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(Agence Ecofin) - Mardi, le gouvernement rwandais a annoncé la signature d’un accord de 400 millions de dollars avec la société Gasmeth Energy pour produire du gaz de cuisson à partir du méthane contenu dans le lac Kivu.

Selon Clare Akamanzi, directrice générale du Conseil du développement du Rwanda, cet accord devrait non seulement permettre de prévenir la formation de bulles de gaz toxiques à la surface du lac mais aussi réduire la dépendance locale à l'égard du bois et du charbon de bois.

« Avec cet accord, nous nous attendons à disposer d'un gaz abordable et respectueux de l'environnement.», a-t-elle déclaré.

Le contrat signé vendredi, s’étendra sur une durée de sept ans avec le début de la production prévue en 2021. Gasmeth Energy qui est une société composée d’hommes d’affaires américains, nigérians et rwandais financera, construira et entretiendra une usine d'extraction, de traitement et de compression du gaz.

Le Rwanda compte déjà deux sociétés qui extraient le gaz du lac Kivu pour alimenter des centrales électriques.

Olivier de Souza

(Agence Ecofin) - La Suisse n’exporte pas que du chocolat. Elle envoie aussi massivement de la cigarette toxique vers l’Afrique, marchandise qu’elle n’aurait pas pu écouler sur le Vieux continent. C’est le résultat d’une enquête publiée par l’ONG suisse, Public Eye et intitulée « Les cigarettes suisses font un tabac en Afrique ».

Pour aboutir à cette conclusion, l’ONG s’est basée sur le Maroc, un choix qui s’explique par la place importante qu’occupe le pays pour les majors de l’industrie comme Japan Tobacco International (JTI), Phillip Morris International (PMI) ou Bristish American Tobacco (BAT).

Le pays est en effet, la seconde destination de la cigarette fabriquée en Suisse avec 3,62 milliards d’unités absorbées en 2017 derrière le Japon et devant l’Afrique du Sud. Et si pour le consommateur marocain, fumer de la cigarette originaire de Suisse apparaît comme un gage de qualité, il n’en est rien d’après l’ONG qui indique avoir réalisé des tests en laboratoire grâce à une machine à fumer et une cigarette de référence.

« Les résultats sont clairs : les cigarettes fabriquées sur le sol helvétique et vendues au Maroc sont bien plus fortes, plus addictives et plus toxiques que celles que l’on trouve en Suisse ou en France.», explique Public Eye.  

« Pour chacun des trois paramètres testés [goudron, monoxyde de carbone et nicotine, ndlr], la quasi-totalité des cigarettes produites en Suisse et consommées au Maroc enregistre une teneur supérieure à celle observée dans les cigarettes suisses et françaises.», renchérit-elle. 

Pour l’organisation, cette situation est notamment entretenue par le manque de contrôle de l’industrie et le laxisme des autorités.

« Si la Suisse ne contrôle pas les cigarettes fumées par ses habitants, elle ne s’intéresse pas plus à celles produites sur son sol et exportées, confirme l’Administration fédérale des douanes (AFD). Car ce ne sont pas les normes suisses qui s’appliquent, mais bien celles du pays qui importe ces cigarettes. La Confédération promeut ainsi et profite de l’existence d’un double standard, quitte à aggraver les problèmes de santé publique dans les pays importateurs.», souligne l’organisation.

Du côté des importateurs comme le Royaume chérifien, Public Eye fait remarquer que la situation n’est pas non plus reluisante.  

« Le Maroc ne contrôle pas les composants des Winston et des Camel importés de Suisse. Les douanes se contentent de s’assurer de la conformité fiscale des conteneurs. Le cas marocain n’est pas unique : rares sont les pays équipés d’un laboratoire qui analysent systématiquement les cigarettes importées. Selon l’OMS, le Burkina Faso est le seul pays d’Afrique à le faire.»,ajoute-t-elle.

Réagissant à la publication de l’enquête, JPI estime que les résultats restent imprécis. « Aucune méthode standardisée ne peut reproduire les habitudes réelles de consommation des fumeurs. Personne ne peut dire qu’une cigarette est moins toxique qu’une autre, par exemple au niveau du goût.», affirme l’entreprise.

Pour rappel, la Suisse a produit 34,6 milliards de cigarettes en 2016 pour des recettes d’exportation de 561 millions de francs suisses, d’après une étude de KPMG.  

 

 

Le prix a été décerné à l’ingénieure congolaise le 15 novembre dernier par l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens » (IEEE) à Toledo aux USA.

L’Institute of Electrical and Electronics Enginners est une association professionnelle qui regroupe près de 400.000 membres à travers le monde et dont le but est de promouvoir la technologie pour le bien-être de l’humanité. « C’est avec joie et humilité que je reçois ce pris de la prestigieuse association IEEE. Il constitue pour moi une reconnaissance du travail accompli et surtout une motivation pour mes recherches en cours et futures afin qu’elles contribuent au plus grand nombre », a déclaré la professeure Ngalula Mubenga.

En 2010, Sandrine Ngalula avait déjà été nommée « Young Engineer of the Year » par l’IEEE et, en 2011, ce même Institut lui avait remis un certificat pour remerciement de tous les services rendus pour faire avancer la profession d’ingénieure.

La professeure Ngalula Mubenga croit fermement que l’électricité sauve des vies humaines, car elle-même a failli mourir à cause du manque d’électricité. « Cette expérience entre la vie et la mort pendant 3 jours, instilla en moi la passion pour trouver une solution au manque d’électricité. C’est ainsi que je suis devenue ingénieure en électricité », explique Sandrine Mubenga qui cumule 15 ans d’expérience en génie électrique et a notamment travaillé au sein des sociétés General Electric et First Energy.

Une scientifique aux multiples réalisations

Ingénieure en électricité, la professeure Ngalula Mubenga est détentrice d’un Doctorat en génie électrique de l’université de Toledo, dans l’état d’Ohio aux USA. Elle y a également obtenu ses diplômes de License et de Maîtrise en génie électrique. Certifiée comme ingénieure professionnelle (PE) dans l’Etat d’Ohio aux USA, mariée et mère de trois enfants, Sandrine Mubenga est, depuis 2012, manager du département de génie électrique à l’université de Toledo où elle gère un budget annuel de 15 millions de dollars pour l’énergie.

La professeure Ngalula Mubenga est l’inventrice cette année de la technologie mondiale et révolutionnaire  « Bi-level Equalizer », un égaliseur de batteries à Lithium-Ion, utilisées pour les voitures électriques et hybrides, les réseaux électriques, les satellites et dans le domaine aérospatial. « Bi-level Equalizer » permet d’équilibrer les cellules de batteries connectées en série et augmente la capacité de la batterie de plus de 30% ainsi que sa longévité.

Invention d’une voiture hybride

Déjà, au cours de ses recherches pour l’obtention de sa Maîtrise en génie électrique, elle avait réussi à rendre hybride une voiture électrique afin qu’elle puisse rouler indifféremment avec du gaz hydrogène ou du courant électrique. Grâce à cette invention, l’université de Toledo lui avait décerné, en 2008, le prix de la meilleure recherche de Maîtrise du département de génie électrique (Most Outstanding Thesis).

Par ailleurs, la professeure Ngalula Mubenga a également développé un système solaire qui produit de l’hydrogène à partir de l’eau, via un projet financé par le Département d’énergie américain.

Elle a aussi travaillé sur la conception de plusieurs centrales solaires qui totalisant 50 000 KW aux USA, l’équivalent de l’électricité utilisée par 8000 maisons .

Cheffe d’entreprise

Dr Ngalula Mubenga est la fondatrice et directrice générale de SMIN Power Group SARL, une entreprise spécialisée dans la fourniture d’électricité notamment grâce aux énergies renouvelables. L’entreprise a été fondée aux Etats-Unis en 2011 et elle est opérationnelle en RDC depuis 2013.

Aux USA, SMIN Power Group a déjà alimenté une communauté avec l’énergie solaire, empêchant ainsi la diffusion d’une quantité de CO2 équivalant à retirer 52 voitures de la circulation. Bien plus, à l’Université de Toledo, avec son équipe, elle a réduit le coût d’énergie de 4, 2 millions de dollars.

En RDC, SMIN Power mène plusieurs projets en rapport avec les énergies renouvelables. Dans son pays d’origine, Dr Ngalula Mubenga est également membre du conseil d’administration de la Société nationale d’électricité (Snel).

Des bourses d’excellence pour les jeunes

L’ingénieure congolaise, via son entreprise , a procédé récemment à la remise des premières « bourses d’excellence Ngalula Mubenga » dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM).

A cet effet, deux bourses ont été attribuées sur les six disponibles en raison de la faiblesse des candidatures présentées. Ces bourses devraient permettre, à terme, de payer les frais de scolarité de 6 étudiants dont 3 hommes et 3 femmes.

La bourse d’excellence Ngalula Mubenga a été instituée en 2018 à l’initiative du Dr. Ngalula Mubenga pour qui l’éducation, l’instruction et le savoir sont les pierres angulaires d’une société économiquement viable et moralement solide . « Le Congo m’a tellement donné que je me sens redevable de participer à son développement », a souligné la directrice générale de SMIN Power Group Sarl. Les prochaines candidatures à ces bourses pour l’exercice 2019–2020 seront ouvertes en juin 2019.

Par ailleurs, SMIN Power a également procédé récemment au lancement de DRC STEM Initiative, une organisation à but non lucratif, enregistrée aux USA avec des actions en RDC et qui constitue la branche sociale de SMIN Power pour les STEM (Science, Technology, Engineering et Mathématics).

Récipiendaire de nombreux prix et conférencière internationale

Dr Ngalula Mubenga est détentrice de plusieurs prix. En octobre 2017, elle a reçu le prix de la femme la plus influente dans les secteurs de l’industrie et de l’ingénierie pour la région Afrique centrale et la RD Congo.

En juin 2017, elle a co-présidé la conférence Power Africa 2017. Elle a été la présidente de la conférence pendant 8 mois et ensuite co-présidente pendant les deux derniers mois.

En 2009, l’association des Congolais de Washington DC, lui a octroyé le prix « Nkoy Merit Award ». Toujours la même année, l’association « les Amis du Congo » basée à Boston lui a décerné le « Congolese Merit Award ».

Le Dr Ngalula Mubenga est une conférencière internationale invitée à s’exprimer dans plusieurs événements. Ainsi, en Novembre 2015, elle a présenté les résultats de ses recherches à la conférence internationale sur les énergies renouvelables en Italie qui réunissait des scientifiques de 52 pays. En Juin 2016, elle a été keynote speaker au 27th Energy Fair qui a réuni 15 000 personnes au Wisconsin aux USA, un événement organisé par le Midwest Renewable Energy Association.

Source: African shapers

Le Rwanda et la Côte d’Ivoire signent un accord de coopération sur la modernisation de l’administration par les TIC

(Agence Ecofin) - La République du Rwanda et celle de Côte d’Ivoire sont désormais liées par un accord de coopération et d’échange portant sur la modernisation de l’administration publique par les technologies de l’information et de la communication.

Plus précisément, les deux pays vont collaborer pour réussir, chacun à son niveau,

« l’interconnexion entre les administrations publiques, l’E-démarches administratives, l’évaluation de la performance dans l’Administration publique, le guichet unique virtuel, la déconcentration administrative ».

La collaboration qui devrait permettre à chaque pays d’améliorer son niveau de préparation à l’e-gouvernement, a été entérinée le 19 décembre 2018 à Abidjan, lors de la visite officielle de 48h rendue par Paul Kagamé, le président rwandais, à Alassane Ouattara, son homologue ivoirien. 

Au-delà de TIC, les deux pays ont également signé trois autres accords de coopération. Ceux-ci portent sur l'exemption réciproque de l'obligation de visa d'entrée, de transit et de séjour pendant 90 jours au profit des ressortissants des deux pays détenteurs de passeports en cours de validité; l'organisation de leur commission mixte de coopération et l’institution de consultations politiques régulières entre leurs ministères des Affaires étrangères en vue d'échanger sur les questions d'intérêt mutuel.

Cette inauguration est intervenu deux jours après celle de la Ligne grande vitesse (Casablanca-Tanger) par le roi Mohammed VI et le président français Emmanuel Macron. (Crédits : DR.)
Dans la lancée du TGV Al boraq, révélé au monde en début de semaine, le roi du Maroc a inauguré samedi dernier la gare ferroviaire de Rabat-Agdal qui devrait booster l'essor économique de la capitale et stimuler la croissance de son tissu urbain. Construit en un temps record, le bâtiment moderne et lumineux s'inscrit dans le projet «Rabat-ville lumière».

Dans le cadre de sa stratégie de développement tous azimuts, l'Office national des chemins de fer (ONCF) a présenté la nouvelle gare de Rabat-Agdal, en présence du roi du Maroc, Mohammed VI. Lancée dans une logique de refondation ferroviaire, ce sont 3 000 entreprises qui ont été mobilisées par l'ONCF et 18 000 emplois qui ont été créés dans le cadre de ces grands travaux sur la période 2010-2017.

Créée pour relayer une gare centrale vieillissante, Rabat-Agdal accompagne la mise en service du train à grande vitesse Al boraq et absorbera des flux croissants de voyageurs, tout en impulsant une nouvelle dynamique urbaine.

La gare Rabat-Agdal, jadis essentiellement consacrée au fret, reconfigure le visage de la ville et constitue un pont entre le quartier populaire situé du côté du célèbre boulevard Hassan II (parvis Nord bénéficiant d'un nœud multimodal avec des accès aux taxis, bus et tramway) et le quartier moderne Agdal (parvis Sud s'ouvrant sur le boulevard Ahmed Charkaoui).

C'est avec une certaine fierté que Meheli Youssef, l'architecte du projet, s'est félicité de ce chantier réalisé en temps record de 28 mois : «C'était un véritable défi, car il nous a fallu réaliser les travaux reliant deux quartiers de la ville, alors que les trains étaient toujours en circulation».

Une réalisation 100% marocaine

Jusqu'à 300 employés marocains par jour au pic des travaux se sont attelés à la construction du bâtiment construit sur trois étages. Au niveau des quais, le rez-de-chaussée accueille les bureaux de l'ONCF et les locaux techniques, ainsi qu'un salon d'honneur.

Le premier étage (niveau esplanade) a été imaginé comme un pont qui abrite la billetterie, les halls d'embarquement, une salle de prière, le salon grands voyageurs et les accès aux quais, mais aussi de nombreuses enseignes commerciales. Enfin, le troisième niveau pensé comme un lieu de détente accueille un food-court et des espaces de détente.

Les trois principales entreprises sollicitées sur ce projet sont marocaines : TGCC pour les gros œuvres, Talbo pour la façade et InterTridim pour la structure métallique. «C'est un projet 100% marocain», explique Meheli Youssef.

L'espace est lumineux et «la géométrie rappelle les tapis et les moucharabiehs, car nous avons cherché à réunir l'authenticité naturelle à la modernité de notre époque», déclare l'architecte qui conclut que «l'ambition originelle était de réaliser un projet citoyen qui puisse réunir tous les Marocains».

Un bâtiment respectant les standards environnementaux

L'aspect environnemental intégré à la base de cette révolution ferroviaire devrait permettre d'éviter l'émission de près d'un million de tonnes équivalent carbone sur les dix prochaines années. Les lampes LED et panneaux photovoltaïques permettront de réaliser 25% d'économie d'énergie. «Nous avons construit un bâtiment bioclimatique et la double peau du bâtiment va permettre de réguler la température. Par ailleurs, nous avons opté pour un éclairage zénithal afin de profiter au maximum de la lumière naturelle et de bénéficier d'une climatisation naturelle constante», explique-t-il.

La modernité du bâtiment et l'ergonomie devraient favoriser le «bien-être» des passagers, selon l'architecte et aucun passager ne sera oublié. La gare a, en effet, a été conçue pour répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite (PMR). On y trouve donc des rampes d'accès au niveau du parking, du passage souterrain et du hall d'entrée, mais également des places réservées au niveau des bancs d'attente, un guichet spécial, des sanitaires adaptées ou encore un chariot élévateur d'accès aux trains. Par ailleurs, des places de parking réservées aux PMR ont été intégrées aux 800 espaces disponibles de part et d'autre de la gare ferroviaire.

En chiffres, «la plus grande gare du Continent», selon Youssef Melihi, d'une surface globale de 23 000 m2, compte désormais 6 quais et 10 voies. Les aménagements extérieurs s'étendent sur 70 000 m2 auxquels s'ajoutent les 34 000 m2 de parking. Le projet dans son ensemble aura coûté quelque 800 millions de dirhams.

 La Tribune Afrique

Amasaha

Amasaha by Patricko Rwanda Novembre 2018