Staff pick



La députée Hélène Ryckmans de la Commission des Affaires générales, des Relations internationales, du Règlement et du Contrôle des communications des membres du Gouvernement au sein du parlement Fédération Wallonie-Bruxelles,a adressé, lors de la réunion de laa commission lundi 11mai, une question parlementaire au Ministre-Président de la Fédération Wallonie- Bruxelles à propos de ce que cette institution pour accompagner les élections du 20 mai 2020.

En effet, Helene Ryckmans, la campagne a lieu, non sans difficultés, notamment avec une violente répression envers la société civile, et envers le premier parti d’opposition, le Congrès National pour la Liberté (CNL), et avec des atteintes à la liberté de presse. Le 15 avril, les autorités burundaises ont informé leurs ambassades de l’impossibilité d’organiser les élections pour les Burundais vivant à l’étranger en expliquant que les mesures prises pour lutter contre le Covid-19 ne permettent pas l’organisation d’élections dans de nombreux pays. Cette décision enlève donc leur droit de vote à plusieurs milliers de Burundais dont précisément une part significative de l’opposition au parti au pouvoir le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD).

A cette inquiétude, le Ministre-Président Pierre-Yves Jeholet répond :

« Les élections qui doivent se tenir le 20 mai ont en effet exacerbé les tensions politiques existantes. Je puis comprendre la déception et la colère des nombreux Burundais issus de la diaspora et exclus du vote. Il s’agit là d’une décision souveraine des autorités burundaises, qu’il ne m’appartient pas de commenter. C’est dans ce contexte que WBI apporte un soutien à un consortium d’organisations de la société civile, afin de leur permettre d’organiser des missions d’observation consistant en un recensement des violations des droits humains et des libertés individuelles avant, pendant et après les différents scrutins nationaux », indique le Ministre-Président de la WBI.

La députée Ecolo Hélène Rychmans demande également au Ministre-Président la situation sur la révision de l’accord de partenariat entre les pays ACP et l’UE au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou.

«Le 8 décembre 2015, des consultations ont été engagées avec le gouvernement burundais afin d’examiner les préoccupations et de trouver des moyens d’y remédier. Le dialogue a eu lieu en la présence de représentants du Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique(ACP), de l’Union africaine (UA), de la Communauté est- africaine et de l’Organisation  des Nations unies (ONU). L’UE a considéré en 2016 que le gouvernement du Burundi ne respectait plus les principes essentiels du partenariat défini dans l’accord et a suspendu les appuis financiers directs fournis à l’administration burundaise, y compris les appuis budgétaires, tout en maintenant le soutien à la population, l’aide régionale et l’aide humanitaire. Pour ce qui est de la procédure dite de l’article 96 de l’Accord de Cotonou, qui est un accord de partenariat entre les pays ACP et l’Union européenne, des engagements spécifiques et concertés de la part des autorités burundaises sont toujours attendus »,  ajoute le Ministre-Président Jeholet. 

Pour Pierre-Yves Jeholet, il s’agit spécifiquement du retour au respect des principes et valeurs démocratiques, des droits de l’Homme et de l’État de droit, sur la base des éléments essentiels de l’accord de partenariat entre les pays ACP et l’Union européenne, et des principes énoncés dans les accords d’Arusha. La situation est bien évidemment suivie de près par l’UE et ses États membres. Cela étant, des contacts à différents niveaux ont eu lieu avec des autorités burundaises, sans que ceux-ci soient de nature à amener des changements. Il est à noter qu’aucune action spécifique ne sera entreprise avant la tenue des élections présidentielles. Une décision du conseil est nécessaire, afin de sortir des mesures prises actuellement et de revenir à une situation normalisée de dialogue politique voulu par l’article 8. L’accord de partenariat entre l’Union européenne et les pays ACP, qui sera amené à remplacer l’Accord de Cotonou, devrait voir l’article 96 modifié ou remplacé. Des négociations à ce sujet sont toujours en cours.

Steve Baragafise

 



Des femmes choisissent des vêtements sur un marché du centre de Bujumbura, le 9 avril 2020.

RFI- Des médecins tirent la sonnette d’alarme : refus de tester des malades présentant des symptômes au coronavirus, cas cachés notamment dans un hôtel ou encore des nombreuses morts suspectes... Ils dénoncent « une politique délibérée » pour ne pas perturber le processus électoral.

Après avoir été officiellement épargné « par la grâce du Bon Dieu » pendant longtemps par le Covid-19, le Burundi reste l’un des pays les moins touchés par la pandémie si l’on en croit les autorités. Le compteur des cas testés positif est bloqué depuis une semaine sur 19 cas testés positifs, dont un seul décès. La conséquence, c’est que les bus, les églises et les marchés sont bondés et que des dizaines de milliers de personnes se pressent chaque jour avec insouciance dans des meetings politiques en vue des élections du 20 mai prochain.

Mais des médecins sonnent l'alerte. Des sources médicales assurent qu’au moins six personnes présentant des symptômes liés au Covid-19, toutes en détresse respiratoire, ont perdu la vie cette semaine dans deux hôpitaux de Bujumbura. D’autres dans un état moins grave sont signalés dans plusieurs hôpitaux de la capitale ou sont alités à leurs domicile. Le problème, c’est que le ministère de la Santé refuse de tester ces malades « en assurant qu’il agit sans doute d’une simple grippe ou du paludisme », accusent nos sources.

« Une transmission cachée »

Pire à leurs yeux, l’INSP, la seule structure qui pratique les tests de dépistage du coronavirus au Burundi, a fait les prélèvements nécessaires sur deux de ces cas. Ils sont morts deux jours plus tard, et jusqu’ici, l’INSP n’a jamais transmis les résultats de ces tests.

Officiellement, la situation est totalement maîtrisée dans ce pays protégé, selon les autorités, par « le bon Dieu tout-puissant ». Malheureusement, « il y a une transmission communautaire cachée et qui n’est pas contrôlée », prévient un de ces médecins.

C’est ainsi que l’Hôtel Source du Nil de Bujumbura, qui a d’abord abrité des voyageurs en quarantaine, est devenu un centre de confinement pour des cas positifs au Covid-19, asymptomatiques ou pas très gravement malades. 45 personnes dont certains sous traitement, y étaient confinés il y a deux jours, selon nos sources. Elles n’ont pas le droit sortir de leur chambre sauf pour une prise quotidienne de température devant l’hôtel. Mais ils passent dans un escalier dédié, qui est désinfecté tout de suite après. Enfin, leur nourriture est placée dans des barquettes à usage unique qui sont déposés devant la porte de leurs chambres par un personnel qui porte gants et masques.

Aucun responsable du secteur de santé ne pouvoir être joint jusque dans la nuit de samedi. En attendant, la politique de lutte contre le coronavirus inquiète l'OMS.


 Human Rights Watch dénonce 

La campagne électorale est très tendue au Burundi, où le gouvernement accuse le principal parti d’opposition, le CNL d’Agathon Rwasa, d’être pratiquement le seul responsable des violences politiques qu’on observe en pleine campagne électorale avant la triple élection prévue dans huit jours. La police a déjà annoncé l’arrestation d'une soixantaine de militants de ce parti et deux candidats de ce parti aux législatives ont été également arrêtés, mais son leader fait de la résistance.

L’organisation internationale des droits de l’homme Human Rights Watch est toujours en train d’enquêter sur les incidents les plus récents, mais son directeur pour l’Afrique centrale Lewis Mudge rappelle que les autorités et les Imbonerakure, les jeunes affiliés au parti au pouvoir, sont responsables depuis 2015 de nombreux actes de violences, en toute impunité.

Le fait que le gouvernement annonce que ce n'est que le CNL qui est responsable des récentes violences n'est pas étonnant : cela correspond aux prises de paroles du gouvernement depuis quelques années. Ce n'est jamais la faute du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Toutes les choses mauvaises qui arrivent sur les collines, c'est toujours la faute des opposants. Les violences et la répression sont un signe distinctif de la politique au Burundi depuis 2015. Ces élections vont avoir lieu dans un contexte où les autorités burundaises et les jeunes liés au parti au pouvoir utilisent la violence avec une impunité quasi totale. En même temps, il faut noter que dans une bien moindre mesure, on a également documenté des violences contre des membres et des jeunes du CNDD-FDD.



C’est en partie l’une des conséquences du COVID19 sur l’économie du pays. Pour cause, les contingents burundais qui sont en Somalie ne recevraient plus leurs soldes mensuels suite aux difficultés économiques des bailleurs de l’AMISOM. 

« L’Union Européenne aurait décidé que les prestations de l’AMISOM continuent en bonne et due forme même si les paiements vont accuser des retards suite aux problèmes du COVID19. Pour le cas du Burundi, la relève qui allait se faire au cours de ce mois ne sera plus organisée suite à l’impossibilité de voyager » fait savoir notre source. 

Cette situation crée déjà des conséquences sur l’économie burundaise. En pleine crise du COVDI 19, le prix des devises ont vertigineusement grimpé alors que le circuit économique du pays est déjà fragilisé par la fermeture des frontières. A titre d’exemple, 1 dollar qui s’achetait à 2700 fr sur le marché noir s’obtient à 3200frbu.  

Selon notre source, « cette situation serait conséquente au non versement des soldes de l’AMISOM au sein de la Banque Mondiale. Ainsi, la reprise sera conditionnée par la relance économique de l’UE qui finance l’AMISOM à 100%.  La BRB possèderait plus de billets en monnaie locale.  C’est un véritable défis pour l’économie du pays toute entière dont l’issue est très compliquée »  ajoute notre source. 

Cette situation risque de compliquer l’affaire puisque le Burundi est déjà sous sanctions économiques de l’UE depuis 2015. Depuis lors, les devises sont devenues une denrée rare sur le marché du pays. Pire, en 2019, la Banque Mondiale décide de suspendre 4 projets sur les 5 qu’il finançait au Burundi.  La part des financements avait même  sensiblement diminué cette la même année. En 2018, la Banque Mondiale avait financé le Burundi à hauteur de 120 millions de dollars, en 2019, ces financements sont revus à 8 millions. 

Il était prévisible que l’économie du pays devait subir des contrecoups suite aux conséquences du COVID 19. En mars dernier, l’analyste et consultant indépendant, M.NDIKUMANA avait souligné une probable réorientation de certaines ressources des organisations internationales (l’OMS, l’UNICEF, Fonds mondiale de lutte contre la malaria, la Banque Mondiale,…) en vue de lutter contre la pandémie: « Aujourd’hui on est en train d’assécher les capitaux en les orientant dans la lutte contre cette pandémie. Ceci pourrait occasionner des perturbations dans ces organisations. Les ressources qui étaient destinées aux pays africains pourraient être revues à la baisse ou gelées » A cela, Faustin NDIKUMANA ajoute les répercussions qui devraient frapper aussi le secteur touristique dans certaines économies africaines suite à l’arrêt du trafic.

Un double choc d'offre (lié à la baisse de la production) et de demande (notamment sur les services) se produit et de nombreuses entreprises se retrouvent à l'arrêt total ou partiel, faisant craindre des phénomènes de pénurie sur les biens essentiels, en même temps que des mesures de confinement sanitaire sont prises, concernant la moitié de l'humanité. 

La dernière relève de deux bataillons militaires du contingent burundais de l’AMISOM date du  2 Juin 2019. Ils étaient des 47eme et 48eme bataillons. Ils avaient été remplacés par ceux des 52eme et 53eme bataillons. Ces militaires du 47e eme et 48eme bataillons avaient terminé leur mission en Somali en date du 30 avril dernier.  Ce processus de relève se fait dans un contexte sécuritaire de plus en plus inquiétant. Les forces d’El-Shabab lancent des offensives de grande envergure dans plusieurs localités du sol somalien, ce qui complique la situation pour les forces burundaises de l’AMISOM qui sont connues comme les plus fragiles à cause du manque de minutions suffisantes sur terrain.

Après deux années consécutives de récession en 2015 (-3.9 %) et 2016 (-0.6 %), l’économie du Burundi se redressait lentement. La reprise économique s'était  accélérée en 2018, avec une croissance de 1,6 % contre 0,5 % en 2017. Toutefois, cette reprise restait fragile, compte tenu des nombreux défis du Burundi, notamment un manque de ressources budgétaires pour financer les investissements publics, une pénurie persistante de devises avec la baisse des réserves internationales et la vulnérabilité du secteur financier. 

 

Gaudence UWINEZA. 



Ça y est. Ce lundi est le grand jour «J» tant attendu pour les candidats présidents, députés ou conseillers communaux qui doivent battre campagne, trois semaines durant, afin de se vendre aux électeurs, faiseurs de rois. La campagne a démarré mais sans suspens pour le parti au pouvoir, dont le candidat, Evariste Ndayishimiye, gagnera à coup sûr. 

Le candidat du CNDD-FDD battra tous les autres à plate couture, non parce qu’il incarne un parti très adulé par le peuple, mais parce qu’il a préalablement manipulé les chiffres et l’opinion nationale, en complicité avec la Commission électorale nationale indépendante, CENI, et le Ministère de l’Intérieur et de la formation patriotique.

La stratégie payante du CNDD-FDD pour rouler tout le monde dans la farine s’est d’abord illustrée par une étonnante manipulation du fichier électoral. Avant toute autre démarche électorale, le parti CNDD-FDD a pris soin de gonfler le nombre d'inscrits au rôle d'électeurs par des électeurs n’ayant pas encore atteint l'âge de voter. 

Officiellement, le nombre d'inscrits au rôle d’électeurs pour les scrutins de 2020 est de 5.126.351.

Ce chiffre dépasse largement le nombre de burundais en âge de voter (18 ans et plus) qui, lui, est estimé à 4.646.824.

Pour rappel, en 2010, les inscrits au rôle étaient 3.553.372; en 2015, ils étaient 3.848.119 et 4.768.154 lors du référendum constitutionnel en 2018.

Pour fausser volontairement les chiffres, le régime CNDD-FDD a pris en compte, dans ces vraies fausses statistiques, les réfugiés burundais ainsi que des prisonniers alors qu’ils ne vont pas participer aux scrutins. 

Au total, les électeurs fantômes sont estimés à plus d'un million de personnes.

Dans ces conditions, il est, a priori, impossible de combler cette avance même pour les candidats aussi populaires qu’Agathon Rwasa, leader du Congrès National pour la liberté, CNL. 

Sans aucune surprise, le CNDD-FDD est donc assuré de sa victoire.

Pour camoufler cette stratégie de l’emporter haut la main avant le scrutin, le CNDD-FDD s’est mis à simuler une soudaine sympathie de militants de la 25ème heure qui affluent vers lui à la veille des élections. 

Ces derniers jours, nous avons en effet assisté à une véritable mise en scène de transhumance fictive des membres achetés des autres partis politiques. 

Des cérémonies d'accueil de nouveaux membres prétendument venus des partis rivaux comme le CNL ou le FRODEBU ont été officiellement accueillis en provinces à l’occasion des cérémonies haut en couleur. 

En parallèle à ce jeu de truquage éhonté, le CNDD-FDD a enregistré de nombreux soutiens de petits partis sans militants.

A ce ridicule stratagème s’ajoute l'achat des consciences des esprits ambitieux comme un certain Isidore MBAYAHAGA, un Pasteur d’Eglise proche de Pierre Nkurunziza, qui se réclame UPRONISTE et qui s’est arrogé le droit d’animer une réunion des soi-disant «upronistes» alors que ce sont des citoyens payés pour participer dans cette comédie.

En tripatouillant le processus électoral de 2020 pour s’incruster davantage au pouvoir, le CNDD-FDD veut sauver les meubles et montrer au monde que la crise du 3ème mandat de Pierre Nkurunziza n’a pas entamé sa popularité. 

Pourtant, même les militants de ce parti savent pertinemment que son bilan des 15 dernières années se résume en fiasco.

Tous les Burundais sont lassés par la pauvreté chronique, la faim, les maladies….qui ont marqué l’ère CNDD-FDD.

Tous les secteurs de la vie nationale sont complètement délabrés: l’insécurité des opposants est généralisée, la justice est aux ordres, le système éducatif n’a plus de repères, l’accès aux soins de santé relève d’un parcours de combattant, le chômage est général, les impôts et taxes ont été décuplés au grand dam du contribuable, les marchés ont été brûlés, les infrastructures routières sont dans un état lamentable tant et si bien que si rien n'est fait, Bujumbura risque d'être isolé du reste du pays; les eaux des pluies ne sont plus canalisées et provoquent des inondations et même le débordement de la Rusizi et du lac Tanganyika……tout est chaos et le peuple ne rêve que d’un changement de système, plus que de régime.

Voilà pourquoi les Burundais ne devraient en aucun accepter ce holdup électoral qui prolonge un pouvoir totalement irrationnel encore pour sept ans.

Brundidaily, par Libérat Ntibashirakandi 



Ce lundi 27 avril débute au Burundi la campagne électorale pour le triple scrutin prévu le 20 mai : élections des députés et des conseillers communaux, mais également celle du président de la République. Une campagne qui s'achèvera le 17 mai.

Il affrontera notamment celui qui est présenté comme le principal opposant, Agathon Rwasa, meneur du nouveau Conseil national pour la liberté, le CNL, agréé il y a un peu plus d’un an. Il y aura également Domitien Ndayizeye, président de transition entre 2003 et 2005, aujourd’hui à la tête de la coalition Kira Burundi. Comme trois autres prétendants, sa candidature avait d’abord été rejetée par la Commission électorale (Céni), mais il a finalement eu gain de cause après un recours à la Cour consitutionnelle.

Une élection sans grand enjeu pour les observateurs

Quoi qu’il en soit, nombre d’observateurs estiment que le scrutin ne présente aucun enjeu. « Il est admis, y compris par l’opposition, que le vainqueur est déjà connu et que ce sera le candidat du CNDD-FDD », explique ainsi Thierry Vircoulon, coordinateur de l'Observatoire pour l'Afrique centrale et australe de l'Institut français des relations internationales (IFRI). « L’opposition qui va concourir à cette élection joue essentiellement un rôle de faire-valoir démocratique au régime. Et pour elle, l’enjeu est d’arracher quelques places au Parlement, de façon à avoir encore une existence, plus théorique que réelle ».

 

En tout cas, chacun des sept candidats retenus et leur équipe devront s’exprimer chaque jour entre 6h et 18 h. « Toute propagande en dehors de cette période est interdite », précise un décret de la Céni qui fixe le cadre de cette campagne. Alors que des opposants accusent justement le parti au pouvoir de mener campagne depuis un certain temps et la Céni de fermer les yeux.

Une campagne sous la surveillance de la société civile

De leur côté, les acteurs de la société civile sont déjà mobilisés. Après la crise politique de 2015 et l’échec du dialogue lancé sous l’égide de la Communauté d’Afrique de l’Est, six organisations ont en effet mis sur pied un projet conjoint de suivi des violations des droits de l’homme. Dans un communiqué, elles invitent les autorités à « garantir la sécurité de toute la population en cette période électorale, où les opposants sont régulièrement menacés » ainsi qu’à « respecter scrupuleusement les droits électoraux des candidats et des électeurs ».

Une campagne qui se déroulera par ailleurs sous la menace du coronavirus. Quinze cas ont officiellement été déclarés et un décès dans le pays. Et si le ministère de la Santé a adressé des recommandations – des points pour se laver les mains notamment –, aucune restriction n’a pour l'heure été annoncée concernant les meetings et réunions publiques.

RFI



Le gouvernement du Burundi vient de prendre la décision de suspendre 4 institutions nationales qui travaillaient jusque-là dans la filière café. Il s’agit de la SOGESTAL, de l’INTERCAFE, du CENAC Murima w’Isangi et de SODECO. Ces organisations qui œuvrent dans la filière café et dont les missions sont différentes ont été sommées de remettre leur matériel de travail au gouvernement du Burundi, selon le communiqué lu par le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, Deo Guide Rurama, ce mardi, 28 janvier.  Des observateurs s'inquiètent des conséquences de cette décision.

«Le gouvernement ne peut pas développer lui seul la filière café. Le gouvernement devrait suivre de près plutôt toutes les activités relatives à la filière café, de la culture du café jusqu’à sa vente sur le marché international. Si le gouvernement opte de s’engager en solo dans cette filière, c’est-à-dire qu’il limite même les investisseurs potentiels qui pourront apporter leurs capitaux pour développer le café car il y a des charges que le gouvernement et les cultivateurs du café ne peuvent pas à eux seuls satisfaireLibéraliser cette filière signifie avoir de la concurrence, ce qui permettra au Gouvernement d’avoir une plus-value. Il ne faut pas oublier que le Burundi n’a pas une production plus importante que le Vietnam, l’Ethiopie et le Brésil. » indique Faustin Ndikumana, consultant, sur une radio locale. Il déplore aussi les taux de change en cours qui ne favorise pas, selon lui, l’investissement dans la filière café. 

Jusqu’ici, la libéralisation de la filière café du Burundi était théoriquement suivie par la Banque Mondiale. Cette banque avait mis en place des institutions comme l’INTERCAFE qui regroupent les investisseurs, les producteurs, les transformateurs, les exportateurs, les torréfacteurs et dont les missions étaient d’assurer la responsabilité opérationnelle au quotidien relatives à la filière café telles que la production, la transformation, la commercialisation et l’exportation. L’INTERCAFE sert d’organe de règlement des conflits au premier niveau entre les acteurs qui en sont membres, mais aussi dans l’encadrement et la vulgarisation. Ils sont responsables des achats d’engrais et de la distribution des engrais au niveau des producteurs. Il travaille avec CNAC-Murima w’isangi dans l’encadrement et la vulgarisation. Ils effectuent des missions conjointes dans la promotion du café du Burundi à l’étranger. Est-ce que c’est pour ces raisons que le gouvernement vient de décider de leur suspension ?

En effet, selon des informations dont détient la rédaction, « le gouvernement du Burundi voudrait faire de la Russie un nouveau partenaire après avoir décidé de se réengager dans cette filière. Or, ce pays aurait déjà signifié qu’il ne dispose pas de moyens nécessaires pour couvrir toutes les charges de cette filière y compris l’achat. D’ailleurs, une des autorités du pays aurait déjà effectué une visite en Russie à la recherche des preneurs de café burundais » indique notre source.  Pour le moment, la rédaction ne dispose pas les raisons de ce revirement. Ce qui est sûr, les USA ont pris la décision de suspendre la participation du Burundi dans le salon du café organisé au mois de septembre. Pour le moment, les tractations auraient déjà commencé pour convaincre le gouvernement de revenir sur sa décision.

Sur les réseaux sociaux, des informations (non vérifiées) font état des retombées de la décision que le gouvernement a pris. Certaines vont à évoquer de la possible suspension des activités en cours ou au futur que la Banque Mondiale finançait au Burundi si une fois le gouvernement ne revenait pas sur sa décision même si le gouvernement voudrait, dans cette affaire, pousser la Banque Mondiale a lui accordé la gestion des appuis financiers qu’elle octroie dans ce secteur.

En 2012, l’INTERCAFE avait alerté. Cette alerte portait sur le café burundais qui se trouvait à l’agonie suite à plusieurs raisons, dont le manque d’encadrement des caféiculteurs, le manque de suivi de plants, le vieillissement du verger caféiocole, le manque d’entretien de ce même verger, le manque de paillis, le désintéressement de la population et d’autres raisons. Selon cette institution,  le café burundais, malgré son goût apprécié par pas mal de gens, allait en régressant, d’une année à l’autre.  Au moins une diminution de 40% de la récolte de café est enregistrée par an, ce qui conduit à prédire du moins, la diminution, ou même la disparition pure et simple du café, si le Gouvernement ne prend pas conscience. Parmi les stratégies de relance, l’INTERCAFE projetait à 40.000 tonnes de café, dans un plan dénommé « Plan Quinquennal » de 2012 à 2016.

Pour y arriver, il fallait un montant de plus de 360 milliards, dont la grande partie devra être affectée à la formation des agents modèles de la société, l’achat des engrais chimiques, le remplacement du verger déjà vieux ainsi que la disponibilisation des produits phytosanitaires, et bien d’autres. Or, au cours de la campagne café 2016-2017, la production a été de 14.674 tonnes de café vert, pour la campagne 2017-2018 les chiffres sont de 15.864 tonnes, soit une augmentation de près de 2% que l’année précédente ; avant d'ajouter que la production escomptée pour la campagne 2018-2019 a été d'environ 20.000 tonnes, donc d’1/2 voire 1/3 des prévisions de l’INTERCAFE.

Au Burundi, la culture du café est pratiquée par près de 600 000 ménages ruraux. Le pays produit essentiellement du café Arabica. Introduit à l’époque coloniale, le café n’est plus la culture la plus rentable à l’export. Il est désormais devancé par le thé, aussi bien à la production qu'à l'exportation. En 2017, le thé devient le premier produit exporté, avec 9.2 millions de dollars d’entrées dans la caisse de l’Etat, contre 3.1 millions de dollars pour le café. «La privatisation de la filière café  n’a pas produit les résultats escomptés et a été bénéfique pour les commerçants au détriment des caféiculteurs.» conclut Gabriel Rufyiri, le Président de l’Observatoire de lutte contre les malversations économiques.

Gaudence UWINEZA



Dans l’objectif de préparer le 10eme sommet de haut niveau du mécanisme régional de suivi de l’accord-cadre prévu à Kinshasa le 24 février prochain, les responsables de renseignements et sécurité de la République démocratique du Congo, du Rwanda, Ouganda, Burundi et Tanzanie se sont réunis au cours de cette semaine à Nairobi, la capitale Kenyane.  

« Ces responsables des sécurités des pays concernés ont étudié les mesures sécuritaires nécessaires à prendre pendant le déroulement de ce sommet. C’est la République Démocratique du Congo qui va abriter le sommet de mécanisme de l’accord signé à Addis-Abeba entre les pays de la sous-région, pour mettre fin à l’insécurité dans la partie Est. » selon le journal Rwanda podium. L’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération restant un mécanisme viable et efficace pour parvenir à une paix durable et à la stabilité en République Démocratique du Congo (RDC) et dans la région. 

La RDC, à la tête du mécanisme de suivi de l’Accord-cadre 

En Juillet 2019, Claude IBANKALY a  pris la tête du mécanisme de suivi des accords de paix d’Addis-Abeba. Nommé par le président de la RDC,  Félix Tshisekedi, Claude IBANKALY a officiellement pris fonction  le samedi 30 mars 2019 à la suite d’une passation de services avec  son prédécesseur, John KASUKU MIHALI, au siège de cette institution sise  à Kinshasa. Ce dernier  a pris l’engagement  de redynamiser le mécanisme national de suivi afin de réaliser les objectifs qui lui ont été assignés par le Chef de l’État de la RDC. 

« Nous comptons consolider  les rapports cordiaux  entre le MNS et les autres parties prenantes de l’accord au niveau régional avec comme leitmotiv, le renforcement de  l’intégration régionale et la définition d’une politique sécuritaire inter-frontalière commune  en vue de garantir la paix et la stabilité durable dans la région des grands lacs. Ces objectifs parmi tant d’autres vont nous permettre dans un temps record de rétablir la stabilité et de restaurer la paix durable dans la région des grands lacs » avait indiqué Claude IBANKALY lors de la prise de ses fonctions. 

Un sommet marqué par un contexte particulier 

Le prochain sommet du mécanisme de suivi de l’Accord-Cadre va se dérouler dans un contexte  particulier pour la Région des Grands Lacs. En cause, la solution de conflit entre le Rwanda et l’Ouganda. En effet, les relations entre ces deux pays viennent de traverser des moments très difficiles. Le Rwanda accusait  l'Ouganda de vouloir déstabiliser le pays en créant une force rebelle basée en République démocratique du Congo, ce que réfutait Kampala. « Il est faux de dire que l’Ouganda abrite des éléments combattant le régime au Rwanda», a assuré le ministre des Affaires étrangères Sam KUTESA dans un communiqué. Grace à l’Angola, Le président ougandais Yoweri Museveni et son homologue rwandais Paul Kagame se sont rencontrés dimanche, le 2 Février, à Luanda, la capitale angolaise. Ils ont  

convenu d'améliorer leurs relations après que des tensions ont conduit à la fermeture de la principale frontière entre les deux nations.

Le président ougandais et son homologue rwandais ont également convenu de prendre des mesures ultérieures en faveur de la paix, de la stabilité, du bon voisinage et du rétablissement de la confiance mutuelle. Jusqu’à présent, le Ministre congolais d’Etat et de la communication, Jolino MAKELELE circonscrit cette rencontre des Chefs d’Etat comme le plus grand événement diplomatique de cette année en République Démocratique du Congo. Ce sera le premier événement diplomatique de la région des Grands-Lacs à se tenir en République Démocratique du Congo sous l’ère Tshisekedi. 

Signalons que pour le 9eme sommet, les participants ont examiné l’évolution de la situation politique et des conditions de sécurité dans la région ainsi que les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’Accord‑cadre depuis leur dernière réunion, tenue à Brazzaville (République du Congo) le 19 octobre 2017. Ils ont aussi  entériné le rapport d’activité annuel tel qu’il a été approuvé par les Ministres des affaires étrangères et des relations extérieures à l’occasion de la réunion tenue le 6 octobre 2018 ainsi que les recommandations y figurant, en particulier les demandes formulées à l’adresse de S. E. M. Yoweri Kaguta Museveni, Président de l’Ouganda, tendant à ce qu’il dirige les efforts visant à traiter de la question des déplacements dans la région, et de S. E. M. Uhuru Kenyatta, Président du Kenya, tendant à ce qu’il dirige les efforts visant à promouvoir la bonne gouvernance et à lutter contre la corruption. 

Pour le Burundi, les participants avaient salué l’annonce faite par le Président Pierre NKURUNZIZA de ne pas se porter candidat aux prochaines élections ; ont encouragé le Gouvernement et toutes les parties prenantes à travailler ensemble dans un esprit de coopération, notamment en participant à un dialogue inclusif mené sous l’égide de la Communauté d’Afrique de l’Est, pour garantir la tenue d’élections inclusives, crédibles et pacifiques prévues en 2020, dans le plein respect de l’Accord d’Arusha.

 

Gaudence UWINEZA 



Les habitants de la localité de Carama-Tenga sont inquiets. La cause de cette inquiétude est que l’un des ponts les plus importants dénommé pont Gikoma situé au niveau de la RN1 est sérieusement menacé par les pluies diluviennes qui s’abattent ces derniers jours sur la ville de Bujumbura. « Nous assistons impuissamment à cette situation. Elle est très inquiétante. Les rives de la rivière Gikoma sont continuellement emportées par la pluie de telle sorte que le pont lui-même est ébranlé au niveau de la fondation qui le tient debout. Les autorités locale sont aussi très inquiètes » se confie à la rédaction l’un des habitants de la localité de Carama-Tenga trouvé sur place. 

Comment se présente la situation ? Nos reporters se sont rendus sur place. En effet, les pluies qui s’abattent sur Bujumbura sont canalisées de l’aval par différentes rivières dont celle de Gikoma. Cette rivière draine les eaux qui viennent des montagnes qui surplombent la partie nord de la capitale. Alors, à cause des pluies, les rives de la rivière Gikoma sont de plus en plus emportées par les pluies. Ce phénomène est très visible. Elles ne résistent pas donc du fait que le sol est essentiellement sableux. L’eau des pluies emporte sur son passage des grosses pierres, des arbres, ce qui rend encore vulnérables les rives qui finissent par s’écrouler. 

Au niveau de pont, la partie centrale (que la population locale appelle le dos d’âne du pont) qui avait été rénové il y a trois ans a été complètement déterrée par les eaux des pluies. Ainsi, les eaux passent en dessous du dos d’âne du pont et continuent leur chemin vers l’aval de la rivière. Cette partie centrale avait pour rôle de ralentir la puissance des eaux qui passent par cette rivière. Un autre rôle qu’il jouait était de tenir les piliers d’un canal qui filtrait et stockait l’eau des rivières que les riziculteurs utilisent dans leurs champs. Jusqu’à présent, ce canal est sec, l’eau des pluies n’y arrive plus car elles passent en dessous du dos d’âne du pont. Cette situation fait que le dalot du pont soit fortement déstabilisé et cause déjà la destruction des murs de soutènement de la partie sud de la rivière. 

A l’instant, on essaie de protéger de manière fortune le pont en rassemblant des grosses pierres dans une sorte de filet en fer pour le placer des deux côtés du dos d’âne du pont en vue de ralentir la quantité d’eau de pluies. Mais ce qui s’impose, c’est le curage de la rivière pour permettre un bon écoulement d’eau, reconstruire le plus vite possible les murs de soutènement déjà cassés et le reboisement pour protéger les berges.  Les rivières Gikoma, Murago (lui aussi très menacé) et Muzazi remarquables en amont de la RN1 et RN9 convergent en aval de la RN9 et  forment la rivière MUTIMBUZI qui traverse la RN4 et RN5 avant de se jeter dans le Lac Tanganyika. Les quartiers non dotés d’assez des canalisations ont été les plus affectés par les récentes inondations dues aux pluies torrentielles. Il s’agit de Gatunguru, Carama, Gahahe et la zone de Buterere.   

En Mairie de Bujumbura, l’obstruction et parfois même l’absence de certains caniveaux collecteurs d’eau pluviale dans les quartiers ainsi que le sous dimensionnement de certains collecteurs et dalots, l’absence des services de collecte des déchets solides, constituent des facteurs favorisant les débordements d’eau même à moindres pluies dans certains quartiers. 

Signalons que pour la catastrophe de Février 2014 où les pluies diluviennes ont emporté des vies humaines au quartier Gatunguru, le coût des dommages ciblés a été de  6,9 milliards FBu1 pour les infrastructures (soit 0,18% du PIB).

 

Steve Baragafise 

Page 1 of 2

A Propos

 


IPHAME.

Imburi Phare Media est un média en ligne sur l'actualité des Grands Lacs africains et sa diaspora. Une plateforme d’informations, de conseils,d’analyses et perspectives.

Derniers Articles

Newsletter

Rejoignez notre newsletter et recevez des news dans votre boîte de réception. Nous ne vous enverrons pas de spam et nous respectons votre vie privée.