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Gambie : la CEDEAO va protéger Adama Barrow pour encore un an

Adama Barrow obtient le prolongement du cocon de sécurité de la CEDEAO. A Monrovia, ce dimanche 4 juin, les chefs d’Etat ouest-africains ont donné carte blanche à une prolongation de la Micega, la force déployée en Gambie depuis la crise post-électorale et qui a contraint Yahya Jammeh à l’exil. Cette force essentiellement formée de soldats sénégalais fait face à une hostilité belliqueuse des soutiens de l’ancien président notamment dans son village de Kanilaï. Une haute tension qui épargne Adama Barrow, encore placé sous la protection de la CEDEAO.

Les hésitations avaient donné des sueurs glaciales à Adama Barrow mais la CEDEAO a fini par succomber aux suppliques du nouveau régime. L'instance sous-régionale a décidé de prolonger encore pour une durée d'un an, la durée du mandat des troupes de la Mission de la CEDEAO en Gambie (Micega), installées en Gambie depuis le 19 janvier 2017.

Prolongation sous haute tension à Kanilaï, la rebelle

Gagné par la psychose d'un coup d'Etat par un élément encore fidèle à Jammeh au sein de l'armée, Adama Barrow qui a échappé de peu à un attentat à la Kennedy, avait demandé une prolongation du mandat de la Micega qui devait arriver à terme fin mai après plusieurs prolongations et annonces de retrait des troupes. Les tremblements présidentiels ne sont pas que fantasmés.

A Kanilaï, village natal de Yahya Jammeh, une vingtaine de personnes ont été arrêtés, ce dimanche 4 juin après une violente manifestation destinée à réclamer le départ de la Micega et des troupes gambiennes stationnées sur les terres natales de l'homme au boubou blanc.

Signe de la défiance de ce fief qui semble vouloir défier le pouvoir d'Adama Barrow, la dernière garnison de l'armée gambienne qui s'est aventurée dans le bastion de l'ancien président a dû rebrousser chemin. Les habitants de Kanilaï voient mal l'« incursion » de ces troupes en majorité constituées de soldats sénégalais.

Banjul, la capitale gambienne, n'est pas mieux lotie. Les troupes de la Micega sont entrées triomphalement le 19 janvier dernier dans la capitale sous les vivats de la foule. Sous le slogan « restaurer la démocratie », elles ont contraint le satrape de Banjul à un exil équato-guinéen, un canon sur la tempe. Depuis la mission de la CEDEAO est essentiellement de sécuriser les 11.300 kilomètres carrés du territoire gambien.

A quand la restauration de l'autorité d'Adama Barrow

Cette mission de sécurisation est aujourd'hui loin d'avoir montré toute son efficience. Plus de quatre mois après le déploiement de la Micega, l'opération de déminage de certains sites de la capitale n'est pas encore totalement soldée. Le State House, le palais présidentiel, que l'on dit infesté de mines n'a pas encore reçu son locataire. Des mauvaises langues parlent de « minage mystique » par l'homme au boubou blanc qui expliquerait la frayeur d'Adama Barrow de rejoindre la résidence présidentielle.

Par ailleurs, le changement des redoutables éléments de la National Intelligence Agency(NIA, services secrets sous Jammeh) en State Intelligence Service (SIS), de même que l'audit entamé dans les corps de l'armée gambienne n'ont pas réglés le fond du problème.

Adama Barrow se doit de rétablir une autorité pleine et entière de l'Etat et reprendre la main sur une armée téméraire et sur des services de renseignements auréolés de légendes urbaines plutôt que de s'agripper au cocon de protection de la Cedeao. Avec le contexte des sanctions judiciaires et financièresl ancées à l'encontre de Jammeh ou de ses proches, la présence de la Micega est dissuasive en cas d'éventuels troubles. Mais pour combien de temps encore ?

LT


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