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RD Congo : le festival Amani, pour donner une autre image des Grands Lacs

Du 10 au 12 février, des artistes de la région des Grands Lacs se donnent rendez-vous à Goma, dans l'est de la RDC, pour danser et chanter. Ces trois jours de festival doivent permettre de vendre une autre image de cette partie de l'Afrique, trop souvent assimilée aux violences.

À Goma, « tout est prêt », assure Jean-Claude Mwenga ce mercredi 8 février. Bénévole et responsable de la communication, il suit de près l’avancée de derniers préparatifs avant l’ouverture le 10 février de la quatrième édition du festival Amani. « Le matériel est arrivé hier, les différentes installations sont quasiment terminées », confie-t-il à Jeune Afrique.

Ils sont quelque 600 jeunes comme lui à s’activer pour la réussite de ce qui tend à devenir, après trois éditions, l’événement culturel le plus attendu dans les Grands Lacs.

L’initiative d’Éric de Lamotte a mûri et continue d’attirer du monde dans la capitale du Nord-Kivu. Mais le concept n’a pas changé. Le festival reste une rencontre d’échange et de partage entre les artistes de la région. Objectif : encourager la paix à travers la musique et la danse. Une façon surtout de vendre une autre image des Grands Lacs, cette partie du continent trop souvent associée aux conflits armés et aux violences sexuelles faites aux femmes.

Fabregas remplace JB M’Piana

Pour cette année, le jeune chanteur rwandais Mani Martin, qui avait enflammé la foule lors de l’édition 2015, sera de la fête. L’Ouganda sera représenté entre autres par Kampire, la dj qui fait danser Kampala.

Côté congolais, JB M’Piana, la star du ndombolo, a fait faux bond au dernier moment. Le leader du Wenge BCBG présenté comme l’une des têtes d’affiches du festival n’a finalement pas signé le contrat. Il a été remplacé par Fabregas, qui poursuit sa carrière solo après un long passage à l’autre aile de l’orchestre Wenge, celle de Werrason. « C’est un des grands espoirs de la scène musicale congolaise. On s’attend à ce qu’il fasse passer un super moment à tout le monde », indique Guillaume Bisimwa, le directeur du festival, sur le site de l’événement.

Jean Goubald Kalala, une autre star de la scène kinoise, est également attendu à Goma. De même que plusieurs artistes internationaux, à l’instar de Boddhi Satva et son ancestral soul ou le groupe kényan d’afro-pop Sauti Sol, très plébiscité ces dernières années par les divers awards du continent. 

Une baisse des financements

Contrairement aux précédentes éditions, les organisateurs prévoient de faire durer la fête avec des concerts privés : des after party agrémentés par des stars présentes à Goma, aux côtés de DJ’s venus de Belgique, de Grèce, d’Ouganda et de RDC.

« Cette nouveauté vise également à pallier la baisse de financement du festival en ce contexte tendu », expliquent-ils. Dans le même esprit, une collecte de crowdfunding est aussi lancée sur internet et des « tickets participatifs » d’accès au festival seront vendus à 30 dollars − au lieu d’un dollar − à ceux qui souhaitent appuyer le projet.

Un concours d’entrepreneurs

Le festival Amani compte par ailleurs continuer, comme l’année dernière, à appuyer les jeunes entrepreneurs locaux. Un concours de business est prévu, il doit permettre de sélectionner quatre candidats qui pourront par la suite bénéficier d’un prêt à taux zéro de 1 000 dollars et d’une formation en management.

Le festival tient aussi à donner un coup de pouce aux artistes locaux, préalablement sélectionnés par la population, en leur permettant de monter sur scène devant les 36 000 spectateurs attendus ces trois jours. Une enveloppe de 1 000 dollars et un soutien technique seront également mis à la disposition de certains pour les aider à réaliser leurs projets artistiques.

Jeune Afrique


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