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Les nouvelles mesures visant à surmonter les difficultés dans la riposte contre l'épidémie d'Ebola qui sévit à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ont un impact positif, bien que l'épidémie reste dangereuse et imprévisible, ont déclaré jeudi le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies et le directeur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), au dernier jour de leur mission d’évaluation conjointe cette semaine.

«Le fait que nous ayons jusqu'ici empêché la propagation du virus Ebola dans les pays voisins témoigne du travail ardu et de la détermination du personnel de tous les partenaires», a déclaré le chef de l'OMS, le Dr Tedros. «Aussi complexe et difficile que soit cette épidémie, je suis convaincu que, avec le ministère de la Santé, la MONUSCO et tous nos partenaires, nous pourrons y mettre fin».

La MONUSCO, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC, a récemment adopté une approche active à l'égard des groupes armés opérant dans la province du Nord-Kivu, ce qui a contribué au calme qui régnait dans la ville de Beni et aux alentours, bien que certaines attaques se soient poursuivies dans les villages environnants.

Sous la direction du Ministère de la santé, l'OMS et ses partenaires ont également davantage recours à la surveillance communautaire, dans laquelle les membres de la communauté sont formés pour mener des activités de recherche des contacts dans les zones difficiles d'accès pour les étrangers. Cela a contribué à la diminution du nombre de nouveaux cas au cours des deux dernières semaines, bien que la situation reste extrêmement préoccupante.

La population doit s'engager

Lors de la conférence de presse tenue jeudi à Kinshasa, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour le maintien de la paix, Jean Pierre Lacroix, a salué le travail du gouvernement de la RDC, des agences onusiennes et des différents acteurs engagés dans la riposte à cette maladie qui se déroule dans un contexte sécuritaire compliqué.

«Après avoir écouté les populations, après avoir parlé à nos collègues, on peut dire plusieurs choses à ce sujet: améliorer la sécurité dans cet environnement, c’est de la responsabilité de tous», a affirmé M. Lacroix.

Pour faire face à ce défi sécuritaire, il a appelé les communautés à s’engager dans ce combat «parce qu’il n’y a aucun exemple où les groupes armés ont pu être défaits si la population n’est pas engagée dans ce combat».

Une riposte coordonnée

Le Dr Tedros et M. Lacroix se sont rendus mercredi avec le ministre de la Santé, Oly Ilunga Kalenga, dans la ville de Beni, l'épicentre de l'épidémie. Ils y ont rencontré des agents de santé, des représentants de la société civile, des troupes de maintien de la paix et des autorités locales.

«Nous sommes confrontés à de nombreux défis complexes, mais il est encourageant de constater que nos efforts pour agir comme ensemble ont été extrêmement fructueux dans de nombreux points chauds et contribueront à mettre fin à l'épidémie et à sauver des vies», a déclaré Jean Pierre Lacroix.

M. Lacroix et le Dr Tedros ont également rencontré le Premier ministre de la RDC, Bruno Tshibala, pour lui faire part de leurs observations et de leurs recommandations et pour discuter de la meilleure façon de soutenir la réponse du gouvernement à l'épidémie.

Depuis le début de l'épidémie en août, 308 cas et 191 décès ont été enregistrés, dont environ la moitié à Beni, une ville de 800.000 habitants. L’épidémie actuelle est la dixième dans le pays et devrait dépasser l’épidémie la plus importante qui a eu lieu à Yambuku en 1976, avec 318 cas et 280 morts.

La MONUSCO a apporté son soutien à la riposte au virus Ebola depuis le début de l'épidémie en fournissant un appui logistique, des bureaux, des moyens de transport, des communications et une sécurité.

Les équipes de lutte contre le virus Ebola ont parfois rencontré des difficultés sur le terrain, avec des informations erronées et de la méfiance résultant de décennies de conflits qui ont empêché certaines équipes locales de vacciner, de rechercher des contacts et de procéder à des enterrements dans la dignité et la sécurité.

Les activités d'engagement communautaire ont permis de répondre aux préoccupations exprimées et la plupart des communautés locales ont apporté leur soutien et sont pleinement conscientes des dangers liés à Ebola et de l'importance de mettre fin à l'épidémie.

L'OMS emploie près de 280 personnes dans le Nord-Kivu, apportant son soutien à des centaines d'autres employés du ministère de la Santé et de ses partenaires.

Six centres de traitement ont été construits, où 91 patients sont actuellement traités. Les centres sont gérés par le ministère de la Santé et ses partenaires. Chaque centre de traitement est soutenu par un laboratoire mobile pour diagnostiquer rapidement les cas et guider le traitement.

À ce jour, 27.000 personnes ont été vaccinées contre le virus Ebola et presque chaque nouveau patient reçoit l'un des quatre traitements expérimentaux, ce qui n'avait jamais été possible auparavant lors d'une épidémie d'Ebola.

M. Lacroix et le Dr Tedros ont rendu hommage au dévouement du personnel de l'OMS, de la MONUSCO, du ministère de la Santé et de tous les partenaires qui luttent contre une épidémie dangereuse dans des conditions extrêmement difficiles.

Le Programme  National de Développement de la Petite Enfance (NECDP), en collaboration avec la Ministre de la Santé, a ciblé treize districts qui renforceront la campagne contre la malnutrition et le retard de croissance, et le but est de stimuler le développement cognitif, physique et socio-affectif chez les enfants de moins de deux ans souffrant de la malnutrition aiguë.

Ces districts ciblés sont : Nyabihu, Ngororero, Karongi, Rubavu, Rutsiro et Rusizi en Province de l’Ouest ; Nyamagabe, Huye, Nyaruguru et Ruhango en province du Sud ; Gakenke en Province du Nord ; Kayonza et Bugesera en Province de l’Est.

Cette campagne a été lancée en Octobre dernier dans le Secteur de Ruli, District de Gakenke. Elle s'inscrit dans le cadre de la stratégie plus large visant à réduire le retard de croissance des enfants, qui est actuellement de 38% en 2018 dans le pays,  et qui passera à 19% d'ici 2024.

L’objectif est de sensibiliser les parents et les membres des communautés aux bonnes pratiques d'alimentation pour les nourrissons et les enfants, ainsi que de faire bon usage des services de santé pour une meilleure santé.

Conjointement avec ses parties prenantes, le NECDP organisera une mobilisation de masse holistique à travers le pays, ciblant les parents, les volontaires de la communauté et les dirigeants afin d’accroître leurs connaissances en matière de bonnes pratiques.

«Les principales causes du retard de croissance chez les enfants étaient la pauvreté, un faible allaitement au sein et des parents qui ne savaient pas comment préparer un régime alimentaire adéquat. Le retard de croissance est aussi causé par des naissances imprévues, des conflits familiaux et le manque de coopération entre couples mariés», a indiqué la Coordinatrice de NECDP, Dr Anita Asiimwe.

Elle conseille aux parents d'effectuer des contrôles réguliers en accompagnant leurs enfants dans le suivi de leur croissance et en assistant à des «démonstrations de la cuisine du village» dans le cadre d'un programme consistant à enseigner aux parents, en particulier ceux qui ont des enfants malnutris dans le village, la manière de préparer un régime équilibré à partir de leurs récoltes telles que le soja, les patates douces, les légumes verts, etc. Cela a-t-elle dit, aidera les parents à apprendre à préparer des repas diététiques équilibrés.

«Les parents devraient prendre très au sérieux les premières années d'un enfant, car ils ont une influence sur ce qui leur arrive lorsqu'ils deviennent adultes. Au fur et à mesure que les enfants acquièrent la capacité de parler, d'apprendre et de raisonner pendant la petite enfance, il convient de poser les fondements qui affecteront leur croissance plus tard », a poursuivi Dr Anita.

En outre, ils initieront également des pratiques de changement de comportement en ce qui concerne l’élimination de la malnutrition et du retard de croissance chez les jeunes enfants.

La campagne vise également à sensibiliser le public aux bonnes pratiques en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène (WASH) afin de prévenir et de réduire les maladies liées à une mauvaise hygiène.

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Les pays africains veulent éradiquer les épidémies de choléra, d'ici 2030

(Agence Ecofin) - Les pays africains se sont engagés, cette semaine, à mettre en œuvre des stratégies visant à éradiquer le choléra du continent, à l’occasion de la 68ème session du Comité régional pour l'Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), se déroulant à Dakar.  

Un communiqué de l’OMS informe que l’Afrique - plus précisément l’Afrique subsaharienne - reste l’une des régions les plus touchées par cette maladie, malgré son éradication dans plusieurs autres régions du monde.

Selon les statistiques, en 2017, plus de 150 000 cas de choléra ont été signalés dans 17 pays africains, faisant plus de 3000 morts.

De plus, l’apparition récente de près de 60 cas de choléra en Algérie, après 22 ans d’absence, souligne l’urgence de cette question sanitaire qui touche donc de plus en plus de pays du continent.

L’institution indique que cet état de choses est principalement dû au manque d’infrastructures nécessaires pour assurer certaines conditions hygiéniques aux populations, notamment sur le plan de l’accès à l’eau potable.

D’après les statistiques, environ 92 millions d’Africains boivent encore de l’eau provenant de sources insalubres.

Ainsi, grâce à la nouvelle stratégie mise en place, les flambées de choléra qui ont été accentuées dans certaines régions du continent par les crises humanitaires, l’urbanisation rapide, ou encore la croissance démographique, devraient être réduites de 90%.

Notons que, pour l’instant, 47 pays ont adhéré à la nouvelle stratégie qui vise à éradiquer un « symbole d’inégalité », selon les propos du Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique.

 

En date du 17 octobre, la capitale burundaise a abrité la tenue du 12 congrès des Médecins spécialistes du Burundi. Le thème du jour était « le cancer au Burundi ». Plusieurs personnalités étaient invitées dont l’Assistant du Ministre de la Santé, Dr  Joselyne Nsanzerugeze, des étudiants en Médecine, des Professeurs en Faculté de Médecine et des chercheurs.

Dans les allocutions faites, l’Assistant du Ministre de la Santé, Dr Joselyne Nsanzerugeze a indiqué que la maladie du cancer évolue dans un rythme alarmant dans le monde entier.

« Les chiffres qui retracent l’évolution du cancer sont inquiétants. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, le cancer devrait augmenter à un taux de 70% dans les pays en voie de développement d’ici deux décennies. Les travaux de recherche, le diagnostic précoce et la prévention sont les trois moyens requis pouvant contrer l’apparition et la propagation du cancer »,  a indiqué Dr Joselyne Nsanzerugeze.

Les causes de cette maladie ont été largement évoquées durant les exposés du jour. En effet, les mutations conduisant au développement d'un cancer sont souvent provoquées ou favorisées par des agressions externes, provenant de notre environnement, de notre lieu de travail ou de nos habitudes et conditions de vie. On peut citer l’alcool et le tabac. Ces facteurs externes interviennent en proportion très variable pour chaque type de cancer. Ils ont d'autant plus d'impact lorsque leurs attaques se répètent sur une longue période, parfois celle de toute une vie.

De plus, des facteurs qui ont peu d'influence lorsqu'ils sont isolés peuvent avoir un effet important s'ils sont conjugués à d'autres facteurs. C'est ce qu'on appelle la potentialisation des risques de cancer. En effet, c'est souvent l'interaction de plusieurs causes combinées qui provoque la survenue d'un cancer. Cela s'explique par le fait que ces facteurs peuvent agir de différentes manières : certains initient le processus en provoquant des mutations dans les gènes des cellules, d'autres favorisent le développement d'un cancer en stimulant la prolifération des cellules endommagées. Dans ces conditions, le nombre de décès conséquents à cette maladie est aussi alarmant. En 2012, 8,2 millions de décès ont été causés par le cancer et 60% des nouveaux cas de cancer surviennent en Afrique 

Le Président de l’Association Burundaise des Chirurgiens du Burundi, Professeur Gabriel Ndayisaba a indiqué que le traitement du cancer est adapté en fonction de chaque situation.

« Chaque patient atteint d'un cancer est un cas particulier et demande une prise en charge appropriée. Dans ce cas, on distingue les traitements curatifs qui permettent d’espérer une guérison définitive, les traitements palliatifs afin de ralentir ou même stopper pendant un certain temps l’évolution de la maladie ».

Pour lui, tous ces traitements demandent aussi une collaboration multidisciplinaire des spécialistes d’où il a déploré le manque criant de médecins spécialistes au Burundi. On y trouve 1 chirurgien pour cent mille habitants. L’Association Burundaise des Chirurgiens espère que les autorités compétentes vont tout faire pour relever ce grand défi.

Pour la prévention, les conférenciers du jour  ont  fait savoir qu’aujourd'hui, il est possible de limiter la survenue des cancers du poumon ou des cancers de la peau, par exemple, parce qu'on en connaît la cause principale respectivement le tabac et le soleil et que l'on peut agir dessus en modifiant ses habitudes. Mais pour d'autres cancers, dont certaines causes comme l'âge ou l'hérédité peuvent difficilement être influencées par un changement de comportements, la prévention n'est pas réellement possible à ce jour. C'est le cas, par exemple, du cancer du sein pour lequel le dépistage précoce demeure le moyen d'agir le plus efficace.

Au Burundi, plus de 1.000 femmes meurent du cancer chaque année et le pays ne dispose aucune politique ou stratégie nationale spécifique pour lutter contre cette maladie d’où les médecins ont appelé les burundais à se faire dépisté une fois l’an pour connaître leur état de santé.

Steve Baragafise

 

 

 

 

 

 

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Dans le cadre de sa mise en œuvre de sa deuxième stratégie de développement de la statistique, l’institut de Statistiques et d’Etudes Economiques du Burundi, en collaboration avec le Ministère de la Santé et de la lutte contre le sida et celui des Finances, du Budget et de la Coopération au Développement Economique vient de publier, pour cette année 2018, le rapport principal d’une enquête menée à  travers 46 districts sanitaires de tout le pays sur la situation nutritionnelle et la mortalité des enfants âgés de 6 à 59 mois.   

« Le souhait du gouvernement est que les informations contenues dans ce rapport comblent les attentes des acteurs du secteur de la nutrition pour les prises de décisions pertinentes visant à renforcer les actions déjà entreprises »,  lit-on dans le rapport. 

La situation de vulnérabilité des ménages est à la base de difficultés nutritionnelles chez la majorité des enfants.

Selon le rapport sur la situation nutritionnelle et la mortalité des enfants âgés de 0 à  49 mois, le Burundi, avec 64,6% de la population en dessous du seuil de pauvreté vit dans une vulnérabilité structurelle qui explique la situation nutritionnelle critique des enfants avec une prévalence élevée de la malnutrition chronique (56%), des maladies infantiles comme les infections respiratoires aigües (IRA), la diarrhée et la fièvre ; indique toujours ce rapport. Cette vulnérabilité préjudiciable à la survie et au développement de l’enfant est exacerbée par des chocs conjoncturels de plus en plus récurrents comme les crises alimentaires, les déficits pluviométriques, les déplacements de populations et les épidémies. La situation politique de 2015 avec ses répercussions économiques et le phénomène El  niño ont contribué largement à la détérioration de l’état nutritionnel des enfants depuis lors. L’année 2016 a été particulièrement difficile pour les enfants au Burundi avec une insécurité alimentaire qui a touché 2.100.000 personnes (FAO/Oct. 2016) avec des prévisions mauvaises pour la saison A 2017 : «  La prévalence de la malnutrition chronique est de 57,0%  avec 25,6% sous sa forme sévère. Ce taux de près de 6 enfants sur 10, est de loin supérieur au seuil d’alerte de 40% fixé par l’OMS. Les garçons sont plus affectés que les filles quelle que soit la forme avec 60,6%  contre 53,4% pour la malnutrition globale. Le taux de prévalence de la malnutrition aigüe est de 4,5% (4,2-4,8. La forme sévère est extrêmement rare à 0,5% (0,3-0,5) au niveau national. Les franges les plus affectées sont celles de 6 à 11 mois et de 12 à 23 mois. Elles sont plus touchées que les enfants plus grands de 24 à 59 mois. » indique le rapport. 

Cette situation fait naître un cortège de maladies pour les enfants en mauvaise alimentation.

Une fois mal nourri, l’enfant présente des difficultés de santé  inhérentes à la situation de malnutrition  comme l’indique le rapport :

« Les fréquences des signes de maladies infantiles sont très élevées. La toux est le symptôme le plus souvent rapporté avec 55,5%  des enfants qui ont souffert d’un épisode pendant les 15 jours qui ont précédé l’enquête. Seuls 32,7%  n’ont présenté aucun des trois symptômes tandis que 12,6%   ont souffert de tous les trois signes au cours des 15 jours précédant l’enquête.  Pour la fièvre, la fréquence nationale est de 47,6% alors que d’autres districts sanitaires comme Kayanza et Vumbi dépassent le seuil de 50% ayant eu un épisode fébrile »

 Cette situation est réconfortée par des conditions de vie dans les zones rurales qui sont dures et qui se caractérisent par des taux élevés de pauvreté et des revenus faibles des ménages.

Ainsi, la situation nutritionnelle des enfants en février 2018 est "précaire" pour la malnutrition aigüe (4,9%), "sérieuse" pour l’insuffisance pondérale (30,0%) et "critique" pour le retard de croissance (57%) au niveau national. En réponse à cette situation préoccupante , le Gouvernement Burundais et ses partenaires ont renforcé leurs interventions en nutrition en faveur de la prise en charge des cas de malnutrition aigüe au niveau des services de stabilisation dans les hôpitaux pour les cas de malnutrition associés à des complications médicales, les Services Thérapeutiques Ambulatoires (STA) pour les cas sévères sans complications médicales en traitement ambulatoire et les Services de Supplémentation Nutritionnelle (SSN) pour la poursuite du traitement en ambulatoire des cas modérés. Quant au taux de mortalité, cette enquête vient de produire des données sur le Taux Brut de Mortalité (TBM) et le taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans aux niveaux national et provincial : «Ce dernier est de 0,38 décès pour 10 000 personnes par jour. Au niveau de la population en générale, ce taux est de 0,20 décès pour 10 000 personnes par jour»,  indique le rapport. 

Cependant, le pays dispose désormais de données de référence sur la mortalité pour la planification des études ultérieures bien qu’il fait toujours face aux effets conjugués d’une alimentation insuffisante et peu diversifiée et d’une fréquence si élevée des maladies infantiles qui génèrent sans doute des impacts sur les nourrissons qui servent de lit pour le retard de croissance. Il faut signaler que la présente enquête a le mérite d’avoir une couverture nationale avec une représentativité au niveau des 46 districts sanitaires permettant de mettre à jour les données nutritionnelles existantes et de fournir des informations récentes sur les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant ainsi que sur les fréquences des principales maladies infantiles.

De façon globale, l’enquête a permis d’évaluer la situation nutritionnelle des enfants âgés de 6 à 59 mois au Burundi pour contribuer à une meilleure prise en charge des problématiques nutritionnelles. Il a été constaté que la malnutrition chronique reste un problème majeur de santé publique au Burundi. Les provinces les plus touchées sont Kayanza avec 61.7%, Kirundo avec 61,0% et 20,7% pour la Mairie de Bujumbura. 

Des perspectives de solutions ont été dégagées dans ce rapport

Le rapport principal sur la situation de malnutrition et de mortalité des enfants âgés de 6 à 59 mois a dégagé certaines recommandations utiles pour relever les défis en cours. Ainsi, eu égard à la complexité des problématiques de sécurité alimentaire et de nutrition au Burundi, il serait envisageable, estime le rapport, de conduire une étude qualitative pluridisciplinaire et intersectorielle pour comprendre davantage et mieux répondre aux principaux déterminants déclenchant ou favorisant la persistance de l’insécurité alimentaire, des faibles scores de consommation et des forts taux de prévalence de la malnutrition.

 Le rapport indique que pour la relative pauvreté de la diète des ménages en général et des jeunes enfants en particulier, il serait souhaitable de développer et d’étendre les projets et programmes visant à promouvoir la production locale et la consommation d’aliments riches et d’aliments fortifiés localement y compris, à petite échelle, au niveau communautaire.

Ce rapport recommande aussi de passer à l’échelle nationale le programme de fortification à domicile par les poudres de micronutriments avec un objectif de couverture d’au moins 90% des enfants 6-23 mois et de développer le partenariat avec le Secteur Privé pour la promotion de la production des farines infantiles enrichies locales et accessibles pour les ménages afin de renforcer l’alimentation de complément. En outre, ce rapport recommande également d’intégrer les programmes de nutrition, de Sante communautaire (Iccm), Agriculture sensible à la Nutrition, d’Eau d’Hygiène et d’Assainissement avec les programmes de Protection sociale, de soutenir et de renforcer les activités de nutrition communautaire notamment à travers les FARN mettant un accès particulier sur l’alimentation de complément aux nourrissons.

Il faudra rapprocher les points de recours aux soins pour les enfants en soutenant les activités communautaires de prise en charge intégrée des maladies de l’enfant et Poursuivre les activités de prise en charge de la malnutrition aigüe ainsi que soutenir et/ou mettre en œuvre des projets et programmes de développement orientés vers la lutte contre la malnutrition chronique, conclut le rapport.

Steve Baragifise