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Rwanda : un nouveau master d’excellence en intelligence artificielle

Salle de cours à AIMS Rwanda. © AIMS Rwanda.

 

Responsable du Google AI Research Center au Ghana, le sénégalais Moustapha Cissé lance un master en intelligence artificielle avec l’African institute for mathematical sciences (Aims) de Kigali. Les cours débuteront en septembre.

Connu pour avoir pris la tête en juin du premier centre africain de recherche en intelligence artificielle de Google au Ghana, le sénégalais Moustapha Cissé lance un cursus intensif d’un an en intelligence artificielle. Les cours débuteront en septembre 2018 au siège du réseau African Institute for Mathematical Sciences (Aims) à Kigali.

Le « meilleur master au monde »

« Nous avons baptisé ce master machine intelligence car nous estimons qu’il n’y a pas réellement d’intelligence artificielle. Nous dispensons un enseignement technique et ses applications possible dans la société », détaille le chercheur. Composée de 30 à 35 étudiants, la première cohorte sera triée sur le volet. « Les sélections se font sur dossiers. Nous examinons les résultats aux formations précédentes, la lettre de motivation, celle de recommandation et rencontrons les candidats lors d’entretien d’évaluation », explique Moustapha Cissé. Les profils scientifiques, diplômés en informatique, en mathématiques ou encore ingénierie électrique seront examinés en priorité.

ILS AURONT LES MÊMES OPPORTUNITÉS QUE DES ÉTUDIANTS ISSUS DES PLUS GRANDES UNIVERSITÉS AMÉRICAINES OU EUROPÉENNES. »

De son côté, la formation se compose de cours en présentiel puis d’un stage de plusieurs mois en recherche qui donnera lieu à la rédaction d’un mémoire. « Les professeurs, viennent tous avec des mentors chargés d’assister les étudiants dans les travaux pratiques », souligne le chercheur. « À la sortie, ils auront le choix de poursuivre un doctorat ou de travailler comme ingénieur de recherche dans de grandes sociétés ou des organismes publics. Ils auront en tout cas les mêmes opportunités que des étudiants issus des plus grandes universités américaines ou européennes », assure celui qui veut faire de ce cursus « le meilleur master en intelligence artificielle au monde ».

Partage d’expérience

COMPOSÉ D’ANCIEN COLLÈGUES OU DE CONFRÈRES DU MONDE ENTIER, LE CASTING DE PROFESSEURS EST DE FAIT TRÈS CONVAINCANT. »

Cela fait un an que ce projet mûrit dans la tête de Moustapha Cissé. Diplômé en mathématiques et physique de l’université Gaston Berger de Saint Louis au Sénégal, il a été forcé de quitter le continent afin d’approfondir ses connaissances en intelligence artificielle. En 2014 il décroche un doctorat en informatique à l’université Pierre et Marie Curie de Paris. « À l’époque, il n’y avait pas de formation de qualité dans ce domaine en Afrique. Et je pense que c’est toujours le cas. Ce qui m’importe à mon niveau, c’est donc de prendre le temps de partager mes connaissances et mon expérience pour des gens du continent », explique-t-il.

Casting de choix

Composé d’ancien collègues ou de confrères du monde entier, le casting de professeurs est de fait très convaincant. Parmi eux, le français Yann LeCun, ex-patron de Moustapha, pionnier de l’apprentissage profond et scientifique en chef de l’intelligence artificielle chez Facebook, la canadienne Joëlle Pineau, directrice du laboratoire en intelligence artificielle de Facebook à Montréal, Marc Diesenroth enseignant à l’Imperial College de Londres ou encore Jean-Philippe Vert, professeur à l’École normale supérieure. « Il n’existe pas d’université dans le monde qui réunissent à ce point les meilleurs chercheurs dans leurs domaines », s’enthousiasme Moustapha Cissé.

COMME BIEN SOUVENT SUR CE GENRE DE THÉMATIQUE, FACEBOOK ET GOOGLE FONT PARTIE DE L’AVENTURE.

Paradoxe ?

Comme bien souvent sur ce genre de thématique, Facebook et Google font partie de l’aventure. « Ils nous aident en substance sur le plan financier et nous fournissent les meilleurs spécialistes », confirme celui qui, pendant deux ans, a mené des recherches pour le compte de l’un, avant d’être débauché par l’autre.

Est-ce à craindre un nouveau détournement des talents africains au profit des stars de la Silicon Valley ? Moustapha Cissé n’y croit pas : « Bien sûr, les étudiants issus de cette formation auront l’opportunité d’accéder à des positions au sein des laboratoires de recherche de ces grandes entreprises. Mais, je ne suis pas dogmatique sur ce sujet. Moi-même je suis revenu et je crois qu’il y a assez de défis intéressants à relever sur le continent pour que certains veuillent rester », conclut-t-il.

Jeune Afrique


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