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Italie-Rwanda : Une avenue de Rome prend un nom en mémoire des victimes du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994

« En solidarité avec les victimes du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, Rome vient de baptiser une de ses avenues «  Viale Vittime  Del Genocidio dei Tutsi in Rwanda  1994», ou « Avenue Victime du Génocide des Tutsi au Rwanda 1994 ». Une première et un geste fort qui rappelle rapidement le pardon imploré par le Pape François en mars dernier et qui marque un vrai tournant dans les relations entre les deux Etats.  

C’est autour du vice-maire de Rome, Luca Bergamo, de l’ambassadeur du Rwanda auprès du Quirinale (Italie) basé à Paris, Ambassadeur Jacques Kabale et des 3 Consuls du Rwanda en Italie (Rome, Naples et Turin), du consul honoraire à Rome, Dr Francesco Aliccico et de la présidente de la 2è municipalité de Rome, Mme Francesca Del Bello, que des membres de la diaspora rwandaise d’Italie et leurs amis s’étaient rassemblés jeudi dernier à l’avenue désormais baptisée « Avenue Victime du Génocide des Tutsi au Rwanda 1994».

Un moment  qui s’inscrit dans le prolongement de Kwibuka23 ou la 23 ème commémoration du génocide perpétré contre les Tutsis en 1994. Une commémoration historique puisque jusqu’au Kwibuka22, il était question d’une affaire rwando-rwandaise, avec des amis du Rwanda, où c’était des associations de la diaspora rwandaise en Italie qui invitaient. En tout cas,il n’y avait jamais eu une telle présence des officiels italiens.

C’est donc pour entretenir la mémoire vigilante contre le génocide des Tutsi au Rwanda, mais également pour manifester la solidarité envers les victimes que les autorités de Rome viennent de consacrer une de leurs avenues à la mémoire sur le génocide de 1994 contre les Tutsis du Rwanda. 

Reconnaissant ce geste et remerciant les autorités italiennes et ecclésiastiques, l’Ambassadeur Jacques Kabale a, dans son allocution, qualifié ce geste de l’Italie de « symbolique, courageuse et significative ».

Ambassadeur du Rwanda auprès du Quirinale, Jacques Kabale

 

Kabale a tenu également à préciser qu’« il y a eu bel et bien un génocide contre les Tutsis et tous ceux qui leur sont proches. Dire seulement « génocide rwandais », c’est donner de la matière aux négationnistes », a-t-il rappelé avec insistance.

Pour le vice-maire de Rome, la journée du 20 avril est « une journée de mémoire pour les victimes du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994. Mais également, une journée de commémoration pour se rappeler aussi de tous les causes et effets du génocide des Tutsis en 1994 ».

En effet, selon Bergamo, ce génocide trouve ses racines dans la colonisation belge, coupable de séparation de deux groupes sociaux qui vivaient pourtant ensemble en paix.

C’est également la responsabilité des pays européens pendant le génocide. « Ceux-ci l’ont vu arriver mais n’ont rien fait pour l’arrêter. Ils ont par contre continué à livrer des armes aux milices qui exterminaient les Tutsis sur tout le territoire rwandais ».

Le vice-maire de Rome, Luca Bergamo salue le Consul du Rwanda à Rome

 

Bergamo a ensuite fait éloge à la bravoure des autorités rwandaises dans la reconstruction de la nation et la relance économique, sans oublier les avancées sociales notamment la représentativité des femmes dans les instances de décision. Le Rwanda étant un bon élève de l’égalité du genre où la représentativité des femmes au parlement s’élève à 64%. 

Le vice-maire de Rome a enfin salué la manière dont les autorités rwandaises ont évité des situations de vengeance post-génocide.

« A voir comment les autorités rwandaises ont géré la période post-conflit, en évitant d’éventuels actes de vengeance, il y a lieu de dire qu’ils ont même dépassé l’Afrique du sud pourtant considéré comme l’exemple de la réconciliation entre les Blancs et les Noirs ».

Il faut dire que Rome multiplie de bons gestes envers Kigali depuis la visite du président Kagame au Saint-Siège en mars dernier. Vatican avait demandé pardon en raison de l’implication de certains hommes d’église qui ont failli à leur mission de bergers, livrant sans scrupules leurs brebis aux loups assoiffés de sang. 

Selon le communiqué final sanctionnant cette visite, les deux hommes [le président Kagame et le Pape François] avaient également évoqué leurs préoccupations sur la situation politique, sociale et régionale, avec attention particulière aux zones de conflits et de calamités naturelles. Sans oublier les nombreux réfugiés et migrants en besoin de soutien de la part de la communauté internationale et des structures régionales.

Certains observateurs y voient un changement de regard du Vatican sur la région des Grands Lacs pour être désormais réellement aux côtés des victimes et « souffrir avec ceux qui souffrent », comme le recommande la parole de Dieu. Ce qui encouragerait actuellement certains hommes d’église de sortir de leur peur et de dénoncer les crimes impunis dans la région. 

 

Par Jérôme Bigirimana


Journal UKURI n°81

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