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La seule machine de radiothérapie en Ouganda a enfin été remplacée vendredi, près de deux ans après être tombée en panne, ce qui avait privé les malades du cancer d'un outil crucial pour leur traitement.

Cette machine était tombée en panne en mars 2016. Un tollé général s'en était suivi, car cela avait été perçu comme une nouvelle preuve de la détérioration du système de santé ougandais.

Don du gouvernement chinois à l'Ouganda en 1995, elle avait permis de soigner et d'atténuer les douleurs de quelque 30.000 patients par an, venus de toute l'Afrique de l'Est, à l'Institut du cancer dans l'hôpital de Mulago, le principal de la capitale Kampala.

Le Premier ministre ougandais, Ruhakana Rugunda, a indiqué vendredi que la nouvelle machine Cobalt-60, d'un coût de 815.000 dollars (664.000 euro), participait de "l'objectif (pour l'Ouganda) de devenir le centre d'excellence en Afrique de l'Est en matière d'oncologie".

Yukiya Amano, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a financé 50% du coût de la nouvelle machine en partenariat avec le gouvernement ougandais, a estimé que son entrée en service était "une raison majeure de se féliciter".

"Dans 28 pays d'Afrique, il n'y a pas de machine pour le cancer. (Les patients) ne peuvent pas faire l'objet d'un diagnostic et ils ne peuvent pas être traités", a-t-il remarqué.

Le docteur Jackson Orem a indiqué à l'AFP que 5.000 patients sont adressés chaque année à l'Institut - qu'il dirige - et qu'ils arrivent souvent avec un cancer à l'état avancé. La nouvelle machine peut traiter jusqu'à 120 cas par jour.

Ces deux dernières années, les patients ougandais étaient redirigés vers le Kenya voisin pour aller se faire soigner, un trajet au prix inabordable pour nombre d'entre eux.

Cette affaire avait relancé des critiques récurrentes au sein de la société ougandaise sur le sous-financement et la mauvaise gestion du système de santé de ce pays dirigé depuis 1986 par le président Yoweri Museveni.

 AFP

Afrique: les dirigeants africains réfléchissent sur des stratégies destinées à vaincre la faim et la malnutrition

Un Forum a réuni des décideurs africains et des partenaires internationaux au développement, afin de discuter des stratégies destinées à vaincre la faim et la malnutrition en Afrique, le 12 décembre 2017, à Cotonou. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d'État chargé du Plan et du Développement de la République du Bénin et le Dr. Saulos Klaus Chilima, vice-président de la République du Malawi co-présideront la première réunion du Forum Malabo Montpellier au Bénin, étaient à cette rencontre. 

«Nous sommes ravis d'accueillir la réunion inaugurale du Forum Malabo Montpellier au Bénin. L'Union africaine et la Déclaration de Malabo nous ont prescrit des objectifs clairs, à savoir l'amélioration de la productivité agricole, la réduction de moitié de la pauvreté et l'éradication de la faim. Pour atteindre ces objectifs, la collaboration sera fondamentale. », a déclaré le Dr. Saulos Klaus Chilima.

Pour Abdoulaye Bio Tchané, ce forum est l'une des rares plateformes de haut niveau en Afrique dédiées au dialogue et à l'échange fondé sur des données factuelles sur des questions cruciales de sécurité alimentaire et de croissance agricole.

«(…) Cette réunion inaugurale nous permettra d'examiner les enseignements en matière de politiques et de programmes susceptibles de garantir que nous créons l'environnement idéal permettant aux africains de gagner la lutte contre la malnutrition. », ajouté M. Tchané.

Plusieurs pays africains ont réussi à réduire sensiblement la malnutrition ces dix dernières années, prouvant ainsi que la lutte contre la malnutrition peut être gagnée. Le Sénégal, le Ghana et le Rwanda ont réduit de plus de 50 % le nombre de personnes sous-alimentées et celui d'enfants émaciés et souffrant de retard de croissance entre 2000 et 2016, selon l'Indice de la faim dans le monde.

Toutefois, en Afrique subsaharienne, la sous-alimentation a touché 224 millions de personnes en 2016, ce qui représente 25 % des personnes sous-alimentées dans le monde. Pour arrêter cette souffrance, il est essentiel que les décideurs politiques tirent des enseignements des pays qui réalisent des progrès dans la lutte contre la faim et la malnutrition.

 Daniel Coulibaly | La Diplomatique d'Abidjan

Moins susceptibles de se faire dépister et d'avoir accès aux traitements, majoritaires chez les prisonniers et les usagers de drogues... En Afrique, comme partout ailleurs dans le monde, les hommes représentent « l'angle mort » de la lutte contre l'épidémie de VIH, selon un rapport de l'Onusida publié ce 1er décembre à l'occasion de la journée mondiale contre le Sida.

En Afrique subsaharienne, les hommes qui vivent avec le VIH ont ainsi 20 % de chances en moins de connaître leur état sérologique que les femmes et les filles séropositives, et sont moins susceptibles à 27 % d’avoir accès au traitement. Une étude menée en Afrique du Sud par l’Onusida a par ailleurs montré que 70 % des hommes décédés de maladies associées au sida n’ont jamais cherché à se soigner.

« Au KwaZulu-Natal, province dont la prévalence au VIH est la plus élevée en Afrique du Sud, seul un homme sur quatre âgé entre 20 et 24 ans vivant avec le VIH a appris qu’il avait contracté le virus en 2015 », pointe par exemple le rapport. Et en Afrique centrale et de l’Ouest, où des efforts sont menés pour riposter efficacement au VIH, seuls 25 % des hommes séropositifs ont accès au traitement.

Des causes diverses

En cause, selon le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, la persistance d’un « certain machisme et de préjugés qui ne créent pas les conditions pour une sexualité débarrassée du virus ». « En Ouganda, par exemple, certains sondés ont préféré éviter de connaître leur statut sérologique pour éviter un stigmate associé à l’émasculation », analyse-t-il.

Ce décalage est aussi le résultat de « services de santé conçus pour les femmes, où ces dernières peuvent plus facilement se faire dépister lors d’examens prénataux par exemple », poursuit le directeur de l’agence onusienne. Les hommes consultent les services de soins de santé moins fréquemment que les femmes, ont moins de contrôles de santé et sont diagnostiqués d’une maladie mortelle à des stades plus tardifs que les femmes.

« La drogue par injection, qui est un mode de transmission de la maladie, est aussi un phénomène grandissant en Afrique, notamment sur l’île Maurice et aux Seychelles, note par ailleurs Michel Sidibé. Or, 80% des 12 millions de personnes qui s’injectent de la drogue sont des hommes. Même constat en prison, où 90% des détenus sont des hommes, et où la prévalence du virus est très élevée ».

« Briser la colonne vertébrale de la maladie »

Le directeur exécutif d’Onusida se montre cependant optimiste sur l’évolution générale de l’épidémie. « Nous sommes en train de briser la colonne vertébrale de la maladie », affirme-t-il, confiant. Le nombre de nouvelles contaminations, rappelle-t-il, a ainsi chuté de 48% par rapport à 2005, année qui représente le pic de l’épidémie.

À l’heure actuelle, 36,7 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, la majorité d’entre elles, soit 25 millions, sur le continent, dont 11 millions qui n’ont pas accès à un traitement. Avec d’importantes disparités : 6 millions de séropositifs en Afrique centrale et de l’ouest, contre 19 millions en Afrique australe et de l’est.

Des progrès considérables

Un chiffre qui ne doit pas faire oublier les progrès considérables réalisés en quelques années dans cette zone. « L’Afrique de l’Est, où l’épidémie était la plus virulente, s’est vu allouer d’importantes ressources financières pour lutter contre la maladie », selon Michel Sidibé.

Le cas le plus remarquable est celui de l’Afrique du Sud, où le nombre de personnes sous traitements est passé de 90 en l’an 2000 – quand le président Thabo Mbeki doutait de la réalité de l’épidémie – à 4 millions dernièrement. Par ailleurs, au Swaziland, désormais, 90% des séropositifs sont sous traitement.

L’Afrique de l’Ouest concentre désormais 90% des nouvelles contaminations

À l’autre bout du continent, l’Afrique de l’Ouest « est désormais un peu à la traîne au niveau des traitements, notamment au niveau de la prévention pour les enfants, déplore Charlotte Sector, porte-parole de l’Onusida. Cette dernière année, on y a même noté une hausse de 35% des morts liées au sida chez les adolescents de 15 à 19 ans ». Signe d’un phénomène plus général : si la mortalité descend partout sur le continent, elle augmente chez les adolescents, et notamment chez les jeunes filles.

De plus, « l’Afrique de l’Ouest concentre désormais 90% des nouvelles contaminations », surenchérit Michel Sidibé, qui appelle à cibler désormais les grandes villes. En Côte d’Ivoire, où doit avoir lieu le prochain sommet sur la lutte contre le sida début décembre, sept enfant séropositifs sur dix vivent à Abidjan.

La faiblesse du système communautaire de santé en Afrique de l’Ouest est rendu responsable de ce décalage. Un défaut auquel Onusida entend pallier en annonçant la formation prochaine de 2 millions d’agents de santé communautaires partout en Afrique, en se basant sur l’expérience du Rwanda et de l’Ethiopie, laquelle n’a pas hésité à former 35 000 de ses agents.

Crédits photo : ©Camera One TV

FRANCE Ô - Ce documentaire inédit évoque l’artemisia, traitement non reconnu par l’OMS et interdit en France.

«J’ai subi les effets secondaires du Lariam. Ça m’est arrivé en juin 2015, lors de ma tournée en Afrique. J’étais stressé, épuisé, tout me prédisposait à péter les plombs, mais l’accélérateur, c’était le Lariam.» Ces mots sont ceux de Stromae. Le chanteur, qui dit avoir alors été à deux doigts de se suicider, avait pris l’un des traitements contre le paludisme disponibles actuellement sur le marché. Un médicament qui fait partie des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine, les ACT. Sauf que le Lariam, contrairement aux autres ACT dont l’efficacité est reconnue, pose de sérieux problèmes. Au Royaume-Uni, il est carrément au centre d’un procès qui oppose des centaines de vétérans d’Irak au ministère de la Défense britannique.

À partir des sérieux doutes qui pèsent sur le Lariam, pourtant toujours autorisé à la vente en France, l’enquête de Bernard Crutzen Malaria business s’interroge sur un traitement alternatif qui utilise l’Artemisia annua dans sa forme naturelle de plante, et non pas seulement l’artémisinine, qui en est extraite.

Ce végétal d’origine chinoise, pris en tisane, permettrait de soigner efficacement le paludisme. Problème: l’OMS, appuyée par les groupes pharmaceutiques, déconseille l’usage de l’artemisia. Et les autorités sanitaires françaises interdisent sa commercialisation. S’agit-il d’un problème de gros sous, de business? Sachant que l’artemisia est beaucoup moins cher que les ACT, on pourrait le penser. C’est la thèse que retient, de façon convaincante, ce documentaire. Un film dans lequel l’OMS a refusé de s’exprimer.

Le témoignage de l’écrivain et aventurier Alexandre Poussin, qui raconte comment, en 2001, en Afrique, il s’est soigné en absorbant plusieurs litres de cette tisane, est saisissant. «À ce jour, quinze ans après, je n’ai pas eu de rechute», dit-il. Avec Lucile Cornet-Vernet, il a créé une association - comme il en existe beaucoup d’autres en Europe - pour promouvoir la culture de l’artemisia en Afrique. À l’aide de dons, ils ont financé une étude au Congo, aux normes de l’OMS. Elle montre que si les ACT sont efficaces à 80 %, l’artemisia en infusion l’est à 99 %. Reste à communiquer sur ces résultats, et sur ceux d’autres études, notamment américaines. Ce que refusent encore les grands journaux scientifiques. Jusqu’à quand?

Malgré l'escalade de la violence et l'augmentation des besoins humanitaires, des médicaments, du matériel médical et des fournitures chirurgicales vitaux sont interdits d'entrée dans la Ghouta orientale, dans la région rurale de Damas, en Syrie, a indiqué mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Par ailleurs, le projet de transférer des patients gravement malades vers des hôpitaux en dehors de la région n'a pas été approuvé.

« Une aide humanitaire continue et sans entrave vers la Ghouta orientale est urgente et les évacuations médicales de patients gravement malades sont attendues depuis longtemps », a déclaré Elizabeth Hoff, représentante de l'OMS en Syrie.

« Des produits médicaux vitaux sont disponibles, et l'OMS, avec ses partenaires, est prête à répondre aux besoins de santé une fois l'accès accordé », a-t-elle ajouté.

Dans la Ghouta orientale, les autorités sanitaires locales signalent qu'entre le 13 et le 17 novembre, 84 personnes ont été tuées, dont 17 enfants et 6 femmes; et 659 personnes ont été blessées, dont 127 enfants et 87 femmes.

Au cours de la même période, plus de 200 opérations chirurgicales ont été menées dans les hôpitaux débordés et sous-financés de la région. Les hôpitaux et les centres de santé ont été endommagés, ce qui limite considérablement les soins médicaux dispensés aux personnes qui en ont le plus besoin.

Le 18 novembre, deux médecins résidents et trois patients de l'hôpital al-Mujtahed de la ville de Damas ont été blessés dans une attaque. L'établissement de 412 lits est l'un des principaux hôpitaux publics de Damas desservant des patients de la Ghouta orientale et d'autres parties du pays.

L'OMS est également préoccupée par le fait que le manque de services de santé essentiels, d'électricité, de carburant, d'eau potable et de services d'assainissement de base augmentent le risque de maladies telles que les maladies diarrhéiques, la typhoïde et l'hépatite.

En outre, les convois inter-agences dans la région ont été irréguliers et l'aide fournie a été insuffisante pour répondre aux besoins croissants des plus de 400.000 personnes assiégées depuis plus de quatre ans dans la région.

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