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Le chef de l’Etat français a nommé François Lecointre chef d’état-major des armées, alors que celui-ci a fait partie de l’opération Turquoise au Rwanda. Le spécialiste de la politique française en Afrique, Jacques Morel, revient sur ses missions sur le terrain. Il accordé une interview avec  le Journal L’Humanité reprise ci-dessous.

Emmanuel Macron a désigné François Lecointre nouveau chef d’état-major des armées. Quel a été son rôle dans l’opération Turquoise au Rwanda, en 1994, lors du génocide des Tutsis ?

Jacques Morel était capitaine d’infanterie de marine. François Lecointre était affecté au groupement Nord Turquoise, où il était responsable du secteur de la commune de Gisovu. Responsable des troupes, il collaborait avec le directeur de l’usine à thé, Alfred Musema, un des organisateurs du génocide dans la région de Bisesero. Nous en avons des preuves. Au moment de son procès au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), où il a été condamné à perpétuité pour génocide, une pièce à conviction déposée par sa défense est une lettre du capitaine Lecointre adressée à Musema. Dans cette missive datée du 18 juillet 1994, il l’informe qu’il va changer de secteur et qu’il laisse la région à un subordonné. Ce document montre que leurs relations étaient cordiales. Au lieu d’enquêter et de l’arrêter, Lecointre a collaboré avec lui. Ce ne sont pas les seuls éléments. Dans une lettre rédigée dans l’Ancre d’or datée du 18 juillet, le capitaine évoque les sauvetages d’enfants tutsi cachés chez des Huts. Il y décrit des opérations de sauvetage qui se déroulaient la nuit, sans lampe, pour ne pas être repérés par les miliciens, qui, dit-il, « poursuivent leurs patrouilles de nuit ». Preuve que les Français ont laissé les miliciens opérer librement dans la zone « humanitaire sûre » décrétée par l’Hexagone début juillet. Cette zone humanitaire était sûre pour les miliciens, car ils pouvaient continuer à opérer sans être attaqués par le Front patriotique rwandais (FPR). De fait, le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais. 

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron s’était engagé à « réconcilier les mémoires ». Avec la nomination de François Lecointre, dans quelle tradition idéologique s’inscrit-il ?

Jacques Morel poursuit la ligne de Jean-Yves Le Drian, ex-ministre de la Défense sous François Hollande. Ce professeur d’histoire-géographie couvrait sans cesse le génocide des Tutsi du Rwanda. Il disait notamment que la France devait être fière de ce qu’elle avait fait là-bas. Pourtant, les documents publiés par la mission d’information parlementaire de 1998 sont extrêmement compromettants. L’armée française est mouillée jusqu’au cou. On est dans le pire mensonge. D’ailleurs, l’actuel sous-chef d’état-major «opérations», Grégoire de Saint-Quentin, était l’un des premiers sur les lieux du crash de l’avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, lors de l’attentat du 6 avril 1994.

Quel signal cette nomination envoie-t-elle quant à la conception des missions de l’armée française, notamment en Afrique ?

Jacques Morel François Lecointre, un officier des troupes de marine, autrement dit des troupes coloniales, a été nommé à la tête des armées. Signe que l’armée française intervient pour contrôler des pays africains, motivée par des raisons de puissance et d’enjeux pétroliers. C’est une vision postcoloniale. Emmanuel Macron justifie les opérations françaises au Sahel, entre autres l’opération Barkhane commandée par le général Bruno Guibert, impliqué lui aussi dans le génocide des Tutsi du Rwanda, au motif de lutter contre le terrorisme et d’assurer notre sécurité, alors que des commandants ont collaboré avec les pires assassins. La France se porterait mieux si elle rapatriait ses troupes d’Afrique.

Agence rwandaise d'information

Une rencontre des femmes de la CEDEAO au Niger, Niamey 18 mars, 2016, Photo Bagassi Koura.

Les parlementaires de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays), de la Mauritanie et du Tchad ont affirmé samedi vouloir limiter à trois le nombre d'enfants par femme afin de faire baisser de moitié, d'ici 2030, le taux de fécondité le plus élevé au monde.

Les parlementaires de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays), de la Mauritanie et du Tchad ont affirmé samedi vouloir limiter à trois le nombre d'enfants par femme afin de faire baisser de moitié, d'ici 2030, le taux de fécondité le plus élevé au monde.

"Les parlementaires de la Cédéao, de la Mauritanie et du Tchad ont convenu que, d'ici 2030, les parlements devaient inciter les gouvernements à mettre en place des politiques tendant à faire en sorte que chaque femme (...) ait au plus trois enfants pour maîtriser le boom démographique", a déclaré le président du Parlement burkinabè, Salifou Diallo, lors d'une rencontre régionale sur la démographie samedi à Ouagadougou.

Avec un taux de fécondité général de 5,6 enfants par femme, le plus élevé au monde, la population de l'espace Cédéao se situera, en 2050, autour d'un milliard d'habitants, dont la moitié sera constituée de jeunes, selon les Nations unies.

"Nous estimons que quand on a des taux de croissance économique des pays qui est de l'ordre de 5 à 6% avec un taux de fécondité située à 6 ou 7%, nous sommes dans une situation de démographie non maîtrisée et nous ne pouvons pas espérer de développement avec une telle situation", a martelé M. Diallo.

Selon lui, "il est urgent de contenir la poussée démographique dans l'espace Cédéao pour promouvoir un réel développement viable et durable".

Les parlementaires devraient, dans leurs Etats respectifs, adopter des stratégies afin de "faciliter un déclin rapide, volontaire, de la fécondité grâce à l'accès universel à la planification familiale, l'augmentation du niveau d'éducation des femmes et le renforcement des efforts pour améliorer la survie de l'enfant", a ajouté M. Diallo.

De son côté, le président du Parlement du Bénin, Adrien Houngbédji, a estimé que "c'est à (nous) qu'il appartient de définir l'équilibre optimal qu'il est indispensable de trouver entre la régulation des naissances et l'amélioration de la qualité de vie de la population active".

Il s'agira de faire "baisser de moitié" le taux de fécondité et d'"arrimer le taux de croissance démographique, trop fort, avec le taux de croissance économique trop modéré", a déclaré le président de la commission de la Cédéao, Marcel De Souza.

"La jeunesse représente les deux tiers de la population. Cette jeunesse, lorsqu'elle ne trouve pas de solutions, devient une bombe: elle traverse le désert ou la Méditerranée, meurt par milliers pour l'immigration clandestine", a-t-il ajouté.

 AFP

Le président Pierre Nkurunziza a rencontré jeudi à Ngara dans le nord-ouest de la Tanzanie, le président John Magufuli, pour une nouvelle tentative de relance du dialogue interburundais en panne.

Le président Pierre Nkurunziza s’est rendu en Tanzanie pour prendre connaissance du contenu d’un projet d’accord de sortie de crise, préparée et proposée par la médiation de l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa.

Selon une source proche de la médiation qui a gardé l’anonymat, ils voulaient avoir plus de "garantie et d’autorité" avant de vendre ce projet aux parties prenantes dont l’opposition en particulier.

Il comprend notamment "la reconnaissance du mandat de Pierre Nkurunziza jusqu’en 2020, l’application de l’Accord d’Arusha et le respect de la Constitution pour les élections de 2020, ouvrir les espaces de libertés politiques entre maintenant et 2020, la levée des mandats d’arrêts qui visent les opposants et les acteurs de la société civile en exile", etc.

Dans cette rencontre, Pierre Nkurunziza devait donner sa position et faire des concessions pour espérer convenir quelque chose lors de la dernière session de dialogue prévue mi-août à Arusha en Tanzanie.A l’issue de la rencontre, rien n’a filtré sauf que les deux présidents ont appelé les réfugiés burundais à retourner chez eux.

Sur VOA Afrique, Jean Claude Karerwa, porte-parole du président burundais n’a pas livré beaucoup de détails. Il a insinué la possibilité du président Nkurunziza de se représenter pour un énième mandat. "S’il advenait que le Burundi s’engage sur une autre Constitution, personne ne pourra venir dicter ce qu’il faut faire", a-t-il indiqué.

De son côté, le Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie au Burundi, l’un des principaux partis d’opposition, place la crise au centre de "l’absence d’élections crédibles". Me François Nyamoya, secrétaire général a dit à VOA Afrique que le seul remède de la crise consiste à avoir "des élections crédibles qui ne sont pas organisées par le président Nkurunziza et son régime".

Cette rencontre de jeudi a lieu après trois reports. Le président de l’initiative régionale pour la paix au Burundi, l’ougandais Yoweri Museveni avait tenté de se rendre à Bujumbura début mai 2017 mais Pierre Nkurunziza avait invoqué un manque de temps pour le recevoir, a indiqué à VOA Afrique une source diplomatique. Une deuxième tentative avait échoué après le sommet de Dar-es-Salam de juin qui était consacré sur la crise burundaise. Le 26 juin, alors que les services de sécurités ougandaises étaient en train d’être déployées pour sécuriser Pierre Nkurunziza, celui-ci a renoncé à y aller à la grande surprise de la médiation et du président Museveni lui-même, poursuit une source proche du facilitateur.

Le facilitateur Benjamin Mkapa est en passe de clôturer sa médiation qui est en panne actuellement. Le 26 juillet, il devra s’exprimer devant le conseil de sécurité de l’ONU, de même que le nouvel envoyé spécial Michel Kafando qui a récemment rencontré à Bujumbura le président Pierre Nkurunziza.

VOA Afrique

Les journalistes du journal Iwacu, un des derniers médias indépendants du Burundi, ont commémoré à Bujumbura le 1er anniversaire de la disparition de leur collègue Jean Bigirimana et demandé que "la lumière soit faite".

Vendredi soir, les journalistes de Iwacu, portant tous un T-shirt noir avec l'inscription "Jean Bigirimana, nous ne t'oublions pas", ont déposé une gerbe de fleur et observé une minute de silence devant une grande photo du journaliste sur un mur du bâtiment qui abrite leur journal à Bujumbura.

"Nous venons de commémorer la disparition de notre collègue Jean Bigirimana pour lui dire, +Cher Jean, nous ne t'oublierons jamais et la vérité finira par éclater au grand jour", a expliqué à l'AFP le rédacteur en chef de Iwacu, Léandre Sikuyavuga.

Jean Bigirimana, journaliste alors âgé de 37 ans et père de deux enfants en bas âge, a disparu le 22 juillet 2016 alors qu'il était allé voir un de ses contacts dans la localité de Bugarama, à une trentaine de kilomètres à l'est de Bujumbura, promettant à son épouse qu'il reviendrait déjeuner avec elle.

Des témoins ont assuré l'avoir vu se faire arrêter par les agents du très redouté Service national de renseignement (SNR), qui dépend directement du président burundais, qui l'ont alors embarqué à bord d'une camionnette aux vitres teintées. Plus personne n'a eu de ses nouvelles depuis.

Reporters sans frontière (RSF) a dénoncé "le grand silence des autorités" burundaises, leur demandant de "publier les résultats de l'enquête promis dès août 2016", dans un communiqué de presse diffusé jeudi.

"D'après des informations recueillies par RSF, ni les collègues du journaliste, ni les témoins oculaires de l'arrestation n'ont été entendus par la police", explique l'organisation de défense des journalistes.

RSF dénonce également le fait que "son épouse, qui a continué à appeler à la vérité, a fait l'objet de menaces répétées". Elle aurait trouvé il y a un mois "devant sa porte un tract la menaçant et lui demandant de démentir toutes les déclarations qu'elle avait faites au sujet de son mari".

"Elle a apporté cette lettre à la police de sa commune qui n'a pris aucune mesure de protection ou ni ouvert d'enquête", précise RSF.

Le Burundi a chuté en 2017 à la 160e place du classement de la liberté de la presse dans le monde établi par RSF, alors qu'il était considéré il y a à peine plus de deux ans comme un des rares Etats de la région des Grands lacs à être doté d'une presse libre et indépendante.

C'était avant le début de la crise politique déclenchée par l'annonce, en avril 2015, de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat, qu'il a obtenu en juillet de la même année.

Depuis, la quasi-totalité de la presse indépendante burundaise a été réduite au silence. Craignant la répression, une centaine de journalistes ont fui le pays.

Cette crise a déjà fait de 500 à 2.000 morts imputées essentiellement aux forces de l'ordre selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de torture ou de personnes portées disparues, ainsi que des milliers de prisonniers politiques.

AFP

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l'ONU (OCHA) , Stephen O’Brien a entamé, mercredi, une visite de quatre jours en République démocratique du Congo (RDC)

Le Secrétaire général adjoint Aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l'ONU (OCHA) , Stephen O’Brien a entamé, mercredi, une visite de quatre jours en République démocratique du Congo (RDC), pays frappé par une grave crise sécuritaire et humanitaire, a rapporté le correspondant d’Anadolu.

Arrivé mardi soir à Kinshasa après une tournée en Centrafrique (RCA), O’Brien a rencontré, mercredi, les autorités congolaises dont le Premier ministre Bruno Tshibala et le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité Ramazany Shadary, a appris Anadolu auprès du chargé de communication du bureau d'OCHA en RDC, Yvon Idoumou.

Les entretiens entre les dirigeants congolais et le haut responsable onusien ont tourné autour de la crise humanitaire qui touche quelques 7,3 millions de personnes en RDC et la problématique sécuritaire qui a réduit l’accès aux aides humanitaires, a indiqué la même source.

Le but de la visite d'O'Brien en RDC est de "voir de près les conséquences humanitaires dévastatrices de la violence en cours dans le pays", indique un communiqué publié mardi soir par OCHA

Dans sa tournée, O'Brien prévoit de se rendre à Goma, Bukavu et Kalemie dans l’Est de la RDC et à Kananga dans la région du Kasaï (Centre) à partir de jeudi avant de clôturer sa mission vendredi, rapporte le communiqué qui précise, en outre, qu'au cours de sa visite, O'Brien "rencontrera les communautés touchées par le conflit, les partenaires humanitaires et la communauté diplomatique".

Plusieurs régions de la RDC, notamment celles du Kasaï (centre) et du Nord-Kivu (Est) sont le théâtre depuis des mois voire des années pour certaines, de violences meurtrières qui ont engendré des milliers de morts et poussé des dizaines de milliers de personnes à se déplacer.

AA, Kinshasa

JOURNAL UKURI n°77 en pdf

Pique-nique des Burundais et leurs amis à Liège (Belgique)

Le miracle économique rwandais commenté sur VOX AFRICA

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