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La libéralisation du ciel africain et l’intégration régionale, une priorité pour l’UA

Addis-Abeba – Projet phare de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA), le marché unique du transport aérien africain (MUTAA) sera lancé fin janvier courant dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, a annoncé le président de la Commission du bloc panafricain, M. Moussa Faki Mahamat.

Cette initiative, qui sera lancée en marge de la 30ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et du gouvernement de l’UA  (28-29 janvier), vise à créer un seul marché unifié du transport aérien en Afrique, à libéraliser l’aviation civile sur ce continent et à y impulser l’intégration économique.

Elle permettra, selon la Commission de l’Union africaine, l’amélioration des niveaux du service aérien, renforcera la concurrence entre les itinéraires ce qui entraînera des tarifs plus compétitifs, stimulera le volume des trafics supplémentaires, favorisera le commerce, les investissements et d’autres secteurs de l’économie et entraînera un accroissement de la productivité et une augmentation de la croissance économique et de l’emploi.

A ce jour, le nombre d’Etats membres ayant adhéré à l’engagement solennel en faveur du Marché aérien unique a atteint vingt-trois (Bénin, Botswana, Burkina Faso, Cabo Verde, Congo, Côte d’Ivoire, Égypte, Éthiopie, Gabon, Ghana , Guinée, Kenya, Libéria, Mali, Mozambique, Niger, Nigéria, Rwanda, Sierra Leone, Afrique du Sud, Swaziland, Togo et Zimbabwe), selon la Commission de l’Union africaine, qui rapporte que le MUTAA sera lancé le 28 janvier courant.

Pour rappel, le Marché unique du transport aérien en Afrique est le résultat de l’application “immédiate” des principes de la Décision de Yamoussoukro adoptée en 1999 et approuvée par l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’UA à Lomé (Togo) en juillet 2000.

La Décision de Yamoussoukro prévoyait également la création de l’Agence d’exécution du transport aérien africain, chargée de superviser et de gérer la libéralisation du secteur aérien en Afrique. L’Agence d’exécution a finalement été créée en 2007, lors de la troisième Conférence des ministres responsables du transport aérien de l’UA tenue à Addis-Abeba en mai 2007. Elle a confié ses fonctions à la Commission de l’aviation civile africaine.

“Je note avec une égale satisfaction que ce Sommet marquera aussi le lancement du marché unique pour le transport aérien en Afrique. Je félicite les 23 Etats membres qui se sont engagés en faveur de cette initiative, qui n’est que la concrétisation d’un engagement pris de longue date avec la Décision de Yamassoukrou de 1999”, a dit le président de la CUA, dans un discours devant la 35ème session ordinaire du Comité des représentants permanents (COREP), qui s’est ouverte lundi au siège de l’UA, en prélude au 30è sommet des Chefs d’Etat et du gouvernement.

“Là encore, le bon sens commande d’accélérer la cadence, et ce à un moment où les compagnies aériennes étrangères se ruent sur l’Afrique pour tirer profit du fort dynamisme du transport aérien sur le Continent”, a ajouté M. Faki Mahamat, formant l’espoir que “les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait se joindront sans plus de retard à cette entreprise, dont l’importance pour le continent se passe de commentaires”.

L’UA est globalement responsable des politiques pour l’industrie aéronautique en Afrique et son objectif est d’accélérer l’intégration politique et socioéconomique du continent. L’Assemblée de l’UA, composée de tous les chefs d’État ou de gouvernement des États membres, est le plus haut organe décisionnel de l’Union. La Commission de l’Union africaine se charge de l’application de ses décisions.

L’application des principes de la Décision de Yamoussoukro se fait actuellement sous la supervision du Comité technique spécialisé (CTS) sur le transport, l’infrastructure transcontinentale et interrégionale, l’énergie et le tourisme.

Concernant l’intégration régionale, M. Faki Mahamat a indiqué que la quête d’une intégration économique et d’une unité plus poussée est “en phase non seulement avec les aspiration des promoteurs du panafricanisme et de nos peuples, mais aussi avec les exigences de l’heure”.

“Dans un monde de plus en plus compétitifs, marqué par la montée des égoïsmes nationaux, avec leurs relents de xénophobie et de rejets de l’autre, ainsi que par les lourdes menaces qui pèsent sur le système multilatéral, nous n’avons d’autres choix que de serrer les rangs et de mutualiser les efforts”, a-t-il appelé, avant de se féliciter des avancées faites en vue de l’établissement de la Zone de libre-échange continental (ZLEC), dont l’acte fondateur devrait être entériné par le Sommet.

La ZLEC, qui est l’un des projets phare de l’Agenda 2063 de l’UA, devrait créer un marché de plus de 1,2 milliard de personnes. Sa mise en place accroîtra considérablement le commerce intra-africain, engendrera des économies d’échelle et des chaînes de valeur régionales, et augmentera les opportunités d’emploi.

M. Faki Mahamat s’est réjoui également à la perspective de l’adoption, par ce Sommet, du Protocole sur la libre circulation des personnes et le passeport africain.

“Il s’agit là d’une étape longtemps attendue pour que les Africains cessent enfin d’être des étrangers sur leur propre continent quand bien d’étrangers y circulent librement”, a-t-il dit, saisissant l’occasion pour “féliciter ceux des Etats membres qui ont pris des mesures pour dispenser les ressortissants africains de visas d’entrée ou en permettre l’octroi à l’arrivée”. A cet égard, M. Faki Mahamat a exhorté les autres pays à emprunter la même voie.

Les travaux du 30ème Sommet de l’UA ont débuté, lundi, avec la 35ème session ordinaire du COREP, préparatoire aux travaux de la 32è session ordinaire du Conseil exécutif (25-26 janvier) qui examinera les différentes questions stratégiques inscrites à l’ordre du jour de la 30ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et du gouvernement de l’UA (28-29 janvier), qui se tient sous le thème “Gagner la lutte contre la corruption: un chemin durable vers la transformation de l’Afrique”.

D’autres questions seront examinées lors de ces rencontres, notamment celles portant sur des domaines aussi variés que l’agriculture, les transports, la science et la technologie, les nouvelles technologies de l’information et de la communication, les questions juridiques, la gouvernance et les finances.

Par Mohammed Farhane | MAP EXPRESS