prétendants, sa candidature avait d’abord été rejetée par la Commission électorale (Céni), mais il a finalement eu gain de cause après un recours à la Cour consitutionnelle.

Une élection sans grand enjeu pour les observateurs

Quoi qu’il en soit, nombre d’observateurs estiment que le scrutin ne présente aucun enjeu. « Il est admis, y compris par l’opposition, que le vainqueur est déjà connu et que ce sera le candidat du CNDD-FDD », explique ainsi Thierry Vircoulon, coordinateur de l'Observatoire pour l'Afrique centrale et australe de l'Institut français des relations internationales (IFRI). « L’opposition qui va concourir à cette élection joue essentiellement un rôle de faire-valoir démocratique au régime. Et pour elle, l’enjeu est d’arracher quelques places au Parlement, de façon à avoir encore une existence, plus théorique que réelle ».

 

En tout cas, chacun des sept candidats retenus et leur équipe devront s’exprimer chaque jour entre 6h et 18 h. « Toute propagande en dehors de cette période est interdite », précise un décret de la Céni qui fixe le cadre de cette campagne. Alors que des opposants accusent justement le parti au pouvoir de mener campagne depuis un certain temps et la Céni de fermer les yeux.

Une campagne sous la surveillance de la société civile

De leur côté, les acteurs de la société civile sont déjà mobilisés. Après la crise politique de 2015 et l’échec du dialogue lancé sous l’égide de la Communauté d’Afrique de l’Est, six organisations ont en effet mis sur pied un projet conjoint de suivi des violations des droits de l’homme. Dans un communiqué, elles invitent les autorités à « garantir la sécurité de toute la population en cette période électorale, où les opposants sont régulièrement menacés » ainsi qu’à « respecter scrupuleusement les droits électoraux des candidats et des électeurs ».

Une campagne qui se déroulera par ailleurs sous la menace du coronavirus. Quinze cas ont officiellement été déclarés et un décès dans le pays. Et si le ministère de la Santé a adressé des recommandations – des points pour se laver les mains notamment –, aucune restriction n’a pour l'heure été annoncée concernant les meetings et réunions publiques.

RFI

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