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L’UNICEF a annoncé jeudi dernier, sa volonté de prendre en charge les enfants mal nourris. C’était lors d’une réunion organisée par le Ministère de la Santé publique, à Gitega, au Centre du pays à l’intention des cadres de ce ministère. Cette réunion avait pour objectif d’évaluer les réalisations du premier trimestre de l'année 2018.

Dans leur travail, les directeurs des hôpitaux ont relevé quelques défis auxquels ils font souvent face. Il s’agit entre autres du manque des ambulances pour des cas d’urgence, l’insuffisance des médicaments et des équipements qui s’observent souvent ces derniers jours. Pour les partenaires du Ministère de la Santé, ces défis nécessitent un engagement concret pour être relevés. D’où, il faut des alternatives concrètes pour pallier à cette situation. 

L’UNICEF s’engage à prendre en charge les enfants mal nourris

Dans cette réunion, l’engagement de l’UNICEF sera de prendre en charge les enfants souffrant de la malnutrition qui reçoivent des soins dans les centres de santé et ceux qui vivent déjà dans les communautés. L’UNICEF s’engage aussi d'apporter son appui aux districts sanitaires dans la couverture vaccinale. Cet engagement vient à point nommé car la famine est déjà signalée dans certaines localités du pays, en l’occurrence en province Kirundo, au Nord du pays et en province Mwaro, au centre du pays. Actuellement, des centres nutritionnels de la province de Kirundo ne cesse de recevoir des patients et commence à être débordé. C’est par exemple le centre nutritionnel de l’Hôpital de Kirundo. Ce centre accueille des gens y compris des enfants des communes de Busoni, Bugabira et Ntega qui souffrent des maladies  liées à la malnutrition.

  « Beaucoup viennent avec des maladies de malnutrition. On leur donne de la bouillie et des arachides. A part les enfants, les adultes ne sont pas épargnés. Que ce soit les hommes ou les femmes, ils viennent tous prendre des compléments alimentaires. Mais il y a ceux qui nécessitent une hospitalisation mais malheureusement la capacité d’accueil est déjà dépassée », confie un habitant de cette localité à une radio locale.

Cette famine a été également relevée par l’ONG Caritas-Burundi. D’après cette ONG, cette famine est à l’origine des mouvements d’exil observés depuis le début de cette année 2019.

 « Parmi les trois communes de la province de Kirundo qui ont été sérieusement affectées, la Commune de Busoni est la plus touchée. Au moins 14 collines de cette commune ont été sérieusement affectées et les ménages n’ont rien à manger », indique Caritas-Burundi.

Le Burundi vit dans une vulnérabilité structurelle qui explique la situation nutritionnelle critique des enfants avec une prévalence élevée de la malnutrition chronique (57%). Cela ressort d’une enquête nationale effectuée en 2018 sur la situation nutritionnelle réalisée auprès de 46 districts sanitaires du pays.

« Cette situation préjudiciable à la survie et au développement de l’enfant est exacerbée par des chocs conjoncturels de plus en plus récurrents comme les crises alimentaires, les déficits pluviométriques, les déplacements de populations et les épidémies. En outre, la crise socio-politique de 2015 avec ses répercussions économiques et le phénomène El niño ont contribué largement à la détérioration de l’état nutritionnel des enfants. Par conséquent, l’année 2016 a été particulièrement difficile pour les enfants au Burundi avec une insécurité alimentaire qui a touché 2.100.000 personnes avec des prévisions mauvaises pour la saison A en 2017 », indique l’enquête.

A côté de cet engagement de l’UNICEF, la Croix-Rouge du Burundi a aussi ouvert, début 2018, des foyers d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle « FARN » dans 5 provinces sur six couvertes par son programme « Appui au développement rural durable pour la nutrition » financé par l’Union Européenne. Il s’agit des provinces de Bururi, Gitega, Mwaro, Rumonge et Bujumbura rural.  Pour la Croix-Rouge du Burundi, « les sessions FARN permettront de sauver des vies de plusieurs enfants. Les activités du programme vont contribuer à créer un climat favorable d’entraide et de solidarité au niveau des communautés sur les collines ainsi que la prise de conscience sur la nécessité d’associer aux sessions FARN, d’autres actions de développement   dans les zones de poche de résistance de la malnutrition », indique-t-elle.

Grâce à ces foyers d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle, beaucoup d’enfants malnutris sont réhabilités et sortent du cercle vicieux de la malnutrition et des maladies infectieuses grâce notamment au changement de comportements des ménages, des communautés en faveur de bonnes pratiques de soins et de nutrition des enfants

Des acteurs de la société civile tirent la sonnette d’alarme

Parmi les acteurs qui continuent de tirer une sonnette d’alarme se trouvent ceux de la société civile burundaise, l’OLUCOME.

Déjà, en juillet 2018, cette organisation avait prévenu sur le taux de malnutrition des enfants qui continuaient d’augmenter dans le pays.

« La pauvreté ne cesse de planer sur les familles. Et les maladies en profitent pour décimer les familles, car ces dernières ne peuvent pas satisfaire ne fût-ce qu’un besoin fondamental, à savoir : se nourrir. La malnutrition sévère chez les enfants influe indiscutablement sur le développement normal de la personne humaine et le Burundi serait en voie de perdre progressivement son capital humain, qui participerait au développement socio-économique du pays », alerte OLUCOME. 

Même son de cloche par l’agence onusienne de coordination des actions humanitaires (OCHA) qui estimait à un tiers de la population, le nombre de personnes en besoin d’assistance en 2018, soit une augmentation de 18% par rapport à 2016.

Gaudence Uwineza

Le gouvernement du Burundi vient de valider un module de promotion de la nutrition et d’hygiène en milieu scolaire. Ce module a été conçu par le Ministère de l’éducation et de la formation technique et professionnelle à travers la direction nationale des cantines scolaires. Cette validation a été faite dans un atelier organisé par le dit Ministère, à Bujumbura,  le 11 janvier 2019.

« Ce module a été ce module a été rédigé en vue de vulgariser les connaissances en nutrition et hygiène dans les écoles à cantines scolaires mais aussi dans les ménages des élèves bénéficiaires », indique Helmenegilde  Burikukiye, secrétaire permanent au Ministère de l’éducation, de la formation technique et professionnelle.

Au Burundi, la malnutrition chronique est une réalité évidente, comme le stipule les différents rapports des partenaires techniques et financiers du gouvernement. Cette situation cette entrave les possibilités de scolarisation des enfants en âge de scolarité  alors que le pays a déjà mis en place depuis l’an 2015 la politique publique de frais de gratuité scolaire

« 56% des enfants de moins de 5 ans sont affectés par la malnutrition chronique au Burundi. Sur le plan de l’éducation, la cantine scolaire a été identifiée comme un outil important qui contribue à la réduction de l’abandon scolaire des enfants des cycles préscolaire et fondamental. Dans les zones cibles, le taux d’abandon est passé de 15 à 5%. La cantine scolaire a contribué à l’augmentation du taux d’enrôlement et d’assiduité et, en définitive, à l’augmentation du taux de réussite et d’achèvement de la scolarité», fait savoir Helmenegilde Burikukiye, secrétaire permanent au Ministère de l’éducation, de la formation technique et professionnelle.

Jusqu’au mois d’Avril 2018, le programme de cantines scolaires couvrait sept provinces à savoir Kirundo, Muyinga, Ngozi, Cibitoke, Bubanza, Bujumbura et Gitega avec 528 541 enfants comme enfants bénéficiaires sur un effectif  de 2 406 612 enfants de l’école fondamentale, soit 21,9 %.

« Le programme de cantines scolaires a aussi un impact sur l’économie locale. Le Programme Alimentaire Mondial qui appuie ce programme a acheté, en 2017,  localement 3000 tonnes de vivres équivalents à 3 millions de dollars alors que le Gouvernement investit chaque année 26 milliards de FBU dans les cantines scolaires.143 coopératives comprenant 14 milles membres dont 60% des femmes ont accès aux marchés stables et prévisibles. Le choix des écoles à cantines scolaires est lié à la faible performance scolaire, au taux d’abandon, à l’accessibilité et l’existence des conditions minimales d’hygiène.», indique Liboire Bigirimana, Directeur National des cantines scolaires.

 Sur le plan nutritionnel, le programme vise aussi  un impact positif sur la santé des enfants à travers une alimentation saine, équilibrée, régulière, variée et diversifiée, a souligné Helmenegilde Burikukiye, dans cet atelier de validation qui s’est déroulé le 11 janvier 2019 à Bujumbura.

 «Le programme des cantines scolaires est un programme qui a été imaginé en 2009 lorsque les provinces du Nord ont connu  des problèmes de sècheresse très sévères. Ce qui a touché très significativement les récoltes au niveau des familles », explique Liboire Bigirimana, directeur national des cantines scolaires. En 2013, il y a eu le nouveau concept lié au programme d’alimentation scolaire baptisé cantines scolaires endogènes qui fonctionnent à base de la production locale.

«Le programme d’alimentation scolaire est officiellement reconnu comme étant une intervention essentielle pour assurer une éducation de qualité et lutter contre la malnutrition chronique et l’insécurité alimentaire dans le pays. Et, pour être efficient, il fallait penser à un cadre légal. D’où l’élaboration complète  et concrète du programme avec la vision du gouvernement, des intervenants et les perspectives », ajoute M. Bigirimana. C’est ainsi que ce cadre légal qui a été étudié au conseil des ministres du 14 novembre 2018.  Il fait déjà partie du plan national d’éducation 2012-2020 et des politiques gouvernementales à plus large échelle.

Ce programme connaît le concours des efforts du gouvernement du Burundi et des partenaires notamment l’Union européenne, le PAM, la Principauté de Monaco et bientôt la Banque mondiale. Le ministère de l’Education, de la formation technique et professionnelle sert d’orientation stratégique, conclut ajoute Liboire Bigirimana, Directeur National des cantines scolaires.

Gaudence Uwineza

Le Programme  National de Développement de la Petite Enfance (NECDP), en collaboration avec la Ministre de la Santé, a ciblé treize districts qui renforceront la campagne contre la malnutrition et le retard de croissance, et le but est de stimuler le développement cognitif, physique et socio-affectif chez les enfants de moins de deux ans souffrant de la malnutrition aiguë.

Ces districts ciblés sont : Nyabihu, Ngororero, Karongi, Rubavu, Rutsiro et Rusizi en Province de l’Ouest ; Nyamagabe, Huye, Nyaruguru et Ruhango en province du Sud ; Gakenke en Province du Nord ; Kayonza et Bugesera en Province de l’Est.

Cette campagne a été lancée en Octobre dernier dans le Secteur de Ruli, District de Gakenke. Elle s'inscrit dans le cadre de la stratégie plus large visant à réduire le retard de croissance des enfants, qui est actuellement de 38% en 2018 dans le pays,  et qui passera à 19% d'ici 2024.

L’objectif est de sensibiliser les parents et les membres des communautés aux bonnes pratiques d'alimentation pour les nourrissons et les enfants, ainsi que de faire bon usage des services de santé pour une meilleure santé.

Conjointement avec ses parties prenantes, le NECDP organisera une mobilisation de masse holistique à travers le pays, ciblant les parents, les volontaires de la communauté et les dirigeants afin d’accroître leurs connaissances en matière de bonnes pratiques.

«Les principales causes du retard de croissance chez les enfants étaient la pauvreté, un faible allaitement au sein et des parents qui ne savaient pas comment préparer un régime alimentaire adéquat. Le retard de croissance est aussi causé par des naissances imprévues, des conflits familiaux et le manque de coopération entre couples mariés», a indiqué la Coordinatrice de NECDP, Dr Anita Asiimwe.

Elle conseille aux parents d'effectuer des contrôles réguliers en accompagnant leurs enfants dans le suivi de leur croissance et en assistant à des «démonstrations de la cuisine du village» dans le cadre d'un programme consistant à enseigner aux parents, en particulier ceux qui ont des enfants malnutris dans le village, la manière de préparer un régime équilibré à partir de leurs récoltes telles que le soja, les patates douces, les légumes verts, etc. Cela a-t-elle dit, aidera les parents à apprendre à préparer des repas diététiques équilibrés.

«Les parents devraient prendre très au sérieux les premières années d'un enfant, car ils ont une influence sur ce qui leur arrive lorsqu'ils deviennent adultes. Au fur et à mesure que les enfants acquièrent la capacité de parler, d'apprendre et de raisonner pendant la petite enfance, il convient de poser les fondements qui affecteront leur croissance plus tard », a poursuivi Dr Anita.

En outre, ils initieront également des pratiques de changement de comportement en ce qui concerne l’élimination de la malnutrition et du retard de croissance chez les jeunes enfants.

La campagne vise également à sensibiliser le public aux bonnes pratiques en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène (WASH) afin de prévenir et de réduire les maladies liées à une mauvaise hygiène.

RNA

Les nouvelles mesures visant à surmonter les difficultés dans la riposte contre l'épidémie d'Ebola qui sévit à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ont un impact positif, bien que l'épidémie reste dangereuse et imprévisible, ont déclaré jeudi le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies et le directeur de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), au dernier jour de leur mission d’évaluation conjointe cette semaine.

«Le fait que nous ayons jusqu'ici empêché la propagation du virus Ebola dans les pays voisins témoigne du travail ardu et de la détermination du personnel de tous les partenaires», a déclaré le chef de l'OMS, le Dr Tedros. «Aussi complexe et difficile que soit cette épidémie, je suis convaincu que, avec le ministère de la Santé, la MONUSCO et tous nos partenaires, nous pourrons y mettre fin».

La MONUSCO, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC, a récemment adopté une approche active à l'égard des groupes armés opérant dans la province du Nord-Kivu, ce qui a contribué au calme qui régnait dans la ville de Beni et aux alentours, bien que certaines attaques se soient poursuivies dans les villages environnants.

Sous la direction du Ministère de la santé, l'OMS et ses partenaires ont également davantage recours à la surveillance communautaire, dans laquelle les membres de la communauté sont formés pour mener des activités de recherche des contacts dans les zones difficiles d'accès pour les étrangers. Cela a contribué à la diminution du nombre de nouveaux cas au cours des deux dernières semaines, bien que la situation reste extrêmement préoccupante.

La population doit s'engager

Lors de la conférence de presse tenue jeudi à Kinshasa, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour le maintien de la paix, Jean Pierre Lacroix, a salué le travail du gouvernement de la RDC, des agences onusiennes et des différents acteurs engagés dans la riposte à cette maladie qui se déroule dans un contexte sécuritaire compliqué.

«Après avoir écouté les populations, après avoir parlé à nos collègues, on peut dire plusieurs choses à ce sujet: améliorer la sécurité dans cet environnement, c’est de la responsabilité de tous», a affirmé M. Lacroix.

Pour faire face à ce défi sécuritaire, il a appelé les communautés à s’engager dans ce combat «parce qu’il n’y a aucun exemple où les groupes armés ont pu être défaits si la population n’est pas engagée dans ce combat».

Une riposte coordonnée

Le Dr Tedros et M. Lacroix se sont rendus mercredi avec le ministre de la Santé, Oly Ilunga Kalenga, dans la ville de Beni, l'épicentre de l'épidémie. Ils y ont rencontré des agents de santé, des représentants de la société civile, des troupes de maintien de la paix et des autorités locales.

«Nous sommes confrontés à de nombreux défis complexes, mais il est encourageant de constater que nos efforts pour agir comme ensemble ont été extrêmement fructueux dans de nombreux points chauds et contribueront à mettre fin à l'épidémie et à sauver des vies», a déclaré Jean Pierre Lacroix.

M. Lacroix et le Dr Tedros ont également rencontré le Premier ministre de la RDC, Bruno Tshibala, pour lui faire part de leurs observations et de leurs recommandations et pour discuter de la meilleure façon de soutenir la réponse du gouvernement à l'épidémie.

Depuis le début de l'épidémie en août, 308 cas et 191 décès ont été enregistrés, dont environ la moitié à Beni, une ville de 800.000 habitants. L’épidémie actuelle est la dixième dans le pays et devrait dépasser l’épidémie la plus importante qui a eu lieu à Yambuku en 1976, avec 318 cas et 280 morts.

La MONUSCO a apporté son soutien à la riposte au virus Ebola depuis le début de l'épidémie en fournissant un appui logistique, des bureaux, des moyens de transport, des communications et une sécurité.

Les équipes de lutte contre le virus Ebola ont parfois rencontré des difficultés sur le terrain, avec des informations erronées et de la méfiance résultant de décennies de conflits qui ont empêché certaines équipes locales de vacciner, de rechercher des contacts et de procéder à des enterrements dans la dignité et la sécurité.

Les activités d'engagement communautaire ont permis de répondre aux préoccupations exprimées et la plupart des communautés locales ont apporté leur soutien et sont pleinement conscientes des dangers liés à Ebola et de l'importance de mettre fin à l'épidémie.

L'OMS emploie près de 280 personnes dans le Nord-Kivu, apportant son soutien à des centaines d'autres employés du ministère de la Santé et de ses partenaires.

Six centres de traitement ont été construits, où 91 patients sont actuellement traités. Les centres sont gérés par le ministère de la Santé et ses partenaires. Chaque centre de traitement est soutenu par un laboratoire mobile pour diagnostiquer rapidement les cas et guider le traitement.

À ce jour, 27.000 personnes ont été vaccinées contre le virus Ebola et presque chaque nouveau patient reçoit l'un des quatre traitements expérimentaux, ce qui n'avait jamais été possible auparavant lors d'une épidémie d'Ebola.

M. Lacroix et le Dr Tedros ont rendu hommage au dévouement du personnel de l'OMS, de la MONUSCO, du ministère de la Santé et de tous les partenaires qui luttent contre une épidémie dangereuse dans des conditions extrêmement difficiles.

 

En date du 17 octobre, la capitale burundaise a abrité la tenue du 12 congrès des Médecins spécialistes du Burundi. Le thème du jour était « le cancer au Burundi ». Plusieurs personnalités étaient invitées dont l’Assistant du Ministre de la Santé, Dr  Joselyne Nsanzerugeze, des étudiants en Médecine, des Professeurs en Faculté de Médecine et des chercheurs.

Dans les allocutions faites, l’Assistant du Ministre de la Santé, Dr Joselyne Nsanzerugeze a indiqué que la maladie du cancer évolue dans un rythme alarmant dans le monde entier.

« Les chiffres qui retracent l’évolution du cancer sont inquiétants. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, le cancer devrait augmenter à un taux de 70% dans les pays en voie de développement d’ici deux décennies. Les travaux de recherche, le diagnostic précoce et la prévention sont les trois moyens requis pouvant contrer l’apparition et la propagation du cancer »,  a indiqué Dr Joselyne Nsanzerugeze.

Les causes de cette maladie ont été largement évoquées durant les exposés du jour. En effet, les mutations conduisant au développement d'un cancer sont souvent provoquées ou favorisées par des agressions externes, provenant de notre environnement, de notre lieu de travail ou de nos habitudes et conditions de vie. On peut citer l’alcool et le tabac. Ces facteurs externes interviennent en proportion très variable pour chaque type de cancer. Ils ont d'autant plus d'impact lorsque leurs attaques se répètent sur une longue période, parfois celle de toute une vie.

De plus, des facteurs qui ont peu d'influence lorsqu'ils sont isolés peuvent avoir un effet important s'ils sont conjugués à d'autres facteurs. C'est ce qu'on appelle la potentialisation des risques de cancer. En effet, c'est souvent l'interaction de plusieurs causes combinées qui provoque la survenue d'un cancer. Cela s'explique par le fait que ces facteurs peuvent agir de différentes manières : certains initient le processus en provoquant des mutations dans les gènes des cellules, d'autres favorisent le développement d'un cancer en stimulant la prolifération des cellules endommagées. Dans ces conditions, le nombre de décès conséquents à cette maladie est aussi alarmant. En 2012, 8,2 millions de décès ont été causés par le cancer et 60% des nouveaux cas de cancer surviennent en Afrique 

Le Président de l’Association Burundaise des Chirurgiens du Burundi, Professeur Gabriel Ndayisaba a indiqué que le traitement du cancer est adapté en fonction de chaque situation.

« Chaque patient atteint d'un cancer est un cas particulier et demande une prise en charge appropriée. Dans ce cas, on distingue les traitements curatifs qui permettent d’espérer une guérison définitive, les traitements palliatifs afin de ralentir ou même stopper pendant un certain temps l’évolution de la maladie ».

Pour lui, tous ces traitements demandent aussi une collaboration multidisciplinaire des spécialistes d’où il a déploré le manque criant de médecins spécialistes au Burundi. On y trouve 1 chirurgien pour cent mille habitants. L’Association Burundaise des Chirurgiens espère que les autorités compétentes vont tout faire pour relever ce grand défi.

Pour la prévention, les conférenciers du jour  ont  fait savoir qu’aujourd'hui, il est possible de limiter la survenue des cancers du poumon ou des cancers de la peau, par exemple, parce qu'on en connaît la cause principale respectivement le tabac et le soleil et que l'on peut agir dessus en modifiant ses habitudes. Mais pour d'autres cancers, dont certaines causes comme l'âge ou l'hérédité peuvent difficilement être influencées par un changement de comportements, la prévention n'est pas réellement possible à ce jour. C'est le cas, par exemple, du cancer du sein pour lequel le dépistage précoce demeure le moyen d'agir le plus efficace.

Au Burundi, plus de 1.000 femmes meurent du cancer chaque année et le pays ne dispose aucune politique ou stratégie nationale spécifique pour lutter contre cette maladie d’où les médecins ont appelé les burundais à se faire dépisté une fois l’an pour connaître leur état de santé.

Steve Baragafise

 

 

 

 

 

 

Journal Ukuri n°152

Amasaha

Amasaha by Patricko Rwanda Novembre 2018