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Une épidémie de choléra s'est déclenchée depuis janvier 2017 à Kinshasa, la capitale congolaise. 

Au moins quinze personnes sont mortes du choléra à kinshasa, la capitale congolaise, depuis le déclenchement de cette épidémie au début de l'année en cours, a appris Anadolu dimanche auprès du ministre provincial de la Santé dans cette ville, Vital Kabuiku.

"Quinze personnes sont décédées du choléra depuis l’apparition de cette épidémie et 13 autres ont été hospitalisées", a précisé le responsable provincial.

Sur les 35 zones de santé que compte Kinshasa, 14 sont touchées par l’épidémie, a-t-il précisé, ajoutant sur 191 cas suspects recensés par les services concernés, seuls 13 ont été confirmés.

Interrogé sur les raisons de la persistance de cette épidémie dans la capitale congolaise, il a assuré qu’elle "a déjà été vaincue dans le passé et le sera encore" avec l’appui des partenaires.

Le choléra est une maladie "diarrhéique aiguë" et fortement mortelle en cas de non ou mauvais traitement.

En 2016 l’épidémie de Choléra avait touché près de 18 000 personnes et fait 517 morts en RDC, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Outre le Choléra, la RDC fait face depuis le mois de mai à l’épidémie d’Ebola et de la fièvre jaune, respectivement, dans les provinces de Bas-Uélé et de l’Ituri dans le Nord-est.

AA, Kinshasa

Gaspar Mathi est un agriculteur de 54 ans qui, avec sa femme, Flora Tlohhy, gère ses activités agricoles de manière un peu différente. En effet, ce couple s’épaule dans les travaux agricoles et ménagers, ainsi dans la prise de décisions.

Le couple vit à Bashey, un village de la région de Manyara, au nord de la Tanzanie. M. Mathi cultive du haricot, du maïs et de l’ail, et laboure sa terre avec des bœufs. Ses rendements de haricot se sont améliorés récemment après qu’il a délaissé les variétés de semences locales au profit de semences améliorées il y a trois ans. Ses récoltes étaient mauvaises et s’écoulaient difficilement. Il ajoute : « Nous étions incapables de préciser les différentes variétés de haricot que nous produisions. C’était un mélange de variétés qui se retrouvaient dans une récolte. »

Désormais, son épouse et lui récoltent cinq à huit sacs de haricot de 100 kilogrammes chacun sur une acre de terre.

La culture du haricot est une affaire de famille. M. Mathi et ses fils préparent la terre, sarclent et récoltent ensemble, tandis que Mme Tlohhy aide à fertiliser les plants. Le couple a huit enfants, dont deux filles qui ont pu aller à l’école secondaire de Karatu, grâce aux bénéfices que rapporte le haricot à la famille.

Mme Yustina Rahhi est agente de vulgarisation agricole dans le district de Mbulu. Elle affirme que les femmes et les hommes cultivent le haricot ensemble, même si leurs rôles diffèrent généralement.

Elle ajoute : « Les femmes participent en transportant le fumier au champ pendant la préparation des terres, surtout lorsque les familles n’ont aucun autre moyen de transporter le fumier. Les femmes utilisent les sacs lakwanti, qu’elles portent au dos. Les semis et la récolte constituent d’autres activités dont s’occupent les femmes. »

Bien que les femmes participent à plusieurs activités agricoles importantes, Mme Rahhi soutient qu’elles sont généralement tenues à l’écart des prises de décisions concernant l’agriculture ou le revenu que génère leur travail pour la famille. Selon elle, ce sont les hommes qui fixent la date des récoltes, et ce, même si la culture à récolter est généralement une « culture de femmes. »

Les « cultures de femmes » sont celles que cultivent traditionnellement les femmes. Dans cette région tanzanienne, il revient généralement au mari de cultiver le maïs, le tournesol et le niébé, et les femmes n’y participent pas. Elles, elles cultivent plus souvent la citrouille et le haricot. Les revenus de ces « cultures de femmes » servent d’habitude à payer du sel et d’autres petits produits de nécessité pour la famille, tels que les condiments ou le savon. Cependant, Mme Rahhi affirme que la situation est en train de changer étant donné que le haricot est de plus en plus considéré comme une culture commerciale, et les hommes s’impliquent davantage dans sa production.

Même si les hommes prennent généralement la plupart des décisions concernant les récoltes et les dépenses. Mme Tlohhy raconte que son mari et elle collaborent bien dans les activités agricoles et les prises de décisions, surtout lorsqu’il s’agit de choisir les denrées à cultiver. Elle ajoute que, bien que le gouvernement s’efforce de sensibiliser et rendre autonomes les femmes, elle est reconnaissante d’avoir MVIWATA, un réseau d’agriculteurs et d’agricultrices, car ils l’ont sensibilisée par rapport aux droits des femmes. Elle soutient que la situation des femmes s’améliore dans les zones rurales, où plusieurs sont désormais membres de groupements féminins et occupent des postes de responsabilité au sein de leurs communautés.

Barzainfos

Dans un restaurant collectif de l'hôpital Rema, à Ruyigi, en mai 2012. © Photo : RFI / Matthieu Millecamps

Un rapport conjoint des partenaires humanitaires, du gouvernement burundais et des bailleurs de fonds intitulé « Aperçu des besoins humanitaires en 2017 » tire la sonnette d'alarme sur la crise humanitaire dans le pays.

Le rapport publié en janvier lance un appel de fonds de 73 millions de dollars à la communauté internationale, en vue de faire face à une situation humanitaire qui « se dégrade rapidement », alors qu'un quart de la population a besoin d'une aide humanitaire. Et ce rapport n'hésite pas à utiliser le mot « alarmant » pour qualifier la situation.

Le gouvernement burundais ne supporte pas le mot « famine » et préfère parler de simple « déficit alimentaire » qui est en train d'être résorbé grâce à une bonne récolte cette saison et à la solidarité nationale. Le mot sensible a donc été banni de ce rapport, mais les chiffres et les mots utilisés parlent d'eux-mêmes.

Trois millions de Burundais avaient besoin d'une assistance humanitaire d'urgence fin 2016, c'est trois fois plus qu'il y a un an, souligne ce rapport qui s'alarme d'une rapide dégradation de la situation. Parmi eux, plus de 800 000 étaient en « insécurité alimentaire sévère », un terme politiquement correct qui cache mal une grande détresse de personnes qui nécessitent donc une aide immédiate.

Une crise interminable

La raison de cette détérioration de la situation ? Les aléas climatiques, mais aussi une dégradation des conditions socio-économiques, conséquence de la grave crise que traverse ce pays depuis près de 2 ans, souligne ce rapport qui est le fruit d'un travail collectif entre les partenaires humanitaires du Burundi, le gouvernement ainsi que les bailleurs de fonds.

Mais la crise n'est pas qu'alimentaire. La situation s'est dégradée sur tous les plans, protection, éducation, accès à l'eau, ou encore santé. Le Burundi fait ainsi face à une pandémie de paludisme : plus de la moitié de la population touchée et plus de 3 000 morts en 2016, le double de l'année précédente, selon toujours ce rapport, et déjà près d'un million de nouveaux cas rien qu'en janvier. Plus dramatique, les stocks d'antipaludéens sont pratiquement vides aujourd'hui. Enfin, ce pays n'est pas encore au bout du tunnel, car ce rapport prévient déjà : 2017 va être pire.

RFI

C'est une belle journée ensoleillée et Maria Stima conduit un groupe d’agriculteurs et d’agricultrices dans un chant joyeux et des pas de danse. Ils font l’euloge d’une variété de manioc qui les a sauvés elle et ses amis du cauchemar que leur a fait vivre la maladie de la mosaïque du manioc.

Dans ce chant, les membres du groupe célèbrent le Sauti, une nouvelle variété de manioc. Elles disent : « Le Sauti se maintient malgré les maladies, le Sauti offre plus de récoltes, le Sauti l’a fait. »

Mme Stima vit à Kalilangwe, un village du district de Nkhotakota, au centre du Malawi. Elle figurait parmi les premiers agriculteurs et agricultrices à cultiver du Sauti, et multiplie les boutures pour avoir de l’argent. Le Sauti est très recherché en raison de son haut rendement et sa résistance à la maladie de la mosaïque.

L’an dernier, Mme Stima a vendu plus de boutures de manioc que tous les autres membres de son association. Elle déclare : « Je suis la productrice la plus heureuse du groupe, car durant la dernière récolte, en avril 2016, j’ai gagné 60 $US. » Elle vend la botte de 50 boutures à 0,50 $US. D’autres agriculteurs et agricultrices qui avaient besoin de planter des boutures saines se sont servis de ses boutures à elles.

Stella Mangochi est l’agente phytosanitaire et la soigneuse des plantes de la région. Elle affirme que la variété Sauti a été présentée aux producteurs et aux productrices de la région pour leur permettre de régler le problème de rendements faibles causé par la maladie de la mosaïque.

Elle explique : « La demande pour le Sauti est très forte, car c’est une variété hâtive, résistante aux maladies, savoureuse et dont la farine est très blanche et de bonne qualité, ce qui ravit les agriculteurs et les agricultrices. C’est cette forte demande qui a conduit le gouvernement et les partenaires à recruter des utilisateurs et des utilisatrices précoces de cette variété pour multiplier les boutures.

Mme Stima a formé une association avec d’autres producteurs et productrices de manioc pour qu’ils puissent partager leurs expériences en matière de lutte contre la maladie de la mosaïque. Ephraim Mulauzi est membre de l’association. Il raconte que la maladie de la mosaïque a ravagé sa région située au centre du Malawi, mais que le Sauti a amélioré la situation.

Les producteurs et les productrices cultivaient le Gomani, une variété douce, et le Beatrice, une variété amère. Ils vendaient surtout le Gomani, et consommaient le Beatrice. M. Mulauzi affirme que les habitant(e)s de la région ne cultivent plus le Gomani, car il est très vulnérable à la maladie de la mosaïque du manioc.

Mulauzi soutient que l’agent de vulgarisation agricole certifie les boutures de manioc cultivées par les producteurs et les productrices. Il explique : « On nous demande de nous promener dans le champ pour voir s’il s’y trouve un plant malade, et si on découvre un [plant] infecté, nous déterrons tous les plants touchés à temps. Lorsque l’agent de vulgarisation agricole est satisfait du volume de soins accordés au champ, il recommande les produits du champ à la vente. »

Beatrice Chilonda est membre de l’association, et tire profit du Sauti. Elle avait l’habitude d’utiliser simplement les boutures d’anciennes variétés comme bois de chauffe, car il n’y avait aucune demande pour celles-ci. Mais, maintenant, elle peut avoir de l’argent en vendant les boutures de la nouvelle variété.

Mme Chilonda affirme qu’on a appris aux agriculteurs et aux agricultrices à vérifier que les boutures de manioc sont appropriées pour la plantation. Elle explique : « On nous dit de séparer les variétés et de ne pas les mélanger. Le Sauti doit être cultivé sur une parcelle séparée et les anciennes variétés de manioc sur un autre lopin. Nous ne voulons pas que la maladie d’un plant ou d’une variété soit transmise aux autres variétés. »

Comme elle tire profit de la nouvelle variété, Mme Stima a l’intention d’élargir son champ de multiplication de manioc à 0,4 hectare. Ainsi, elle pourra gagner suffisamment d’argent pour acheter des tôles métalliques pour installer un nouveau toit sur sa maison qu’elle a construite grâce aux recettes des ventes de manioc. Elle déclare : « Je veux dépasser le stade de maisons recouvertes d’un toit de chaume. Je veux réussir à le faire pendant que la demande pour les boutures du manioc Sauti est encore forte. »

farm radio

Le Rwanda est parvenu à des progrès dans les domaines de la santé et de la réduction de la pauvreté qui comptent parmi les plus spectaculaires au monde. Ce petit pays enclavé d'Afrique (il fait la taille du Massachusetts, mais est deux fois plus peuplé) a mis en place un système de soins de santé qui offre un accès quasi universel aux soins cliniques et à l'assurance santé. Le Rwanda a réduit les inégalités, tant du point de vue économique que des soins de santé, et il apporte la preuve que l'équité en matière de santé aide à construire des sociétés fortes.


Le secret de la réussite rwandaise, c'est que les dirigeants du pays construisent « des institutions modernes à partir des valeurs traditionnelles ». Ils ont mis en place un système de juridictions populaires, de tribunaux collaboratifs, les gacaca, qui a placé le besoin de réconciliation nationale sous l'égide des traditions de clémence de la justice communautaire. Ils ont insufflé une nouvelle vie à la coutume civique de l'umuganda, qui réunit toute la population, y compris le président, un jour par mois, pour débroussailler les champs, nettoyer les rues, bâtir un logis aux plus pauvres.


En 2015, le gouvernement rwandais et des partenaires de santé de Boston ont fondé, avec l'aide de la Fondation Bill et Melinda Gates et de la Fondation Cummings, l'Université de l'équité en santé mondiale (University of Global Health Equity, UGHE), établissement privé à but non lucratif. L'établissement part du principe que chaque membre de la communauté mérite les mêmes soins et les mêmes facilités d'accès, et s'efforce de répondre aux besoins de soins de santé des plus démunis. Pour reprendre les termes d'Agnes Binagwaho, cofondatrice de l'UGHE, ancienne ministre de la Santé et professeure associée à la faculté de médecine de Harvard : « Pourquoi élèverais-je mes enfants dans un pays où tous les enfants n'ont pas accès aux mêmes soins médicaux que les miens ? »


Le gouvernement rwandais a d'ores et déjà promis 43 millions de dollars à l'UGHE, sous forme de terrains et d'infrastructures. Ses dirigeants ont lancé un master de sciences à temps partiel sur deux ans spécialisé en santé mondiale, qui dispense des enseignements sur la mise en place de systèmes de soins de santé nationaux dans les pays en développement. Des conférenciers du ministère de la Santé rwandais, de la faculté de médecine d'Harvard, des universités Tufts et Yale y forment les étudiants tant à l'épidémiologie qu'à la gestion d'un budget.


L'été dernier, l'UGHE a lancé la construction d'un campus de 100 hectares à Butaro. Cette année, 250 professionnels, venus parfois de pays aussi lointains que le Mexique et l'Australie, y concourent pour vingt-cinq places. Des diplômes de premier, deuxième et troisième cycle en soins infirmiers et en hygiène bucco-dentaire, mais aussi des programmes de recherche et de management de la santé, non tournés vers la clinique, viendront ensuite. En 2018, le campus de l'UGHE abritera également une faculté de médecine. Il fournira un lieu où des générations de professionnels de santé apprendront à soigner, à comprendre la sociologie des maladies, et à construire des systèmes de santé pour renforcer la société.


Les fondateurs de l'UGHE estiment que lorsque l'université célébrera ses dix ans, 480 étudiants y auront reçu leur diplôme, 870 autres seront en train de l'obtenir et que plus de 2 500 professionnels en auront suivi les cours de formations des cadres. Ils attendent, parmi ceux qui franchiront les portes de l'UGHE, plus de 1 000 étudiants venus du reste de l'Afrique, d'Asie, d'Europe et des Amériques.
Les Rwandais convieront ces étudiants internationaux à visiter leurs collectivités locales pour y prendre connaissance des traditions et comprendre comment soigner les habitants. Ces jeunes hommes et ces jeunes femmes assisteront aux mariages et aux funérailles des Rwandais, apprendront à goûter et à pratiquer leur cuisine, acquerront des rudiments de leur langue, la porte par laquelle ils pourront découvrir leur robustes valeurs. Les Rwandais apprendront à leurs hôtes internationaux qu'en Afrique, la famille est une notion globale, qui vaut dans tous les domaines, et qu'au Rwanda toute une génération traite son prochain comme ses propres enfants. Le réseau international des anciens élèves de l'UGHE, qui seront réunis par le même engagement à réaliser l'équité en matière de santé dans leurs propres communautés locales, deviendra une force mondiale de changement.


Mais l'UHGE renforcera aussi la société rwandaise. Si celle-ci apparaît aux yeux de beaucoup comme l'une des plus sûres et des moins corrompues du monde, le Rwanda doit faire face à une terrible pénurie de médecins et d'infirmières. Le pays compte 684 médecins, soit bien en dessous de l'effectif de 1 182 que propose le ministère de la Santé et 27 % seulement du minimum de 2 576 médecins recommandé par l'Organisation mondiale de la santé.


L'UGHE a déjà créé des emplois, en embauchant de la main-d'œuvre locale et en améliorant les accès à la région par la construction de nouvelles routes. On estime qu'elle pourrait accélérer de 0,5 % par an la croissance du PIB rwandais et chaque dollar investi dans le projet pourrait potentiellement rapporter 2 dollars de développement économique selon le cabinet de conseil McKinsey.


Aux yeux de certains chercheurs en sciences sociales, la pauvreté n'est pas qu'une question de malnutrition, de manque de soins médicaux, de logements insalubres, elle traduit aussi l'exclusion hors des réseaux mondiaux des échanges, de la science et du commerce. L'isolement a des conséquences pernicieuses, car il détruit les espoirs des gens et leurs aspirations à une vie meilleure.


UGHE sera la dernière-née des institutions rwandaises, une collaboration public-privé fondée sur les valeurs traditionnelles : la communauté, la confiance, le travail et la foi dans l'avenir. Elle intégrera chaque citoyen rwandais dans les réseaux mondiaux de la connaissance.


Les Rwandais accompliront tout cela, comme ils font beaucoup de choses, parce qu'ils pensent que le seul investissement qui puisse engendrer des retours sans fin concerne leurs enfants, et parce que les diplômés de l'Université de l'équité en santé mondiale seront aussi leurs fils et leurs filles.

© Project Syndicate 2017. Traduit par François Boisivon |www.lorientlejour.com

Journal Ukuri- vol.72

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