Lire nos articles en différentes langues ici

Le siège du CNDD-FDD, le parti au pouvoir au Burundi, à Bujumbura. © AFP PHOTO/PHIL MOORE

Au Burundi, une manifestation était organisée samedi 16 septembre par le CNDD-FDD, le parti au pouvoir pour protester contre le rapport publié au début du mois par des experts des Nations unies, appelant à une enquête sur des crimes contre l'humanité commis par des agents de l'Etat burundais. A Bujumbura, le parti du président Nkurunziza ne veut pas en entendre parler.

Exécutions extrajudiciaires, détentions arbitraires, tortures, violences sexuelles : le rapport des experts des Nations unies est accablant pour l'Etat burundais. Mais pour le parti au pouvoir à Bujumbura, ce travail n'est pas légitime car il repose sur des témoignages de réfugiés, explique Nancy Mutoni, secrétaire nationale du CNDD-FDD, en charge de la communication.

« Ce rapport ne peut en aucun cas être crédible : ces réfugiés ont fui longtemps avant, ils n’ont aucune vision sur le Burundi puisqu’ils ne sont même pas dans le pays. Donc c’est un rapport qui contient beaucoup de contrevérités et une compilation d’allégations fausses contre les dirigeants du pays. C’est un rapport qui présente une situation rétrograde de la situation burundaise », dénonce-t-elle.

A (RE)ECOUTER → Fatsah Ouguergouz (ONU): au Burundi, « les violations continuent »

Pour la porte-parole du parti au pouvoir au Burundi, l'ONU ne doit donc pas suivre les recommandations de ses experts, qui demandent une enquête de la Cour pénale internationale « dans les plus brefs délais ».

« Une telle enquête ne peut en aucun cas avoir lieu. Si l'ONU endosse ce rapport, ce serait très grave car la CPI ne peut enquêter sur des cas que les juridictions nationales ont déjà documentés. Ce serait très scandaleux pour une organisation très respectable comme l’ONU », estime-t-elle.

Le Burundi a décidé l'an dernier de se retirer de la CPI. Un retrait qui sera effectif le 27 octobre prochain, date butoir pour que la CPI puisse décider unilatéralement de lancer une enquête.

Et au cours de la manifestation de samedi, le secrétaire général du parti au pouvoir aurait menacé l'ONU de destruction et attaqué les « diables » de l'Union européenne. Des propos démentis par la porte-parole du parti qui estime qu'ils ont été sortis de leur contexte.

RFI

Le bureau du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les droits de l'homme à Bujumbura en 2015

Les employés de l'office ont signalé que des hommes armés se sont introduits de force dans les bureaux du haut-commissariat des Nations-Unies à Bujumbura.

La raison de leur incursion n'est pas connue. Tout le personnel du haut-commissariat est resté à domicile mercredi.

Une réaction du représentant est attendue pour expliquer ce qui s'est passé.

Le gouvernement du Burundi avait arrêté toute collaboration avec le haut-commissariat aux droits de l'homme.

Il l'accuse d'avoir été à la base des différents rapports des experts de l'ONU qui incriminent les autorités.

RDC : Félix Tshisekedi revient à Kinshasa

Le leader de la principale coalition de l'opposition regagne la Capitale dans n climat sécuritaire tendu. Plusieurs arrestations...

Félix Tshisekedi, leader du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, principale coalition de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC), a regagné dimanche la capitale Kinshasa. Ce retour intervient dans un climat tendu après l'interdiction par les autorités d'un meeting de cette coalition, a rapporté le correspondant d’Anadolu.


Tshisekedi attendait rejoindre sa résidence de la commune de Limete sous une déferlante populaire, mais la police qui quadrillait les abords de l’aéroport international de Ndjili (Kinshasa) dès le matin, a empêché des centaines de militants de sa coalition et de ses sympathisants à accéder à l’aéroport pour l’accueillir, a constaté Anadolu.


Du tarmac de l’aéroport, Tshisekedi a été escorté par des dizaines de policiers à bord des camions sécuritaires. Sur le boulevard Lumumba, quelques dizaines de ses militants qui voulaient se greffer au convoi ont été dispersés par la police qui a fait usage de gaz lacrymogène.


A Limete, sa commune, quatre militants de l’opposition ont été arrêtés par la police, qui a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser « tout attroupement de plus de cinq personnes », a reconnu dans une déclaration à Anadolu le porte-parole de la police, le colonel Pierrot Mwanamputu, rassurant que les personnes arrêtées « seront libérées dans la soirée ».


Le Gouverneur de Kinshasa avait interdit le meeting de l’opposition estimant qu’il pouvait déboucher sur des violences meurtrières. L’opposition l’avait prévu pour exiger que la présidentielle ait lieu à la fin de l'année et le départ du pouvoir du président Kabila dont le mandat a pris fin le 19 décembre dernier.


Les manifestations à caractère politique sont interdites à Kinshasa depuis septembre 2016. Une décision prise après des violences meurtrières qui avaient éclaté au cours d'une manifestation organisée par l'opposition. Une quarantaine de personnes avaient été tuées, selon l'ONU qui reprochait à la police de recourir à la force de manière disproportionnée. 

AA, Kinshasa

Fatsah Ouguergouz, président de la commission d'enquête ed l'ONU sur le Burundi, le 4 septembre 2017, à Genève.
© REUTERS/Denis Balibouse

Des enquêteurs de l'ONU exhortent la Cour pénale internationale à enquêter de toute urgence sur les crimes contre l'humanité et autres atrocités au Burundi. Le président de la Commission d'enquête de l'ONU sur le Burundi, Fatsah Ouguergouz, parle d'une attaques « généralisée ou systématique » contre la population civile, et blâme « une politique de l'Etat burundais ».

Les enquêteurs de l’ONU ne mâchent pas leurs mots.

Ils attribuent la responsabilité des violations des droits de l’homme, « souvent d’une cruauté extrême », à des responsables au plus haut niveau de l'Etat.

Dans un rapport, ils soulignent que les « grandes décisions » seraient prises, non pas par le gouvernement, mais par le président de la République et une poignée de « généraux ».

La Commission d’enquête sur le Burundi se garde de les nommer, du moins pour l’instant.

Elle assure que ces responsables font souvent appel à des policiers, des militaires, des miliciens et des membres du service national de renseignement. « Plusieurs de ces violations (...) constituent des crimes contre l'humanité », pointe le rapport.

Comme il s'agit de présumés crimes contre l'humanité, les enquêteurs demandent à la Cour pénale internationale d'intervenir.

Mais il y a un hic: le Burundi a déjà annoncé son retrait de la CPI, qui sera effectif le 27 octobre. La Cour de La Haye a donc moins de deux mois pour ouvrir une enquête de son propre chef. Passée cette date, il faudrait une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Un porte-parole du président du Burundi accuse les enquêteurs de l'ONU de se comporter « comme des mercenaires ». Selon Willy Nyamitwe, un conseiller du président Pierre Nkurunziza, ils ont été « payés pour arriver à des conclusions politiquement motivées ».

RFI | 04.09.2017

Le Président burundais Pierre Nkurunziza (G) et Michel Kafondo, l'envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Burundi

Le Président burundais Pierre Nkurunziza (G) et Michel Kafondo, l'envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Burundi

Le parlement burundais vient de mettre sur pied une commission spéciale composée de 12 députés.

Elle sera chargée d'enquêter sur des informations contenues dans un rapport d'experts indépendants des Nations Unies.

Le rapport établit la persistance de crimes commis par les services de sécurité et les

''imbonerakure'' c'est-à-dire la jeunesse du parti au pouvoir.

Le rapport des Nations Unies, évoque des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des tortures et des violences sexuelles dans le pays.

Le rapport dénonce aussi le climat de peur généralisée qui s'est installé dans le pays et même dans les camps de réfugiés.

Le gouvernement burundais a rejeté ces allégations sur des violences commises dans le pays.

Certains députés estiment, cependant, ''qu'il ne suffit pas de rejeter les rapports car il y a des faits avérés de disparitions forcées et de tueries''.

Le rapport des Nations Unies sur le Burundi sera présenté lors de la session du Conseil des droits de l'homme prévu au mois de septembre.

Quant à la commission mise en place par le parlement burundais, elle dispose d'un délai de trois mois pour faire son travail.

BBC Afrique

Journal UKURI n°84

Calender

« September 2017 »
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30